Sunday, July 14, 2019

D’abord décrire la situation

L’idéal serait que je connaisse si bien l’œuvre et la pensée de Cunningham que je n’y fasse même pas allusion. Etre imprégné d’un monde. Et parler de tout autre chose. Ou peut-être de Cunningham aussi bien. Un spectacle peut en cacher un autre. C’est ce que j’essaye toujours de faire. Proust disait qu’il fallait lire les livres par transparence. Que, derrière le livre imprimé, il y en a un autre que l’auteur n’a pas écrit parce qu’il n’a pas su trouver les mots, soit qu’ils n’existent pas, soit par pudeur, soit parce que l’air du temps les lui interdit. Et que ce livre absent — mais lisible par transparence si on apprend à le faire — était beaucoup plus intéressant. L’air du temps, c’est quoi, en ce moment ? C’est, comme nous le savons tous, faire du théâtre politique. Il n’y a qu’à ouvrir le moindre texte de présentation, la moindre critique. Personnellement, je décroche au bout de trois lignes et je ne vais plus rien voir. Il faut faire du théâtre politique. Il faut dire que l’heure est grave ! Les enjeux sont importants ! Quand Amélie Couillaud m’a proposé de faire quelque chose pour le festival Echelle Humaine, on a cherché sur quoi. Elle m’a proposé quelque chose de politique — puisqu’on n’y échappe pas, actuellement. Nos cabanes, de Marielle Macé. J’ai lu le livre en deux heures. Après Proust, Baudelaire, Rimbaud, Racine, Houellebecq… c’était un peu triste de réduire à ce point mes ambitions (ce texte, à mon sens, mérite un 16/20). Alors, restait cette figure de Cunningham dont on fête le centenaire. Au moins, elle n’est pas politique. C’était le moyen d’y échapper. L’air du temps. Il était homosexuel. On ne lui connaît pas de pratique sexuelle prédatrice… Je devais, avec la figure de Cunningham, être un peu tranquille et pouvoir faire un spectacle qui aille « dans tous les sens », comme disait Rimbaud. Je n’ai jamais fait de spectacle que sur tout. Pas sur ceci ou cela, sur tout. Ou sur rien, si vous préférez.  La question qui s’est toujours posée, c’est : Quel titre et que mettre dans le programme ? Merce Cunningham. Au pied de la lettre : Cunningham !

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Saturday, July 13, 2019

N ote d'intention


Chère Pauline, chère Sandrine, chère Clémence et chère Fabienne que je mets aussi en copie (une amie qui réfléchit avec moi), 

