Friday, July 15, 2011

Place du poète dans la société

Je suis dans le parc et je pense à Romain. Coccinelle, ciel, les mots, encore disponibles, ciel, mots, arbres, soleil, usure, déjà : été – été – été donné – et je pense à Romain, à Jeanne aussi et je suis fatigué, mais je suis dans le parc.

Marie Vachette donne une soirée sur son balcon pour voir le feu d’artifice. Son balcon domine, elle est aux Buttes Chaumont. Donc le feu d’artifice est à vingt-trois heures. On éteint la tour Eiffel qui a l’air d’une allumette grillée et c’est le feu d’artifice qui n’en finit pas. On aperçoit aussi ceux des banlieues. Neuilly ? Levallois ? Et là-bas ? Et là-bas ? Je m’éclipse très vite du balcon parce que j’ai peur qu’il s’effondre : on y est tous. Il y a Hélèna. Quand j’entre, Marie Vachette me dit : « Oh, zut, y a Hélèna. Je suis désolée, j’avais oublié. – Mais, moi, ça va très bien avec Hélèna. Et, elle, elle saura bien le gérer, t’inquiètes. – Bon, tu restes dans cette pièce. » Je vais immédiatement dans l’autre pièce (après avoir posé sur une table une bouteille) et Hélèna est très heureuse de me voir – comme ça, au premier mouvement, c’est la merveilleuse Hélèna. Elle a coupé ses cheveux, ça se voit que c’est tout frais, ça lui va bien. Et elle me dit : « En fait, curieusement, j’suis très contente de te voir. » La glace est brisée, c’est joli. C’est Noël.

(Je rassure très vite Marie Vachette : « Tout va bien avec Hélèna. » Et on va sur le balcon voir le feu d’artifice.)

Là où je suis, où je suis maintenant – et où je vous invite à être, il y a une démonstration de capoeira. Hélèna me dit aussi qu’elle a entendu mon nom à la radio, dans un texte de Pascal Rambert lu par Denis Podalydès. Je vais parler des autres gens de la soirée. Mais on ne peut rien dire sur rien, si on est sérieux. Enfin, sauf les génies. Pierre, par exemple. Il ne me répondait plus, j’avais peur que ce soit parce que j’avais dit qu’il était maintenant avec un pianiste idiot (c’est pas vrai, il est très intelligent). Mais comme il m’a quitté parce que j’avais écrit qu’il était radin et que son ex-femme m’intente un procès parce que j’ai écrit que sa fille avait un ventre gras, je craignais le pire. Mais, non, en fait, ça va… Il est tellement secret, ce Pierre. Je me demande par quel mystère on s’est rencontré. Hier, il y avait une allumée, à la fête, une amie d’Estelle amie de Pierre. Enfin, c’était sympa, une fille qui fait des discours, la vie dans la mort et la mort dans la vie, etc. A un moment, elle me demande ce que je cherche. « Dans la vie ? Je n’sais pas. Et toi ? - Je n’sais pas. – Bon… » Elle porte une bague en « racine de rubis ». La nuit pure, parfaite, liquide, si légère. La lune voilée, nimbée, comme un trou, une perforation.

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