L a Misère luxueuse
C’était égal qui je rencontrais, c’était égal même de ne pas rencontrer. Après tout, j’avais rencontré. Je vivais dans le luxe d’une salle d’hôpital sans être vraiment malade (un peu quand même), sans avoir à me plaindre, si je le décidais…
Je ne fais rien, mais je ne devrais pas le dire. Les gens penseraient que je fais plein de choses, que ma vie est passionnante, ils en auraient envie, ils auraient envie de moi. De ma jeunesse, de mon énergie, de mon enthousiasme. Il diraient : « Celle-la, elle est dans le coup ! » « Tout le monde l’aime, tout le monde l’adore ! »
Au lieu de ça, ma vie est passionnante parce qu’il ne s’y passe rien. Je ne vais plus au théâtre, plus au ciné, plus au concert. Quand je suis à la campagne, je ne vais même pas marcher, rien du tout. Je ne prends pas le soleil. Ou la pluie. Je ne vis pas.
Je respire. Un animal. Par défaut.
Mais je lis — et, parfois j’ai l’espoir de lire quelque chose.
C’est fou, je me souviens plus facilement de quand j’étais malheureuse. Ça doit venir des livres que je lis, ils ne sont pas gais. Que voulez-vous ? C’est un peu sacré, les livres, ce n’est pas fait pour s’amuser — en tout cas, pas pour moi. J’essaye de me souvenir de la dernière fois où j’ai lu un livre drôle, oui, il y en a, ils sont rares.
Il faut toujours s’amuser dans la vie. Moi, je suis heureuse (heureuse ou malheureuse, c’est pareil) quand je ne m’amuse pas. Je sais que je l’écris pour en avoir moins peur — et alors ? Bien sûr qu’on a peur d’être toute seule comme ça à la campagne, sans idée, sans rien. Sans possession. Une maison qu’on me prête
« Les quais de Paris me sont trop familiers : ils ne ressemblent qu’un instant aux cités brumeuses de mes rêves. »
Parfois, j’étais triste d’avoir quitter Legrand (pour des raisons personnelles). Ce que j’aimais chez Legrand, c’était les balades dans Paris. J’aimais bien le suivre ; il m’ouvrait Paris comme le sillage d’un bateau, il savait se promener dans Paris, tirer des bords, oui, c’était un plaisir d’être dans son sillage. C’est un Parisien, Legrand, il est né à Montmartre. Il n’est jamais sorti de Paris. Il sait y vivre.
Toutes les maisons en trop
Je jouerai comme dans la vie
Ma vie est douce, je ne dénonce personne
« Disparais un instant, fais place au paysage,
Le jardin sera beau comme avant le déluge
[…]
Laisse l’herbe pousser en dehors de ton songe
Et tu reviendras voir ce qui s’est passé. »
« Qu’on fasse de moi ce que l’on voudra. »
Ma fenêtre donnait sur un puit de lumière
Je voyais à travers la fenêtre de la chambre
voisine, à angle droit un bel homme passer
à poil. J’aurais voulu le saluer, le féliciter pour
sa beauté, son existence, ses attributs, mais
il avait fini pas s’habiller et sortit avant moi.
Comment se fuir ?
« Oh ! je sais, je sais bien que tu aurais préféré
Être compris par le jour que l’on nomme aujourd’hui
À cause de sa franchise et de son air ressemblant
Et par ceux-là qui se disent sur la Terre tes semblables
Parce qu’ils n’ont pour s’exprimer du fond de leurs années-lumière
Que le scintillement d’un cœur
Obscur pour les autres hommes. »
Je voudrais vivre une vie de music-hall parfois encore
Je suis maintenant dans un grand chemin sans issue
Oui, il me reste quelques heures, qu’elles soient à moi !
Il faut bien s’échapper pour retrouver — retrouver quoi ?
