Wednesday, February 19, 2020

D es fleurs pour ce soir


Puisque je suis indécrottablement, coupablement dans Ada ou l’ardeur (au mépris de la bureaucratie et de mon avenir) (mais pas de ma vie et de mon amour, non), voici une autre définition de l’artiste (toujours IVRE, je vous le rappelle), disons page 238 de l’édition Folio (c’est toujours troublant que ces chef-d’œuvres à la valeur inestimable soient disponibles, distribués presque gratuitement...) : 
« — Qu’est-ce que c’est au juste qu’un artiste ?
— Un observatoire souterrain, répliqua Van du tac au tac »
L’ivresse permanente dans le travail et l’observation souterraine. Je vous dirai s’il me vient d’autres choses. Quant à la définition de l'artiste. Artiste, c'est ce que vous devez être, plus qu'acteur-actrice. Nabokov parle même ailleurs (page 302) d’« entrevoir la doublure du temps ». Pour ce soir (et les autres soirs), je vous souhaite INTELLIGENCE (tout ce que vous faites, vous savez — et vous communiquez — que c’est du trompe-l’œil — et plus vous le faites bien, plus c'en est) et CŒUR (pourtant la mystérieuse sincérité existe). 
Sinon une phrase de mon professeur de danse classique : « Savez-vous ce qu’un danseur doit faire quand il est incertain (de sa présence, etc.) ? — Faire semblant. » (Malheureusement je ne la retrouve pas dans ces fichus carnets à l’écriture illisible et gâchée, je suis obligé de l’inventer à moitié.) Allez, une phrase de Tchekhov (trouvée page 261 d’Ada) : « NOUS VERRONS LE CIEL ENTIER CONSTELLE DE DIAMANTS ». Sinon, pour la matière russe (bas de la page 254 et haut de l'alpage 255) : « une Marina repeinte, en perruque rousse, très éméchée, toute en larmes, collait des lèvres poisseuses de vodka aux cerises sur ses [celles de Van] mâchoires et ses autres parties non protégées, avec des démonstrations sonores en émettant des bruits maternels, gémissements étouffés, mugissements de tendresse russe. » Et encore, page 319, là, ce sont des effusions non plus avec la tante, mais avec le père au poignet velu qui « déjà tenait un verre d'alcool encore invisible » (toujours l'ivresse) : « tous les Veen qu’abreuvait la veine russe montraient dans leurs effusions rituelles une tendresse surabondante, alors qu’ils étaient quelque peu ineptes dans l’expression verbale de leurs sentiments ».
Croyez, chers amis, à ma tendresse surabondante. Quant à l'ineptie de l’expression verbale de mes sentiments, vous n'êtes déjà que trop au courant, 
Yves-Noël

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