Monday, November 27, 2023

P remières pages


Moi, je suis émerveillé par ton texte (mais aussi par son côté brut, j’y comprends pas grand chose...)

Je crois que tu t’es inventé une manière de raconter une histoire qui soit des histoires, un infini d’histoires qui vont dans l’eau, dans la forêt, dans le chien-et-loup… dans une jubilation apparente qui est ta manière d'être au monde (« Comme une tarte aux poires, aux amandes, au miel dessus, mais en bière »). Tu t’exprimes bien. Tu restes bien dans le fourré. Tu as trouvé une forme qui te permet de dire à peu près à vitesse constante, soutenue tout ce que tu as dans la tête (ou n’importe où ailleurs) 


Tu cherches à dépasser l’autocensure, c’est ce que cherchent tous les écrivains, non ? Dépasser ce qui se censure

selon Freud 

ou les enfants

vrais teachers


Ça fait 2 soirs que je bois de très bons bourgognes ; c’est mes amis amateurs, tu sais, je me fiche un peu de leur gueule en faisant semblant d'en parler moi-aussi (et toujours le rêve de ce spectacle…) 


J’aurais voulu avoir appris : « Comme la résine très âgée d’un sapin très jeune » et le leur avoir ressorti à propos d’un de leurs blancs miraculeux déments (mais, de toute façon, on a bien rigolé)

Ce serait bien d'imaginer une rencontre...


« Les champs étaient l'exception, la forêt la règle »


Bref, grand plaisir encore, ton « regard bleu putaindement pénétrant » habile à provoquer l'hallu... (déjà inoubliable)

Merci ! 


Yvno 


Et bien sûr, j'écoute Micah P Hinson — Seems Almost Impossible




Quelques coquilles : 


Tu l’a soigné

un taillis, bozarre 

des photos à la photo

l’enfant, c’était un divinité

Mais cas-tu cesser

chéris ans le délire

La moral voyez-vous 

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The common room, la pièce commune, « outside the common room », dit Louise Glück dans un des livres que je venais d’acheter dans la possibilité du déluge (j’habite au sixième) ou d’une catastrophe quelconque, un confinement... J’avais dit, à table, que je n’arrivais pas à lire les journaux sans en tomber immédiatement dans une grave dépression, bien qu’en même temps, je trouvais bien qu’il y en ait qui se coltinent l’actualité, l’info comme on dit, enfin, moi, je n’y arrivais pas (peut-être que je pouvais être qqch comme « réformé », n’avoir pas à lire les journaux parce que, dans mon cas, ça empirait ; le monde empirait : la perception que j’en avais empirait). Mais « the common room » était la manière exacte de parler de cet endroit où je rencontrais ma mère à cette époque où elle y était encore

Toute la famille avec les nièces était allée à New York. Les récits et les photos m’émerveillaient. Il y avait ces tours très fines maintenant qu’on avait construites à New York. Ils avaient traversé le pont de Brooklyn sous la pluie. Je croyais que New York était restée meurtrie, je n’y étais pas retourné depuis le 11 septembre. J’étais parrain d’un petit New-Yorkais. Les nièces étaient nées après. Ma sœur était morte avant. Common room

« And the world goes by, 

all the worlds, each more beautiful than the last »