Tuesday, June 05, 2018

(R erun)


Pedro Morais 
« Yves-Noël Genod. On dit qu'il invente une manière d’être en scène comme au monde, mais alors, ce monde là, il est celui de la réalité augmentée, des sensations inconnues, de la langue des plantes, de la vulgarité la plus subtile, des corps ensoleillés par le rire, la mélancolie et le désir insolent. Nous ne sommes peut-être pas à la hauteur de notre naïveté. C'est l'un des plus beaux spectacles vus récemment, Je m’occupe de vous personnellement au théâtre du Rond-Point à Paris. »

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Friday, May 25, 2018

(R erun)


Photo François Stemmer, Marlène Saldana en répétition dans Je m'occupe de vous personnellement, au théâtre du Rond-Point

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Sunday, April 08, 2018

R erun : entretien réalisé par Tiffy Morgue et Jean-Yves Gaillac


YVES-NOEL GENOD
Par Gaillac-Morgue

Le théâtre du Rond-Point où il crée cet été son nouveau spectacle *, le présente comme, « Une créature céleste, un ange à bottes de cuir qui explose tous les protocoles théâtraux ». L’épatante comédienne Marlène Saldana, son égérie risque tout, dit de lui : « Yves-Noël Genod passionne par ses contrastes, il est tout et son contraire, naïf et extralucide, bienveillant et démoniaque car il obtient tout de ses acteurs en leur faisant croire qu’ils sont libres. Il a un côté Caravage, voyou et mystique. Et une apparence de dandy qui adore les paillettes et vit avec l’ascétisme d’un Saint François d’Assise ! » Artiste pluridisciplinaire et prolifique (une vingtaine de spectacles en 5 ans), formé à l’école d’Antoine Vitez et de Blanche Salant, Yves-Noël Genod a d’abord travaillé comme comédien dans les mises en scène de Claude Régy avant de monter ses propres créations foutraques dont les titres exacerbent le brouillage de pistes. En attendant Genod ; Dior n’est pas Dieu ; Elle court dans la poussière, la rose de Balzac ; Jésus revient en Bretagne ; C’est pas pour les cochons ! ; Chic by Accident… Débutants prometteurs ou valeurs confirmées (Valérie Dréville, Jeanne Balibar), se coulent avec délices dans l’univers de cet excentrique dont le seul credo, air du temps oblige, est de détruire l’idée même de la représentation, tout en distillant une grâce furieusement poétique.
— Ange destructeur ou charmant diablotin, quel est votre vrai visage ?
Yves Noël Genod : Un ami m’a dit que j’avais des mémoires de poète ou de musicien de cours, ces artistes protégés qui ne vivaient que pour la beauté éclatante de l’art, mais qui pouvaient se retrouver jetés dans de sombres oubliettes sur le caprice d’un prince. Il y a en moi cette part d’ombre et de lumière qui s’expriment inconsciemment dans mes spectacles. Francis Bacon qui s’y connaît peut-être mieux sur les anges et les démons parle beaucoup de peindre avec le hasard.
— La toile de Didier Paquignon, en illustration de notre entretien, vous représente en un Saint Sébastien angélique qui aurait échappé au supplice par sagittation. Serait-ce que vous traversez la vie sans blessures, sans flèches plantées au cœur ou au corps ?
YNG : Oh non… (long soupir) Des drames personnels ont pu m’inspirer certains spectacles. Zavatars, par exemple, après la mort de ma sœur par overdose, une pièce sur la déréliction. Un livre m’avait aidé à l’époque. A quelle heure passe le train..., un dialogue beckettien sur la folie entre l’écrivain Marie Depussé et le psychiatre Jean Oury, où une poésie et un humour réconfortant se mêlaient à la théorie.
— « L'être idéal est un ange dévasté par l'humour », disait Cioran.
YN G : Les formules de Cioran ont l’éclat d’un diamant noir ! Son pessimisme m’électrise. Il a une forme de cynisme shakespearien, il considère son cerveau, non pas comme un outil, mais comme un jouet, « not a tool but a toy ». Cioran pensait peut-être à l’Ange au sourire de pierre que je contemplais la semaine dernière à la Cathédrale de Reims. Très troublant…
