Thursday, May 17, 2012



Joëlle Gayot


Changement de décor, dimanche 20 mai à 23 h sur France Culture, Yves-Noël Genod est l'invité et Valérie Dréville est son invitée. 1023 podcasts de plus, d'un coup d'un seul.

 – Tu sais que Valérie fait le spectacle, Joëlle ? Ça s'est fait par le (presque) hasard de ton enregistrement. Le spectacle est prêt. Si tu veux/peux venir le voir maintenant... C'est très, très beau, on a très peur que ça ne rencontre pas son public... On file demain (et probablement samedi aussi) à 18h45 (l'heure du spectacle dans quinze jours est 19h), en lumière du jour. Welcome si tu peux ! (Durée deux heures.)

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Les répétitions se sont arrêtées, le spectacle est prêt

Invitation : ce soir, samedi 19,  filage à 18h45, indiquez juste votre nom par sms au 06 84 60 94 58. Théâtre du Rond-Point, salle Roland Topor, durée deux heures.





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Acteurs miracle



– Salut, Yves-No, je pense à vous, j'espère que ça se passe bien au Rond-Point... 

– Ah oui, tu me manques un peu, tu sais (tu l'aurais tellement bien fait...) 

– Ben, oui, si tu crois que j'ai pas suffisamment les boules comme ça.
Pardon pour les fautes d'orthographe.
Mouais.
Surtout que tu rempiles avec Valérie et, moi, je suis complètement a.mou.reux de Valérie (toi, je n'en parle pas, mais cela va de soi, hein ?) 


– Ben, oui, t'aurais bien fait l'amoureux de VD (je te comprends). Elle  a eu de la chance, elle, sa production Vassiliev s'est effondrée, trois jours après, on faisait une radio ensemble, elle me l'a dit, je lui ai dit : « Ah, ben, viens ! » Mais j'aimerais que ce soit toujours ainsi (même si la chance des uns fait peut-être le malheur des autres...) 

– Oui, en l'occurrence le bonheur des uns (programmation d'un spectacle dans lequel je suis) a fait mon malheur, enfin, kind of...
Bon, je vais venir vous voir de toute façon.
Je t'embrasse, je t'aime et bises à tutti ! 

– T'es libre à partir de quand (pour le cas où le premier spectacle ne marche pas, j'en fais un autre) ? 

– Pfff, tu sais, c'est compliqué, je pense, quand même. Je suis libre à partir du 11 (juin). Ben, ouais, je sais... 

– Grandiose ! il en reste un paquet ! (jusqu'au 24...) 

– Oui, mais tu veux que je m'incruste comme ça ?
Ouais ?! 

– On va voir comment ça évolue. Le problème de ce spectacle, c'est qu'il est bon – et tout fait (un peu comme les auditions de la Ménagerie, cela dit) – la première fois – et que ça se perd (ou risque de) ensuite. Donc peut-être du renouvellement... J'y pense... On s'en reparlera... 

– Je comprends complètement. 

– I know...

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Les acteurs disparaissent quand ils jouent bien




Allons-y pour la critique puisqu’il te pleut des critiques, en ce moment (et que tu le supportes très bien). J’aime beaucoup le début jusqu’à la phrase de Lacan. Puis la description de ce qu’il se passe « sur le plateau » est plus compliquée, pour moi fausse, « surracontée » comme je te disais l’autre fois. Je ne sais pas, il faudrait arriver à la même chose que ce que dit Camille Laurens (« On ne peut jamais rien saisir »), décrire-ne pas décrire. Nommer les acteurs ne convient pas, en tout cas dans mon ambition. Quand c’est bien (sur le plateau), je leur ai dit, ils sont comme n’importe qui, ils sont n’importe qui, on ne les reconnaît pas. Sauf Valérie Dréville, j’aimerais que les gens gardent en mémoire, souvent, que c’est Valérie Dréville – à cause d’Hélène Bessette. L’écrivain français le plus maudit maintenant joué par l'actrice grande et française la plus reconnue. La gauche, quoi, le changement… Mais quand Dominique est apparue sur le plateau la première fois – et la seconde et la troisième et encore et toujours, mais c’est ça qui est très difficile à ne pas perdre – elle venait vraiment de la rue, elle déjeunait dans le coin (au restaurant de l’hôtel du Rond-Point, rue de Ponthieu) (parce qu’elle est maligne), je lui ai dit passe, elle était habillée comme pour le quartier, l’été… Elle n’était que ça : une passante. Et Marlène aussi, arrivée dans son costume extravagant de la soirée Bas Nylon de Bruxelles, n’était que ça, elle aussi (d’ailleurs tu le dis : « Marlène ne cesse de disparaître, c’est fou comme elle disparaît »), une passante. Comme dans la chanson Les Passantes, qui est ma chanson préférée. Quant à Alexandre, ça fait un moment que je veux lui casser ses petites pattes arrières. Il a peut-être « les plus beaux membres inférieurs qui soient » (pour ceux qui aiment le genre, suivez mon regard), mais il le sait trop... 


