Tuesday, December 18, 2018

« Le moment dans lequel je vous parle est déjà loin de moi. »

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T out ça va disparaître


Le monde va mal, n’est-ce pas ? C’est ce qu’on dit, c’est-à-dire qu’on a la sensation qu’il va aller bien plus mal très vite et qu’on ne peut rien faire contre ce compte à rebours. C’est vrai, je l’avoue, je trouve ma satisfaction en regardant la vie, la ville, tout ce qui est moche et qui grouille en pensant : tout ça va disparaître et en trouvant joie et beauté à toutes ces choses moches et absurdes et éreintantes parce qu’elles vont disparaître. (C’est peut-être ça, le silver lining, le bien disparaît mais le mal aussi...) Je suis sans doute naïf comme le père de Borges : 
« Lorsque j’étais petit, je suis allé avec mon père à Montevideo. Je devais avoir neuf ans. Mon père m’a dit : « Regarde bien les drapeaux, les douanes, les militaires, les curés, car tout ça va disparaître et tu pourras raconter à tes enfants que tu l’as vu. » C’est tout le contraire. Aujourd’hui il y a plus de frontières, plus de drapeaux que jamais. 
Mais moins de curés, quand même.
— Qu’en savons-nous ? Ils sont déguisés, maintenant. Et comme mon père était végétarien, il me montra une boucherie pour que je puisse dire plus tard : « J’ai même vu une boutique où l’on vendait de la viande. » Peut-être mon père avait-il raison ; ce fut sans doute une prophétie prématurée qui mettra quelques siècles à se réaliser. »

Monday, December 17, 2018

A vec cette preuve (que je détiens)


« Si Dieu réside en chaque homme, alors toute forme d’organisation hiérarchique prétendant détenir le monopole du vrai, et dispensant celui-ci de haut en bas, est l’ennemie de l’espèce humaine. Sans preuve de l’existence de cette Lumière intérieure, il ne peut exister de justification rationnelle à l’anarchie. Avec cette preuve (que je détiens), pas d’explication rationnelle légitimant la centralisation du pouvoir, ou les États tels que nous les concevons actuellement. Nous serons tous reliés les uns aux autres de toute façon. Il ne saurait en être autrement. Les conséquences sur le plan social sont incalculables, mais dans le bon sens. »

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P ersonnages hauts en couleur


« qui partagent avec nous la Terre »

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Sunday, December 16, 2018



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M on maître


Johan Faerber m’a fait connaître Antoine Wauters et Antoine Wauters m’a fait connaître Antonio Moresco. J’en avais déjà parlé à propos de La petite lumière. Là, je viens de lire le deuxième texte paru en français : Fable d’amour. Ensuite, je vais lire le troisième paru en français (toujours chez Verdier), Les Incendiés, et ensuite j’apprendrai l’italien. Je ne vais pas répéter ce que j’ai déjà dit, mais j’ajoute qu’Antonio Moresco a une telle confiance en la littérature que, si je vois bien qu’il est en train de l’écrire, en lisant le livre, Fable d’amour, c’est comme si lui en train de l'écrire voyait que j’étais en train de le lire, dans le même temps, ce même livre, Fable d'amour. Il est tout à fait, complètement, avec moi, vraiment comme quelqu’un qui m’aimerait profondément, intimement, qui ne me lâcherait pas, jamais, pas une seconde, au moins pendant le temps de la lecture et, ensuite, il laisserait faire, ça dépendrait de moi. Je ne veux plus lire que des livres gnostiques (bonjour Pacôme Thiellement), c’est presque comme si ça n’existait pas autrement, la littérature, presque comme si ça n'existait qu'à travers le genre mineur, la littérature la plus belle. 