— Les envolés de putti sur les ors des églises baroques, les processions, les chants, l’encens, les pleureuses, participent à la théâtralité de la religion. On retrouve du religieux dans vos spectacles où l’on voit des anges dénudés agiter leurs ailes. 
YN G : (comme illuminé par une révélation intérieure) C’est vrai, je me suis toujours demandé d’où me venait ma passion pour le théâtre. Gamin, je montais déjà de petits spectacles, et à l’adolescence, je faisais des retraites dans un très beau carmel. J’ai assisté à la messe jusqu’à mes 20 ans, en essayant d’y croire… Ce qui m’impressionne le plus chez les acteurs, c’est ce don d’amour dont ils sont capables vis-à-vis du public. Valérie Dreville est exemplaire en cela, elle est tout amour. Elle partage la totalité de son imaginaire avec les autres acteurs et le public qui se retrouvent plongés dans le bain qu’elle génère sur scène. Mais il y a de la beauté aussi dans la violence, dans l’éclat de la douleur très pure.
— Que recherchez-vous dans vos créations ?
YN G : La vie ! Elle est là avec ce qui arrive sur scène. Il y a du réel vécu par les spectateurs en même temps qu’il se crée sur scène dans le corps des acteurs. Cet échange c’est l’or, la matière même du théâtre ! Les comédiens sont heureux quand cette circulation s’établit. Mais le vivant au théâtre dérange. Ce que je recherche avant tout, c’est faire du spectacle « vivant ».
— Mais tout le monde se réclame de l’art vivant aujourd’hui, on rêve d’un artiste qui nous dirait, « je fais de l’art mort » ! 
YN G : Quand on parle du vivant, la mort n’est pas loin.
— Elle est à la fin de la représentation. Le théâtre est une petite mort. Et à la fin, le noir total. 
YN G : J’ai monté un spectacle dans le noir total. Il y avait une scène très violente où un danseur piquait une crise, se mettait à crier, à pleurer, à hurler, à taper sur les poutres métalliques avec une épée. C’était déchirant à chaque fois. Je lui ai demandé comment il arrivait à se mettre dans un tel état ? Il m’a répondu, « grâce au noir, dans la lumière, je serai inhibé, je n’y arriverai pas ». En fait, c’est aussi ce que je recherche dans mes mises en scènes, faire en sorte que l’impossible soit possible. Le théâtre, c’est de l’amour ! Il n’y a pas d’altérité, comme dans la vie, il n’y a que le vivant, que ce soit dans les humains, dans les plantes, dans tout. Sinon les autres deviennent un enfer. Dans mes mises en scène, j’essaye de m’occuper de l’ange et du paradis, et pas du démoniaque, ni du vide, du mal, de l’horreur. Je n’ai pas pour visée de changer le monde, comme Rimbaud. Dans la lutte, on se prive d’ouvertures, on reste bloqué dans le combat. Je tente plutôt que l’impossible soit possible.
— Pour Jean Oury, « un type qui n’aurait aucune folie serait un peu louche et sa folie serait beaucoup plus grave. » Donc, ce n’est pas mal de ne pas voir peur de ses dérèglements. 
YN G : C’est ce que dit Pascal. L’homme est si nécessairement fou que c’est l’être encore que de ne pas l’être. Edgard Morin dit que la folie est intrinsèque. On ne peut mettre d’un côté la raison et la folie de l’autre.
— Il faut apprivoiser ? 
YN G : Oui, c'est ça le truc. Les acteurs ont comme tout le monde un inconscient, mais le pire ennemi de l’acteur, c'est son inconscient. C’est dur les acteurs à la limite de la folie. Ils cherchent quelque chose, on ne sait pas quoi ? Alors ils peuvent aller très loin dans le meilleur mais aussi dans le pire. Et ça, c’est embêtant.
— Comment définiriez-vous l’éthique de votre démarche artistique ? 
YN G : Le rien comme splendeur.

(* Je m’occupe de vous personnellement. Théâtre du Rond-Point, tel : 01 44 95 98 21.)

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Monday, February 22, 2016

Photo Marc Domage. Dominique Uber dans Je m'occupe de vous personnellement

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Monday, November 04, 2013

M arcus, etc.





Photos BD ? Je m'occupe de vous personnellement, Marcus Vigneron-Coudray, Marlène Saldana, Dominique Uber, jambes d'Alexandre Styker.

