Friday, April 08, 2011

Ce que j'ai à peu près raconter dans la performance

1. Dieppe
encore le dernier reflux

le galet mort

le demi-tour puis les pas

vers les vieilles lumières


2.
je suis ce cours de sable qui glisse

entre le galet et la dune

la pluie d’été pleut sur ma vie

sur moi ma vie qui me fuit me poursuit

et finira le jour de son commencement
cher instant je te vois

dans ce rideau de brume qui recule

où je n’aurai plus à fouler ces longs seuils mouvants

et vivrai le temps d’une porte

qui s’ouvre et se referme

3.
que ferais-je sans ce monde sans visage sans questions

où être ne dure qu’un instant où chaque instant

verse dans le vide dans l’oubli d’avoir été

sans cette onde où à la fin

corps et ombre ensemble s’engloutissent

que ferais-je sans ce silence gouffre des murmures

haletant furieux vers le secours vers l’amour

sans ce ciel qui s’élève

sur la poussière de ses lests

que ferais-je je ferais comme hier comme aujourd’hui

regardant par mon hublot si je ne suis pas seul

à errer et à virer loin de toute vie

dans un espace pantin

sans voix parmi les voix

enfermées avec moi


4.
je voudrais que mon amour meure

qu’il pleuve sur le cimetière

et les ruelles où je vais

pleurant celle qui crut m’aimer


Alors, écoutez, j’ai rien préparé… (Musique : Mes Hommes) On a travaillé cette performance – très bien – au mois de janvier puis on l’a oubliée. J’étais avec – car je ne suis pas seul –, je vous présente, à la lumière, Nicolas Pigounides et, au son, Guillaume Olmeta, un Grec et un Corse, …Car ils viennent de Tunisie, mes hommes, Marseille, Toulon, le midi, mes hommes ; ils marchent avec insolence, un petit rien dans la hanche, ça ressemble à une danse, mes hommes… Et donc on a très bien travaillé, mais on a fait la bêtise de ne pas enregistrer alors on a tout perdu. Vous savez ce que c’est bien travailler ? C’est se rapprocher de l’oubli. Donc si vous n’utilisez pas de machine, si vous travaillez bien, vous n’avez plus rien. Vous voyez c’que j’veux dire ?

Alors, y avait un brave type, chanteur aussi, un ami qui passait par là, œil extérieur, qui m’a dit : « Tu avais parlé de David Hockney. » Ça m’aide beaucoup ! J’aurais bien aimé savoir ce que je disais sur David Hockney car j’aime beaucoup David Hockney. Beaucoup, beaucoup. Mais enfin, je n’ai plus aucune idée de… Bon.
D’ailleurs, si vous m’demandez… Evidemment, parler des autres… Bon. Ecoutez, j’vais vous faire un autoportrait. Enfin, l’autoportrait de Barbara. N’est-ce pas ? Elle répondait à une interview… (un interview ? je sais plus…) sur les autres, mais c’est un autoportrait qu’elle fait, bien entendu.

Je vais dire, bon, je vais dire… Heu, je vais parler d’certains, ça veut pas dire que j’n’aime pas les autres, mais, par exemple, pour moi (si tu v…) l’homme le plus complet qui soit sur… – d’homme de spectacle – c’est Jacques Brel parce que c’est un homme qui en scène est une chose extraordinaire, qui aussi écrit des chansons extraordinaires, mais c’est un homme de spectacle, c’est – vraiment – un homme de spectacle. Bon. L’homme qui écrit le mieux – c’est monsieur Brassens, mais, si vous voulez, c’est merveilleux, ça nous bouleverse de voir monsieur Brassens chanter en scène, vraiment, ça fait les larmes aux yeux, mais, pour moi, ça n’est pas un spectacle. Bon. Je dis les choses comme ça. Vous m’demandez, je dis.
Un homme de spectacle que je trouve aussi extraordinaire, C’est monsieur Hallyday. Johnny Hallyday. Moi, j’aime beaucoup Johnny Hallyday. Bon. Alors… La femme, pour moi, qui chante le mieux en France, C’est Nana Mouskouri. Heu… Bon, alors. Dites-moi, encore.
(Temps.) Par exemple, j’adore Serge Gainsbourg. J’aime beaucoup Nougaro. Je trouve que, que Françoise Hardy est une femme-fleur. Merveilleuse. Que madame Greco est une femme-fourrure.

Et donc que Barbara finit par être une femme-piano…

Pierre (musique)

C’est une femme qui attend Pierre… Pierre Courcelle.

« Qu’est-ce que c’est qu’le talent, c’est peut-être seulement d’savoir sourire, d’entrer en scène, sourire, je n’sais pas… »

« Et puis c’est l’aventure, ce, ce, ce, ce métier merveilleux, enfin, tu comprends, c’est de, c’est d’refaire chaque seconde, c’est ça. »

« Le métier, pour moi ? Une religion. Une religion d’amour, comme toute religion, enfin, j’veux dire, une religion. Prendre le voile. »

La fille des brumes

La mémoire de l’eau.

Je me souviens Marguerite Duras avait appelé Claude Régy. J'étais là. Et elle lui avait dit : « Tu t'rends compte ? Ils ont découvert ce sur quoi nous travaillons. »

Jacques Benveniste, « Le Monde » du 30 juin 1988 :

Les études que nous présentons montrent l’existence d’un effet de type moléculaire spécifique en l’absence de molécule. La procédure utilisée s’apparente à celle qui ferait agiter dans la Seine au pont Neuf la clé d’une automobile puis recueillir au Havre quelques gouttes d’eau pour faire démarrer la même automobile, et pas une autre. On comprend dès lors les réticences, voire l’agressivité, au nom de la déesse Raison, des adversaires de ce type d’expériences. Oui, parce que ça a été démenti par la suite…

« High dilution » experiments a delusion

A peine
Ma maison

Le Mal de vivre

(Lancement des fleurs.)


Jorge luis Borges : She walks in beauty like the night

« Je ne sais pas – et peu m’importe – dit Jorge Luis Borges – si Byron s’en est avisé. Je pense que si tel était le cas le vers ne serait pas aussi bon. Peut-être, avant de mourir, l’a-t-il en effet compris ou quelqu’un a-t-il attiré son attention sur ce point. »