« On reconnaît à ceci celui qui a des dispositions pour la quête intérieure : il mettra au-dessus de n’importe quelle réussite l’échec, il le cherchera même, inconsciemment s’entend. C’est que l’échec, toujours essentiel, nous dévoile à nous-mêmes, il nous permet de nous voir comme Dieu nous voit, alors que le succès nous éloigne de ce qu’il y a de plus intime en nous et en tout. » (Cioran)
Depuis quelque temps, je cherche dans quel sens travailler avec Ubisoft (que je connais très peu encore). Avec l’entreprise. Evidemment, quand un artiste se met dans un projet avec une entreprise, il cherche l’opposition : que peut-il amener que l’entreprise n’a pas. Hors l’entreprise a tout. Elle est le monde dans lequel nous vivons. Il n’y en a pas d’autre. Le néo-libéralisme, qu’est-ce qui n’y appartient pas ? Certainement pas le théâtre. Toute entreprise est dirigée vers le succès, par définition, et si nous parlions de l’échec ? Voilà une notion, l’échec, qui n’appartient pas au monde de l’entreprise sauf pour la fuir. Pour en avoir peur. Qui n’appartient pas du tout au monde dans lequel nous vivons. Et si nous mettions en miroir l’échec et le succès ? C’est peut-être ce que je pourrais apporter. 
Je ne fabrique mes spectacles — poétiquement — que dans cette notion d’inversion, d’échec, de perte, de disparition, de néant. « Rater mieux », dit Beckett. Je réussis mes spectacles comme cela. Prendre le contre-pied du néo-libéralisme, montrer l’envers du décor, montrer la non productivité (parfois, souvent même, avec des artistes très performants qui vivent alors des vacances, en travaillant avec moi), faire théâtre de rien. Teatro povero. « Le rien, mais avec splendeur », fut longtemps ma devise. « Il n’y a pas de spectacle » est une phrase souvent entendue dans mes spectacles. Montrer qu’on sait, qu’on peut faire des spectacles (c’est très facile), mais les défaire. « Dieu merci, notre art ne dure pas », dit Peter Brook. Les spectacles que je donne tentent d'être détaché du sens, surtout de ce sens « politique » que l’on entend partout maintenant. L’air du temps. (« Mais, comme le dit l’essayiste Olivier Neveux, c’est peut-être ça qui va redevenir politique. »)
Bien sûr, toute mon énergie va à la fabrication de spectacles. Ma petite entreprise. Ce projet devrait, pour bénéficier de cette énergie maximale, avoir aussi ce but. Non pas que les interventions « décalées » sur les réseaux sociaux ne soient pas une très bonne idée, c’est quelque chose que je pourrais faire, surtout par le biais des citations, mais, à vrai dire, je hais les réseaux sociaux. Cela n’a pas toujours été le cas, mais, en ce moment, je les hais et l’idée d’y participer me semblerait exiger de moi une abnégation que je n’ai pas. Mais faire des spectacles est un rêve constant, un rêve de toutes mes nuits. Et un rêve quand j’en réalise un : je vois devant moi le spectacle dont je rêve. Je voudrais que ce spectacle final qui naîtrait d’une somme d’expériences dans l’entreprise ait lieu dans la grande halle du Carreau du Temple que j’ai pratiquée récemment pour deux ou trois répétitions avant de partir au Brésil. Ça a été une évidence : s’il y a spectacle, c’est dans ces 18 000 m2 en lumière du jour que j’aimerais le réaliser. J’ai travaillé avec un danseur, Baptiste Ménard, capable de danser dans cet espace tout en entier. Il faudrait beaucoup de danseurs avec cette capacité. Cette virtuosité que je recherche toujours chez les interprètes, c’est pour la défaire de son orgueil, pour la mettre au niveau de la virtuosité de l’amateur, de celui qui n’a jamais rien fait. Il y a une très belle phrase de la chanteuse Barbara. Dans une interview, on lui parle de son talent et elle s’exclame : « Mais qu’est-ce que c’est que le talent ? Est-ce que ce n’est pas entrer en scène et sourire ? » Voilà, en fin de compte, il n’y a pas de spectacle, il n’y a que la vérité, que l’émotion, que le sourire — et alors le succès et l’échec deviennent des notions toutes relatives. Vous connaissez la blague juive : « Les cinq plus grands génies de l’humanité sont juifs. Moïse a dit : Tout est Loi. Jésus a dit : Tout est Amour. Marx a dit : Tout est Argent. Freud a dit : Tout est Sexe. Et Einstein a dit : Tout est relatif. »
C’est une aventure qu’il faut imaginer. Je ne maîtriserai pas ce qu’il va se passer. Non maîtrise de ce qu’il va se passer. C’est tout ce que l’on souhaite réellement, profondément, dans la vie : vivre une expérience plutôt qu’une manipulation. 
En écrivant ces lignes qui valent peut-être comme note d’intention, je m’aperçois bien que nous sommes très loin encore des modalités concrètes de réalisation. Il y a tout à inventer, tout à étudier, tout à se perdre, tout à oublier et tout à redécouvrir
J’ai commencé par une citation de Cioran, en voici une de Pasolini (tirée de Théorème qui repasse en ce moment sur Arte) qui donne lui aussi, une définition de l’artiste (la même, d’ailleurs) : « Nul ne doit se douter qu’un signe est réussi « par hasard ». « Par hasard », c’est horrible. Lorsqu’un signe est réussi, par miracle, il faut immédiatement le garder, le conserver. Personne ne doit s’en apercevoir. L’auteur est un idiot frissonnant, aussi mesquin que médiocre. Il vit dans le hasard et dans le risque, déshonoré comme un enfant. Sa vie se réduit à la mélancolie et au ridicule d’un être qui survit dans l’impression d’avoir perdu quelque chose pour toujours. »
Je vous citerais bien aussi tout le Rester vivant de Houellebecq que je viens de donner au Brésil et à Paris, mais c’est un peu plus long. (Sur demande, je l’envoie.)