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Tuesday, April 02, 2013

Les plus beaux articles de presse sont ceux qui n'ont jamais été publiés (ici, par « Citizen K »)






YVES-NOEL GENOD
Par Gaillac-Morgue



Le théâtre du Rond-Point où il crée cet été son nouveau spectacle *, le présente comme, « Une créature céleste, un ange à bottes de cuir qui explose tous les protocoles théâtraux ». L’épatante comédienne Marlène Saldana, son égérie risque tout, dit de lui : « Yves-Noël Genod  passionne par ses contrastes, il est tout et son contraire, naïf et extralucide, bienveillant et démoniaque car il obtient tout de ses acteurs en leur faisant croire qu’ils sont libres. Il a un côté Caravage, voyou et mystique. Et  une apparence de  dandy  qui adore les paillettes et vit avec l’ascétisme d’un Saint François d’Assise ! » Artiste pluridisciplinaire et prolifique (une  vingtaine de spectacles en 5 ans), formé à l’école d’Antoine Vitez et de Blanche Salant, Yves-Noël Genod a d’abord travaillé comme comédien dans les mises en scène de Claude Régy avant de monter ses propres créations foutraques dont les titres exacerbent le brouillage de pistes. En attendant Genod ; Dior n’est pas Dieu ; Elle court dans la poussière, la rose de Balzac ; Jésus revient en Bretagne ; C’est pas pour les cochons ! Chic by Accident… Débutants prometteurs ou valeurs confirmées (Valérie Dréville, Jeanne Balibar), se coulent avec délices dans l’univers de cet excentrique dont le seul credo, air du temps oblige, est de détruire l’idée même de la représentation, tout en  distillant une grâce  furieusement poétique. 

(* Je m’occupe de vous personnellement. Théâtre du Rond-Point tel : 01 44 95 98 21.)



— Ange destructeur ou charmant diablotin, quel est votre vrai visage ?

Yves-Noël Genod :  Un ami m’a dit que j’avais des mémoires de poète ou de musicien de cours, ces artistes protégés qui ne vivaient que pour la beauté éclatante de l’art, mais qui pouvaient se retrouver jetés dans de sombres oubliettes sur le caprice d’un prince. Il y a en moi cette part d’ombre et de lumière qui s’expriment inconsciemment dans mes spectacles. Francis Bacon qui s’y connaît peut-être mieux sur les anges et les démons parle beaucoup de peindre avec le hasard. 

—  La toile de Didier Paquignon, en illustration de notre entretien, vous représente en un Saint Sébastien angélique qui aurait échappé au supplice par sagittation.  Serait-ce que vous traversez la vie sans blessures, sans  flèches plantées au cœur ou au corps ? 

YNG : Oh non… (long soupir) Des drames personnels ont pu m’inspirer certains spectacles. Zavatars, par exemple, après la mort de ma sœur par overdose, une pièce sur la déréliction. Un livre m’avait aidé à l’époque. A quelle heure passe le train..., un  dialogue beckettien sur la folie entre l’écrivain Marie Depussé et le psychiatre Jean Oury, où une poésie et un humour réconfortant se mêlaient à la théorie.

— « L'être idéal est un ange dévasté par l'humour »,  disait Cioran.

YNG : Les formules de Cioran ont l’éclat d’un diamant noir ! Son pessimisme m’électrise. Il a une forme de cynisme shakespearien, il considère son cerveau,  non pas comme un outil, mais comme un jouet, « not a tool but a toy ». Cioran pensait peut-être à l’Ange au sourire de pierre que je contemplais la semaine dernière à la Cathédrale de Reims. Très troublant…

— Les envolés de putti sur les ors des églises baroques, les processions, les chants, l’encens, les pleureuses, participent à la théâtralité de la religion. On retrouve du religieux dans vos spectacles où l’on voit des anges dénudés agiter leurs ailes. 
YNG : (comme illuminé par une révélation intérieure)  C’est vrai, je me suis toujours demandé d’où me venait ma passion pour le théâtre. Gamin, je montais déjà de petits spectacles, et à l’adolescence, je faisais des retraites dans un très beau carmel. J’ai assisté à la messe jusqu’à mes 20 ans, en essayant d’y croire… Ce qui m’impressionne le plus chez les acteurs, c’est ce don d’amour dont ils sont capables vis-à-vis du public. Valérie Dréville est exemplaire en cela, elle est tout amour. Elle partage la totalité de son imaginaire avec les autres acteurs et le public qui se retrouvent plongés dans le bain qu’elle génère sur scène. Mais il y a de la beauté aussi dans la violence, dans l’éclat de la douleur très pure.

