Wednesday, November 02, 2016

U n poète


« Nous sommes vivants : James Schuyler est assis là, sur une chaise ou dans un fauteuil, à la fenêtre de chez lui ou à la vitre du train, il regarde le monde, certaines choses plus que d’autres naturellement, la flore plus que la faune, les couleurs du ciel, les circulations des taxis, les garçons plus que les filles. Il adore se lever tôt — de toute façon il dort mal —, et puis se beurrer des toasts, contempler la lumière qui gonfle et les sautillements des oiseaux. 
James Schuyler utilise la poésie pour se placer dans la conversation, dans l’échange : téléphone-moi, sonne à ma porte, écris-moi des lettres, donne-moi des nouvelles, des gestes, des baisers, des phrases. 
Ce volume de poèmes choisis est donc une collection d’anecdotes, de phrases rapportées, d’événements sans importance, de fleurs qui fleurissent et de nuages qui rosissent, précisément parce que c’est la matière de la vie. Tout ceci est bien sûr faussement négligeable et parfaitement crucial. James Schuyler croit à la beauté inépuisable du monde sous la main. »

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Salut Pascale ! 
dans mes recherches sur Proust (je travaille pour le spectacle de février qui s’appellera (justement) La Recherche), je tombe sur une passage du Temps retrouvé  que, je me rends compte, j’espérais (parmi tous les fatras des études) — qui dit (au moment où pendant la guerre de 14, des cathédrales sont détruites) : « j’adore autant que vous certains symboles. Mais il serait absurde de sacrifier au symbole la réalité qu’il symbolise. Les cathédrales doivent être adorées jusqu’au jour où, pour les préserver, il faudrait renier les vérités qu’elles enseignent. Le bras levé de saint Firmin dans un geste de commandement presque militaire disait : Que nous soyons brisés, si l’honneur l’exige. Ne sacrifiez pas des hommes à des pierres dont la beauté vient justement d’avoir un moment fixé des vérités humaines. » Tu sais que je n’étais pas très sensible à la phrase de Sartre dont se moquait Thomas Clerc dans une chronique de « Libé », « J'ai vu des enfants mourir de faim. En face d'un enfant qui meurt, La Nausée ne fait pas le poids » — parce que je n’ai pas lu La Nausée et que j’ai été éduqué, de plus, à détester Sartre (par Duras et Sarraute rencontrées tôt). Mais Proust, eh bien, c’est bien différent. Lui qui comparait justement son œuvre à une cathédrale… (Il dit aussi dans une lettre la même chose : « Je pleure et j’admire plus les soldats que les églises qui ne furent que la fixation d’une geste héroïque, aujourd’hui à chaque instant recommencé. ») Alors, voilà, je voulais te dire que je progressais dans la compréhension de ce qu’on appelle l’engagement, et même la littérature engagée : si c’est Rimbaud ou Proust qui le disent, je comprends mieux. Ça me paraît toujours aussi dingue, mais je l’entends — n’ai-je pas appeler mon association Le Dispariteur ? les formes peuvent disparaître, certes, mais j’étais loin de penser à celle de Proust… — et je comprends d’autant moins ce qu’il se passe maintenant : une foule de spectacles à Paris tous plus beaux les uns que les autres, réellement admirables, je n’en vois qu’une faible partie, les artistes donc très, très en forme et pourtant rien, un silence total, sur la compassion ou la pitié qu’on attendrait contre la violence faites aux pauvres, aux réfugiés, aux bêtes, à l'air, à la terre, etc. Ces valeurs que chantent les œuvres d’art, n’ont pourtant de sens que de n’exister qu’en dehors des œuvres d’art. Je ne comprends pas. Ça me rendrait ces spectacles admirables presque bêtes. Est-ce que la situation n’est pas encore si alarmante ? — ou au contraire est-ce déjà trop tard ? Autre question : Si tu connais à propos de Proust et de La Recherche, qqch au-dessus de la monnaie courante, signale-le moi s’il te plaît…
T’embrasse

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B ien sûr qu’on est toujours aujourd’hui



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« I have nothing to say, but, well, yes. »

C e rendez-vous avec la vie


« Oui, cette tentative de transformer la poésie en quelque chose qui ne s’arrêterait jamais, en une espèce de babil incessant et, du coup, on pourrait dire que le journal, pas le journal intime, mais, je ne sais pas comment il faudrait l’appeler, le journal, la forme journal, c’est-à-dire la forme de la pure accumulation, en fait, qui au fond est… la forme de l’addition, on pourrait dire, qui au fond est la forme de la vie, pour moi, c’est une forme presque idéale du poème. C’est-à-dire, c’est surtout pas clos au début, c’est surtout pas clos à la fin et c’est en perpétuelle transformation. Quelqu’un que j’ai traduit qui s’appelle James Schuyler a travaillé sur cette idée-là, en fait, de l’extension maximale du poème dans une espèce de continuité un peu vaine, mais dont la vanité, le pur plaisir de parler fait la beauté, en fait. »

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L e Poète scandinave

J ’ajoute


« De toute façon, mes amis, j’écris de moins en moins de poésie, j’ajoute juste des mots à des jours. »

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J’ai déjà donné un titre sorti de Stéphane Bouquet, mon poète (vivant) préféré pour un spectacle, un très beau spectacle en deux volets, — je peux / — oui, en voici deux autres possibles :
Peut-être le ciel a-t-il dimanche pour seul projet précis
ou : 
Si je voulais qu’il neige complètement aujourd’hui…

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L e Bavardage


« Novalis dit quelque chose comme ça, il dit — alors, je vais pas bien le citer, mais il dit quelque chose comme le bavardage qui est finalement, le bavardage à bâtons rompus qui est si dédaigné, c’est peut-être au fond la fonction essentielle du langage, c’est peut-être l’infiniment sérieux du langage. »

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D e toute manière vous en voudrez encore... (Fabien Dymny)



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