Thursday, September 13, 2012

Belle-de-jour



Bébé du jour et de la nuit, j’écris ton nom. Il y a le Bébé du jour et le Bébé qui vient me visiter dans mes rêves, qui tache mes draps (si les écailles de sperme sur mon bras sont les miennes…) Bébé batifole de jour comme de nuit. Gentleman cambrioleur. (Il a les clés de toutes les enseignes – mais Jean Genet a très bien écrit sur Bébé…) Bébé dérobe, Bébé vole, Bébé, en pleine nuit, fait du bruit et rit très fort (« De rire très haut sa victoire »), Bébé est l’essence même de la poésie, il est possible que Bébé n’existe pas, il est possible que Bébé soit une nouvelle de Jorge Luis Borges… Je parle à Bébé et je m’adresse à Bébé pour vous le dire… J’écris dans la nuit… La nuit est pleine de ces ruines circulaires qui font la maison de Bébé 
– l’oiseau-Bébé, l’oiseau-faon, l’oiseau limpide, l’oiseau nu… 
Dois-je me dresser, me laver quand Bébé est venu me visiter en rêve ?
Ou dois-je dormir dans mes enfants ? Dans mes croûtes et mes enfantements ?

« Ah, mais tu dors avec tes livres… », m’a dit Bébé quand il m’a visité…



Maintenant, il y a toute une série de masques bruyants qui viennent me visiter. Je ne bouge pas. Ils s’éloignent. Bébé est si loin, si envolé, je suis avec lui…
Je reconnais les voix, les noms, Leïla, Geoffroy, peut-être Michel, Benoît… La phrase : « C’est louche. »
Maintenant, on met le feu à une caravane – ou bien ils sont tombés dans un trou. « Ça va ? »
La nuit contient, contient… et toi et toi – mais Bébé, l’oiseau-fleur est envolé, dérobé au soleil… nuitamment passé, dérobé, trépassé au soleil… – « Je suis saoule », dit Clément. 

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