— Que recherchez-vous dans vos créations ?

YNG : La vie ! Elle est là avec ce qui arrive sur scène. Il y a du réel vécu par les spectateurs en même temps qu’il se crée sur scène dans le corps des acteurs. Cet échange c’est l’or, la matière même du théâtre ! Les comédiens sont heureux quand cette circulation s’établit. Mais le vivant au théâtre dérange. Ce que je recherche avant tout, c’est faire du  spectacle « vivant ».

— Mais tout le monde se réclame de l’art vivant aujourd’hui, on rêve d’un artiste qui nous dirait, « je fais de l’art mort » ! 

YNG : Quand on parle du vivant, la mort n’est pas loin.  

— Elle est à la fin de la représentation.  Le  théâtre est une petite mort. Et à la fin, le noir total. 

YNG : J’ai monté un spectacle dans le noir total. Il y avait une scène très violente où un danseur piquait une crise, se mettait à crier, à pleurer, à hurler, à taper  sur  les poutres métalliques avec une épée. C’était déchirant à chaque fois.  Je lui ai  demandé comment  il arrivait à se mettre dans un tel état ? Il m’a répondu, « grâce au noir, dans la lumière, je serai inhibé,  je n’y arriverai pas ». En fait, c’est aussi ce que je recherche dans mes mises en scènes, faire en sorte que l’impossible soit possible. Le théâtre, c’est de l’amour ! Il n’y a pas d’altérité, comme dans la vie, il n’y a que le vivant, que ce soit dans les humains, dans les plantes, dans tout. Sinon les autres deviennent un enfer. Dans mes mises en scène, j’essaye de m’occuper de l’ange et du paradis, et pas du démoniaque, ni du vide, du mal, de l’horreur. Je n’ai pas pour visée de changer le monde, comme Rimbaud. Dans la lutte, on se prive d’ouvertures, on reste bloqué dans le combat. Je tente plutôt que l’impossible soit possible.

— Pour Jean Oury, « un type qui n’aurait aucune folie serait un peu louche et sa folie serait beaucoup plus grave. »  Donc, ce n’est pas mal de ne pas avoir peur de ses dérèglements.
YNG : C’est ce que dit Pascal. L’homme est si nécessairement fou que c’est l’être encore que de ne pas l’être. Edgard Morin dit que la folie est intrinsèque. On ne peut  mettre d’un côté la raison et la folie de l’autre. 

— Il faut apprivoiser ? 

YNG : Oui, c'est ça le truc. Les acteurs ont comme tout le monde un inconscient, mais le pire ennemi de l’acteur, c'est son inconscient. C’est dur les acteurs à la limite de la folie. Ils cherchent quelque chose, on ne sait pas quoi ? Alors ils peuvent aller très loin dans le meilleur mais aussi dans le pire. Et ça, c’est embêtant.

— Comment définiriez-vous l’éthique de votre démarche artistique ? 

 YNG : Le rien  comme  splendeur. 



Entretien réalisé par Tiffy Morgue et Jean-Yves Gaillac 

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Friday, January 18, 2013

L'un des projets du Rond-Point : Je suis une vieille femme de droite



Les riches sont peu nombreux (par rapport aux pauvres). Si c’était l’inverse, il n’y aurait pas de problème, s’ils, les riches, étaient majoritaires et qu’il n’y avait que quelques milliers de pauvres, il n’y aurait pas de problème… Ce serait même chic d’être pauvre, ce serait même rare… Alors, ici, dans ce quartier, c’est un peu ça, il faut bien le dire, les très, très riches sont largement majoritaires. On est au cœur de l’oligarchie, dans ce quartier. Ici. Ah, l’Ouest parisien… Le palais de l’Elysée est tout près, à un vol d’oiseau (un vol de mainate, comme disait Jean-Paul Muel dans Le Gros, la vache et le mainate)… d’un coup d’aile… Ça devient chic d’être pauvre. C’est pour ça qu’j’suis là. On m’envie, on me met en scène, on me dit : tiens, voilà, on te donne un plateau et tu fais c’que tu veux. Toi, le pauvre, on va te regarder…

Mais il y a erreur – je tiens à le dire – parce que, moi, je suis comme vous, je suis UNE VIELLE FEMME DE DROITE ! 






