Friday, October 19, 2018

V oyage intérieur


Travailler Phèdre, c’est comme prendre cette drogue, cette plante, l’ayahuasca, la liane des esprits, la liane des morts, la liane des âmes, la liane amère, la corde des cadavres, je ne l’ai jamais prise, mais on me l’a raconté : ça lave, ça fait vomir, provoque au dehors des hallucinations et, au dedans, peut-être, le vide intersidéral : êtes-vous vivant ou mort ? On en revient purifié. C’est certainement une catharsis. Je ne suis pas sûr que l’effet produit de l’empoisonnement intense et purifiant de Phèdre soit aussi fort à l’entendre, mais il est vrai que les physiologistes assurent que chaque parole que l’on écoute est en même temps mimée discrètement par le larynx au fond de la gorge, que ce phénomène d’empathie est peut-être même nécessaire pour que la parole soit entendue. « Lire et écrire, c’est la même chose », disait Marguerite Duras. Ecouter, ce serait aussi s’empoisonner, peut-être à moindre échelle, en homéopathie, juste pour un soir, prendre un peu de cette drogue épouvantable à purger les cadavres...

La création à l’Arsenic de Phèdre est doublée par la reprise de Rester vivant, le spectacle à partir des Fleurs du mal de Baudelaire représenté, lui, entièrement dans le noir total. Les spectacles peuvent se « pratiquer » séparément ou dans la même soirée, à 19h et/ou 21h30

Du 1er au 4 novembre, à l’Arsenic, à Lausanne
Avant-premières pour Phèdre : le 29 à 19h, le 30 à 21h30, le 31 à 19h

Labels:

« Puis ma mère m’a sorti cette phrase : « Les mères font les pères ». »

Labels:

J e ne comprends pas les mouvements féministes qui


« Même sans s’engager dans le domaine du féminisme proprement dit, il y a une absence de féminité dans notre civilisation qui est effrayante. Je ne veux pas me lancer dans des propos religieux, d’autant plus que je suis incroyant, mais si vous regardez la parole du Christ, elle est essentiellement féminine. La voix du Christ était une voix de femme, du moins au sens traditionnel que l’on donne à ce terme. Tendresse, pitié, amour, bonté, pardon. Mais ces vertus sont totalement absentes de deux mille ans de notre civilisation. En dehors de l’égalité hommes-femmes, qui est évidente, il faut une transformation des valeurs dites masculines en valeurs féminines.
C’est pourquoi je ne comprends pas les mouvements féministes qui se réclament d’une sorte de masculinité, à part égale avec les hommes. Elles devraient au contraire se retrancher de plus en plus, et élaborer des valeurs féminines pour en féconder notre civilisation. Mais c’est sans doute une vue un peu trop idéaliste des choses. »

Labels:

M élodies


« Pour Aristote, la catharsis est l'épuration des passions qui se produit par les moyens de la représentation artistique : en assistant à une tragédie ou en recourant aux « mélodies qui transportent l'âme hors d'elle-même », le spectateur se libère de ses émotions et éprouve « un allègement accompagné de plaisir ». »

Labels: