H ow can I give advice
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
— Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Mais la tristesse en moi monte comme la mer,
Et laisse, en refluant sur ma lèvre morose
Le souvenir cuisant de son limon amer.
- Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ;
Ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé
Par la griffe et la dent féroce de la femme.
Ne cherchez plus mon coeur ; les bêtes l'ont mangé.
Mon coeur est un palais flétri par la cohue ;
On s'y soûle, on s'y tue, on s'y prend aux cheveux !
- Un parfum nage autour de votre gorge nue !...
Ô Beauté, dur fléau des âmes, tu le veux !
Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes,
Calcine ces lambeaux qu'ont épargnés les bêtes !
Recueillement
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,
Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;
Le Soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
She walks in beauty like the night
La chevelure
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! (synonyme de nonchalance)
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !
La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.
J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :
Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.
Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?
Le cygne
I
Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
L'immense majesté de vos douleurs de veuve,
Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,
A fécondé soudain ma mémoire fertile,
Comme je traversais le nouveau Carrousel.
Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! que le coeur d'un mortel) ;
Je ne vois qu'en esprit, tout ce camp de baraques,
Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques,
Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.
Là s'étalait jadis une ménagerie ;
Là je vis, un matin, à l'heure où sous les cieux
Froids et clairs le travail s'éveille, où la voirie
Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux,
Un cygne qui s'était évadé de sa cage,
Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
Près d'un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec
Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
Et disait, le coeur plein de son beau lac natal :
" Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? "
Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,
Vers le ciel quelquefois, comme l'homme d'Ovide,
Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
Sur son cou convulsif tendant sa tête avide,
Comme s'il adressait des reproches à Dieu !
II
Paris change ! mais rien dans ma mélancolie
N'a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.
Aussi devant ce Louvre une image m'opprime :
Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
Comme les exilés, ridicule et sublime,
Et rongé d'un, désir sans trêve ! et puis à vous,
Andromaque, des bras d'un grand époux tombée,
Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
Auprès d'un tombeau vide en extase courbée ;
Veuve d'Hector, hélas ! et femme d'Hélénus !
Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique,
Piétinant dans la boue, et cherchant, l'oeil hagard,
Les cocotiers absents de la superbe Afrique
Derrière la muraille immense du brouillard ;
A quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
Jamais, jamais ! à ceux qui s'abreuvent de pleurs
Et tètent la douleur comme une bonne louve !
Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !
Ainsi dans la forêt où mon esprit s'exile
Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor !
Je pense aux matelots oubliés dans une île,
Aux captifs, aux vaincus !... à bien d'autres encor !
Tu me parais bien pâle et triste à regarder
Qu'as-tu donc Hippolyte ?
HIPPOLYTE
Je suis bien emmerdé !
…
Mais voici de l’amour la troublante vision
C'est Phèdre au sein gonflé des plus folles passions !
PHÈDRE
Oui, c'est moi, me voici. Tiens, c'est toi Théramène?
Mais que viens-tu faire ici?
THÉRAMÈNE
Je venais, souveraine
Vous redire à nouveau mon récit tant vécu...
PHÈDRE
Ton récit je l'connais, tu peux te l'foutre au cul!
A l'écouter encor' j'en aurais du malaise
Il y a trop longtemps que Théramèn' ta fraise!!!
Hippolyte ! Grands dieux je ne peux plus parler
Et je sens tout mon corps se transir et brûler !
HIPPOLYTE
O désespoir ! O crime ! O détestable race !
PHÈDRE
Par Jupiter, je crois qu'il me trait' de pétasse !
N'as-tu donc rien compris de mes tendres desseins ?
T'as-t-y tâté mes cuiss's, t'as-t-y tâté mes seins ?
Oui, pour te posséder je me sens prête à tout !
Que veux-tu que j'te fasse ? Hein ? je suis à tes genoux...
Que n'ai-je su plus tôt que tu étais sans flamme...
HIPPOLYTE
Certes il eût mieux valu que vous l'sussiez, madame...
PHÈDRE
Mais je n'demande que ça !
HIPPOLYTE
De grâc' relevez-vous ...
PHÈDRE
Voyons tu n'y pens's pas, je n'peux pas fair' ça d'bout!
HIPPOLYTE
N'insistez pas, madam', rien ne peux m'ébranler.
PHÈDRE
Ah, ben, s’il n’aim's pas ça non plus, j’n'ai plus qu'à m’en aller !
HIPPOLYTE
C'est ça, partez, madame, allez vers qui vous aime.
PHÈDRE
Par les breloqu's d'Hercule je resterai quand même !
HIPPOLYTE
Je ne serais pour vous d'aucune utilité
Je ne suis que pudeur et que timidité
PHÈDRE
Mais de quoi tu t’occupes, je f’rai le nécessaire
On n'te demande rien ! t’auras qu’à te laisser faire
HIPPOLYTE
Le marbre auprès de moi est brûlant comme un feu...
PHÈDRE
Oh, mais j’suis pas feignant' sous l'homme et j'travaill'rai pour deux !
HIPPOLYTE
De grâce, apaisez-vous, je me sens mal à l'aise...
PHÉDRE
Viens, pour te ranimer j'te frai Péloponèse !
HIPPOLYTE
Qu'est-ce encor que cela ?
PHÈDRE
Oh, c’est un truc épatant !
Ça s'fait les pieds au mur et l'nez dans du vin blanc !
HIPPOLYTE
Oh, prenez garde, madame, et craignez mon courroux !
PHÈDRE
C'est ça, vas-y Polyte, bats-moi, fous-moi des coups !
HIPPOLYTE
Vous frapper ? Moi, jamais, mon honneur est sans tache.
PHÈDRE
Mais y a pas d'déshonneur, moi j'aim' ça l'amour vache...
Allez, viens, tu s'ras mon p'tit homme et j'te donnerai des sous...
HIPPOLYTE
Ah! Que ne suis-je assis à l'ombre des bambous…
PHÈDRE
Je f’rai le tapin pour toi dans les rues de Trézène
A moins que tu veuilles me mettre en maison à Athènes
HIPPOLYTE
Vous devriez rougir de vos propos infâmes
Vous me faites horreur, ô méprisable femme !
PHÈDRE
Oh, à la fin c'en est trop ! Mais n'as-tu donc rien là ?
HIPPOLYTE
Madame je n'ai point de sentiments si bas.
PHÈDRE
Les feux qui me dévor'nt ne sont pas éphémères...
Hippolyt' je voudrais que tu me rendiss's mère.
HIPPOLYTE
Dieu ! Qu'est-ce que j’entends ? Madame oubliez-vous
Que Thésée est mon père et qu'il est votre époux ?
PHÈDRE
C'qui fait que j'suis ta mer’ et qu’c'est pour ça qu'tu t'tortilles ?
Comm' ça tout s'passera honnêtement en famille.
HIPPOLYTE
Mais si de cet impur et lâche accouplement
Il nous venait un fils, que serait cet enfant ?
PHÈDRE
Puisqu’alors je serais ta maîtresse et ta mère
Ton enfant s’rait ton fils en mêm' temps que ton frère...
HIPPOLYTE
Mais si c'est un' fill’ qu'engendrait votre sein?
PHÈDRE
Eh bien ta mère serait mon gendre et ta soeur mon cousin !
HIPPOLYTE
Madame adieu, je pars !
PHÈDRE
O funèbres alarmes
Mais, voilà donc tout l'effet que t'inspirent mes charmes?
J'attirerai sur toi la colèr’ des dieux
Afin qu'ils te la coupent !
HIPPOLYTE
Quoi, la tête ?
PHÈDRE
Non, bien mieux !
PET-DE-NONNE
Oh, elle respire à peine, elle va s'étouffer...
PHÈDRE
Ben, ça n'est pas étonnant, j'ai c't'Hippolyt' dans l’nez !
Je veux dans le trépas noyer tant d'infamie
Qu'on me donn' du poison pour abréger ma vie !
SINUSITE
Duquel que vous voulez, d'l'ordinaire ou du bon ?
PHÈDRE
Mais du rouge, voyons, du rouquin, du gros, d’celui qui fait des ronds.
Mais qu'est c’ que vous avez tous à m'bigler des prunelles ?
Ecartez-vous de moi ! Allez, toi, viens ici, flanelle !
Exauce un vœu suprêm’ sans trahir ta foi,
Viens trinquer avec moi pour la dernière fois.
HIPPOLYTE
Voici de mon destin la conclusion fatale
PHÈDRE
Allez, tiens, c’est du 12°, bois, c’est moi qui régale !
HIPPOLYTE
A la vôtre, Madame
PHÈDRE
À la tienne érotique sablonneux et casse pas le bol !
Oh, Dieu que ça me brûl', mais c'est du vitriol !
HIPPOLYTE
Divinités du Styx, je succombe, invaincu,
Le désespoir au cœur...
PHÈDRE
Et moi le feu au cul !
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