P aris, musée du XXIe siècle
Il y avait Thomas Clerc hier soir — et je le note car je sais qu’il écrit en ce moment peut-être mon nom : je lui ai demandé vers la fin, pour retarder encore son départ (en même temps, ce que je préfère ce sont les dernières minutes qui me rappellent toujours la phrase de Duras de la fin de la réception d’India Song : « Ils restèrent à quelques intimes », hier, François-René avait laissé en plus la porte de sortie grande ouverte et il y avait l’air frais, comme d’avril, doux qui m’arrivait dans le cou « comme dans mon enfance », je me suis même demandé en goûtant à ce moment-là l’infinie douceur d’un bonheur de vivre que l’on retient entre ses mains, « Encore un instant, dit-elle », si on n’était pas toujours à la recherche de ses sensations profondes d’enfance et bienheureux ceux qui y parviennent), je lui ai demandé, à Thomas, ce qu’il faisait en ce moment, s’il écrivait et il avait répondu à la cantonade qu’en effet il écrivait ne serait-ce que son journal et que le récit de cette soirée y serait, mais qu’on ne le découvrirait qu’après sa mort dans cinquante ans (quel âge a-t-il ?) (nous étions des gens qui souvent se posaient la question de l’âge : par exemple, Aymen avait dit son âge, 26 ans, bon, nous avions accueilli cette annonce d’un air pincé, mais nous nous étions demandé après leur départ quel âge avait Manuel à la beauté sidérante ; François-René, après avoir inventé son âge réel (qui n’était pas 35 ans, âge auquel je bloque tous les gens que j’aime, moi qui en ai, hélas, déjà 43) disait que c’était mal ce que faisait Séb, d’aller vérifier, « Il ne faut pas faire ça », bon, mais, de toute façon, il l’avait fait et l’âge le plus invraisemblable, celui de Manuel une beauté stupéfiante, il l'avait deviné)
Mais Thomas Clerc se trompait encore sur mon genre. Dans la première édition de son livre, bon, il m'avait affublée de mon DEADNAME, ce qui datait immédiatement le livre (dès sa sortie), mais, après tout, c'était un livre daté parce que, par exemple, nombre de boutiques référencées n'existaient déjà plus, ça allait si vite, la vie (la vie d'une ville), mais dans la version poche qui venait de paraître, j'avais vu qu'il avait certes rectifié mon nom, mais qu'il continuait (pendant quelques lignes) de parler de moi au masculin, je lui avais passé un savon, merde
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