Monday, July 25, 2011

La Gravitation

« La vision très poétique d’Einstein, c’est de dire que la gravitation, cette force implacable qui nous colle au sol, n’est pas une force, c’est une inclination, enfin, ou une inclinaison. Il dit, selon une très, très belle image, que l’espace est courbe, que l’espace est courbé par la présence de la matière et que les particules suivent les lignes naturelles de la géométrie. Donc c’est un glissement presque sensuel, la gravitation. On se laisse aller. La terre nous attire parce qu’elle est comme une boule de pétanque posée sur, disons, une peau élastique, une membrane élastique. La membrane élastique s’incurve et, si on met une bille sur le bord, elle suit les lignes naturelles de la géométrie et donc suit la déclivité de la pente presque insensiblement. Elle ne peut pas s’empêcher de tomber, en quelque sorte. Donc tomber, ça n’est pas tomber, en fait, c’est suivre, d’une certaine manière, les lignes géométriques. Donc c’est une très belle vision. Mais elle se solde par une singularité… On appelle singularité une intensité. On dit singularité, faudrait dire une intensité. Donc théoriquement si la gravitation est seule – la gravitation, c’est l’attrait de la matière pour la matière – si elle n’est pas contrebalancée, contrecarrée par quoi que ce soit, tout tombe. Tout s’attire et il résulte de cela un point absurde qu’on appelle le trou noir. La relativité seule conduit à une aberration qui est une concentration infinie, une sorte, effectivement, d’objet mathématique qui rassemble toute la masse de l’univers, par exemple. Dans un point. Mais la mécanique quantique dit : le point n’existe pas. Un point, ce n’est pas tout. Nous disons : « Un point, c’est tout. » Elle objecte complètement en raison du principe d’incertitude. Le tremblé. Ce qui est très beau dans la mécanique quantique, c’est cette sorte de tremblé artistique qui fait en sorte que rien ne soit totalement précis. »

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