« Y a pas de sociologues qui travaillent sur la classe dominante. Il n’y a pas d’étudiants qui font leur mémoire, leur thèse, sur des sujet politiquement incorrects. Donc, il y a une forme de complicité entre les membres des classes moyennes intellectuelles et la grande bourgeoisie. Une complicité qui n’est pas consciente. (…) Le cumul des différentes formes de richesse dérange les classes moyennes intellectuelles qui opposent toujours l’argent à la culture : si on est riche, c’est qu’on est con et, nous, on est cultivé et on n’a pas beaucoup d’argent. Dans les milieux intellectuels, on est toujours dans des faux débats… entre le travail qualitatif et le travail quantitatif… enfin, je passe, on est toujours dans des faux débats parce qu’on est une classe qui est entre la classe supérieure et la classe inférieure. On est une classe qui revendique l’individualisme positif, on est une classe complètement désaffiliée, hein ? où l’individualisme est roi, où l’on veut toujours être calife à la place du calife. Et donc la réflexion sur la classe dominante, sur le collectivisme des dominants devrait vous inciter – et nous avec, je nous pose pas du tout en donneurs de leçon –, mais à réfléchir sur aussi la réaffiliation, le collectivisme dans les classes moyennes et, au sein des partis politiques, arrêter de toujours vouloir que ce soit un tel qui ait le leadership et pas untel, arriver à calmer les ambitions individuelles au bénéfice du collectif parce qu’évidemment cet individualisme forcené des classes moyennes intellectuelles, vous imaginez bien que tout là-haut, ils s’en réjouissent tous les jours à chaque instant. »

« On ne peut longtemps rester riche tout seul. Très vite, la richesse économique, pour durer et être transmise, doit être légitimée par la richesse sociale. Un portefeuille de relations permets de trouver des pairs dans tous les domaines de l’activité : économique, administrative, politique et culturelle. Ce réseau prend une forme matérielle dans les carnets d’adresses. »






Cherche un traître à la classe dominante

Parler des riches, c’est être marxiste. Parler d’autres choses, c’est être complice. Il n’y a qu’un sujet : les riches. Qu’un sujet révolutionnaire. La classe moyenne intellectuelle n’a qu’une chose à faire pour servir la classe défavorisée : parler des riches, révéler, révéler l’oligarchie. Dévoiler, dévoiler sans cesse les brouillards, les mensonges, les discrétions de classe, de cette classe et, bien entendu, de la nôtre quand nous en sommes complice. L’illégalité et les leurres de la légalité.

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Wednesday, January 16, 2013

Ce à quoi vous avez ECHAPPE au Rond-Point...














Je voulais faire — je voulais jouer le jeu, disons. Je me disais que dans un théâtre aussi populaire que le théâtre du Rond-Point, ça valait le coup de jouer le jeu du one man show (et c’est ce qui m’était demandé). Je commençais à préparer un one man show sur les riches, à cause du quartier (en lisant pas mal les sociologues Pinçon-Charlot). Il devait s’appeler : Je suis une vieille femme de droite (à moins que ce soit François qui ait trouvé ce titre) — et donc François, François Olislaeger, passant par là, commença à faire quelques crobars — que je n’ai pas utilisés parce qu’ils n’avaient rien à voir avec ce que j’ai proposé ensuite, comme vous le savez. Une des raisons qui m’ont fait abandonner ce projet, c’est que j’ai rencontré Audrey Vernon qui m’a montré exactement ce que je voulais faire : un one man show sur les riches (Comment épouser un milliardaire). Encore une idée de plus en moins !, comme aurait dit François Tanguy...