J anvier


Je propose deux spectacles en janvier, l'un à Genève (Théâtre Saint-Gervais) en collaboration avec Latifa Djerbi (actrice et autrice) les 18, 19, 20 et l'autre à Nantes (Lieu Unique) en collaboration avec Yves Godin (éclairagiste et scénographe) les 31 et 1er février. Toute aide bienvenue

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D iáfana paz


« Triumphal, teatral, vesperalmente rubro,
Na diáfana paz dum poente de outubro
O sol, esfarrapando o incenso dos espaços
Caminha para a morte em deorados passos »
« Triomphal, théâtral, vespéralement pourpre
Dans la paix diaphane d'un couchant d'octobre
Le soleil lacérant l'incendie des lointains
Avance vers la mort d'un pas qu'il veut très lent »

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H ôtel Cornavin (3)



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F ormes et déformes de l'Univers


Tu sais que Roman a pensé (quand il m'a vu entrer) que c'était toi qui m'avais dit de m'asseoir devant et juste en face de l'emplacement du monologue de la bite... C'est vrai que c'était un petit théâtre personnel (rien que pour moi) à ce moment-là. Love, YN
Sinon j'ai admiré ton écriture ; je ne savais pas que tu écrivais (ou bien j'ai oublié, ce qui est bien possible) et j'y repense en lisant ce matin ce vers d'Apollinaire : « Ni parce que fondés en poésie nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l'Univers » (avec le « ni » de ton étrange titre, tiens, d'ailleurs). Love, YN

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D evise


« Dieu existe donc je n’existe pas. »

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« Vous avez une très belle métaphore, vous dites : « la poésie doit nous toucher physiquement comme le voisinage de la mer » 
— J’ai dit ça ? Eh bien, tant mieux pour moi. J'avais oublié celle-là. Oui, mais c’est vrai : si elle ne nous touche pas physiquement, elle n’existe pas. Donc la poésie intellectuelle, c’est un peu faux… Oui, elle peut être intellectuelle, mais il faut qu’elle produise cet effet magique ou physique immédiat. »

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Saturday, December 15, 2018

L a Jeunesse


« Et puis quand j’étais jeune, je voulais être malheureux. »

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L e Doigt d'honneur


Photos de Latifa Djerbi

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Titre : Celui qui préfère que les autres aient raison

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L a Rencontre


« J’ai beaucoup réfléchi à cette rencontre que je n’ai racontée à personne. Je crois en avoir trouvé la clef. La rencontre fut réelle, mais l’autre bavarda avec moi en rêve et c’est  pourquoi  il  a  pu m’oublier ;  moi,  j’ai  parlé  avec  lui  en  état  de  veille  et  son souvenir me tourmente encore. »

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L es Elèves


« Mes élèves dorment, il n’y a plus rien à dire, alors je me tais. »

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Friday, December 14, 2018

P eut-être


« Peut-être qu’on m’a lu avec plus d’intelligence que j’en ai mis à écrire. »

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P ortrait de Latifa Djerbi (les gros seins et le fantôme)



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« Mes fantômes, ce sont mes projets littéraires. »

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Wednesday, December 12, 2018

H ôtel Cornavin (2)



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P arler aux médecins


« Me soigner ? Mais je vais très bien et je t’encule ! » 

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V oyez


« La   vieillesse   des hommes  et  le  crépuscule,  les  rêves  et  la  vie,  le  temps  qui  passe et l’eau. »

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T out est agréable


« De toutes les villes du monde, de toutes les patries intimes qu’un homme cherche à mériter au cours de ses voyages, Genève me semble la plus propice au bonheur. Je lui dois d’avoir découvert, à partir de 1914, le français, le latin, l’allemand, l’expressionisme, Schopenhauer, la doctrine de Bouddha, le taoïsme, Conrad, Lafcadio Hearn et la nostalgie de Buenos Aires. Et aussi l’amour, l’amitié, l’humiliation et la tentation du suicide. Dans le souvenir tout est agréable, même l’épreuve. » 

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H uitième ciel


Je suis au huitième étage d'un hôtel au-dessus de Genève et c'est beau... — et je lis « Le Temps »

[...]

Oh, Paris... Vivement samedi que ça casse tout...

Quel rebelle ! C'est l'exilé en Suisse qui parle ?

Exactement. Je suis très influencé par ce que je lis et je viens de lire un article dans « Le Temps » qui dit que ce sont les casseurs qui ont fait reculer Macron, pas les pacifistes... Bravo les gros bras ! (De mon huitième étage au-dessus du lac, je peux me permettre d'être de gauche, tu comprends...)


