Wednesday, May 08, 2019

Un homme s’approche de la mort — ou s’en éloigne — on sent son cœur qui respire. Rester vivant, qu’est-ce que c’est ? 

Le spectacle est librement inspiré de Rester vivant, de Michel Houellebecq, sorte de Lettres à un jeune poète à qui le narrateur conseille de ne pas se suicider. 

« Apprendre à devenir poète, c’est désapprendre à vivre. », dit-il.

Il y a dans l’histoire d’Œdipe un temps où Œdipe, après tous ses malheurs, après avoir découvert qu’il avait tué son père et épousé sa mère, après s’être crevé les yeux tellement il en était choqué, part avec l’une de ses filles, Antigone, sa préférée, part sur les routes, abandonne sa royauté et part faire du camping — et il y a un temps, encore plus tard, où il dit soudain à Antigone : « Là où je vais maintenant, tu ne peux plus m’accompagner ». Et c’est ce moment entre la première mort, l’adieu à Antigone, et la seconde mort, la descente aux enfers, ce cheminement dans la solitude, après l’aveuglement, et comme en un point de « voyance », que Jacques Lacan (le fameux psychanalyste français), appelle le « désir », le chemin du désir, qui ne devient manifeste qu’au moment où personne ne peut plus le voir…

Réflexion sur le théâtre et ses fantômes, la vie et sa solitude, le désespoir et l’amour, cette soirée est aussi une soirée sur rien. 

Mes spectacles imprévus apparaissent alors que personne ne les attend. C’est l’essence de la création artistique : personne n’en a envie, personne ne sait. Ce qui apparaît ne manque pas.

Yves-Noël Genod

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