Thursday, June 21, 2018

L es Yeux ouverts/fermés / la mort


Tiens, quand elle ferme les yeux pour déshabiller l’amant, ça me rappelle que Duras avait beaucoup aimé un film d’Aline Issermann (sœur de celle que je connais) qui s’appelle L’Amant magnifique (avec aussi (c’était la mode) de vraies scènes de baise) et Duras avait dû faire un entretien avec l’auteur et elle avait dit : « Y a juste une chose que j’ai trouvé fausse, qui m’a étonné, c’est qu’elle garde les yeux ouverts quand elle jouit, personne ne garde les yeux ouverts ». Et l’autre (Aline) avait dit que si, maintenant, les jeunes gardaient les yeux ouverts…  De cet entretien que j’essaie de retrouver sur Internet (mais que je ne retrouve pas), je trouve une phrase (de Duras) : « L’amour est sans limite — cela, par définition — sans autre finalité que la mort. » 
Bonne dernière nuit avant le « voyage », 
YN

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Wednesday, June 20, 2018

« Voilà ce qu’il manque, me dit-il à voix basse, des écrans noirs, des pages blanches. » 

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Tuesday, June 19, 2018

P ourquoi ?


« J’arrive déjà à un certain terme de ma vie et, au cours de mon existence, j’ai toujours essayé d’être juste et bon. Et quand je me demande pourquoi, je ne trouve pas de réponse. »

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« La musique recommence, je suis l’homme que j’espère être. »

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Monday, June 18, 2018

I ncroyable, j'ai reçu un mail de Carolyn Carlson !


Dear Yves-Noel,
Thank you for your projects, especially with the writings of Marguerite Duras and the beautiful Japanese dancer. 
If you are in Paris, I will be doing a Poetry Event tomorrow at the Cartoucherie, Vincennes in the Theatre Soleil of Ariane Mounchonkine at 21h with a saxophone player and my partner. 
If you are free I can leave you two invitations. This is really last minute....let me know.
warm regards,
Carolyn

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« « Nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social », a déclaré Chamath Palihapitiya, ancien vice-président de Facebook, qui a interdit à ses enfants d’utiliser « cette merde ». »

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L 'Amant, c'est l'histoire...


L’Amant, c’est l’histoire ultra célèbre racontée par Marguerite Duras. Je l’ai connue, je l'ai fréquentée les dernières années de sa vie. J’avais treize-quatorze ans, j’étais fan, je l’ai suivie, c’était la dernière période. C’était après L’Amant. C’est inoubliable (à cet âge), ce que cette femme a pu m’apporter. Je me souviens de tout. Elle parlait vraiment comme elle écrivait. Yuika Hokama est une danseuse que j’ai rencontrée à Lyon, quand Gwenaël Morin m’a prêté son théâtre, je l’ai rencontrée par audition. Nous avons fait beaucoup de spectacles ensemble, à Lyon puis à Paris. Douée comme danseuse, chanteuse et comédienne. Dans l’un des spectacles de Lyon, elle proposait un extrait de L’Amant, en japonais. C’était bouleversant. Plus tard, elle débarque dans le cours que je donne à Pantin (près de Paris). Le cours s’intitule Jouer comme Gérard, il a lieu dans le café associatif Pas-Si-Loin et, dans ce café, elle, pendant quarante minutes, déploie — en français sans accent — l’une des scènes peut-être la plus difficile à jouer, quand l’amant chinois emmène la petite Française dans sa garçonnière pour la première fois. 
Cette vie-là, vécue-là. Le café Pas-Si-loin, à Pantin, devient comme un lieu sacré, pendant tout ce temps, présent et ailleurs. La vie continue et, derrière la vitre, le carrefour, la lumière déclinante — nous étions, nous, dans notre « livre intérieur » (comme l’appelle Proust dans Le Temps retrouvé). A la fin, tous, nous sommes stupéfaits par ce qui vient de se passer (« l’état de l’apparition », dit Marguerite Duras) et Yuika me reproche gentiment de n'avoir pas de « notes » à lui faire. Je lui réponds : « Que veux-tu que je te dise ? C’est excellent. Si Marguerite Duras était là, elle en serait dingue... » Oui, Marguerite Duras était vraiment là et ça lui plaisait plus que tout. Elle aimait la petite Japonaise d’Okinawa qui jouait L’Amant, j’étais ramené à mon adolescence, 
Yves-Noël Genod

Café Pas-Si-Loin・1, rue Berthier, à Pantin (métro Porte de la Villette ou Aubervilliers-Pantin Quatre Chemins, ligne 7)

 22・23・24・25 juin // 20h30
Entrée libre dans la limite des places disponibles. Réservation : lamantpassiloin@gmail.com

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Photos de César Vayssié, Yuika Hokama dans L'Amant

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Sunday, June 17, 2018

« Dans certaines fictions, dans les moments où je n’en suis pas lasse, quelque chose pour moi est vraiment de l’ordre du théâtre. Vous avez assisté à ma lecture à la fondation Ricard il y a quelques jours, et c’est une chose dont j’ai honte mais c’est vrai que j’aime faire ça. Il y a dans mes livres quelque chose comme une espèce de tenant-lieu de théâtre. Et un plaisir du jeu. C’est vraiment le même type de rapport avec un personnage qu’on interprète, au sens du théâtre. C’est idiot car le texte n’est pas préalable. Alors pourquoi est-ce que j’ai cette conviction que c’est du théâtre ? Après tout, il faudrait le démontrer. J’ai tellement le sentiment de jouer quelque chose. Mais cette image du théâtre, qui est absolument claire pour moi, je me demande soudain si elle est si juste que ça. C’est l’idée que je me fais du théâtre. Ce qui est de l’ordre de la fiction et que j’ai plaisir à écrire, il me semble que c’est quelque chose qui est exactement du même ordre pour moi que de jouer Lady Macbeth ! »