Barbara raconte une chose sur la laideur. Elle est devenue belle quand les gens l’ont trouvée belle. Ça a mis beaucoup, beaucoup de temps. Un temps où elle était comme empruntée par son physique… Elle lui donnait trop d’importance. Ça l’empêchait d’être entièrement à son affaire. (Les gens la trouvaient laide aussi, ça pose problème.) Et puis, un moment, elle a réussi à dire assez d’elle, à révéler son âme qu’elle avait belle, – vous savez, y a des mots comme ça, c’est des mots-clé – le mot « âme » par quoi voulez-vous le remplacer ? – elle en a dit assez pour que le public la trouve belle. Elle dit que le public l’a accouchée. Littéralement. Il l’a accouchée. Il l’a mise au monde. Qu’il lui a donné son naturel. (C’est important pour quelqu’un sur un plateau, le naturel.) A partir de ce moment, son physique n’a plus été un problème. Isabelle Adjani a dit un peu similairement qu’elle avait senti, à un moment, qu’elle pouvait choisir soit d’être belle, soit d’être laide. C’est de la relativité de la scène dont je vous parle – et de la vie. Car la vie est toujours mouvance. On peut le regretter. Le regretter s’appelle le désespoir. Mais la vie et l’amour de la vie, c’est une arche. Une arche de Noé où on est tous embarqués… Voyez… C’est ce que Edouard Glissant appelait le Tout-monde. Hein ? On est tous embarqués. Dans l’amour de la vie. Edouard Glissant, aussi, faut dire, le nom parfait… Jeanne Balibar qui a aussi un nom très beau – enfin, moi, j’l’appelle Balibar-tabac – Duras, on l’appelait Durasoir, ça l’amusait beaucoup – Jeanne Balibar donc chantait dans notre spectacle de Bruxelles de la semaine dernière – c’est vraiment le beau spectacle que vous avez loupé, hein… – vous auriez fait des économies, en fait, en venant, car ça vous aurait dissuadé d’en voir d’autres pendant un bon moment – j’ai un ami, François Stemmer, qui a vu le spectacle de Jan Fabre au théâtre de la Ville après – c’est bien, Jan Fabre, pourtant, eh bien, il m’a dit qu’il arrivait pas à rentrer dedans, il était encore avec nous à Bruxelles, voyez. Ça m’a touché et j’comprends très bien ! – Y a que les programmateurs qui comprennent pas trop. Ou qui font semblant de pas comprendre – ils viennent même plus – comme ça, ils risquent rien, ils risquent pas de vider leur programmation pour ne laisser qu’un seul spectacle, voyez. C’était Christoph Marthaler qui disait ça, l’année dernière, à Avignon : il était artiste associé et on lui demandait, dans un débat, s’il avait participé à la programmation. Il a répondu non, qu’il n’y était pour rien, parce que s’il était intervenu sur la programmation, y aurait pas eu de programmation – Jeanne Balibarbara chantait donc dans notre spectacle de Bruxelles intitulé 1er avril une chanson qu’elle avait traduite de Caetano Veloso qui disait : « Naviguer, c’est précis, mais vivre, c’est pas précis… » Oui, toujours l’arche de l’amour, voyez. De l’amour de la vie. Et Barbara habitait Précy, justement, un village de Seine-et-Marne qui s’appelle Précy-sur-Marne (justement). Et j’vais faire comme Michel Houellebecq fait dans son dernier livre, je vais vous lire un extrait de la notice de Wikipédia de Précy-sur-Marne…

Le refuge de Barbara, c'était sa maison de Précy. Elle s'y était cachée deux années entières, sans répondre au téléphone, sans écrire une chanson. Elle y vivait seule. C'est fin 1972 que des amis de Barbara découvrent une maison à vendre à Précy-sur-Marne. Le propriétaire, un décorateur, désire s'en séparer. Barbara la visite : elle est sous le charme et décide de l'acheter. (C’est un peu moins bien écrit par là. Si Michel Houellebecq avait utilisé cette note, je pense qu’il l’aurait réécrite par endroit.) Elle s'y installe au début de 1973 avec son piano.
Les volets donnant sur les deux rues resteront toujours fermés. Les pièces sont toutes tournées vers le jardin intérieur.
(J’ai fait un spectacle à Avignon qui s’appelait Le Parc intérieur, je vous l’rappelle, hein ?) Elle transforme la grange en petit théâtre. Elle appellera cette pièce : La grange au loup. Elle installe une scène, un piano noir, le matériel de répétitions, les haut-parleurs, les magnétophones et son rocking chair. (Rocking chair, toujours le bateau, le balancement, toujours l’arche, l’arche de la vie, de l’amour de la vie.) C'est dans cette pièce qu'elle répète chaque spectacle avec ses musiciens. (Ses « hommes ».) Elle va y vivre presque cloîtrée. Elle sortira rarement dans les rues du village. Tous les Noëls, elle offre des cadeaux aux enfants du village. De temps en temps, elle est en contact avec le maire, Yves Duteil. Elle ne partage pas les idées politiques du maire (sans étiquette) mais elle tient à participer discrètement à la vie du village.

