Saturday, May 30, 2020

Tiens, j’ai pensé à Stouls en lisant ça : 
« Les noms désignant des vêtements de femme, ou ceux des étoffes douces et délicates employées pour ces vêtements, évoquaient toujours pour lui un parfum subtil et défendu. Étant enfant, il avait cru que les rênes des chevaux étaient de minces rubans de soie, et il avait été déçu, à Stradbrook, par le contact du cuir gras des harnais. Il avait été déçu de même en sentant pour la première fois sous ses doigts frémissants le tissu rêche d'un bas de femme ; car, retenant de ses lectures cela seul qui lui semblait être un écho ou une prophétie de sa propre existence, il ne s'aventurait à imaginer une âme ou un corps féminin, tendrement animé, que parmi des paroles délicates ou des étoffes aux douceurs de roses. » James Joyce, Portrait de l'artiste en jeune homme 
T’embrasse, 
Yvno


(« The names of articles of dress worn by women or of certain soft and delicate stuffs used in their making brought always to his mind a delicate and and sinful perfume. As a boy he had imagined the reins by which horses are driven as slender silken bands and it shocked him to feel at Stradbrooke the greasy leather of harness. It had shocked him, too, when he had felt for the first time beneath his tremulous fingers the brittle texture of a woman's stocking for, retaining nothing of all he read save that which seemed to him an echo or a prophecy of his own state, it was only amid softworded phrases or within rosesoft stuffs that he dared to conceive of the soul or body of a woman moving with tender life. »)

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Friday, May 29, 2020

G râce au bel été


:-) Ça va très bien, oui, grâce au très bel été que nous vivons (je connaissais l'été de juillet-août, mais celui de mai-juin est beaucoup plus beau ! toutes ces fleurs, rien de sec, les oiseaux sont si contents, c'est sublime…)

« Le poison de la vie de ce monde est neutralisé dès que nous comprenons que celui-ci est enveloppé par le divin. »

« le sentiment océanique du monde »

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P in-up



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C’est bon comme ça. 
Et, en effet, pas la peine d’un texte « personnel » en plus. Mais, alors, il faut passer l’enregistrement en entier. C’est-à-dire avec le début (avant le texte, les essais micro) et avec la fin où je parle du spectacle N°5 (d’où l’affiche — qui est parfaite) pour qu’on comprenne bien qu’il y a quelque chose d’assumé, de personnel en effet, et un effort particulier demandé à l’auditeur. Ce n’est pas un produit fini, ce n’est pas efficace… (Enfin, tout ce dont nous avons déjà bien parlé…) Garantissez-moi, je vous en prie, que l’enregistrement que je vous ai envoyé ne sera pas tronqué. 
Ce qui m’importe, moi, c’est de faire passer l’idée qu’un texte n’est pas un objet auquel un acteur doit révérence ou allégeance. Je faisais, avant la crise, un travail sur la liberté et je sens que je suis encore épidermique sur le sujet, ce que je regrette (je pensais que j’avais progressé) parce que l’époque — et probablement définitivement — a presque perdu contact avec cette idée de liberté, la remplaçant par une « séquestration dans la science » qui implique, bien sûr, le sacrifice de toute liberté, comme l'exprime Yannick Haenel dans « Charlie Hebdo » lu tout à l’heure.
Et il y a une deuxième chose qu’il m’importe politiquement d’aborder, c’est l’idée — là encore à contre-courant du décervelage massif et ambiant — que personne n’est blanc ou noir. Je ne peux pas travailler sur les auteurs sur lesquels je travaille, Sarraute, Proust, Woolf, Tchekhov, Shakespeare, Rimbaud, Kafka, Beckett, Duras, Baudelaire, Racine, Handke, etc., sur ces auteurs et pas sur les autres ! attention, sans avoir constamment à enfoncer le clou : non, personne n’est blanc ou noir. Mais : blanc et noir. Ça paraît stupide, mais c'est tellement pas dans l'air du temps des idéologies actuelles (et de toujours). Et Chanel permet de rappeler, une fois de plus, ça, ici une fois de plus nié par ce texte panégyrique à la louange et de la créatrice de la marque, et surtout à celle de l’industrie capitaliste de « conquête du Monde », fut-ce par un « parfum » (notion poétique) plutôt que par des armes, idée qui, là aussi, et surtout après la crise que nous venons de traverser — n’est plus recevable sans conscience critique — ou je me trompe ?) Rien n’est dit non plus, par exemple, sur la manière dégueulasse dont Mademoiselle traitait ses « trois cents ouvrières » qui ont fini par faire une grève dure (longue) qui a fait céder leur patronne pourtant prête à ne jamais céder à personne — alors que tout est expliqué dans le reportage d’Arte.) J’espère, je souhaite, particulièrement après cette crise, l’avènement d’un théâtre réellement politique tel qu’Olivier Neveux en définit le champ, encore à venir… Avec des cibles précises. Un théâtre qui s’échappe du faux-semblant. De la langue de bois. Mais c’est un vœux pieux. Quand est-ce que le théâtre comprendra qu’il n’a rien à perdre ? Qu’il n’a plus rien à perdre. Coco Chanel est un personnage au bas mot d’extrême droite, même la télé le dit. On ne peut plus — et surtout pas au théâtre — avoir l’air de cirer les pompes de l’industrie capitaliste, des marques, plus elles sont grosses plus on les cire... 
Dans la bio, enlever juste, avant-dernière ligne «, également dans le noir total, » 
Soit :  Au TNB, Yves-Noël Genod a présenté lors du Festival 2018 Rester vivant (d’après Charles Baudelaire) et a créé cette saison, avec la promotion 10 de l’Ecole du TNB, J’ai menti (d’après Anton Tchekhov) dans le cadre du projet Une saison à l’Ecole.
Toute mon amitié, chère Agathe Bataille, 
YN