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Thursday, November 08, 2012

Ectoplasme, fantômes, barré…



Un coup de fil de Valérie. Quel amour, cette fille ! Thomas va jouer son amoureux, alors je dis : « Oh, rien de plus facile (je lui ai dit) ! »  J’avais joué son amoureux dans le spectacle de Julie Brochen, Le Cadavre vivant, de Tolstoï. Elle me dit qu’elle non plus n’aura pas de problème parce qu’il est quand même bien mignon… Ah, c’est vrai, qu’est-ce qu’il est mignon, ce Thomas ! Sensuel et intelligent… Elle me raconte qu’elle a fait le stage de Lupa et que c’était sur le monologue intérieur, qu’il fallait écrire un monologue qui servait ensuite à définir un personnage et, alors, il y avait une espèce de lieu de nulle part et deux de ces personnages se rencontraient et elle s’est aperçu que c’était Hélène Bessette, son monologue. Alors elle a cherché les livres (à Grenoble), mais elle ne les a pas trouvés. Alors elle a écrit ce dont elle se souvenait et elle et Bessette ont joué ensemble et, en effet, je suis très ému que ça continue comme ça ! Elle me dit que le travail de Lupa me plairait beaucoup, qu’il faut que je guette, il y aurait un stage à Bruxelles en avril, elle me dit qu’il est complètement barré ectoplasmes, fantômes…

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Saturday, July 28, 2012

Un texte pour rire de Pierre Notte (paru dans « L'Avant-Scène Théâtre » du Gros, la Vache et le Mainate



« Plus tu baisses ton slip » 
Pierre Notte

Répétitions, salle Topor, théâtre du Rond-Point. L’acteur Alexandre Styker traverse le plateau, culotte aux chevilles, fesses nues, la bite à l’air. Yves-Noël Genod, poète aux cheveux d’or et pantalons fluo, le guide. Le poète peut tout dire, il se permet tout. Il lui dit ça : « plus tu baisses ton slip, plus l’espace s’ouvre autour de toi ». La nudité fait ça. Tout sexe dehors, la peau offerte, cul nu. Cela fait ça. Ouvrir l’espace, casser les murs, faire tomber les frontières et les principes. Il part en vrille et en miettes, le quatrième mur, et Aristote ravale ses pissenlits par la racine. Là où tout est faux, et c’est fait pour, faire faux, fabrique à faux, apparaît soudain la vérité pure, droite. Le réel indubitable.
Encore au Rond-Point, comme à Avignon, à l’Odéon ou à Chaillot, on a fréquenté les phallus en vrac d’Olivier Py, les vagins en friche de Rodrigo Garcia. Frank Castorf a trituré le paroxysme en chatouillant Dostoïevski ou Dumas fils, il nous plantait devant les yeux des écrans géants avec des extraits de films pornos, gros plans organiques et imposés, d’où le mensonge, la convention, le faux semblant étaient expurgés. Rien ne peut être plus vrai qu’un coït filmé de prés. Obscène, en avant scène et en gros plan. Obscène, puisque la vérité est là, jaillissante. Obscène, comme la pluie sur un plateau si elle est représentée par une eau qui tombe. Parce qu’elle ne peut être que vraie, c’est de l’eau, donc de la pluie. Du réel, de l’obscène, la vérité toute nue qui s’impose à l’avant scène. C’est une provocation, une bousculade violente des repères bien intégrés et des fracas de murs tombés. Baisser le slip, c’est agrandir l’espace. Il en va ainsi de l’intrusion du réel sur l’autel de la fabrication. Le corps nu, chez Fabre, Charmatz, Lauwers, Liddell ou Castellucci et d’autres, c’est aussi le corps sacrificiel. Le retour aux sources. Le cri du bouc et le sang versé dans cet espace de libertés, espace au cou parfois renfoncé, engoncé dans ses conventions. On vide le plateau des faussetés et le corps de ses liquides. À poil tout le monde. C’est l’heure de la vérité. La pluie du réel, on se la prend le plus souvent dans le Théâtre Public.
À la pluie, vraie flotte, l’écrivain Jean-Loup Rivière oppose la neige. Parce qu’elle ne peut être fabriquée là, ni importée en coulisses ou dans les cintres. On le sait, la neige sur scène, c’est une tombée de pelures de coton, du papier blanc, fabrication artisanale. Des miettes de ouate. Du vrai coton pour une neige imaginée, contre une fausse averse faite de vraie eau. La neige admise, comprise, acceptée pour telle, c’est le pacte signé avec la poétique de la représentation. La poésie soudain, parce que le faux fait croire, imaginer, travailler les yeux et ce qui reste juste derrière de phosphore mou. Là, à l’opposé des corps nus, on maquille, on rhabille, on voile. C’est le masque et le travestissement. Enneigement total des individus. On fabrique des monstres et des créatures. Le monde n’est pas montré tel quel. À quoi bon. On travestit, on transgenre. Chez Besset-Desveaux, dans Perthus, les mères sont transfigurées par deux comédiens. Pour son récital pathétique, Michel Fau se fait tragédienne en collants moulants. Le groupe des « Masques et nez » triomphe, les masques de La Dernière noce aussi. Ces grimés, masqués et autres trans, on les croise plutôt dans le secteur privé. Moins aujourd’hui chez Mnouchkine et encore moins chez Besson. Même si Mister Py devient Miss Kniffe, si Charles Berling déambule en travlo de Fassbinder dans L’Année des treize lunes pour Martinelli. Même si Alfredo Arias se déhanche en truie chez Marie Darrieussecq. Là, c’est le faux qui prime. Plein feu. On referme l’espace dans la boîte noire, l’écrin scénique, on remonte les murs, on solidifie le quatrième. À noter que les hommes se font femmes pour transposer ou transgresser, à moins que ce ne soit la poilade générale. À noter que si les actrices endossent des rôles d’hommes, Maria Casarès pour Bernard Sobel (Threepenny Lear), Angelika Winkler pour Peter Zadek (Hamlet), Fiona Shaw pour Deborah Warner (Richard II), le rôle en est alors transcendé, magnifié, sublimé. Amer constat. Impuissance masculine.
Chez Pierre Guillois, on mêle la pluie et la neige dans la boue du bonheur d’être au théâtre comme à la fête. Deux vieux grands acteurs sont travestis en tatas indignes, l’auteur déboule en talons hauts, et un playboy, tantôt postier ou livreur, débarque cul à l’air et le reste itou. Une vraie paire de fesses prise entre les feux de deux fausses tantes. Le Gros, la Vache et le Mainate, c’est un jour de repos pour les prises de tête. Les vrais membres et les faux masques, le privé et le public, les genres et les registres s’imbriquent, huilés, et se donnent bien du plaisir. Du sexe joyeux dans la jubilation du travestissement. Du vent dans les bronches, un peu d’air dans les pompes, et hop. La neige et la pluie, conciliés, réconciliés, font beau temps. Pierre Guillois et sa bande enfantent un théâtre hermaphrodite, jouisseur dans la catastrophe.