Bon, alors, là, on tombe un peu bas – bon, ce détail aurait plu à Michel Houellebeq, évidemment, mais, moi, Yves Duteil, maire de droite du village où vit Barbara, de gauche, ça n'le fait pas ! Faut pas trop en savoir sur les gens, parce qu’on tombe vite dans du kitsch. Enfin, bon, la société est kitsch (comme on s’en aperçoit bien assez en ce moment). Moi, je dois dire, j’ai jamais supporter Yves Duteil. J’ai supporté Brassens, mais je n’ai pas supporté Yves Duteil, dès le début…

Seule

Je me demande ce que penserait Philippe Katerine de ce spectacle, enfin, de cette performance, c’qu’on fait là. Il m’aime beaucoup (comme il le dit même dans l’une de ses dernières chansons), il aime mes spectacles, mais Jeanne m’avait dit qu’il détestait Barbara… C’est pour ça que j’aurais bien aimé avoir son avis, sur c’coup-ci…

Bien sûr, moi aussi, comme tant d’autres, j’avais fait le pèlerinage à Précy… La rue de Verdun, le canal, les volets fermés… Les peupliers près du canal… A l’époque (donc de mon adolescence, fin des années 80), je faisais aussi le pèlerinage de Trouville, l’hôtel des Roches noires, les sables découverts, les pétroliers d’Antifer, les collines d’argile, les tennis déserts, le ravissement de Lol V. Stein… J’y allais toutes les semaines un été – et, chaque fois, tous les dimanches, j’apercevais Marguerite Duras qui regardait la mer depuis ce hall de l’hôtel des Roches noires. Je ne l’abordais pas, je me baignais, je profitais du soleil et des gens heureux autour de moi. Moi, j’étais seul. Mais apercevoir Duras comme ça et me baigner comme dans son œuvre me suffisait, n’est-ce pas, comme « vision du monde », si vous voulez, je revenais full of energy. A l’époque je travaillais aussi avec Claude Régy, bien entendu… Il y a une phrase de Colette qui avait plu à Marguerite Duras quand je la lui avait dite. Elle détestait Colette, mais, les lettres, je lui disais, c’est ce qu’il y a de plus beau chez Colette – et de loin ! Si vous connaissez pas Colette, lisez les lettres, ne lisez que ça, c’est incomparable, les recueils de lettres de Colette sont ses vrais romans, en fait. C'est écrit comme ça, sans retouche – et, une fois, donc, dans une lettre, elle demande à Marcel Proust s’il ne va pas publier un livre avant l’été (un nouvelle épisode de La recherche du temps perdu…) Elle lui dit qu’elle aimerait bien avoir un livre de lui pour ses vacances. Elle lui dit : « Ça et la mer, quel bain ! » Le poème de la mer… Et Marguerite avait ri au soleil et dans l’air frais marin…

Sables mouvants

Mon psy dit : Pour vivre cachés, vivons heureux… Oui. (Vous savez, la formule : Pour vivre heureux, vivons cachés…)

Vous savez, je ne sais plus qui a dit (parce que souvent je note des citations, mais pas leurs auteurs – car il n’y en a pas, en fait, d’auteur, n’est-ce pas), je ne sais donc plus qui a dit : « Nous sommes tous des secrets en activité. »

« Conserver son secret par-devers soi est une agression contre soi et contre les autres, quoi d’autre a-t-on à partager ? Il faut le divulguer si on veut entrer de plain-pied dans la communauté des humains, quoi d’autre a-t-on à offrir ? Mais, pour le donner, encore faut-il le connaître. Comment le circonscrire et comment l’étendre ? » Je n’sais plus qui a écrit ça, Hervé Guibert, peut-être…

Barbara, c’est ça, c’est une femme qui, à un moment, ça a mis le temps, a compris comment elle pouvait divulguer son secret… Elle a compris qu’elle avait un secret et qu’elle pouvait le divulguer…