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L 'Affiche revisitée

Thursday, May 28, 2020

L 'Actrice au nom peut-être effacé


Un comédien qui n’a plus travaillé depuis longtemps (qui ne s’intéresse, dans son jardin, qu’aux fleurs et aux petits oiseaux) répond à une proposition de reprise, une demande de lecture enregistrée. Une immense paresse, ce qu’il faut bien nommer de l’ennui, ou un poil dans la main, fait qu’il va laisser les choses en l’état, laisser se perdre le message — mais finalement se ressaisit et accomplit son devoir négligé (en position couchée, vers minuit, avec l’aide d’un voisin compatissant qui lui tend un micro). Tiens, l’article parle de parfum (mais il est anosmique !) et d’affaires juteuses, de renommée de la France dans le Monde — comment cela peut-il le passionner puisqu’il ne s’intéresse (et depuis si longtemps) qu’aux insectes et aux oiseaux dans les arbres ? Il s’en faut d’un rien qu’il ne se souvienne, pourtant, d’une chose ou l’autre manquant au texte. Ça lui revient, Claude Régy — avec qui il a travaillé dans les années soixante (au théâtre Antoine, au théâtre Hébertot…) — avait, pour décorer sa salle de bain (sous les toits, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris), un flacon surdimensionné de N°5 offert par une actrice au nom effacé. Le comédien ne sait plus, en revanche, s’il a vécu l’Occupation et si Mademoiselle Chanel était vraiment la salope qu’on disait ou pas. Probablement, probablement. A la Libération, elle aurait été sauvée par Churchill, c’est ce qu’on dit. Il connaissait bien Mademoiselle.  Très antisémite...