Pierre Notte est aujourd’hui auteur associé, conseiller au Théâtre du Rond-Point.

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Wednesday, July 04, 2012

A chaque soir son poème



Un texte de Mari Mai Corbel sur Je m'occupe de vous personnellement. 

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Tuesday, July 03, 2012

Edmonde pisse



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Le Strabisme


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Monday, July 02, 2012

Reconnaissance



Jean-Michel Ribes dans son discours de samedi soir (devant François Hollande, etc.) : « (...) avec qui nous avons tenté, risqué d’aller ailleurs, accueillant souvent des mauvaises herbes de la culture plus parfumées que certains glaïeuls de l'institution... » Je me suis senti concerné.

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Saturday, June 30, 2012

La Rencontre



Pierrot, j'suis toujours amoureux de toi ! T'es toujours celui qui me plaît le plus de la bande (l'éternelle bande des pédés que tu domines d'une tête – ou d'un cœur – ou de je ne sais quoi, l' « aura » peut-être, après tout – l'aura caressable d'un chat !)

Bisou-cou

Yvno

Oh non, je ne domine rien, je suis heureux d'être là et toujours un peu dans mon monde à moi... C'était bien de te voir plus longuement que d'habitude, je t'aime toujours beaucoup, toi...
Pierre

Oui, c’est ça, dominer, c’est être dans son monde (aussi). Métaphysique. Tout le monde est aussi dans son monde, mais, disons que, toi, tu m’y as donné accès (encore). Sans doute ça d’être encore amoureux de toi… 
Ce que je ne comprends pas, d'ailleurs, c’est que j’ai aussi l’impression de laisser ouvert « mon monde » (avec les spectacles) – et personne... c’est un mystère. Quand j’ai commencé à faire des spectacles, mon premier one man show, En attendant Genod, une jolie fille est tombée amoureuse de moi, ça m’a paru tout naturel... Peut-être que, dans la vie, je protège maintenant hermétiquement cette entrée… Des homosexuels comme toujours, mais des femmes aussi... Les choses se sont refermées. Ça ne peut quand même pas être qu'une question d’âge… C’est très étrange… Je me demande ce que je fabrique, là, sur terre... à n'intéresser personne comme ça (ou à ne m'intéresser à personne, ce qui revient au même...)