« L'art est comme la prière, une main tendue dans l'obscurité qui veut saisir une part de grâce pour se muer en une main qui donne. » Ça, c’est un autre romantique qui l’a dit, c’est Franz Kafka... Est-ce que je dois répéter les phrases comme fait Fabrice Luchini ? Il répète tout au moins une fois. Allez, celle-ci, je la répète. « L'art est comme la prière, une main tendue dans l'obscurité qui veut saisir une part de grâce pour se muer en une main qui donne. »

Vous savez, le vrai spectacle incroyable qu’il fallait voir, c’est pas celui-ci, j’suis désolé. C’était celui de Bruxelles de la semaine dernière intitulé 1er avril (jour des fous). C’était ça, le vrai amour, y avait un casting de rêve, par exemple… Et puis, c’est fini, maintenant vous n’aurez plus que des spectacles comme ce soir, c’est-à-dire ni fait ni à faire parce qu’on ne me donne plus d’argent. On ne m’en a jamais donné beaucoup, mais, là, on ne m’en donne plus du tout. Du coup, je vais être obligé de tout faire moi-même comme Nicolas Sarkozy – et c’est la fin de la démocratie ! Je vous le dis, chers spectateurs, parce que vous pourriez vous révolter, vous pourriez avoir votre mot à dire… J’attends un sursaut des peuples – c’est le seul espoir… Parce que, si on compte sur les programmateurs, c’est mort. Je voudrais vous présenter un bout de ce casting de rêve à Bruxelles et pas des moindres : Jeanne Balibar, Felix M. Ott et Marlène Saldana sont là ce soir ! Où sont-ils ? Par là... Il y a aussi Thomas Scimeca qui n’était pas à Bruxelles, mais qui est là aussi, ce soir. Les acteurs avec qui je travaille viennent me voir, ça qui est incroyable !

La Louve

Les loups devenus chiens, vous savez, il paraît que ça a mis cinq cents ans (c’est pas beaucoup finalement)… C’est-à-dire il y a eu un moment – ça, je ne le sais pas, je n'étais pas là évidemment, mais je l'ai lu – où les hommes se sont entendus avec les loups. Ça a été un moment très important parce que c’est le moment où les hommes ont pu enfin dormir parce que les loups avaient pris le relais, les loups gardaient le campement, la nuit – je comprends très bien l’importance de ce changement car, moi, je ne dors pas beaucoup, j’ai des insomnies –, y avait une entente comme ça… Probablement que des femmes ont allaitées des loups à cette époque (puisque ça, ça se fait toujours, ça…)

Marienbad

Je vais vous lire une page de M.D., le très beau livre de Yann Andréa sur Duras, une page prise au hasard, on ne va pas tout lire.

Lecture de la page 81

Je peux continuer, c’est absolument sublime, c’est le moment où elle est en cure de désintoxication, vous savez…
Oh, j’en lis une page de plus… Je la vois tellement, si vous saviez… Barbet Shroeder… On a tourné un film avec Jeanne (Balibar) à Deauville en quelques jours et Barbet Schroeder était là et il m’a dit qu’il pensait tous les jours à Marguerite Duras et il s’est repris et il a dit : « Non… tous les trois jours… »

Lecture de la page 82

Marguerite Duras avait écrit un poème dans cette clinique où un enfant venait de naître – et où elle était, elle, pour désintoxication… C’est très curieux que les choses de la vie soient ensemble. Ma cousine qui se faisait traiter pour un cancer dans le même hôpital où elle avait accouché quelques années auparavant, à Brest – Rappelle-toi, Barbara – et elle entendait, juste derrière le paravent, les familles en visite s’extasier sur les nouveaux-nés, elle à l’article de la mort…

Vivant poème

Fin






Vous savez la blondeur, ça existe chez Barbara, c’était Depardieu. Gérard Depardieu qui jouait un assassin blond dans Lily Passion, un assassin qui suivait la chanteuse comme son ombre avec cette inversion baroque : c’est l’ombre qui est dorée/blonde, alors que la noirceur (la brune chanteuse) est dans la lumière…

Labels:

0 Comments:

Post a Comment

<< Home