Thursday, February 21, 2019

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L ux


« Le luxe, c’est la liberté d’esprit, l’indépendance, bref le politiquement incorrect. »

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Sunday, February 17, 2019



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C apsule de temps


« D’une certaine manière, un journal intime, par exemple, est une capsule de temps… Les travaux de Paul Ricœur ont montré en quoi la narration entretenait un lien étroit avec l’identité. La narration de soi sans cesse renouvelée est une forme de conjuration contre le risque d’éparpillement du sujet. Elle permet d’inclure « le changement, la mutabilité, dans la cohésion d’une vie » (Temps et récit III, Seuil, 1985), de peindre un moi « ondoyant et divers », pour reprendre la formule de Montaigne. » 


« Par définition, l’écriture est une capsule de temps, dès son invention en fait : que sont d’autres les tablettes d’argile que l’on faisait cuire à Sumer, sinon des supports mémoriels ? Comme l’a bien montré André Leroi-Gourhan, la mémoire chez l’être humain est constituée par l’artefact… Alfred Lotka, un penseur que cite Bernard Stiegler, utilise pour décrire cette externalisation de la mémoire, le concept d’exosomatisation ; il explicite très bien en quoi elle a été décisive dans l’hominisation. Mais à l’ère du numérique, nous assistons à une prodigieuse extension matérielle de la mémoire ; avec le Big Data, nous sommes maintenant en mesure de transférer notre mémoire sur des machines, de nous en remettre uniquement à elles… On peut craindre que ces machines amenuisent nos capacités mnésiques et donc que l’hypermnésie tende vers l’amnésie. C’est le problème qui se pose avec ces capsules de temps dématérialisées… La time capsule est donc un objet très tentant pour la littérature, mais comme tu le suggères, avec l’avènement des techniques de stockage numérique, la saisie est bien plus large et cette hypertrophie pointe, en creux, notre caducité. C’est d’ailleurs sur cette dernière que cherche à se construire le délire transhumaniste, qui voit dans notre finitude une forme de déficience originelle. »

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E ternité


Salut Alexandre, 
J’avais envie de dire à Claude, par ton intermédiaire, que j’avais rencontré ici, à Genève où je jouais La Recherche, mon spectacle sur A la recherche du temps perdu (que j’avais lu d’ailleurs autour de vingt ans dans la chaleur de trois étés de la maison de Charente-Maritime) un garçon très beau, qui s’appelle Wahid (de parents afghans) que j’ai d’abord admiré pour sa splendeur puis j’ai appris qu’il donnait (entre autres activités) des stages de masculinité, figure-toi, dans la Drome et dans les Ardennes — je pense bien que je vais en faire un ! — et en allant un peu plus loin, c’est-à-dire en ayant renoncé au sexe (il est bien sûr hétéro), je ne sais pas comment j’en suis venu à parler de Claude — et, là, enfin, un point commun : il n’a jamais vu de spectacle de Claude, mais il a lu tous ses livres qu’il aime beaucoup, qui sont des livres de chevet pour lui — on s'est mis à en parler…
T’embrasse, 
Yves-Noël

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Cher Yves-Noël,
Je n’ai malheureusement pas pu rester après le spectacle ce soir, mais je voulais te dire à quel point il m’a enchanté, au sens propre.
Grand lecteur de Proust, j’ai retrouvé dans ton magnifique spectacle l’essence de ce qui procure la joie dans les grandes œuvres, un talent flamboyant mêlé à une profonde humilité et à un amour sincère et féroce de l’homme.
Merci du fond du cœur.
À très bientôt j’espère.
Yan
PS et la grâce, et la générosité.

Merci !
Je suis content que ça ait été toi qui était hier le groupe « des gens qui connaissent très bien l’œuvre de Proust », un groupe toujours un peu flou pour moi au moment où je le dis, je me demande : y en a-t-il dans la salle ?
Aujourd’hui, je m’ennuie dans le val d’Hérens. A La Sage. Trop sage, l’errant. Le roman que je voudrais y relire (pour me guérir de Proust) serait Le Monde désert, de Pierre Jean Jouve (mais il y en a très peu d’extraits sur Internet).
Je passe trois nuits à Lausanne (20, 21, 22)
Au plaisir, 
YN

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D émocratie


« La démocratie est fondée sur l'emploi et la citoyenneté, ses deux grandes dimensions, d'où la gravité du chômage »

« Elle s'inquiète des effets de la « démocratie extrême » où le citoyen serait remplacé par l'individu mû par ses seuls intérêts. »

« Elle ne cesse de penser au prix de la démocratie. « Ce régime improbable dans le temps et dans l'espace est le seul à peu près humain qu'on ait construit. »

