Saturday, January 23, 2010

Le bal des actrices

Je suis si fatigué en ce moment, j'ai pris dix ans. Je devrais donc, après-demain, en scène, non pas en paraître dix de moins comme d'habitude, mais vingt. Irréalisable... D'où les grands moyens. J'ai demandé conseil à ma folle de mari qui, lui, en fait depuis ses vingt-cinq ans, des soins du visage chez les esthéticiennes. Sylvie Coudray (ma coiffeuse) m'a donné une adresse, "Demande Eva, dis bien que tu viens de ma part." Et c'est Isabelle (sans nom) qui s'est occupée de moi. On a papoté. On a parlé de Claudia Cardinale, Sophia Loren, Isabelle Adjani, Catherine Deneuve...
Charlotte Rampling, connaissait pas. Pina Bausch, non plus. Voilà à qui j'ai plaisir de parler de Pina Bausch, à ceux qui ne la connaissent pas ! Je faisais de mon mieux, j'inventais les formules. De même, j'avais adoré parler d'Hamlet à la pute qui n'en avait jamais entendu parler, là-bas, sous le périphérique, là où on répétait la première version d'Hamlet pour La Villette. Jamais entendu parler d'Hamlet, jamais entendu parler de Pina Bausch, je ne sais pas, ça me donne un espoir dans le monde, l'avenir, la société même. Et la manière aussi de le dire : "Ah ? Non, je connais pas... jamais entendu parlé... Non, ça ne me dit rien, vraiment. Comment dites-vous ? Hamlet ? ah, c'est intéressant..." Peut-être parce que moi qui en ai tant entendu parlé, d'Hamlet et de Pina Bausch, je trouve que ma vie n'en a pas été aussi améliorée que je l'aurais voulu par cette connaissance qui n'est rien, finalement.
Mais allez dire ça à Vanves avec José qui flippe comme un malade ! Donc - qu'est-ce que je voulais dire ? Donc on papote, on papote avec Isabelle sur un musique un peu zenale, genre Enya (j'ai cru que c'était la chanson-tube de notre rencontre, à Julien et moi, sur laquelle j'avais rajouté des paroles "On t'a vu à demi-nu sur la plage / On t'as vu dans une voiture décapotable...") On papote de la beauté et des soins qu'elle requiert, de son adoration ou pas, la beauté, son addiction, de l'âge des femmes. Je fais remarquer à quel point Marina Foïs était belle jeudi au Grand Journal, elle fêtait son anniversaire, quarante ans, mais elle en paraissait vingt. Je disais : "Je ne sais pas ce qu'elle a fait." Et Isabelle : "Mais elle est venu là ! C'est moi qui l'aie épilée ! - Epilée ? épilée quoi ? les sourcils ? (J'en étais toujours à l'image-télé, c'est à dire le visage.) - Ah, non ! TOUT !" Oh, là, là ! Marina Foïs épilée TOUT, TOUT, EN ENTIER juste à l'instant ou presque par Isabelle qui me tripote le visage (de ses doigts délicats)... Putain, j'me suis tapé une barre !
MARINA, JE SAIS QUE T'ES TOUT' EPILEE !

Labels:

0 Comments:

Post a Comment

<< Home