Je me souviens, maintenant, que j’avais lu La Salle de bain, de Jean-Philippe Toussaint, pendant le confinement ! C’est une photo qui me revient. Il faisait si beau, j’étais dans le jardin de mon amie, son petit jardin pour nous un immense paradis. On avait même monté la tente pour y camper. On vivait nu. Il n’y avait pas d’avion dans le ciel, les chantiers arrêtés, les rues silencieuses laissées aux hérissons. Et il y a cette photo, je crois, où j’ai posé La Salle de bain, titre bien visible, en cache-sexe.
Je me souviens d’avoir admiré La Salle de bain, mais je me souviens aussi que je ne m’en souviens pas. Il ne m’est rien resté (il faudrait que je le refeuillette, sans doute). Mais ce nouveau livre de Jean-Philippe Toussaint que je viens de finir — écrit justement pendant le confinement — il faisait beau à Bruxelles aussi — je pense que je ne l’oublierai pas. Je l’ai lu différemment et sans doute aussi que la manière d’écrire de JPT a changé. Je l’ai entendu dire dans un entretien que, dans l’optique de faire ce qu’il voulait, il avait ajouté à son écriture — à sa liberté — des choses fortement déconseillées (par la doxa Robbe-Grillet, par exemple) comme la psychologie. J’ai lu l’an passé sa très belle traduction (écrite au même moment) de la nouvelle de Stefan Zweig, Echecs, et donc, cette année, j’ai lu Echiquier et c’est très beau, très touchant, livre libre, libre de faire ce qu’il veut et non pas contraint de faire ce qu’il veut comme, il me semble, c’était encore le cas de son premier roman remarqué. Envie de tous les lire, les uns après les autres, découverte d’un auteur, cela veut juste dire : d’une personne — et, j’insiste, d’une personne libre, certes très soucieuse de la forme, mais, en tout cas, préoccupée de se donner, à elle et à son public, une « leçon de liberté » comme, moi aussi, je le proposais toujours aux interprètes avec qui je travaillais quand j'étais encore dans le show-biz, c’était alors dans les années 1970, je crois bien
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