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J oan of Arc (Dreyer)



R egret


« Je me souviens de ces soirées, il y a longtemps, où tout le monde embrassait tout le monde. C’était un résultat nécessaire de l’état où nous plongeait la soirée : il fallait trouver le moyen de dire que nous étions ensemble. »

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Friday, February 15, 2019

A même la page, le passage


« Le flux de l’écriture proustienne, semble-t-il dire, est fait de la même eau que le temps lui-même. C’est, à même la page, le passage du fleuve héraclitéen. »

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E l tiempo es la sustancia de que estoy hecho


« El tiempo es la sustancia de que estoy hecho. El tiempo es un río que me arrebata, pero yo soy el río; es un tigre que me destroza, pero yo soy el tigre; es un fuego que me consume, pero yo soy el fuego. »

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Thursday, February 14, 2019

P roust, ce soir

L es Ruses du pouvoir


« A travers l'histoire, des hommes se sont toujours servi de leur pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles, et les femmes se sont toujours servies de leur beauté pour avoir accès au pouvoir politique, économique, etc. Un échange de procédés, de façon implicite ou explicite — cela faisait partie de notre système. On commence seulement à le remettre en cause. »

« l'identité masculine est toujours fragile — très difficile à obtenir et facile à perdre. Il faut toujours prouver qu'on est « un vrai homme », ce qui implique souvent un processus de domination lié à cette fragilité. »

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C e soir, 19h, théâtre Saint-Gervais, Genève


« 102, boulevard Haussmann, oust !
Facteur, courrez chez Marcel Proust »

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Tuesday, February 12, 2019

Bonjour très chers compagnons d’un jour mais éternels !
Ce mot pour vous dire qu’il y a de belles photos drôles de David Gallard ici et .
Vous cliquez dessus pour les agrandir, et vous pouvez les télécharger en assez bonne définition, je crois…

Après la représentation hélas dernière je vous écrivais ceci : 

Mon travail souvent rapidement fait (comme ici) se cherche, s’affine, se joue avec les spectateurs. D’où les avant-premières. Ici, trois jours de travail, on n'a le temps que d’une générale. Ce qui échappe doit prendre le dessus ; c’est donc une question de confiance. Une belle représentation a à voir avec l’excellence. On a l’impression — et c’était le cas ce soir — qu’on a fait tout ce qu’on a pu pour « être » et que le geste est entier. La beauté de ce geste. Déposé, dépossédé presque. Des filles se déshabillent dans la lumière. Passent des robes transparentes, des pastels, des dessous, lentement filles et fleurs et ombres, des garçons errent dans leur folie. Leur très nette folie d’enfant. Et le public et la lumière radicale d’Yves Godin. Les fenêtres, les trains. Et le champagne et la musique de Konan. Et la mandoline de Paul costumé comme Venise. Quentin le tatoué, Aurélie au travail, Hugo dans les étoiles, Marianne enlève tout, la danse des bottes d’Emma. Théo à qui je désirerais tant céder ma place… Merci les gosses ! Merci Olivia, Yves, Christelle, Charles-Eric, Olivier, Perle ou Fleur, je ne sais plus son nom, et tous les gens merveilleux du Lieu Unique, 
YN 

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« nous écrivons les livres que nous lisons »

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G eneva







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J'ai mis mon slip Superman pour remonter la montagne Proust (LA RECHERCHE, 2h20 de spectacle seul en scène). Pour le moment, c'est pas gagné, le sympathique théâtre Saint-Gervais, à Genève, est un théâtre de poche, c'est comme de faire entrer du dentifrice dans le tube. C'est pour ça que j'aurai vraiment bien besoin d'un peu de monde à la générale demain mercredi à 20h (entrée libre sans réservation) pour essuyer les plâtres et qu'on comprenne ce qu'on peut faire ensemble. Dites-le, s'il vous plaît, à vos amis d'ici (les amis de mes amis sont mes amis comme on disait à la grande époque FesseBouc). Représentations officielles : jeudi, vendredi, samedi (festival Antigel)

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Monday, February 11, 2019

L 'Espion 2









Un espion vieux comme le monde, photos David Gallard

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F rans Hals


« Ainsi peignait en noir et blanc Franz Hals au sortir de l'hôpital des fous »