Bien à vous, passez un bel été !

Yves-Noël Genod, le 12 juillet 2019

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Friday, July 12, 2019

« Je suis le miroir de l’infini extérieur, c’est impossible, pour moi, de me définir. »

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« Il faut enterrer les morts et réparer les vivants. »

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Alléluia ! Dieu m'a exhaussé ! Je priais depuis que je t'ai envoyé ce message pour que tu ne sois pas à Paris ! Je t'ai affreusement dans la peau, tu sais... Ma vie risquait de s'effondrer dans un chaos indescriptible. Heureux homme ! Tu es à Toulouse ! Je suis sauvé ! Merde... j'y passerai dans quelques jours. Je te recontacte. Surtout ne bouge pas ! YN

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À minuit, il y était. Il me roulait une cigarette. J'étais stone. Je lui demandais si c'était du tabac. Oui. J'étais stone. C'était du tabac qu'il avait trouvé juste en s'asseyant à côté de moi. Il connaissait des gens. Beaucoup de gens. Mais déjà quelques personnes en s'asseyant à côté de moi. Je désirais ce garçon. Il était souple comme la vie. Il glissait. Il était beau. Le plus beau de tous. Le moins image. Le garçon efféminé qui lui parlait lui montrait son « mega coup de soleil ». Et à moi aussi. Il disait (il montrait) qu'il avait une tache « à la Gorbatchev ». Je me demandais d'où il sortait cette référence. Peut-être était-il russe aussi. Je ne demandais pas. 

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L e Théâtre politique


« Est-ce qu’il reste du théâtre publique qui se dirait absolument pas politique ? Apolitique. Parce que ce serait pas une contradiction dans les termes d’être subventionné et donc d’avoir… On a forcément une mission politique, non ? si on est subventionné par l’Etat ? Est-ce que ce serait possible de dire : Oh, non, moi, c’est juste faire des textes que je trouve sympa…
— Mais c’est peut-être ça qui va redevenir politique »

« Je crois vraiment qu’on ne sait pas ce qu’on produit au théâtre et qu’il faut arrêter de se poser la question. Je pense que le théâtre politique le plus émancipateur — ça veut pas dire que y a pas d’autres théâtres politiques et le théâtre militant est un théâtre politique, mais le plus émancipateur, c’est un théâtre qui arrête de vouloir produire des effets sur les autres, qui arrête d’anticiper les effets qu’il va produire parce que c’est encore une manière de manager quelqu’un, c’est encore une manière d’organiser la réception. Après, on verra, peut-être que dans quelques mois, dans quelques années, il faudra revenir à un théâtre frontal et immédiatement efficace comme Piscatore dans les années 20, bon, on va voir où va nous amener cette conjoncture abominable dans laquelle on est en ce moment. »

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« La scène est un lieu privilégié du monde où tout est un spectacle auquel on ne croit pas. »

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Salut Ireïna, 
J’espère — je suis sûr — que ton concert s’est bien passé à Pantin.
Je voulais te dire, comme on avait parlé de reprendre la pièce, et tu parlais de septembre (peut-être est-ce moi qui en avais parlé), septembre, c’est impossible pour moi, j’ai deux autres spectacles à faire en septembre. J’espère qu’on la reprendra un jour. En tout cas, moi, je n’en ai pas fini avec Tchekhov ni avec cette pièce. Mais je voulais te dire, en attendant, si tu veux en reprendre des extraits pour toi-même dans tes récitals ou dans d’autres circonstances, fais-le (je dis extraits à cause de ce problème de temps non résolu). Mets alors mon nom juste dans les remerciements. Mais fais-la à ta manière.
T’embrasse, 

