Monday, September 10, 2012

« Si j’écris, ce qui naît peut ne rien valoir, mais je me sens justifié. »

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Film de cul (2)


Arnaud Bourgoin, Anne Issermann, Bastien Mignot, Julie Menut, Sara Rastegar. Photo François Stemmer.

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« Mais que l’on écrive bien, à grand renfort de ratures, me semble une erreur.
(…)
On tombe ou non sur le mot juste. Je l’ai souvent répété, le hasard décide ; le don nous visite ou ne nous visite pas. 
(…)
et l’on versifie parfois ce qui n’est pas seulement versification, mais poésie authentique. »

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S. Thala



« Et dans ce poème, Reyes a une phrase très jolie pour décrire une clôture au milieu de la campagne. Il dit que la campagne est si vaste – il fait allusion à la plaine, la pampa des écrivains – que des deux côtés on est dehors. Très joli, et un peu magique, non ? Des deux côtés de la clôture, dans la plaine, on est dehors. »

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Julie Menut. Photo François Stemmer.

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La célèbre dédicace



« A qui d’autre que toi »

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« Ce que tu dis si bien de la terra incognita dans le domaine de la poésie convient tout à fait et précisément pour un roman. »

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Yuval Rozman et Julie Menut. Photo François Stemmer.

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Arnaud apporte (dans ma vie) Hypérion, de Friedrich Hölderlin, et encore une fois – comme avec Hélène Bessette – j’ai peur. Ne faut-il pas lire  oh, mon Dieu ! – uniquement les auteurs qui n’en parlent pas. Comment supporter la folie ? Ça ne peut pas. Même dans la nature, la nature avec les arbres, les pins, la neige, l’amour (maternel ou paternel), il y a la folie, le meurtre, le strange, la mort. Ce sont des effets théâtraux pernicieux. Hier, dans la forêt, nous avons failli être déchiquetés par un chevalier de la mort, tout harnaché et invisible, splendide, qui a dû être aussi surpris que nous, aussi terrifié, de nous trouver allongés sur le chemin où il allait à cent à l’heure. Nous étions les anges du bon, il était l’ange du meurtre (à ce moment). Il y avait ce téléfilm qui m’avait marqué : un homme faisait le Mal, une femme faisait le Bien ; c’était un couple ; le soir, ils se retrouvaient, s’aimaient – banalement – et, le lendemain, inversaient les rôles.

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Yuval Rozman et Julie Menut. Photo François Stemmer.

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« Tu brilles encore pourtant, soleil des cieux ! Et toi, terre sacrée, tu verdis encore ! Et les fleuves bruissants vont encore à la mer, et les arbres ombreux frémissent dans le midi. Le chant d’allégresse du printemps berce et endort mes mortelles pensées. Toute la plénitude de la vie universelle nourrit et rassasie d’ivresse mon être affamé.
O Nature bienheureuse ! Je ne sais ce qui m’arrive quand je lève les yeux devant ta beauté, mais toute l’allégresse du ciel est dans les larmes que je pleure devant toi, tel l’aimé devant son aimée.
Tout mon être se tait et tend l’oreille, quand l’onde délicate de la brise caresse ma poitrine. Perdu dans le vaste azur, je lève souvent les yeux vers l’éther et contemple intensément la mer sacrée, et il me semble alors qu’un esprit parent m’ouvre ses bras, et que la douleur de la solitude se dissout dans la vie de la divinité. 
Ne faire qu’un avec le Tout, c’est la vie de la Divinité, le ciel de l’homme.
Ne faire qu’un avec tout ce qui vit, plonger dans la félicité de l’oubli de soi en revenant dans le Tout de la nature, voilà l’ultime sommet des pensées et des joies, la cime sacrée, le lieu de l’éternelle quiétude où se dissipe la lourde chaleur de midi, où la voix du tonnerre se tait, où la mer bouillonnante s’apaise et se fait aussi ondoyante qu’un champ de blé.
Ne faire qu’un avec tout ce qui vit ! A ces mots la vertu dépose son harnais de courroux, l’esprit de l’homme dépose son sceptre, et toutes les pensées s’évanouissent devant l’image du monde éternellement un, comme les règles de l’artiste qui se bat avec son œuvre s’effacent devant son Uranie, le dur Destin d’airain renonce à dominer, et la mort fuit les êtres unis par une alliance : un lien plus fort que toute puissance de séparation et une jeunesse éternelle rendent le monde plus beau. »

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Yuval Rozman et Julie Menut. Photo François Stemmer.

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« A thing of beauty is a joy for ever »



Ouverture du monde dans la nature. Arnaud lit des morceaux d’Hypérion, d’Hölderlin, qu’il pense relié à mon travail. Et comment ! Je décrète que tous les stagiaires doivent apprendre ce chant numéro 2 pour lundi matin. Ça aidera. D’ailleurs, tout aide. Le soleil, la nature, le bois de pin. (Retrouver le poème de Ponge.) Chaque jour, quand le temps le permet, c’est traverser la rivière – pour aller, dans la nature, de l’autre côté de la rivière – ; et, chaque jour, après la traversée de la rivière à gué, je dis : « Le plus dur est fait ». Cette après-midi, nous retournons dans ce bois de pin plus loin, mais à l’acoustique si belle, que nous occupons depuis deux jours. C’est tellement beau qu’il n’y a ni photos ni films. La lumière d’après-midi n’est pas la même que celle du matin, mais c’est une belle journée et nous sommes fatigués, c’est samedi, c’est la fin de la deuxième semaine, il y a deux visiteurs. Alors nous jouons en cercle. Résonance, éternité, beauté, silence, unité, infini, puissance, diamant, éther, azur

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Yuval Rozman et Julie Menut. Photo François Stemmer.

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« Et que pensez-vous de ce que dit Baudelaire, à savoir que le meilleur poème est celui que l’on écrit pour le pur plaisir d’écrire un poème ? »

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Christine Armanger. Photo François Stemmer.

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