Friday, June 07, 2019

Q ue l'Univers soit un mystère illimité


« Que l'Univers soit un mystère illimité, dont nous ne connaîtront jamais tous les secrets, que la vie et la matière soient des questions sans réponse (ou plutôt qu'elles ne soient même pas des questions), oui, nous devons l'admettre. Mais ces questions ne sont des énigmes que pour nous, parce que nous les posons selon nos critères, et au nom de ce que nous appelons encore, faute de mieux, notre raison. »

« L'Univers ne se présente pas comme un jeu de piste où nous devrions rechercher des indices. Il ne nous prend pas pour des détectives à la recherche d'un crime caché, ou du secret des intentions d'un dieu. Il s'en fout. Il est ce qu'il est — et même, peut-être, ce qu'il n'est pas. Par exemple, s'il s'agissait d'une histoire policière, l'assassin et la victime pourraient ne faire qu'un. »

« Les études dites scientifiques qui ont essayé de nous dire la « vérité » sur nous-mêmes — notre origine, notre « nature », notre activité cérébrale, notre évolution, éventuellement notre destin — se sont peu un peu brouillées, effacées. Elles choisissent une solution et éliminent toutes les autres. En conséquence, elles s'oublient vite, elle se contredisent et se confondent. »

« Il est certain que nous sommes gagnés, année après année, par l'ambiguïté, par l'obscur, par l'étonnement, par l'informulable. Et c'est une vive surprise pour la science. Car d'un côté nous allons de découverte en découverte et cependant nous vivons dans un monde qui chaque jour devient plus incertain. Nous devons peut-être accepter cette incertitude. »

« Nous connaissons deux types de pensée, en gros, la réaliste et la probabiliste. Il est certain que la seconde semble l'emporter. Pour le moment. C'est une très vieille lutte de la souplesse contre la force, de la pesanteur contre la grâce. Tout ce qu'on voudra. »

« La métaphysique proposait autrefois des solutions physiques, que nous ne pouvons plus accepter, et depuis longtemps. Nous sommes à la porte d'autre chose. »

« Mais l'abandon d'une certitude est toujours un signe de progrès. »

« Car les choses prennent forme à partir du moment où nous leur prêtons attention. »

« De toute manière, nous devons nous garder de proscrire ce qui nous semble inconnu. Nous avons introduit du vague dans la science, par la force des choses. Impossible de faire autrement. Affirmer aujourd'hui que le seul outil de compréhension du monde est la raison humaine n'est pas raisonnable. En tout cas, la matière atomique pense, nous en sommes convaincus. Soit. Mais les autres matières ? Comment réagissent-elles ? Comment vivent-elles ? Quel verbe utiliser ? Même notre langage est ici limité, bloqué, paralysé. Comment parler de l'indicible ? »

« Certains mystiques d'autrefois, parvenus à la cime de leur méditation, atteignaient, disaient-ils, un « nuages d'inconnaissance ». »

« J'aime beaucoup une phrase de Newton, qui fut en son temps un immense personnage, et qui disait que par moment il se comparait à un enfant ramassant quelques coquillages au bord de l'immense océan de la vérité. »

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D ernières recommandations


Petit lapin, 
Hâte de te voir arriver près d’ici ! Juste un conseil, n’arrive pas trop tard à l’aéroport, j’ai failli ne pas partir parce qu’il y avait encore un « bagage abandonné » qui bloquait le terminal… Apporte une petite laine pour le soir, on a un peu attrapé froid aussi parce qu’il n’y avait pas de couvertures dans la chambre, demande-s-en une à ton arrivée, « blanket », et aussi parce que le théâtre est, comme tu le sais peut-être déjà, dans une banque (c’est quand même très étonnant, le théâtre, c’est une banque, et l’hôtel, on peut dire que c’est une boîte de nuit — prévois des boules Quiès !) et donc, la banque, avec tout son marbre, c'est une clim de banque (presque de morgue). Je ne voudrais pas repartir avec l’idée que le Brésil est un frigo, ce serait faux, mais, pour le moment… Surtout que Ricardo m’interdit d’aller dans la rue, il trouve que j’ai l’air (trop classe, dit-il) d’un pigeon de touriste qui va se faire détrousser à la première occasion par des voyous de Pasolini qui selon lui pullulent (il m'en montre qui m’attendent, de la fenêtre de la chambre). Il veut que je mette tout dans mon slip (c’est d’un pratique !) et m’interdit même de porter mes Ray-Ban, du coup je me brûle les yeux entre l’hôtel et le van et entre le van et le théâtre ou si je veux sortir un peu prendre l’air (chaud) devant la banque, mais, là, aujourd’hui, je craque, je vais les mettre, les Ray-ban, faut pas pousser ! Hier, j’ai déjà transgressé ses conseils, d’ailleurs, j’ai mis ma casquette argentée qu’il pensait que j’allais me faire voler aussi (lui, il s’est fait chourrer tous ses costumes (dont le trois-pièces sur mesure) qu’il avait laissés dans sa voiture encore à Lisbonne, alors…) On sort de l’hôtel, on rentre dans le van, on sort du van, on rentre dans la banque, faut pas délirer, quand même ! (tout le monde est très gentil, autrement, mais il ne veut même pas que je réponde à un mendiant, il me dit que c’est une sorte de rabatteur qui repère la richesse). D’ailleurs, si tu peux changer de l’argent avant de venir ou à l’aéroport  c’est mieux parce que sinon il faut encore une expédition sous fourgon blindé pour aller à la prochaine station de métro en changer. Apporte aussi de la nourriture pour ton petit-déjeuner qui, à l’hôtel, est cheap (on peux manger ce qu’on veut, mais c’est un supplément). Je suis bien content d’avoir mon muesli sans gluten et sans sucre et ma spiruline… On aimerait bien ingurgiter plus de fruits et légumes, d’ailleurs, mais, enfin, ça, tant que je suis interdit de me promener dans la rue (et tant que je travaille toute la journée…) Nous, on commence ensemble demain, à ton arrivée. Tu arriveras très tôt, on dormira encore, d’ailleurs…
A demain, 
Yvno

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