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Tuesday, December 11, 2018

Tiens, je pense à toi car je lis dans un livre sur Phèdre : « Au yeux du Dieu cruel nous sommes presque tous des monstres ou des lâches. »
Oui, bien sûr, Proust parle de ça (il parle de tout, Proust). Une saison en enfer, aussi, c’est sublime. Je l’ai joué aussi, ce texte (très difficile aussi), quelle merveille !

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T héâtre engagé


Bonjour à tous,
Je voulais juste, un peu tardivement, vous remercier pour cette extraordinaire Ruée commune. 
C’était le dernier essai du Musée de la Danse, imaginé et réalisé à l’arraché avec vous… au milieu d’un automne très chargé… en plein festival TNB… une folie. C’était la meilleure fin possible pour notre fragile institution : un livre, le « récit de nos dispersions », une improvisation collective. L’Histoire au présent, et pas une rétrospective de nos meilleurs projets.
Après avoir un peu paniqué au début de la performance, j’ai soudain réalisé que la fragilité et la difficulté de l’entreprise disait aussi quelque chose de la fragilité, de la difficulté et de la nécessité d’embrasser ces questions historiques. Le récit national. Les dates grandes et petites. 36015 ans regardés depuis notre contemporanéité, pour notre contemporanéité. Se remettre à bouger avec tout cela. Penser dans la pléthore et la pénibilité parfois de notre histoire franco-européo-mondiale.
J’étais tellement fatigué ensuite que j’ai hiberné pendant cinq jours ! Mais en fermant les yeux je voyais toujours les gyrophares, la commune de Paris dans les dessous, Allende, Foucault qui n’arrêtait pas de mourir, Simone de Beauvoir qui gigotait, l’esclavage balayé par Nadia et Vera, la forêt sensuelle des étudiants… je pensais à ce truc dans le poème de Victor Hugo, au début de la Légende des siècles, lorsque Caïn se fut enfuit de devant Jéhovah, vous savez, il fuit, mais à la fin, même dans la tombe, « l’œil était dans la tombe et regardait Caïn ». C’était plutôt l’œil de Marlène qui m’empêchait de dormir, mais vous voyez ce que je veux dire : comme si on avait fabriqué quelque chose de très entêtant et qui dépassait nos tentatives individuelles. 
Donc juste merci, maladroitement, mais quand même:  c’était grand, dans des lumières du génie Yves Godin (sisi, génie, Yves-Noël d’ailleurs en discutait avec son auditoire, de la notion de génie).
Et merci aussi à ces historien-ne-s qui nous ont offert cette pente escarpée.
Amitiés,
Boris

C’est gentil, ce texte, Boris !
Ça a été un plaisir, La Ruée (j’étais bien lotis, il faut dire, côté gyrophares !) Moi aussi, j’étais éreinté après, à mon étonnement — mais pas pendant, j’ai eu l’impression que ça passait vite. Ce que j’ai préféré, pour ma part, c’est d'avoir eu l’idée d'un débat entre les lectures, ça, c’était chouette, de s’apercevoir que le public, le tien, celui du TNB, n’était pas con. Et j’aimais bien cette forme, le débat, faire le prof un peu… Je me demande un peu d’ailleurs comment la reproduire. Là, ça marchait, parce que c’était une forme spontanée du débat non annoncé, et qui allait bien avec l’acte engagé (gauchiste) de ce livre. Bref, comment faire du théâtre engagé (progressif) — c’est la question que je me pose —, mais qui soit juste (pas faux), pas des choses assénées d’en haut, mais des questions levées. Là, je trouve qu’avec La Ruée, ce que j’en ai perçu, et à partir de ces textes combatifs, je trouve que ça en prenait la forme... 
Bon vent, Boris, au plaisir, 
Yvno

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Titre : A Hole’s a Hole

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« 86. On répare nos vêtements abimés plutôt que de les jeter
87. On nourrit les oiseaux avec des graines l’hiver »

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H otel Cornavin



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