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Titre pour un spectacle : 
Dans ce théâtre le temps / n’est pas cruel, juste différent 

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P our Julie, pour pas qu'elle pleure


« Les visages au contraire de la météo 
ne reviennent jamais
peu importe à quel point
ils ressemblent à la pluie »

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Bon, j'ai regardé les vidéos (qui sont superbes) et, effectivement, vous êtes à fond dans le casting Hamlet, en plein dedans. Au départ c'était l'idée de faire une « troupe shakespearienne », que d'hommes donc et très physiques (comme j'imaginais les acteurs de l'époque). Manque d'argent, ça s'est transformé en ce que vous avez aperçu dans le film de Vivianne (un acteur, deux circassiens et un groupe de bénévoles). J'ai une préférence pour la vidéo des palettes, j'aime beaucoup cet objet, mais sans doute aussi parce que vous y êtes deux. C'est vrai que dans le cirque, les duos, les trios ou les quatuors (etc.) sont sans doute plus faciles à advenir, plus réels, parce que plus nécessaires (l'attention) que dans le théâtre où ils sont plus rares. C'est ce que je cherche, cette idée de troupe emportée comme inconsciente (et consciente) dans une aventure légendaire. Donc on ne va pas se perdre de vue. Je retourne à Lausanne du 27 août au 7 septembre. D'ici là, je suis un peu en vadrouille (mais sans doute pas en Suisse comme j'espérais y être encore un peu en juillet). Pour l'autre travail aux mêmes dates, je ne peux que vous encourager à la prendre, c'est ce que je dis depuis le début aux interprètes : si vous avez qqch de payé, prenez-le et, en général, ceux qui travaillent avec moi (pour si peu d'argent), c'est seulement grâce à une disponibilité de planning, entre deux choses, ou alors, c'est qu'ils ont réussi à se mettre de côté assez d'argent pour être à l'abri de l'inquiétude financière au moins le temps du spectacle. Très heureux, en tout cas, de faire votre connaissance, merci. Let's keep in touch !

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Saturday, June 16, 2018

P ollution population


Nous reprenons (cause succès, cause splendeur) L’AMANT (d’après Duras), par Yuika Hokama, dans le café associatif Pas-Si-Loin qui est, je vais vous dire, pour moi, un des lieux les plus magiques de la capitale, des plus inconnus, hors périphérique, un des lieux les plus vivants, des plus invisibles, de plain-pied, tout ce monde qui nous ment-foule sentimentale, qui se trompe, mais ce n’est pas grave, le monde extérieur est faux par définition, le savoir suffit et il devient vrai visage de la vie. C’est fou comme le temps est difficile, le temps est froid, le temps est violent, les forces de l’argent, et dans ce bidonville où s’entasse la population dans la pollution des forces de l’argent, c’est là que nous jouons L’AMANT

Du 22 au 25, 20h30, 1, rue Berthier, à Pantin (métro Porte de la Villette, ligne 7). Entrée libre dans la limite des places disponibles. Réservation à lamantpassiloin@gmail.com

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U n homme


J’écoute ce matin sur France Culture, avant de partir, une émission sur une polémiste, Annie Le Brun, qui vient de publier un livre contre la marchandisation de tout (c’est-à-dire de tout ce qui n’a pas de prix). Bien sûr, je vous en parle parce que cela résonne (comme tout résonne) avec ce qu'il s’est passé pour nous et ce que nous avons échangé. Rapidement noté au vol : 
« Une esquisse de désertion, c’est déjà quelque chose. »
« Il faut absolument essayer de fuir ce présent sans présence qu’on essaye de nous inculquer. »
Et cette phrase de Paul Eluard : « Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci. »
Et cette phrase d’Arthur Cravan : « Dans la rue on ne verra bientôt plus que des artistes et l'on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme. »
Love, 
YN

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P our Julie


« Il y a vingt ans, le psychologue américain Arthur Aron démontrait qu’un rapprochement s’opérait entre deux inconnus s’ils se regardaient quatre minutes dans les yeux. » 

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Friday, June 15, 2018

D eux ou trois choses que je sais d'elle


Dis à Audrey qu’elle peut rajouter au bilan, si elle veut, deux-trois choses qui se sont dites cette après-midi…
Sur le rapport du « duo » : Laurent approche plus scientifique et moi-même plus intuitive de la même chose : l’utopie-la poésie
Les stagiaires dans l’après-midi ont parlé de certitudes déplacées et d’avoir le sentiment d’avoir reçu une panoplie d’outils qu’ils auront maintenant, dans leur vie future, à affuter 
Il s’agit d’un travail sur la perception car cette réalité dont nous parlons, « les pleins et les creux de la vérité », n’existe sans doute que de l’être, perçue
Laurent a fini cette dernière journée en appelant les stagiaires à développer leur sens critique, à se poser sans cesse des questions : Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi je suis là ? Qu’est-ce que la danse ? Est-ce que c’est de la danse ou pas ? Est-ce que ça fait spectacle ou pas ? Qu’est-ce que c’est, de la vie représentée ?

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