Saturday, February 22, 2014

S ur le pont



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L a Poésie


« Elle a — comme la vie — l'excuse de ne rien prouver. »

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F euille de salle Bouffes ?


« La joie est, par définition, illogique et irrationnelle. La langue courante en dit là-dessus plus long qu’on ne pense lorsqu’elle parle de « joie folle » ou déclare de quelqu’un qu’il est fou de « joie ». Il n’est effectivement de joie que folle ; tout homme joyeux est à sa manière un déraisonnant.
Mais c’est justement en cela que la joie constitue la force majeure, la seule disposition d’esprit capable de concilier l’exercice de la vie avec la connaissance de la vérité. Car la vérité penche du côté de l’insignifiance et de la mort, comme l’enseignait Nietzsche et l’enseigne aujourd’hui Cioran. En l’absence de toute raison crédible de vivre il n’y a que la joie qui tienne, précisément parce que celle-ci se passe de toute raison. » (Clément Rosset)

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B irgit Nilsson


Einsam in trüben Tagen (Solitairement dans les jours nuageux), me dit Jeanne

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F rederica von Stade


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R êverie sur la neige, par beau temps, à Toulouse


« Je pense à présent à des histoires de voyageurs franchissant un col dans un tourbillon de neige. Cela seulement, rien de plus: sans savoir, sans chercher ce qu’il advient d’eux de l’autre côté. Le tourbillon de ce verger est-il en même temps le voyageur ? Je ne veux rien affirmer, ici, en ce moment. Je risque un mot, une image, une pensée, je les retire ou les abandonne, c’est tout, puis je m’en vais. Le vent souffle, ne souffle plus. J’ai ce verger derrière moi maintenant, c’est à peine s’il a touché terre, il ne le peut pas, pourquoi est-ce qu’on voyage, pourquoi est-ce qu’on marche, j’ai l’âme enveloppée de neige tout à coup, mais ce n’est pas une neige venue d’en haut et qui tombe, et qui ensevelit sous un froid chuchotement, celle-ci monte, flotte, fait halte.
Tu l’as croisée. Ne te retourne pas.
Elle a ouvert, elle a fermé les yeux. »

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R ita Gorr

I leana Cotrubas


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R enata Tebaldi


Pace, pace, pace mio Dio, me dit Jeanne

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G rindr


Boris Grzeszczak

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N ote aux acteurs (Le monde n’est qu’une branloire perenne)

    
« Le monde n’est qu’une branloire perenne : Toutes choses y branlent sans cesse, la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Ægypte : et du branle public, et du leur. La constance mesme n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis asseurer mon object : il va trouble et chancelant, d’une yvresse naturelle. Je le prens en ce poinct, comme il est, en l’instant que je m’amuse à luy. Je ne peinds pas l’estre, je peinds le passage : non un passage d’aage en autre, ou comme dict le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l’heure. Je pourray tantost changer, non de fortune seulement, mais aussi d’intention : C’est un contrerolle de divers et muables accidens, et d’imaginations irresoluës, et quand il y eschet, contraires : soit que je sois autre moy-mesme, soit que je saisisse les subjects, par autres circonstances, et considerations. Tant y a que je me contredis bien à l’advanture, mais la verité, comme disoit Demades, je ne la contredy point. Si mon ame pouvoit prendre pied, je ne m’essaierois pas, je me resoudrois : elle est tousjours en apprentissage, et en espreuve. »

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C arte postale


A Paris, il n’y a pas eu d’hiver. Il est possible, peut-être, qu’encore au mois de mars. Mais ici, à Toulouse, il y a les premières fleurs. Un chauffeur de taxi m’a rappelé que l’année dernière les très beaux week-ends de neige, ç’avait été en mars. Mes amis riches m’envoient des photos de leurs lieux de vacances, quel bonheur, la neige ! l’immaculée ! Je ne suis pas triste d’être sans la neige. Les photos reçues sur mon iPhone au matin me rendent fou de joie ! J’ai un psy que je ne vois plus depuis que je n’ai plus d’argent, mais que je revois encore de loin en loin — qui m’a dit qu’il faut désirer ce que l’on a, que c’est le secret (du bonheur). Et, en effet, je ne suis pas malheureux : je désire ce que j’ai : je n’ai rien et je le désire. J’ai des amis riches, je trouve ça magnifique d’avoir des amis riches, je ne les envie pas. Quel bonheur de les imaginer sur les pistes ! Les fleurs que j’ai vues à Toulouse sur un coin de plate-bande, sont les jonquilles, les crocus, les hyacinthes. Aujourd’hui encore, en allant faire les courses (et en traversant le pont des Catalans), j’ai vu un très beau dogue allemand. Ici, il fait beau, à Toulouse.

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R uisseaux surnaturels


« Tu es assis
devant le métier haut dressé de cette harpe.

Même invisible, je t’ai reconnu,
Tisserand des ruisseaux surnaturels. »

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