(Yves-Noël Genod)

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S alope


« Une sortie furieuse de Saint-Victor contre tout ce qui est, y compris la nature, « cette salope qui prodigue avec insouciance les insectes et les astres, les morpions et les planètes »


« L'angélus se défit dans la chaleur, Jean Pélouegre entendit Cazenave gronder : « Salopes de cloches » »

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Wednesday, May 27, 2020

L a Douleur


Je lis cette expression : « la douleur intérieure » et me revient une scène presque rêvée — aussi parce que la comédienne Andrée Tainsy est morte récemment. C’était une lesbienne (m'avait-il dit). Je ne l’ai connue que dans cette scène. Elle était âgée déjà. Et Claude Régy l’employait dans La terrible voix de Satan, de Gregory Motton. Il faudrait tout vérifier, à moins que je l’ai rêvé. En fait, ce qui fait rêve, c’est peut-être que j’assistais (comme dans un rêve) à une scène à laquelle je ne devais pas assister. Peut-être n’a-t-elle jamais existé. J’avais fait — une seule fois — ce qui était le plus interdit : assister — en cachette, forcément, si je lui avais demandé, comme toutes les autres fois, il aurait dit non — à une répétition de Claude Régy. Je m’étais placé au balcon du théâtre Gérard Philipe, à Saint-Denis, personne ne savait que j’étais là. En fait, je l’ai fait deux ou trois fois, ce genre de chose, se cacher pour suivre des répétitions, et je regrette de ne l’avoir fait plus, c'est parmi mes plus beaux souvenirs de théâtre : regarder des acteurs qui ne savent pas qu’ils sont regardés. C’est ce qu’il y a de plus beau au monde. Comme un rêve. Je l’ai fait pour Le soulier de Satin, d’Antoine Vitez. Valérie Dréville, pendant la pause, répétait seule dans l’immense salle de Chaillot, elle emplissait tout l'espace (j‘étais tout en haut), elle faisait les cris de la mouette, et c’était tellement sublime, c’était comme apprendre le bonheur. Sa joie de vivre (en scène) personnelle. Pour Splendid’s, de Klaus Michael Grüber, pour cette reprise à l'Odéon, j'étais donc à l'école, les acteurs flottaient comme des plantes dans un océan d’amour tandis que, lui, Grüber, de l’orchestre, leur hurlait dessus comme un SS sans que pourtant rien ne change de la splendeur de cristal et de leurs mouvements lents d'algue et comme de dentelle. Et enfin, bien plus tard (il me fallait plus d'audace), pour La terrible voix de Satan, mise en scène par Claude Régy. Dans la scène qui se répétait ce jour-là — peut-être plus belle qu’elle ne le serait en représentation (Claude Régy m’a plusieurs fois affirmé que les répétitions allaient toujours plus loin que les représentations et qu’il fallait beaucoup répéter justement pour qu’il n’y ait pas trop de cette « déperdition » inévitable au contact du public), Andrée Tainsy devait être repoussée violemment dans une brouette — ou sortie violemment d'une brouette — et Claude Régy s’excusait de demander une certaine violence à l’acteur qui devait la repousser ou l'extirper, c'était Satan, quand même... s’inquiétait pour Andrée Tainsy, âgée, avec beaucoup d’amour et de respect, une grande douceur qui me touchait, Claude a toujours aimé les vieilles femmes, il lui demandait si ce n'était pas trop douloureux, je crois qu'il lui disait vous. Et elle avait dit, je le sais, je l’ai vécu, elle avait dit, je ne l’ai jamais oublié, et, voyez, ça me revient à partir de ces trois mots lus, la douleur intérieure, elle avait dit : « Oh... Claude, tu le sais... les vraies douleurs sont intérieures ». Quelles leçons ! n'est-ce pas ?pour l'enfant que j'étais, toutes ces choses fausses qui lui étaient enseignées en rêve…

