Saturday, October 20, 2018

Sinon parmi tous les choses cochonnes que j'aimerais faire en Suisse avec toi (et il y en a !), j'aimerais manger une fondue... (je ne te le dis qu'à mi-voix, je compte sur ta discrétion, n'est-ce pas) 

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« Toi-même de ton sang devenir le bourreau »

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L 'Automne est enfin arrivé à Lausanne



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« air de dandy absente », j’adore

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Friday, October 19, 2018

V oyage intérieur


Travailler Phèdre, c’est comme prendre cette drogue, cette plante, l’ayahuasca, la liane des esprits, la liane des morts, la liane des âmes, la liane amère, la corde des cadavres, je ne l’ai jamais prise, mais on me l’a raconté : ça lave, ça fait vomir, provoque au dehors des hallucinations et, au dedans, peut-être, le vide intersidéral : êtes-vous vivant ou mort ? On en revient purifié. C’est certainement une catharsis. Je ne suis pas sûr que l’effet produit de l’empoisonnement intense et purifiant de Phèdre soit aussi fort à l’entendre, mais il est vrai que les physiologistes assurent que chaque parole que l’on écoute est en même temps mimée discrètement par le larynx au fond de la gorge, que ce phénomène mimétique ou d’empathie est même nécessaire pour qu’elle soit entendue. « Lire et écrire, c’est la même chose », disait Marguerite Duras. Ecouter serait donc aussi s’empoisonner, peut-être à moindre échelle, en homéopathie, juste pour un soir, prendre un peu de cette drogue épouvantable qui purge les cadavres...

La création à l’Arsenic de Phèdre est doublée par la reprise de Rester vivant, le spectacle à partir des Fleurs du mal de Baudelaire représenté, lui, entièrement dans le noir total. Les spectacles peuvent se « pratiquer » séparément ou dans la même soirée, à 19h et/ou 21h30

Du 1er au 4 novembre, à L’Arsenic, à Lausanne

Avant-premières (pour Phèdre) le 29 à 19h, le 30 à 19h, le 31 à 21h30

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« Puis ma mère m’a sorti cette phrase : « Les mères font les pères ». »

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J e ne comprends pas les mouvements féministes qui


« Même sans s’engager dans le domaine du féminisme proprement dit, il y a une absence de féminité dans notre civilisation qui est effrayante. Je ne veux pas me lancer dans des propos religieux, d’autant plus que je suis incroyant, mais si vous regardez la parole du Christ, elle est essentiellement féminine. La voix du Christ était une voix de femme, du moins au sens traditionnel que l’on donne à ce terme. Tendresse, pitié, amour, bonté, pardon. Mais ces vertus sont totalement absentes de deux mille ans de notre civilisation. En dehors de l’égalité hommes-femmes, qui est évidente, il faut une transformation des valeurs dites masculines en valeurs féminines.
C’est pourquoi je ne comprends pas les mouvements féministes qui se réclament d’une sorte de masculinité, à part égale avec les hommes. Elles devraient au contraire se retrancher de plus en plus, et élaborer des valeurs féminines pour en féconder notre civilisation. Mais c’est sans doute une vue un peu trop idéaliste des choses. »

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M élodies


« Pour Aristote, la catharsis est l'épuration des passions qui se produit par les moyens de la représentation artistique : en assistant à une tragédie ou en recourant aux « mélodies qui transportent l'âme hors d'elle-même », le spectateur se libère de ses émotions et éprouve « un allègement accompagné de plaisir ». »

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Thursday, October 18, 2018

S pectacle


« Mais qui donc êtes-vous ? Vous voulez que les choses aient un sens alors que vous donnez le spectacle le plus insensé qui soit ! »

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« De quoi vous plaignez-vous donc ? demanda K. — De ce que tu ne comprends pas la plaisanterie. »

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« Dieux ! Qu'est-ce que j’entends ?  Madame oubliez-vous
Que Thésée est mon père, et qu'il est votre époux ?

PHÈDRE 
C'qui fait que j'suis ta mer', et qu’c'est pour ça qu'tu t'tortilles ?
Comm' ça tout s'passera honnêtement en famille.

HIPPOLYTE 
Mais si de cet impur et lâche accouplement
Il nous venait un fils, que serait cet enfant ?

PHÈDRE 
Puisque alors je serais ta maitresse et ta mère
Ton enfant s’rait ton fils en mêm' temps que ton frère...

HIPPOLYTE
Mais si c'est un' fill' qu'engendrait votre sein ?