– Un Exercice d'admiration numéro 3 arrive, patience, je vais m'améliorer, essayer. J'aime ce que tu dis et tu ne peux le dire que parce que j'ai écrit ce truc surraconté. Ce que je fais avec la revue du Rond-Point, c'est du work in progress, je saisis des trucs au passage, au vol, mais j'ai bien conscience que je suis bien en dessous de ce qui se passe sur le plateau. Ok pour aller vers la disparition des acteurs (ne pas les nommer, les traiter comme des passants, les indifférencier), mais, en même temps, c'est compliqué parce que je les aime tant, tes acteurs. Je continue quand même ? 
Please, ne m'interdis pas de continuer, please, ne me coupe pas les ailes ! 


– Meuh, non, bien sûr, tu continues... C'est queue parce queue t'es mon meilleur ami queue je fais ma Pina Bausch (pour « diva »)... 


– Queue tu fasses ta Pina, en ce jour d'ascension, j'approuve !
Mais ne touche pas Lahache !








Poules mouillées
Yves-Noël Genod : exercice d'admiration numéro 2
Deuxième filage auquel j'assiste. Jour d'investiture de François Hollande à l'Elysée, réception royale à l'Hôtel de Ville, protocole, les ors de la République. Dans quelques minutes, la foudre va frapper l'avion présidentiel. Plus de peur que de mal, François ne sera qu'en retard au dîner d'Angela. Ici, 18h45, salle Roland Topor, personne ne sait ce qu'il en est de la foudre. A peine sait-on qu'il a grêlé dans l'après-midi. 19h, c'est le moment de l'éclaircie, des rayons dorés entrent par les fenêtres. Sur le plateau gris, deux poules se font des messes basses. Le filage a dû commencer. Difficile de savoir avec Yvno, il n'y a jamais de début, pas vraiment de fin. Tant mieux. Yves-Noël n'aime pas la couleur marronnasse des gallinacés, il le dit. Il aurait préféré des poules grises ou blanches. Les brunes étaient moins chères. Pierre Courcelle dit que c'est pas mal ce marron, que ça fait « basse-cour de base », sans prétention. Les poules sont « normales » comme tout est « normal » en ce moment, de la foudre au Président, « normal ». Les poules disparaissent dans les gradins. Apparition, disparition, je pense à Camille Laurens que je suis allé écouter hier soir à Beaubourg. Sur le désir (ou l'amour ou l'acte d'écrire, je ne me souviens plus) Camille a répondu qu'on ne peut jamais rien saisir, que tout est tout le temps une question d'apparition et de disparition. Entre l'apparition et la disparition, il y a peut-être le réel, ou sa vérité, mais on ne sait pas, on ne peut pas savoir. Lacan : « Le réel est ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire. » Justement, sur le plateau, trois apparitions : Valérie Dréville, M. et Dominique Uber. Par terre, des cageots, des jardinières remplies de plantes « normales », des herbes folles, du foin coupé, de l'herbe grasse. « Croisades du silence ». « So nice ». « Everybody speak english ? » « Chic ! Enfin, bien... » Yves-Noël s'adresse aux poules : Hé, mes chatons, eh bien, jouez ! Les poules ne veulent rien faire. Apparition d'Alexandre Styker, peau aussi blanche que nue sous fourrure couleur faon. Alex a deux oreilles de chat sur sa tête d'or. Robe bleu indigo et orange (le fruit) à la main, Valérie Dréville se présente à l'avant-scène. Hélène Bessette : « Je ne sais plus où j'ai mis le passeport, le chèque ». Valérie et Dominique trinquent : « Nasdrovia ». Je me fixe sur la blondeur de Dominique. La blondeur de Monroe était inventée, celle de Dominique est la nature même des choses. « Je chercherai du travail, donc du roman ». Marlène ne cesse de disparaître. C'est fou comme elle disparaît. Alexandre réapparaît en chemise bleu ciel, cuisses et jambes nues. Les plus beaux membres inférieurs qui soient. « Pour les étoiles que tu sèmes dans le remords des assassins, et pour ce coeur qui bat quand même dans la poitrine des putains, thank you Satan. » M. en petit page, petit Antinoüs des îles, avec paréo et brumisateur à la main, poursuit les volailles et les arrose : poules mouillées. A cour, on dirait qu'Alexandre va se jeter par la fenêtre. D'un coup, Alexandre S. me fait penser à Asia Argento. Asia Argento + Cindy Sherman = Alex Styker + YNG = CQFD. Valérie Dréville parle de la Gauche. C'est toujours Hélène Bessette et sa Suite suisse. Marlène se barre : « Les courants d'air, ici, c'est monstrueux ».

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