J’ai peu d’amour, peu d’instinct, peu d’envergure. Pour
avoir des amis, il faudrait penser comme eux, hors, je
je ne pense pas comme eux
Je ne fais rien, mais je ne devrais pas le dire. Les gens penseraient que je fais plein de choses, que ma vie est passionnante, ils en auraient envie, ils auraient envie de moi. De ma jeunesse, de mon énergie, de mon enthousiasme. Il diraient : « Celle-la, elle est dans le coup ! » « Tout le monde l’aime, tout le monde l’adore ! »
Au lieu de ça, ma vie est passionnante parce qu’il ne s’y passe rien. Je ne vais plus au théâtre, plus au ciné, plus au concert. Quand je suis à la campagne, je ne vais même pas marcher, rien du tout. Je ne prends pas le soleil. Ou la pluie. Je ne vis pas.
Je respire. Un animal. Par défaut.
Mais je lis — et, parfois j’ai l’espoir de lire quelque chose.
C’est fou, je me souviens plus facilement de quand j’étais malheureuse. Ça doit venir des livres que je lis, ils ne sont pas gais. Que voulez-vous ? C’est un peu sacré, les livres, ce n’est pas fait pour s’amuser — en tout cas, pas pour moi. J’essaye de me souvenir de la dernière fois où j’ai lu un livre drôle, oui, il y en a, ils sont rares.
Il faut toujours s’amuser dans la vie. Moi, je suis heureuse (heureuse ou malheureuse, c’est pareil) quand je ne m’amuse pas. Je sais que je l’écris pour en avoir moins peur — et alors ? Bien sûr qu’on a peur d’être toute seule comme ça à la campagne, sans idée, sans rien. Sans possession. Une maison qu’on me prête
« Les quais de Paris me sont trop familiers : ils ne ressemblent qu’un instant aux cités brumeuses de mes rêves. »
Parfois, j’étais triste d’avoir quitter Legrand (pour des raisons personnelles). Ce que j’aimais chez Legrand, c’était les balades dans Paris. J’aimais bien le suivre ; il m’ouvrait Paris comme le sillage d’un bateau, il savait se promener dans Paris, tirer des bords, oui, c’était un plaisir d’être dans son sillage. C’est un Parisien, Legrand, il est né à Montmartre. Il n’est jamais sorti de Paris. Il sait y vivre.
Toutes les maisons en trop
Je jouerai comme dans la vie
Ma vie est douce, je ne dénonce personne
« Disparais un instant, fais place au paysage,
Le jardin sera beau comme avant le déluge
[…]
Laisse l’herbe pousser en dehors de ton songe
Et tu reviendras voir ce qui s’est passé. »
« Qu’on fasse de moi ce que l’on voudra. »
Ma fenêtre donnait sur un puit de lumière
Je voyais à travers la fenêtre de la chambre
voisine, à angle droit un bel homme passer
à poil. J’aurais voulu le saluer, le féliciter pour
sa beauté, son existence, ses attributs, mais
il avait fini pas s’habiller et sortit avant moi.
Comment se fuir ?
« Oh ! je sais, je sais bien que tu aurais préféré
Être compris par le jour que l’on nomme aujourd’hui
À cause de sa franchise et de son air ressemblant
Et par ceux-là qui se disent sur la Terre tes semblables
Parce qu’ils n’ont pour s’exprimer du fond de leurs années-lumière
Que le scintillement d’un cœur
Obscur pour les autres hommes. »
Je voudrais vivre une vie de music-hall parfois encore
Je suis maintenant dans un grand chemin sans issue
Oui, il me reste quelques heures, qu’elles soient à moi !
Il faut bien s’échapper pour retrouver — retrouver quoi ?
J’ai peu d’amour, peu d’instinct, peu d’envergure. Pour
avoir des amis, il faudrait penser comme eux, hors, je
je ne pense pas comme eux
Labels: bretagne

0 Comments:
Post a Comment
<< Home