Saturday, June 20, 2015

P rojet pour l'Adami (note d'intention Lyon 4)


Si c’est beau, on s’en tiendra là

THÉÂTRE DU POINT DU JOUR – LYON
Association LE DISPARITEUR – direction artistique YVES-NOËL GENOD



Tout le travail d’Yves-Noël Genod est d’ordre poétique. Il compose des œuvres de l’instant, cousues sur la personne comme la haute couture. Son travail est accueilli par la danse, ce qui le réjouit ! Mais il le situe entre la danse et le théâtre. On a pu dire : « théâtre chorégraphié ». Invité par Gwenaël Morin après qu’il ait vu son spectacle 1er Avril (aux Bouffes du Nord, à Paris, avril 2014), à occuper le théâtre du Point du Jour à partir de la mi-août et jusqu'à fin décembre, sur le principe du « théâtre permanent », Yves-Noël Genod présentera pour la première fois son travail à Lyon.

Yves-Noël Genod a choisi de ne proposer, pendant cette période de quatre mois, qu’un seul spectacle au long cours (comme les voyages), d’une durée probable d’une douzaine d’heures et représenté en sept épisodes — ou sept « tableaux » — et un épilogue. Il s’agira d’une « histoire » où des « personnages » rencontreront des « icônes » (Carmen, Andromaque, Hamlet, Orphée et Eurydice, César et Cléopatre, etc.) ou des poèmes (Baudelaire, Tchekhov, Liszt, Dostoïevski, etc.) L’histoire d’une saison où l'on verra donc des personnages s'aimer, se détester, s'entredéchirer, disparaître, revenir, être avalés par la nuit, par le temps, les décors changer, les espaces se dénaturer, le temps s'inverser, la lumière du jour combattre avec la lumière de la nuit qui est celle de notre nuit intérieure : bref, une saga (comme à la télé).

Ce spectacle sera déployé à partir du 22 septembre, à raison d’un tableau toutes les deux semaines. Chaque élément de l’ensemble sera représenté cinq fois, du mardi au samedi.

Semaine du 22 au 26 septembre, N°1
Semaine du 6 au 10 octobre, N°2
Semaine du 20 au 24 octobre, N°3
Semaine du 3 au 7 novembre, N°4
Semaine du 17 au 21 novembre, N°5
Semaine du 1er au 5 décembre, N°6
Semaine du 15 au 19 décembre, N°7
Semaine du 29 au 31 décembre, Epilogue

Chaque tableau sera répété durant les deux semaines qui précèdent la première, uniquement les matinées et après-midi durant la semaine de l’épisode précédant puis toute la semaine de relâche.

Le travail au théâtre du Point du Jour s’ouvrira par quatre semaines de répétition in situ (du 17 août au 13 septembre) durant lesquelles la trame narrative du spectacle et les enjeux de chaque tableau seront précisés.
Sur l’ensemble de la durée du projet, douze semaines sont consacrées uniquement aux répétitions et sept pour moitié aux répétitions et pour moitié aux représentations.

Dans les spectacles d’Yves-Noel Genod tout le monde est « interprète » (interprète : merveilleuse faculté de donner ce qu’on ne possède pas), logés à même enseigne. Se côtoieront ainsi, sur le plateau, durant les répétitions et les représentations, des danseurs, des comédiens, des circassiens, des créateurs lumière, des artistes du son, des artistes lyriques, des musiciens, des scénographes…
(Notez qu’ici les artistes lyriques et musiciens ont été retirés de la liste des artistes que nous vous demandons d’aider car ils feront l’objet d’une demande spécifique à la Spedidam.)

Son travail reposant sur la spontanéité et l’interaction, Yves-Noël Genod cherche à minimiser ses idées et à ne pas — autant que faire se peut — figer trop vite ses distributions. Il a donc convié des interprètes, dont une partie figure dans la liste associée à ce dossier, à venir travailler pour des périodes plus ou moins longues à la réalisation de cette œuvre en épisodes. Pour chaque tableau, un artiste « central » (au sens de l’inspiration), ayant travaillé en amont une matière spécifique — ou deux ou trois artistes — suffisent souvent à donner l’envoi de la composition chorale ; l’ensemble des autres interprètes trouvant leur place au fur et à mesure. (Se référer au texte d’Isabelle Barbéris (que nous joignons) pour comprendre ce phénomène et l’importance accordée à la « distribution ».)

Yves-Noël Genod a bien sûr fait appel à des artistes fidèles à ses créations mais souhaite rencontrer dans le travail de nouvelles personnes. Rejoignent ainsi des interprètes rencontrés dans le cadre des nombreux stages professionnels qu’il propose chaque année ou issus des rencontres lyonnaises mises en place au printemps à partir des différents lieux d’enseignement artistique de Lyon (Ensatt, conservatoires, etc.)

Cette implantation prolongée à Lyon devrait apporter une visibilité nouvelle au travail de l’association connu principalement à Paris. Ce projet a d’ores et déjà éveillé la curiosité de plusieurs programmateurs connaissant le travail d’Yves-Noël Genod. Un travail de diffusion sera entrepris durant tout l’automne pour en convier de nouveaux à Lyon.

A ce jour, le budget a été construit fixant la rémunération des interprètes sur le minimum de la convention collective Syndeac, engagement minimum que nous avons pris avec les interprètes. En sollicitant l’aide de l’Adami nous espérons pouvoir faire augmenter cette rémunération.

En ce sens nous avons préféré déposer, pour ce dossier, des durées minimales d’embauches (qui dans la majorité des cas seront étendues) car la construction d’un tel projet est très complexe et en cours d’élaboration (et pour ne pas se retrouver, d’avance, en porte-à-faux financièrement).

Nous avons donc choisi parmi une trentaine de personnes qui vont participer à ce projet, douze d’entre elles qui vont y participer sur des durées plus longues (douze comme les douze apôtres). C’est pour elles que nous demandons à l’Adami son aide. (Les autres, mis à part les chanteurs et les musiciens pour lesquels nous nous adressons à la Spedidam, seront malheureusement engagés — faute d’un budget de production assez conséquent — sur des durées plus courtes et donc en deçà de vos possibilités de soutien).
(Propos rassemblés par Clément Séguier-Faucher, pour l’association Le Dispariteur.)


Matière de théâtre

Le projet ? La naissance du théâtre, quoi d’autre ? Je ne sais pas, on devait en parler avec Gwenaël Morin parce qu’il m’a dit, je l'ai noté : « On se rend contemporain de ce qu’on ne peut pas avoir vécu, de l’origine du monde : au théâtre, on arrive à être contemporain de notre propre origine, en fait. » L’origine du « théâtre du monde » (comme appelait Marie Stuart le réel), pour moi, c’est la lumière, dont s'approche la danse et la musique plus que le « verbe ». Tous mes spectacles, fabriqués à partir du noir total de la « boîte noire », sont sous-titrés « son et lumière ». J’en ai même réalisé quelques-uns sans interprètes aucun, mais tous, peuplés ou très peuplés comme ici, parlent de la « présence ». Plutarque le remarque : « L’homme est l’ombre d’un songe ». Une histoire de lumière, toujours. J’aimerais dégager au Point du Jour une luminosité d’automne, une saison en forêt. Je voudrais, s’il y a textes — je ne me l’interdis pas  — qu’on les entende seulement comme des danses, des incarnations, des chaleurs, surtout comme l’avènement d’un état lumineux, l’état de l’apparition, la lucidité de la présence.
Yves-Noël Genod

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