Sunday, March 15, 2026

J’étais tellement heureuse. J’aurais pu dire : j’étais tellement malheureuse. En fait, j’étais une chose friable et c’était parfois une qualité — si on m’aimait — ou…

Tournée vers l’Ouest, j’avais toujours, le soir, eu le sentiment de l’existence (archi-longues soirées d’été à l’extrémité de la Bretagne)
J’étais insatisfaite et les nuages parlaient comme une mère

Je voulais lire avec des gens que je ne connaissais pas. J’arrivais plus tôt ce jour-là, la plage était encore comble, charmante, enjouée, fille-garçon

« Aurai-je su toucher les gens
Autant que ceux qui m’ont touché ? »

Je mange dans une cantine en bas de chez moi tous les jours maintenant, une cantine de faux pauvres. Des travailleurs, mais pas des misérables. Pour 13€, tu as une entrée et un plat carné (pour 11€, si tu ne prends pas de viande).
C’est ensoleillé, on voit le temps qu’il fait, les ondées, les bourrasques, les nuages à travers de vastes baies. La cantine est située à la prou d’un bloc d’immeubles, au carrefour de six rues calmes

C’est vrai, la terre est comme une chaude église. Comment dit-il, Paul Claudel ? dans sa Connaissance de l’Est : « Le soleil de la Pentecôte illumine la Terre nette et parée et profonde comme une église. » Il y a aussi, je voulais l’écrire, la phrase de Marguerite Yourcenar, mais, alors… 
Aujourd’hui, c’est merveilleux, il y a pluie et soleil, comment ça s’appelait, oui, les « giboulées de mars ». Nous sommes en avril, le printemps est vert comme de l’or. Oui, l’église est la connaissance du monde



Un jour je m’attellerai à écrire un livre et ce sera aujourd’hui et ce sera le livre que je lis



Je mange l’entrée après et le plat d’abord puisqu’il est chaud
J’y vais depuis très longtemps maintenant, mais, aujourd’hui, la serveuse qui m’a à la bonne m’a donné une carte de fidélité (qu’elle a rempli presque entièrement). Maintenant je suis une habituée. La carte de fidélité me donnera droit à un dessert quand elle sera pleine. Un dessert de temps en temps, c’est très bien : je ne suis pas très dessert. Elle a tamponnée presque entièrement et comme sur un mouvement d’humeur. C’est l’« Allemande », comme elle se présente, en tout cas blonde et tatouée (mais sans accent). Folle donc (puisqu’elle s’intéresse à moi), je suis habituée
Mais je n’aime que les Jeanne ou les Hélène
La carte qu’on avait omis de me donner jusqu’à maintenant, de fidélité, elle me la donne

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Je fais plaisir à quelques personnes comme ça de temps en temps, des gentils…

Une main, un visage, se rencontrer. C’était encore moi qui passais mon temps avec moi

Comme si l’œuvre existait depuis toujours, comme si je ne l’avais pas créée, comme si je l’avais trouvée dans une malle, à la cave

Avoir des chaussettes

« Il y avait, à l’époque, une sorte de désespoir d’être un artiste »

Je voulais réduire le monde


Il y a une séparation dans le livre que je lis :
« La vie continue.
La vie continue toujours, à sa façon »

Depuis ma transition, j’ai d’abord cru que tout allait bien, les gens étaient gentils, surtout les jeunes… Puis ma mère est morte puis je me suis jetée sous une voiture puis ma copine m’a quittée. Je me suis demandé si c’était ça, le « réel » et si changer de genre était un oracle ou quoi

En fait, c’était assez simple, la vie, c’est une prière en permanence
« La chaleur, par ces journées, était immense, puissante, comme une créature vivante »

« la neige phosphorescente »

Tous ces arbres exploités
Réactiver la sagesse. Comme un nouveau mariage

Je suis aussi malheureuse que Christine Angoisse ; vous allez voir quand je vais faire le film de mon malheur…

Je lisais un article dans « Le Monde » sur Taylor Swift, la chanteuse qui vendait le plus de disques dans le monde. Un nouvel album allait bientôt sortir (et il y avait un article dans « Le Monde »). Le titre de l’une des chansons annoncée, I Can Fix Him (No Really I Can), me rappelait cette femme, mon amie, qui n’avait pas réussi à me changer, m’avait-elle dit. Tout est souffrance, dans la vie. Même ce qui est beau l’est déjà parce qu’il ne le restera pas. Alors il y avait les livres à lire, les romans, pour bien pleurer, qui parfois soulageaient


Nous sommes tous à parler de la mort, de la maladie… Nous trions les feuilles de sécurité sociale

Ben, tu pourrais me parler autrement… Heureusement qu’il y a des gens dans la rue qui ont plus d’affection…


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Personne ne savait rien, ça se voyait dans les rendez-vous médicaux ; c’était surtout que tout le monde ne croyait qu’au malentendu — et, cela, bien sûr, avec raison — ; personne ne faisait plus confiance à personne pour comprendre. En fait, on se plaignait dans la vie de n’arriver à rien, je me plaignais et, en ce sens, je n’étais pas une autre, mais il n’y avait peut-être qu’une solution, qu’une voie directe, c’était d’être une sainte, juste se dire (et je n’étais pas loin de me le dire) : voilà, la sainteté, c’est le direct !
Cela dit, j’étais influencée par des paroles du père Chevrier (1826-1879) que quelqu’un avait prononcées quelque part dans la pièce où je vivais en ce moment (où quelques livres étaient ouverts et pas toujours finis)

« Leur amitié ne se basait pas sur un échange égalitaire d’informations »

Je suis toujours tournée vers ma mère, toujours à chercher le bonheur, la ressemblance, lui plaire

Un chevreuil imaginaire
Une travailleuse
Les forces s’écoulent dans les phénomènes


Dans le journal, les nouvelles ne sont pas assez tragiques ni heureuses

(elles sont édulcorées)
 

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Qui te touche ?



Ce que je cherchais, c’était le vide pour que la musique puisse s’y déployer
Dans une certaine sollicitude-solitude…
La couleur est une relation
« The main aim of my work »
Les millions, vous les aurez
Je voulais écrire ; écrire, c’était remplir des pages blanches, mais de choses extraordinaires ; la vie était extraordinaire, il fallait la peindre, même la vie des représentations. Cet être imaginaire de plusieurs vies… de plusieurs vies…

Je me réveillais dans ma chambre. Il n’y avais que moi et le silence — et la lumière. Que le vide, que moi et la lumière et le silence — et la promesse et l’amitié (même si, peut-être, on la nommait « l’amour »)

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Je n’ai rien à raconter



Des choses exaltantes ne se passaient pas. Ma douleur, mon soupir sont incommensurables (c’est ce que je puis dire de plus profond dans le ciel de Paris)

Une histoire dans une histoire

Ô visages purs que je regarde comme si je devenais une sainte… (à la library). Un jour, je rencontrerai ces visages

Un être humain s’adresse à un autre avec bonté

En fait, nous sommes des saints, il suffit de le savoir (de s’en rendre compte). Les vivants sont des saints, des anges

Tous ces gens innocent qui m’entourent
Jeunes souvent, tous jeunes

Il y a tant de livres dans ma vie

J’avais une nouvelle maison, il n’y en avait pas d’autres. Ce n’était pas une maison, c’était un château



Ce que je tente d’apprendre, travailler, répéter, c’est ma capacité d’être seule

(Alors, il me semble, le monde vous prend dans ses bras et vous console et vous dit : « Mon bébé… »)



La littérature sert à nous faire gagner du temps car, le temps, c’est notre paysage

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