Yvno

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T earoom, de William E. Jones


Ahahah ! Enigma ! C’est vraiment des pd, là, y a plus de doute, on tient la preuve ! J’ai vu hier à la cinémathèque un film très ennuyeux (donc très bon) fait avec de la pellicule... je sais pas comment quelqu'un a récupéré ça... la police avait décidé de surveiller une pissotière et un policier (ou plusieurs se relayant) filmait en caméra cachée les pd qui se mattaient, se branlaient, etc. Ce qui est émouvant, c’est la répétitivité des actions et des affects (le sexe, la peur et l’excitation d’être découverts) et les différences minimes des individus, tous à peu près beaux et à peu près moches et c’est que ces hommes sont tous morts, c’était dans les années 50 ou 60 aux Etats-Unis... Je n’ai pas reconnu Merce ni Cage dans le défilé, mais…
YN

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E crivait Maeterlinck


« Voici ce que je voudrais faire, écrivait Maeterlinck en 1898 : mettre des gens en scène dans des circonstances ordinaires et humainement possibles, mais les y mettre de façon que par un imperceptible déplacement de l’angle de vision habituel apparaissent clairement leurs relations avec l’inconnu. » 

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R ien avec rien


Tu vois où j'en suis réduit : mendier des soirées, mendier l'amour nocturne...

Voilà notre croix, Yves-No ! Je mendie l’amour diurne !

Mais je t'aime !!! Ah, le monde est mal fait... Rien ne va avec rien…

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M erce émoi



Voici une première version. Mais on fera mieux. Je pars sur les routes et je ne connais plus personne pendant dix-quinze jours. Alors voici déjà… D’ailleurs c’est un peu trop long, je crois, 3 561 caractères avec espace et 2 922 sans espace, non ? 
A bientôt, chère Fabienne, 
Yves-Noël 

Merce émoi

Je ne vais pas dire quoi que ce soit d’intéressant sur Merce Cunningham. Ça va pas ? Tout le monde a dit et va dire des choses intéressantes. Mais, moi, mon métier, mon orgueil, c’est de dire des choses inintéressantes. Des choses qui n’ont pas de sens. Alors, comment voulez-vous ? Je sais — mais je ne prétends pas — que ça peut être intelligent de dire des choses inintéressantes. Par exemple, quand c’est Tchekhov qui dit que — eh bien, que la vie n’a pas de sens. Il le dit dans cette pièce de théâtre qui n’est que musique, que neige qui s’appelle Les trois sœurs. Alors, oui, il y a « Merce Cunningham » dans le titre de mon nouveau spectacle. C’est affreux de le remarquer, mais que voulez-vous que je vous dise ? Denise Luccioni — qui me sert de garde-fou, me rattrape — m’assure que « beaucoup de conneries ont été dites sur Merce ». Moi, je trouve que les conneries font partie du corpus. Elle me dit d’ailleurs qu’elle a horreur du mot « spécialiste » — notez que je ne l’ai pas employé à son égard — et qu’elle-même dit des choses un jour, pour se rendre compte ensuite qu’elle aurait pu dire exactement le contraire. Par exemple, moi, j’aime la jeunesse de Merce. Pourquoi pas ? Alors, elle me dit qu’il n’a jamais été jeune, qu’il a toujours été hors d’âge, même jeune, qu’il n’a jamais été « le jeune homme ». Les figures d’étoiles contiennent tout. Si je faisais un spectacle sur Marilyn Monroe, je pourrais tout dire. On a dit que Marilyn prenait sept bains par jour. On a dit qu’elle ne se lavait jamais. Tout peut se soutenir. Les idoles nous sont aussi mystérieuses que cette part de nous-même qui nous pousse à écrire, jouer, danser ou à nous laisser dériver. Au fond, nous ne savons rien de ce qui nous arrime. Nous ne pouvons nous connaître que sous des formes approchées et contradictoires. La seule posture juste concernant Merce serait peut-être de regarder les oiseaux en pensant à lui. Notez que je ne parle de Tchekhov que parce que je viens de finir un spectacle sur Les trois sœurs et que ça ne me gêne pas d’en parler, contrairement au spectacle sur Merce dont je ne ne veux rien savoir ici — et donc, je disais, Tchekhov dit dans une lettre : « il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu'en ce monde on n'y entend goutte ». En particulier les artistes, je souligne. Il écrit ça vers 1900 mais on n’a pas progressé. Rien du tout. Que dalle. Plus tu progresses, moins tu comprends. C’est les astrophysiciens qui le disent. Le cerveau résiste à la compréhension. Paraît. On espère maintenant dans les robots. Il me semble que Merce Cunningham a, lui aussi, senti ça, su ça et qu’il l’a dit. Tout ça. Sa danse ludique et métaphysique est sans bruit, sans parole, mécanique. Tchekhov (dans Les trois sœurs) : « Les oiseaux migrateurs, les grues, par exemple, ils volent, ils volent, et quelles que soient les pensées, nobles ou pas, qui leur passent par la tête, ils continueront de voler, sans savoir ni pourquoi ni vers quoi. » Merce dit de la danse qu’elle est « aussi juste et impermanente que la respiration ». Il dit peut-être cela sous l’influence de Duchamp qui, un moment, avait soi-disant renoncer à l’art pour devenir un « respirateur ». Trouver un langage pour la vie, c’est toujours l’idée. Alors je regarde le beau portrait photographique que le festival Echelle Humaine a mis sur son site et je rêve. Rencontrerai-je en rêve Merce ? Ce serait un amour de vacances et nous nous retrouverions en septembre pour un mariage public...

Yves-Noël Genod, le 9 juillet 2019

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Thursday, July 11, 2019

U n langage pour la vie


« « Il ne s’agit pas d’un art, ni même d’un simple savoir-faire. Il s’agit de la vie, et donc de trouver un langage pour la vie », explique-t-elle, en 1999, à l’Université de Bologne. »

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L 'Injonction

Voilà, moi, j'ai fini de dîner. Y a Théorème à la télé (que j'ai déjà vu 999 fois, ce sera la millième), mais dès que tu me l'ordonnes, chéri, mon théorème à moi, je saute dans un short et je te rejoins 

Eh bien, moi, j’y suis ! Mais je n’oserai pas te donner d’ordre

J’arrive ! Ta simple présence sur cette Terre est un ordre pour moi. Je dirais même : une injonction divine

Ouh là là

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L a Beauté : invisible


« Les choses les plus belles sont dans la plupart des cas entièrement cachées, disait Pina Bausch dans son discours donné à l’Université de Bologne, en 1999. C’est pourquoi j’aime travailler avec des danseurs qui ont une certaine timidité, de la pudeur, et qui ne s’exposent pas facilement. [...] La pudeur garantit que si quelqu’un montre quelque chose de très petit, cela est vraiment quelque chose de spécial et qu’on le perçoive comme tel. »

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J 'ai joué dans un spectacle de Claude Régy (sur les photos, je suis celui qui ressemble à Aurélien Barrau)


Photographies Daniel Cande

D 'autres formes d'eux-mêmes, d'autres formes de réalité


« l’histoire, finalement, ça consiste précisément à montrer qu’une autre histoire aurait pu être possible »

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I ls aiment les artistes à leur image


« Dans le macronisme, on aime les « premiers de cordée ». On peine à imaginer d’autres sens à la vie que d’en rejoindre le très sélectif club. Le mépris suinte pour qui n’a pas le désir de leur ressembler. Ils aiment les artistes à leur image : les vainqueurs, ceux qui sont partout reconnus, qui accumulent les prix et cochent les cases de la réussite… Ils passeront sans doute à côté de tout ce qui comptera artistiquement dans cette époque. De combien d’œuvres rendues impossibles seront-t-ils responsables ? » 

