R êve
J’avais envie de réfléchir à la splendeur de cette demeure ici-bas. Je m’étais réveillée à l’aube, avant l’aurore, seul le coq chantait. J’étais effrayée que les oiseaux aient disparu ; je restais les yeux ouverts — peut-être fermés — sans dormir. Angoissée. Et puis un premier oiseau, mais ce n’était pas assez... Et puis un autre, un autre encore : toute la panoplie de la campagne d’antan. La maison était entourée d’un parc immense. Il allait jusqu’à la rivière. La veille, tard, je ne m’étais pas baignée, mais, dans la nuit, j’avais entendu les grenouilles coasser — qui m’avait ramener à une histoire d’amour — sensuelle — que j’avais eue au moment du COVID, le premier, le beau, où les grenouilles coassaient. Une demi-lune. Le parc, d’énormes tilleuls. La maison vide. J’avais ouvert une boîte de thon et une boîte de maïs et fini un paquet de biscuit dans la pénombre. Les décorateurs allaient arriver aujourd’hui. C’était pour un film. J’avais demandé d’arriver en avance sur le lieu de tournage. Un garçon délicieusement laid m’avait amenée d’Angoulême dans la petite auto de sa mère. Il conduisait bien. Le train avait failli ne pas arriver. Dans la pleine chaleur, les caténaires en cuivre s’affaissent et sont facilement arrachées par les pantographes. Dans le train très retardé, j’avais rencontré Nadia. Je me tenais dans le bar car ma voiture n’était pas climatisée. Sur la route, j’avais fait quelques photos, les chaumes. Le garçon laid m'avait montré des renards. Deux fois un renard splendide, preuve que cette campagne était oubliée
