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Friday, January 09, 2026


Salut Marie ! Merci ! C’est très beau, ton portrait, y compris dans les vacheries qui m’ont fait rire, dire juste après « jeune actrice » que j’ai connu Vitez, c’est hard, mais c’est de bonne guerre…
Seulement il faut tout passer au féminin. Je suis trans, ça veut dire que j’ai toujours été celle que je suis, que j’ai été empêchée par les circonstances, la société, les insultes, de me présenter au féminin, mais, que, maintenant que j’ai pris ce pouvoir, il doit être respecté. On ne doit en aucun cas rappeler à une trans son ancien nom, ça détruit son geste. Je sais bien que ce n’est pas ton intention, mais, si ce portrait passait dans la presse, il risquerait d’être vécu comme une insulte par bon nombre. On ne peut pas rappeler aux trans à tout bout de champs qu'elles ont porté ce qu’on appelle un deadname et un genre qu’elles renient. A l’oral, c’est plus facile, parce qu’on reprend gentiment ou agressivement, j’essaye gentiment, la personne qui se trompe, mais, à l’écrit, bien sûr, ce n’est pas possible. Alors, que fait-on quand on veut assumer des choses faites publiquement dans le passé — ou, comme toi, quand on veut les évoquer — eh bien, on ne fait rien, on se les approprie ! C’est moi, c’est Marie-Noëlle qui ai créé En attendant Genod, La Recherche, etc.
Dans le détail, c’est simple : tout au féminin, tout Marie-Noëlle. Pour le début, tu peux mettre : On l’a connue sous un autre nom signant des spectacles…
Pour le deuxième paragraphe (« Apparition »), après Jocelyn Cottencin, tu mets : Marie-Noëlle se démarque par sa silhouette androgyne…
Et ensuite, bien sûr : Actrice, danseuse, performeuse, metteuse en scène, elle navigue alors entre tous les rôles…
Entre 2003 et 2022, elle crée… (coquille à crée)
A chaque fois, ils (les spectacles) laissent surgir l’ineffable… ou A chaque fois, elle (Marie-Noëlle) laisse surgir l’ineffable…
Paragraphe « Disparition » : Nomade dans l’âme, faisant escale où on l’accueillait, Marie-Noëlle créait in situ…
La mort d’Ivan Ilitch, coquille (une seule l), il s’agit de la reprise du titre de Tolstoï
Le titre exact du diptyque est un vers de Stéphane Bouquet : — je peux / — oui (écrit ainsi avec l’absence de majuscules, la barre oblique et les tirets)
Paragraphe « L’apprentissage de l’adieu » : Là, moi, je trouve que ce n’est pas la peine d’ajouter « et d’amatrices » à « une foule d’amateurs » — qui, pour moi, englobe tout le monde sans justement avoir à rajouter des ixes, etc., du particularisme qui, au final, en laisse toujours de côté —, mais, ça, c'est comme tu le sens
Un destin d’effacement annoncé pour une artiste qui a fait ses adieux…
Le Dispariteur, quand j’invente ce mot, en effet en regardant la télé la nuit à Marseille et me disant que je veux faire le contraire, c'est d’abord pour le nom de mon association, il en fallait un, puis du premier spectacle de la Ménagerie (le titre plaisait à Marie-Thérèse) puis, bon, de mon blog qui n’est plus ouvert que comme une archive (ou un brouillon) plutôt que comme une action. (D'ailleurs, Jocelyn Cottencin l’a maintenant presque entièrement mis en pages pour l’éditer — en l’état, sans correction, torrent de boue — en un livre unique d’artiste : quand l’opération sera faite, le blog sera fermé, mais il nous manque un peu d’argent pour ça, ça traîne…)
J’en oublie peut-être. Le dernier paragraphe (intitulé « Phœnix ») est très beau !
J’espère que cette remarque et les retouches qu’elle engendre ne dénaturera pas ce que tu voulais faire (« l’équilibre un peu funambule », que je comprends puisque je le vis encore dans ma vie (mais ma nouvelle vie est courte : 2 ans), qui, un jour, n’aura plus lieu, ira de soi, comme pour Bambi : à un moment elle est devenue madame tout le monde : après le cabaret où elle était encore perçue comme une femme-homme puisque c’était l’attraction de la maison, elle est devenue prof et, malgré sa crainte, n’a jamais été dénoncée, ainsi je deviendrai aide-soignante, je l’espère…)
Je t’embrasse,
Marie-Noëlle

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