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Cher Stanislas, j'ai adoré travailler avec la promotion 1er acte, je voulais te le dire puisque tu en es à l'initiative. Quand Rachid m'a proposé de donner ce stage avec lui, j'ai eu un peu d'appréhension, peut-être la même qu'il dit avoir eue aussi au début, à cause de « L'enfer est pavé de bonnes intentions », mais je me suis trouvé face à un groupe si vivant, d'une intelligence si actuelle que j'ai immédiatement vu ce que ces gens pouvaient apporter au théâtre. Ainsi, si cette école peut donner l'envie de jouer à des personnes issues de la diversité culturelle, ce serait évidemment tout bénéfice pour le théâtre. Je donne moi-même un cours ouvert à Pantin (pourtant dans un quartier dit « sensible ») et j'aimerais bien qu'il en viennent plus de ceux qu'on croise dans la rue, à Pantin ou à La Chapelle où j'habite. C'est d'ailleurs la première chose que j'ai dite à ce groupe : « Vous avez un avantage sur les autres comédiens, c'est que vous avez l'air sorti de la rue » (ça les a fait rire). Cette expérience m'a touché au cœur (il faut dire que la présence de Rachid y est aussi pour beaucoup). Bravo — et merci ! Je t'embrasse, Yves-Noël

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L a Fatigue


« Et dans la nuit Céline dit : « Dans la fatigue le divin ça sort des hommes » »

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Sunday, February 10, 2019

B orges disait


« Borges disait que Shakespeare n’existait pas, que Shakespeare était le lecteur de Hamlet dans le temps de la lecture au moment où il lisait Hamlet. Shakespeare, c’est moi quand je lis Hamlet. Eh bien, je trouve que cette boutade superbe s’applique admirablement à Proust. Proust, c’est moi lorsque je lis A l’ombre des jeunes filles en fleurs. C’est en cela qu’on pourrait dire que, quand on lit Proust, on l’écrit, on a le sentiment de l’écriture. On participe en somme et au monde de Proust et à sa mise en œuvre. On rentre dans l’univers par les portes laissées ouvertes par lui. »

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E ntre nous soit dit


« La résurrection c’est tout de suite, sinon c’est la paresse. »

« Le Spectacle envahit plus et l’amour est le contraire du Spectacle. » 

« le paradis doit être écrit au présent. Selon la vie que l’on se donne. »

« Si ce n’est pas gratuit, ce n’est pas de l’amour »

« On veut savoir le moins possible que ce qui compte vraiment, c’est l’instant. […] Ce qu’on ne veut pas savoir, c’est que la vie est courte, et qu’elle est faites d’instants. »

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L 'Espion


Un espion vieux comme le monde, photos David Gallard
Bonjour vous tous, 

Vos voix résonnent dans cette furtive journée à Paris (je repars demain à Genève), elles sont vivantes et éternelles, on dirait, et, comme disait Rachid, toutes particulières, chacun de vous de manière unique. Voici le poème de Wallace Stevens dont je vous ai parlé (de 1917), Theory

I am what is around me.

Women understand this.
One is not duchess
A hundred yards from a carriage.

These, then are portraits:
A black vestibule;
A high bed sheltered by curtains.

These are merely instances.

Il y a aussi, du poète anglais du dix-neuvième siècle Byron : 

I live not in myself, but I become
Portion of that around me.

Mais il m’a semblé que vous étiez plutôt plus conscients de cet environnement (que nous sommes et devenons) que d’autres acteurs apparemment moins discriminés, mais plus paumés…

Et encore une chose que je voudrais vous dire (même si, quand je somnolais dans le train, me revenaient — esprit de l’escalier — beaucoup de situations où je me disais : oh, à ce moment-là, j’aurais dû leur dire ça…) : soyez politiques. Pas la politique qui occupe les médias (et les cerveaux ?) dans une sorte d’immobilisme et de reconduction du même, mais celle de la violence, de la destruction de la vie, du Capitalocène, comme on appelle cette destruction par le productivisme ou celle plus simplement dû à notre cerveau reptilien, paraît-il, qui fait que nous savons, mais que nous — en tout cas à grande échelle, certains sans doute le peuvent — ne changeons pas notre comportement. Ce cerveau reptilien, profond noyau à l’intérieur de notre crâne qui ne s’occupe que de l’instant, pas du futur — mais à l’époque où nous vivons, c’est devenu un défaut : soyez donc instinctivement, artistiquement dans l’instant et politiquement dans le futur… 

Grand plaisir, en tout cas, à vous avoir eu comme groupe, que vous vous soyez si précisément présentés comme un groupe, comme une troupe que vous vous êtes inventée — que j'ai aimé imaginer vieillir ce dernier après-midi. Profitez du plaisir de cette force. Les ambiances dans le théâtre sont souvent atroces, de ces fausses troupes où les gens se détestent (et le montrent) — c’est pour cette raison que je ne supporte pas, en général, le théâtre, et que je suis bien heureux d’être accueilli par la danse, beaucoup moins cinglée dans le psychologique — et plus travailleuse.
Au plaisir de vous revoir le 25 mars,

Yves-Noël 


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