Saturday, April 06, 2019

L a Névrose et sa « guérison »


Comme vous le savez, je n’ai plus de théâtre. Et il se peut que je n’en aie plus jamais. Pour la bonne raison que je ne sais pas en demander — et pour une autre raison plus mystérieuse, mais réelle : tous mes amis ont maintenant des postes — et, quand un ami accède à un poste, notre amitié disparait de son champ de vision : il voit plus large. Ça peut se comprendre. C’est une illusion qui peut se comprendre : passer à autre chose. Tant pis pour celui qui stagne. L’ambition, évidemment, moi, je n’en ai aucune. Mais je dois dire aussi, que, du théâtre, malheureusement, j’en ferai toute ma vie. Viendra un moment où il me faudra trouver un travail alimentaire, mais, du théâtre, j’en ferai toute la vie qu’il me reste, peu d’années encore, mais je verrai sans doute l’avènement de l’extrême droite. Mais je ferai du théâtre tant que je respirerai. Il y a ce café associatif, ce café des femmes, tenu par mon amie Kataline Patkaï qui m’accueille pour des cours ouverts. Un cours d’interprétation que j’intitule Jouer comme Gérard (tout simplement à cause de la phrase indépassable de Gérard Depardieu : « Je ne joue pas, je vis »). Cette saison, j’ai décidé de n’ouvrir ce cours ouvert qu’à une seule personne et de lui demander, à cette personne, de travailler en russe et en français sur Les trois sœurs. (Elle bute un peu sur le français lu, c’est merveilleux, tout à l’heure, elle a dit « cœur » au lieu de « sœur »…) 

On part de ce postulat : les choses n’existent qu’en temps réel. D’ailleurs, si l’on veut une citation de Tchekhov pour illustrer cette assertion, hop, il n’y a qu’à se baisser, il en est plein : « Le bonheur et la joie ne sont ni dans l’argent ni dans l’amour, mais dans la vérité ». Il est possible que cette vérité, on ne puisse la définir que par la négative : elle est... ce qu'on est sûr qu’elle n’est pas. On ne veut pas faire semblant. On définit ce que c’est que « faire semblant » et on essaye de ne pas le faire. Ça s’appelle aussi la poésie. Vacances dans la réalité.

A propos, vous avez compris que la gauche était en vrac ? Et qu’elle continuait à copier la névrose américaine avec le politiquement correct qui est comme galoper sur le lac gelé de La Chevauchée sur le lac de Constance. Les Etats-Unis, c’est la mort. Général en chef Donald Menteur qui, pour moi, émane directement de cette névrose. Ici, comment faire pour que Marine Le Pen n’accède pas au pouvoir ? Il serait temps de se mettre au travail plutôt que faire semblant. Le Pen sera comme Trump (ou comme Bolsonaro), elle n’en aura rien à faire du cinématographiquement correct et les nouveaux opposants auront enfin leur rapport à la vérité, ça les soulagera. Là, ils reprendront du poil de la bête. Dire du mal de Macron, ça rend petit joueur. Là, ils joueront dans la cour des grands. Ils auront de quoi, oui, collabos.

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