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L 'Acteur démuni


Voilà, j’ai enregistré qqch. C’est pas très bon. A ma décharge, le texte est mal écrit, comme c’est souvent le cas (mais pas toujours, bien sûr, certains textes sont écrits par François Bon, par exemple) dans ce livre. En allant vite (c’est un voisin qui m’a enregistré hier soir, il n’était libre que là), je n’ai pas lu avant les instructions d’Arthur qui préconisait des arrangements pour rendre le texte plus oral et aussi des coupes. C’est d’ailleurs ce que j’avais fait pour le texte sur les Demoiselles d’Avignon de la Ruée, lui aussi bien mal écrit : je l’avais vite transformé en en donnant les informations à l’oral, à ma manière, et en en rajoutant d’autres. Alors, là, il y a tout, c’est-à-dire aussi des parties ennuyeuses. Ce n’est pas grave, je trouve. C’est comme ça. Et j’ai rajouté quelques anecdotes qui rendent peut-être un peu moins indigeste ce qui ne se cache pas de l’être. Donc il faut l'auditeur patient. Ça dure vingt minutes. On a enregistré une autre version plus courte, plus efficace (le texte plus connu) que j’ai rejetée ; celle-ci, la première, étant, somme toute, la plus vivante, même avec mes archi faiblesses comme ma pauvreté d’ambition de carrière. Marguerite Duras ne supportait, elle non plus, que la première lecture, celle de la découverte, celle qui montre l’acteur démuni et faible face à l'écrit. Là, la découverte révèle en même temps que ma faiblesse, celle du texte — mais c’est pas plus mal de ne pas cacher les choses. Bien sûr, on aurait pu plus travailler, mais, bon, pas le temps puisque je me suis mis en retard… Je passe à Rennes tout-à-l’heure, j’essayerai de vous déposer le mp3 — si je n’y arrive pas, chère Agathe Bataille, je vous l’enverrai demain par WeTransfert. Merci, 
Yves-Noël



Voilà, j’ai envoyé par WeTransfert. C’est pas mal, je trouve, à la réécoute (malgré ou à cause de tous les défauts). Je pense qu’il faut garder l’enregistrement dans son intégralité — pour le comprendre (pour le comprendre en train de se faire, dans le savoir et le non-savoir, le déchiffrement). C’est ce qui donne le sens, cette faiblesse. Aucune pureté de rien, ni l’article ni le sujet ni l’« interprétation » n’ont de sens en soi, tout est faible, mais à travers cette faiblesse assumée, rendue visible, quelque chose peut-être a lieu, aurait lieu, si l’auditeur s’y ajoutait. 
Si ça ne convient pas, je pourrais refaire quelque chose de plus synthétique (dans le sens que disait Arthur, le raconter à ma manière — plus, disons), mais je ne pourrais m’y mettre que lundi soir ou mardi prochain — et, malheureusement, sans aucune garantie que nous arrivions à mieux…
Pour la bio, voici ce que j’ai réécrit :  
Yves-Noël Genod est un comédien qui, quand il fait des mises en scène, reste comédien. Il se présente lui-même comme un « distributeur » de spectacle, de poésie et de lumière. Il n’invente rien qui n'existe déjà. Il regarde se former, souvent avec d’exceptionnels interprètes, les spectacles dont il rêve. Parmi ces interprètes, citons, notamment : Jeanne Balibar, Audrey Bonnet, Jonathan Capdevielle, Valérie Dréville, Thomas Gonzalez, Nicolas Maury, Kate Moran, Marlène Saldana, Thomas Scimeca, Manuel Vallade...  Il a « fabriqué », depuis son premier stand-up en 2003, En attendant Genod, plus d’une centaine de spectacles (et un nombre non répertorié de performances), dont Le Dispariteur, spectacle en partie dans le noir total, a fait manifeste. Au TNB, Yves-Noël Genod a présenté lors du Festival 2018, également dans le noir total, Rester vivant (d’après Charles Baudelaire) et a créé cette saison, avec la promotion 10 de l’Ecole du TNB, J’ai menti (d’après Anton Tchekhov) dans le cadre du projet Une saison à l’Ecole.
Attention, de bien mettre les italiques aux titres des spectacles : En attendant Genod, Le Dispariteur, Rester vivant, J’ai menti 
Au plaisir, Agathe Bataille, portez-vous bien, 
Yves-Noël Genod