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Oui, envoie ! J'ai fini avec Les Trois sœurs dimanche et, en effet, je suis dans Cunningham, dans ce que tu m'as donné. Les Inrocks me demandent un texte. Je viens d'en écrire un toujours sur le mode : je ne sais rien et je ne veux rien savoir. Mais c'est une posture. Je tiens vraiment à tout savoir. Et je compte toujours (et encore) sur toi. Mais je vais bientôt partir en vacances-vadrouilles, pas vraiment la mer du Nord qu'on avait évoquée (plutôt le grand Sud). Le texte est demandé pour fin juillet, j'ai le temps d'en écrire un autre avec ton aide cette fois. Je ne sais pas où tu seras fin juillet ni fin août. Je passerai vers toi (mais pas ces jours-ci comme annoncé, je suis vanné). Le temps va manquer encore pour ce spectacle — à moins que j'arrive à me trimballer Merce Cunningham tout l'été avec moi... L'été qui, pour moi, est un infini passe toujours trop vite... Bises pour ce soir, très chère

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L a Nuit


Je viens de lire une citation pas mal de Genet : « réussir à atteindre une harmonie dans le mauvais goût est l'apogée de l’élégance ». 

Pas mal. Mais ça s'appelle le kitsch, c'est assez répandu. Il doit parler des travelos. Tu cherches un bricoleur et tu penses que je n'en suis pas ? Tu as raison, j'ai été le mauvais élève de mon père. Malheureusement.  Et, maintenant, c'est trop tard. Je prends sa bagnole samedi, mais elle a plus de batterie, je sais pas comment faire. Viens ! On y arrivera mieux à 2 et on se balade... jusqu'à un domaine naturiste dans les Landes où j'ai un r-v (ça s'appelle un nom comme Pétaouchnok). Sinon j'ai un autre r-v ce soir aux Buttes-Chaumont, mais je sens qu'il va me filer entre les doigts, celui-là. Tu veux pas venir ? C'est ouvert toute la nuit...

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Wednesday, July 10, 2019

A la radio, podcast : « Comme Tchekhov est présent dans tous ses personnages, y compris les personnages féminins » (Antoine Vitez)

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Tuesday, July 09, 2019

L e Bleu


Photo Kataline Patkaï ?

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Something Real Going On (titre pour un spectacle)

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Monday, July 08, 2019

M rs. Barrett


« Tous mes engagements ultérieurs avec des danseurs pour qui la danse était le vecteur d’un message social ou un terrain d’explorations psychologiques n’ont pas détruit la conviction que Mrs. Barrett [sa première professeure] m’a transmise : la danse s'ancre dans l'instant qui se présente et sa vitalité, sa puissance et sa séduction proviennent justement du caractère unique de l'instant. Elle est aussi juste et impermanente que la respiration. »

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L égende des Trois Sœurs


La pièce Les trois sœurs était si enfouie dans Pantin, dans la représentation, dans Ireïna, c’était inouï comme elle était enfouie, une chose si simple, croyait-on, mais si prompte à se dissimuler, si vivante, en fait, et donc à s’enfuir, si animale, comme nous avons eu du mal à la sortir de son obscurité, des paravents de toutes sortes, des bouquets de fleurs, des masques, elle était enfouie dans le russe et c’était peut-être dans le russe qu’elle apparaissait le plus, invisible (mais audible), qui étaient ces gens ? qui étaient-ils ? qui étaient ces gens si proches de Tchekhov qu’il en avait fait des personnages, à cette époque, en 1900, et pour l’éternité ? ça lui avait demandé beaucoup de travail, il l'avoue dans ses lettres, mais la pièce, une fois écrite, était demeurée musicalement vivante...

