V ive le ciné !
J’aime beaucoup les films de Claude Schmitz (moi qui ne supporte pas le ciné), ce sont des films d’atmosphère inoubliables, de personnages, aussi inoubliables que la célèbre réplique (« Atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? »). Le nouveau, qui s’appelle SAINTE-MARIE-AUX-MINES, je l’ai vu hier en avant-première au MK2 Beaubourg où il est programmé à partir d’aujourd’hui — donc au moins pour une semaine —, j’avais un peu peur parce qu’on a peur quand on a déjà aimé et parce que la bande-annonce me rappelait Bruno Dumont ou Alain Guiraudie, certes pas des références de derrière les fagots, mais, enfin… Le film peut rappeler TWIN PEAKS (dont j’ai commencé à revoir la troisième saison sur Arte) et surtout Jacques Rozier, maître de tous, un Rozier en accéléré, très cut, mais, foin des références, ce n’est pas ce qui compte, mais ce qui compte est assez indéfinissable (et c’est pour ça que je traîne) ; moi, ce qui fait que je suis comme un poisson dans l’eau, c’est que Schmitz filme l’air. Voyez, je ne sais pas dire mieux que cette bêtise, c’est comme s’il filmait l’air, il y a de l’air, l’air est vrai, je ne sais pas par quelle alchimie, quel génie de l’IA, l’air dans l’image semble vrai, dans l’image donc dans le ciné. L’air est aussi vrai que dans un docu (seuls films que je supporte : cinéma du Réel, de la bobine, sinon rien). Et, là, peut-être la référence peut revenir (j’y ai pensé, en tout cas) : James Benning (mon cinéaste préféré). Dans ce film de divertissement, ce buddy movie, mais pas autoritaire, on y respire. Je crois qu’au fond, Schmitz filme un regard, le sien, son âme à lui et c’est aussi mon regard, mon âme. Il y a beaucoup d’avantages à ne rien faire, on devient spectatrice. Et, spectatrice, hiérarchiquement, c’est mieux qu’actrice. En tout cas, c’est de ça dont on manque. Il y a une phrase qui le dit beaucoup mieux que moi : « Tant de mains pour changer le monde, et si peu de regards pour le contempler » (Julien Gracq).

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