Thursday, January 19, 2023

R êve général


Au Mans, j’aperçois la manif qui longe la Sarthe, perpendiculaire aux rails, elle est lente et longue et colorée… Je ne vais jamais à des manifs (je suis trop névrosé, je ne comprends rien à la politique), mais quand je travaillais avec François Tanguy, il le fallait bien ! C’était obligatoire — et j’aimais bien. Je me souviens, j’aimais bien marcher dans la rue, au milieu de la rue, avec tant de gens joyeux autour de moi. Joyeux car sûrs d’eux-mêmes. Faire partie d’un groupe, d’un mouvement, quelle merveille ! quelle récompense. quelle solution à la dépression. Mais, aujourd'hui, je suis dans un train presque vide qui traverse des forêts et des  marais et j’aime ça, qu’il soit lent et long. C’est le train des pauvres (je peux encore me le payer). Ce qui est étrange, c’est qu’il soit vide et qu’il roule presque silencieux (moins d'annonces dans les haut-parleurs criards) le jour où beaucoup d'autres ont été supprimés, train fantôme en état de marche pour une ou deux familles africaines et quelques filles seules clairsemées. J’ai le temps de penser à la pénibilité de ma vie dans ce train long, libre et lent. Il y a des ciels, il y a ma fatigue et nous sommes ensemble — et nous sommes heureux, nous sommes valeureux  

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