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L e Flou de l'été



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K evin, bibi et Anna


Photographies anonymes

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A h oui


Ah, merci Denise ! Moi aussi, je me demandais pourquoi je n’avais pas ton adresse email. J’ai recopié mes notes. Merci pour ce que tu m’as envoyé aussi par Messenger. Tout ça m’émerveille. Je donne un cours à La Cambre le 13 mai et encore un le 20 mai, ce que je te propose, si tu es à Bruxelles à ces moments-là, c’est de se revoir. Le 13 dans la journée, c’est-à-dire avant le cours à 18h ou après 21h (je dois rentrer tôt le 14) et le 20 (avant 18h ou après 21h) ou le 21 à déjeuner, par exemple… Tu me parleras encore et je prendrai des notes, ce sera parfait. Tu me montreras aussi le livre des dessins d’oiseaux. Je répète Les 3 sœurs, en ce moment, alors je n’ai pas vraiment le temps de commencer le travail sur Cunningham (et ce serait trop tôt, d’ailleurs), mais aujourd’hui (et hier) mon actrice est malade alors je me suis moi-même gentiment mis au lit à pouvoir faire mon courrier… Ce que tu as dit que tu pouvais m’envoyer par mail, c’est MC, un demi siècle de danse, de David Vaughan ; les phrases de Zarathoustra qui s’applique à MC ; l’anecdote d’Helen Keller que tu m’as déjà racontée ; des traductions de textes de MC. Ce que j’ai déjà, en tout cas, c’est Le Danseur et la Danse (un recueil d’entretiens).
Voici le texte que j’ai proposé pour le programme de cette manifestation de septembre, dis-moi s’il t'apparaît quelque chose chose d'embêtant (j’essaye de rester vague vu que je ne connais pas encore mon sujet ni — encore moins — le spectacle que je vais en tirer), la deadline était jeudi dernier, mais je pense qu’on pourrait encore rectifier si nécessaire… (Ah oui, le titre de la performance, c’est : Yves-Noël Genod dira au moins une phrase de Merce Cunningham (et peut-être un peu plus)) : 
Il n'est pas sûr que Merce Cunningham n'ait jamais eu quelque chose à dire sur la danse qu'il n'ait pas dite… par la danse. C'est ce qu'il fait remarquer, en tout cas — et non sans humour —, aux journalistes. Voilà qui a pu séduire Yves-Noël Genod qui ne s'intéresse — mais avec passion — qu'à ce qui n'a pas de sens. Pas de sens prédéterminé, pas de vision morale ou politique, pas d’« idées sur la chose », au sens — et, bien sûr, c'est encore un sens — de Wallace Stevens : « Not ideas about the thing, but the thing itself » ou à celui d'Anton Tchekhov s'exclamant (dans une lettre) : « il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu'en ce monde on n'y entend goutte ».
Si Merce Cunningham parle, c'est, par défaut, de ce qui ne s'énonce jamais, sauf de rares fois, dans la poésie. Ainsi Yves-Noël Genod offre un spectacle dont il ne saura rien par avance, un « accident », une « conversation », dit-il, sous l'égide d'un jeune homme de cent ans, Merce Cunningham, qui invite encore, par l'évocation, à diriger son regard sur la danse…
Bises, 
Yvno
Tiens, je t’envoie un autre portrait avec des tatouages que tu détestes (mais ceux-là sont bien la version décalcomanies que tu croyais…)

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L es Acteurs


Je mets souvent longtemps à découvrir des acteurs très connus. Peut-être que je ne vois pas leurs films ou peut-être que je les vois un peu et que rien ne se passe, des acteurs très connus, peut-être que je les vois sur scène et que rien ne se passe et puis un jour, un soir, une nuit, on tombe sur la rencontre. Denis Podalydès, je ne voyais pas trop qui il était, brillant, couvert de travail, pas très beau... et, dans le film d’Eugène Green, Le Pont des arts, acteur ! Il m’a ébloui, terrifié. Il joue un homme très méchant. Bien sûr, le rôle est beau, mais comme il le joue bien ! J’ai regardé plusieurs fois déjà ses scènes. Le film est en entier sur Youtube. C’est un chef d’œuvre, le film — et, Denis Podalydès, mon héros !