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« Ayant cueilli tous ses fruits, l’homme abattit l’arbre et le débita en planches : il lui fallait une armoire où ranger ses confitures. »

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Friday, May 22, 2020

R emarque du dentiste


Ce qui était simple a été compliqué et ce qui était compliqué a été simple, c'est bien, ça s'est équilibré 

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D evise du comédien (mari de la coiffeuse)


S'exercer au mensonge


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« « Les voyages sont souvent de faux voyages », dit Duras. »

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Mais, p’tit chat, qui te parle de politique ? Pas moi, en tout cas !
C’est joli : « Mes chansons que tu apprécies sont si pauvres et désolées, si nues comme des filles, qu'elles ressemblent presque à une forme de vie qui devra quoiqu'il arrive trouver un chemin. Personne ou presque ne les croisera. Elles ne sont rien, mais elles existent quand même. 
Et moi derrière, je les regarde. » 
C’est en effet ce que je ressentais (sans malheureusement l’avoir formulé aussi bien). 
Les diners-spectacles, c’est une idée, oui, mais quel boulot ! (autant de boulot que pour un spectacle mais avec la cuisine en plus !) 
Comme il pleuviotte, on va à Planète Sauvage avec Fare… Mais les lions, ils sortent sous la pluie ?
Yvno 

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Idée de chanson : « Tu me caresses jamais les fesses » (se plaint l’amant) et explication de la fille qui rapporte le phénomène : « Il a pas de fesses ! Y a le dos et… les jambes, j'ai jamais pensé qu’il y avait là quelque chose à caresser… »   

Titre pour un spectacle ou une chanson : 
J'habite à 10 cm de Tours

« Amiour », m’appelle la coiffeuse 

Mimie Mathi en mieux (une femme naturiste en bord de mer)

Titre pour un livre ou une pièce ou une chanson : 
Tout un secret

L a Devise de la coiffeuse (affichée dans son salon)


J'ai toujours raison parce que j'ai souvent raison

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Monday, May 18, 2020

« Il faut sans cesse inventer un mode de vie », dit Patrick Bouchain 
« Et il faut donc toujours s’infiltrer dans une faille, moi, je ne fais que ça. »
Et : « Il y a autre chose dans l’Humanité »
Et : « Au théâtre c’est la distance qui permet de comprendre la réalité. »

Sunday, May 17, 2020

L a Corneille du bois de Vincennes



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« Gran parte de mi trabajo consiste en traspasar los diferentes espacios y territorios »

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L a réalité ne cesse de disparaître à chaque instant


« Un passage vous a accroché dans Yann Andréa Steiner, celui où Marguerite Duras ouvre la porte et reste en suspens, consciente qu'elle sait déjà que l'histoire à venir sera écrite après. L'écriture permet-t-elle de fixer tout ce qui s'enfuit ? D'arrêter le temps en somme ?
Oh non, je ne crois pas ! La réalité ne cesse de disparaître à chaque instant, et ce n'est pas plus l'écriture qu'autre chose qui l'en empêchera. Les écrits restent peut-être, mais les choses, les êtres, les sentiments, les expériences, beaucoup moins. Et ce qu'il en reste dans les écrits ne peut l'être que sur un mode de présence évidemment très dégradé et lacunaire. L'écriture est une chose si poreuse, plein de trous, de vide. D'ailleurs, Duras dit bien à ce moment qu'elle sait que l'histoire ne sera écrite, et n'adviendra en tant qu'histoire, qu'en faisant disparaître l'histoire vécue (elle a un mot terrible, elle parle de « mutilation » du passé, du corps, du visage, dans le livre), et c'est justement cette disparition que l'écriture va fixer, et non pas la réalité pleine, embaumée. L'écriture ne retient pas, elle prend au mieux les empreintes, signale des traces, et pousse la fuite plus qu'elle ne lui fait barrage. Et c'est justement ce qui la rend vivante. »

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