PHÈDRE
Eh bien ta mère serait mon gendre et ta sœur mon cousin ! »

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« Triste clown. Ne méritons nous pas mieux dans l’opposition ? »

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E puiser (rerun)


« Faulkner disait qu'écrire c'est épuiser un rêve. »

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D u slip


Alors, chaton, j'ai déjeuné avec Patrick (le directeur de l'Arsenic) et Anna-Belen et je leur ai dit que je t'avais rencontré et que je te trouvais très sympa et que tu m'avais parlé de la Fête du Slip, etc. Et Patrick me sort : « Et nous, quand est-ce qu'on le fait, notre spectacle porno ? » Comme quoi on en avait déjà parlé, je ne m'en souvenais pas. Je te le dit pour que ça ne retombe pas encore dans l'oreille d'un sourd (la mienne). Il faudrait que tu me fasses rencontrer des gens de ce milieu d'exploration (en plus de toi), Yves-Noël 

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Wednesday, October 17, 2018

« On ne peut pas faire du « Et en même temps » avec la tragédie. »

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D éfinition de la liberté


« Pourquoi devient-on acteur ? Pour la liberté extrême qu’on peut ressentir en jouant la comédie. La même que l’on ressent enfant en jouant tout court. »

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Tuesday, October 16, 2018

L es derniers jours de l'ordinateur



F rancis



Bonjour Anaïs Rolez, 
Olivia Grandville vient de me donner votre contact. Elle m’a dit que vous seriez partante (aussi avec Daniel Perrier et Georgia Nelson) pour embarquer quelques-uns de vos étudiants dans le projet d'une performance qui aura lieu au Lieu Unique fin janvier (et qui a pour titre Un espion vieux comme le monde). On pourrait peut-être en parler au téléphone (06 84 60 94 58), je suis en création à Lausanne, mais on peut se trouver un rendez-vous un matin, si vous voulez. J’ai du temps en décembre. Ce serait bien de rencontrer (au moins) et (au mieux) de travailler un peu en décembre avec les étudiants autour de ce projet. Mais nous n’en savons, vous et moi, sans doute pas tellement plus. Quelle serait leur motivation, comment, quelle disponibilité, etc. J’ai travaillé de temps en temps avec des étudiants des beaux-arts avec des résultats variés, enthousiasmants quand on savait bien, au départ, la difficulté de l’entreprise, plus décevants quand j’avais moins conscience des blocages qui pouvaient survenir (par exemple, celui d’ « apparaître à découvert », sans la médiation de l’objet artistique). Vous êtes prof d’histoire de l’art et des civilisations, eh bien, je trouve qu’il n’y a rien de plus important, la mémoire (ou mémoire de l’oubli) des traces, des choses disparues ; c’est de ce côté que je conçois de plus en plus mon travail : invoquer ce qui est pourtant est là, peut-être dans un état spectral.
Bien à vous, 
Yves-Noël Genod 

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Monday, October 15, 2018

M onde du spectacle


« Dans ce monde du spectacle, il confirme son goût pour la construction provisoire, réversible, bricolée. » 

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L e Polyamour


Salut Isabelle, 
Ça m’a fait rire, ce que j’ai vu de ta fausse page VisageLivre, David Bobo avec le phoque et la liste (hilarante) des associations. J’ai même été fier (surpris en bien) d’apprendre que c’était toi, j'ai trouvé ça très malin. Surtout drôle. Je me souviens que Duras avait dit au téléphone, j’étais là, elle était avec P.O.L. (lui ou quelqu’un de la maison) qui lui parlait d’un article paru qui était bon, mais un peu irrespectueux : « Il manquerait plus que ça, qu’on me respecte ! » J’aime bien David. Je trouve qu’il y a une franchise, une honnêteté — et une beauté — dans ses spectacles. J’en ai vu deux, Roméo et Juliette et Lucrèce Borgia que j’ai beaucoup aimés, tous les deux. Je n’ai pas suivi son engagement militant parce que, en effet, ça ne m’intéresse pas (et que je trouve ça faux). Maintenant, je vois que ça prend des proportions pouvant mener à la guerre totale, alors ça me fait un peu peur pour toi. Je hais VisageLivre, réseau de terreur et de stupidité dont j’essaye de m’éloigner (c’est une drogue). En même temps, rien de nouveau, n’est-ce pas ? Du temps de Racine, il n'y avait pas VisageLivre et ça n'y allait pas de main morte, les cabales… Tu as raison, moi, je trouve, et je lirai ton livre, mais je vois l’époque comme j’imagine l’époque Mao : si tu n’en es pas, tu ne mérites même pas d’être appelé être humain. Alors, que faire ? Les Mao, ça a fini par leur passer. J’attends que ça passe aussi, le monde va si vite. Mais j’admire ton courage. Fais gaffe à toi, quand même, hein ? ne perds pas trop de plumes, chérie, 
Yvno

