Sunday, April 20, 2008

Hélène, Pascale

Cher Philippe,
J'ai lu Fleurs de tempête dans une intense émotion et un plaisir illimité. Il restera longtemps mon livre de chevet. Dans ce cas et comme toujours avec ce qu'il faut bien appelé (bien que connaissant finalement peu ton œuvre, j'usurpe sans doute le terme) les chefs d'œuvre, le vrai sujet du livre, en un sens, est la littérature même. Ton livre est une démonstration brillante, miroitante, somptueuse de la puissance de la littérature, de sa capacité à dégager le vivant des aléas de la nature (vie/mort, soleil/pluie...) et à transporter l'essentiel, ce que nous, en tout cas, sinon Dieu, ressentons comme l'essentiel, l'inoubliable, ce qui mérite et ne peut pas disparaître : les moments de joie de vivre, l'enchantement de la perception. Il y a dans ton livre, constamment, du début à la fin (et au-delà, bien sûr, fin infinie) le battement de pouls de la vie. Le titre du livre de Nathalie Sarraute sur la création (son meilleur) vient à l'esprit : Entre la vie et la mort.

Il y a une consolation de la littérature et pouvoir se dire : j'ai connu Hélène, j'ai connu Pascale car elles sont maintenant portées comme des vaisseaux, comme des barques par la mer. Ma sœur Pascale est, dans ton livre, comme un personnage de Modiano, très, très émouvant, splendidement décrit et son mystère - conservé, exalté, exact.
Plus j'avançais dans le livre, plus j'allais lentement pour retenir Hélène de mourir. Et puis, finalement, pour elle aussi, l'acceptation, déjà en marche dès le début. Et Marie.
Il y a une publicité, en ce moment, sur la Bretagne : "Aimer la Bretagne, c'est d'abord aimer".

Je suis à Bruxelles où je monte un spectacle que nous jouons demain (titre : Blektre). J'ai lu ton livre à l'hôtel Noga, rue du Béguinage, joli quartier central. Je t'embrasse

Yves-Noël

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