Bisous

YN

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Emmanuel chéri, je reste en Europe, cet été (mais, à l'automne, il y aura du Mexico)... Je prends la voiture de mes parents et je pars au hasard sur les petites routes des petites régions de la petite France – y a comme une nostalgie dans l'air... Chaque été, j'ai envie de faire ça, avoir une voiture et traîner comme chez soi, en chaussettes et en caleçon sur un territoire comme un appartement... Ok, j'aurais pu le faire au Mexique (grâce à toi...) A très vite, 

Yvno

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Friday, June 29, 2012

D'autres photos de Philippe Gladieux




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Thursday, June 28, 2012

François Hollande sera normalement en personne à la fête du Rond-Point samedi


Photo Philippe Gladieux.

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Wednesday, June 27, 2012

« Un spectacle de fin du monde qui ouvre un nouveau soleil »




« (…) c’est donc une adoration parfaite du monde d’avant qui n’existe plus et des éléments qui prennent le dessus : Olivier Steiner, c’est à vous…

– Alors, ouh, là, là, ce spectacle est du vif-argent ! Et qu’on se le dise : toute tentative d’élucidation ou de saisie par la parole ou l’écriture est vouée à l’échec. Autant entrer dans l’inconscient d’une poule ! Hier, c’était radieux. C’était l’été avant l’heure, c’était la fin du monde, c’était post disaster, presque trop chaud et les peaux furent moites. (…) Porte Maillot, nous dépassons Frédéric Beigbeder qui est dans un taxi avec 2 jolies filles. Ils doivent être sur le chemin de Roland-Garros. Jardin de bagatelles, les iris sont en fleurs, les rosiers, j’en parle même pas. Incroyables tiges, formes sexuelles et baroques, couleurs inouïes. Il y a même un iris noir (…) Cueillir les fleurs de Bagatelle, mais autant entrer dans le Louvre et en profiter pour ramasser La Joconde et deux Poussin ! (…) Je déjeune d’un tartare à l’ombre. (…) Sans doute des gens qui s’étaient trompés de salle. Ou de vie. Ou les deux. Je rassure et console Yvno parce que il y a des gens qui l’attendent pour l’insulter. Je lui dis : c’est le succès, la légende est en route. Il faut dédramatiser les départs. Pense à Hernani. Au Boléro, de Ravel. Pense à Patrice Chéreau. Il avait reçu des menaces de mort quand il montait la Tétralogie, à Bayreuth, en 76. J’offre le morceau de pastèque à Dominique Uber. Ses grands yeux ronds et bleus sourient un merci étonné. Tout est nouveau. Tout a encore changé et ce sera comme ça jusqu’au 24 juin. 22 spectacles différents, quand je dis « différents », je veux dire « différents », qui diffèrent, à part, autres, distants, dissemblables, inhabituels, séparés. Je ne parle donc pas de variations ou oscillations dues à l’impro. C’est autre chose. A chaque fois un autre temps, d’autres corps, et une nouvelle histoire. D’ailleurs Valérie Dréville a changé tout son texte (…) Valérie Dréville que j’appellerai désormais Vérité Dréville. (…) Un athlète danseur, jeunesse insolente, réinvente en soirée L’Après-midi d’un faune. (…) Dominique dévore la pastèque. Dominique est juteuse à souhait. Vampirique. So Sex in the city. My God. Marlène fait des apparitions et des disparitions. Marlène Saldana, je l’adore. Comme un péché mignon, je l’adore depuis longtemps. Mais, là, je suis éberlué par la finesse, la discrétion de son jeu. Marlène a 2 sœurs jumelles, la délicatesse et la vulgarité. Je kiffe Marlène Saldana ! Et je reviens à Vérité Dréville. Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. Drrréville est une trrragédienne prrrimesautière. Je fonds d’amour quand elle n’arrive pas à prononcer le mot « ddrrrame » : ddrrrame… ddrrrame… ddrrr… ddrrre… drrrame… âme, dame… drame ? Pique et pique et coulé drrrame… Anne Issermann glisse sur le plateau, monte dans les gradins et chante a capella Smile. (…) « Souris même si ton cœur est douloureux. » Sublime. Yves-Noël demande à ses spectateurs d’avoir du talent. A ses comédiens, il demande d’être. Inversion des rôles. » 

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Monday, June 25, 2012


« Toujours la vie s’invente. Un jardinier le sait. »

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