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Saturday, October 13, 2018

A u théâtre, cette semaine



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J ulia



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B onjour Jonas


Bonjour Jonas, 
Je propose comme titre :  La liberté est-elle interdite ?
Les horaires, tout ça, le nombre de participants, etc. il faudrait en discuter (je n’ai pas d’avis spécial, je dois dire, faites comme c’est mieux pour vous), la salle doit être la plus belle (pas un placard, s’il vous plaît), l’acoustique doit être bonne, voire très bonne (mais c’est si rare, je sais). Les élèves, si possible : ceux qui sont motivés (j’en avais rencontrés, vous vous souvenez). Si possible, pas les autres.
Les objectifs pédagogiques, je n’en ai jamais rédigés, on l’a toujours fait pour moi. Le mieux alors serait que vous le fassiez vous aussi, vous sauriez les termes…
Le contenu tient dans le titre. Qu’appelle-t-on être libre sur un plateau, devant une caméra, est-ce que trouver a à voir avec la liberté, qu’est-ce que la liberté, n’y-a-t-il pas d’autres noms ? (« j’écris ton nom ») Qu’est-ce que c’est, respirer, vivre, être ? Qu’est-ce qui compte, ne compte pas ? Qu’est-ce qui est facile, difficile ? Qu’est-ce que s’immerger ? Qu’est-ce que savoir et ne pas ? Qu’est-ce que la présence, l’absence ? Qu’est-ce que « l’esthétique de la disparition » ? Qu’est-ce que perdre, se perdre, gagner ? Qu’est-ce que se souvenir de ne pas oublier d’être négligé, (sloppy) ? Se souvenir de perdre. Se souvenir d’être mort. Qu’est-ce qu’apparaître ? Alors. De tout ce désastre. Qu’est-ce qu’après ? Le réel ? Qu’est-ce qu’après le réel ? Oui, non. Etc.
Je n’ai jamais donné un stage en deux jours. Il faudrait deux mois — ou deux semaines — à condenser en deux jours. Mais j’ai souvent fabriqué des spectacles en deux jours. Pour cela, il faut sans doute — je n’en sais rien, après tout, mais j’imagine — beaucoup rêver en amont et, au moment imparti, avancer presque en temps réel, ce qui est là, les rencontres (de hasard donc) sont les bonnes ; il n’y a pas de temps pour changer de geste. Le spectacle se fait en temps réel en faisant confiance à ses intuitions. (Tout le travail consiste ensuite à retrouver ce qui a échappé — sans contrôle — la première fois.) Si les étudiants pouvaient jouer ce jeu : non pas tourner autour de la piscine ou discuter autour d’une table — ce qui pourrait d’ailleurs être très agréable — ou prévoir la délivrance d’un enseignement, mais considérer que tout cela n’a rien à voir avec l’apprentissage, en fait, qu’il n’y a rien à apprendre, mais directement à trouver — ou, plus simplement encore, vivre. Il sera demandé aux étudiants de venir dans cette disposition : être prêt. Deux jours, mais seulement deux jours. Pas d’après, pas d’avant. Confiance vraie.
Yves-Noël Genod
Bien à vous, 
Yves-Noël

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U ne femme mourante et qui cherche à mourir



P as de livres


Bonsoir Mireille, 
Je vous ai fait faux bond aujourd’hui dans nos projets de bibliothèque. Peut-être samedi prochain. Mais je suis maintenant enfoncé dans les difficultés presque techniques de « faire passer » (il n’y a encore personne), ces quatre extraits du poème de Phèdre que j’ai choisis, l’aveu à Œnone, l’aveu à Hippolyte, la jalousie, la mort
et ce n’est évidemment pas gagné. C’est gagné dans mon cœur parce que j’ai envie de le faire, mais il y a de la tâche !
Quel beau temps nous avons eu cette semaine ! Demain matin, j’essaye de me baigner. 
Bien à vous, 
Yves-Noël
PS : Merci pour votre blog. Si j’ai été trop confus l’autre jour (je débarquais), n’hésitez pas à me demander des précisions. C’est difficile de savoir, c’est vrai que tout me paraît toujours le plus difficile que j’ai à faire de toute ma vie, quand je tente quelque chose. Phèdre, ce n’est certes pas facile-facile, mais c’est vrai que Proust, au moment de la création, ça ne l'était pas non plus...

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L ausanne, jour de Saturne



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T itre : L’Amour un peu raté


« Il me semble que si un texte ne fait que dire quelque chose, de mon point de vue, il est pas très intéressant, et ce qui est important, c’est ce que le texte fait. C’est-à-dire ce qu’il construit en dehors de lui, d’une certaine manière. Quelle relation il institue avec le monde. Quelle proposition de monde il est en train de nous offrir, quelle vision de l’autre il est en train  de nous donner, quelle possibilité d’action dans le monde — que ce soit d’action politique ou d’action purement contemplative — il est en train d’ouvrir pour son lecteur d’une certaine façon. Donc ce que me fait un poème, par exemple, c’est ça qui me semble devoir être traduit et non pas fondamentalement ce que dit le poème. Mais alors après il faut bien comprendre que, ce que fait le texte, il ne le fait que parce qu’il utilise la langue qu’il utilise. »

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