Sunday, June 17, 2012

Général désarmé



C’est un jeu, un jeu d’esprit : inventer un spectacle à la perfection. Alors bien sûr, il faut : Clarté de la pensée. Pas d’erreur, la grâce, la Callas. Pas tricher, la grâce sinon rien. On est aidé. Dieu pour tous. Bessette. On est aidé. On balaye ce qui veut s’immiscer, la connerie. Non, non, pas la peine. Pas la peine. C’est un beau jour d’été, rien ne viendra troubler notre été. La connerie, elle est royale, elle est massive. Rien à foutre. Nous, notre arme, c’est la légèreté. Assez pour être condamné. Comme disait Bessette. « Ma légèreté / Cela suffit / Pour être condamnée / A mort / Par mon ennemi / Par mon partenaire » C’est effrayant, mais c’est comme ça. Condamnés à la joie, condamnés à la vie, condamnés à la grâce – et attaqués, en plus.

« Les chevaux brillants des mots nous accompagnent dans le temps d’été. »

Aujourd’hui, Claude Degliame et Jean-Michel Rabeux étaient là. Et, au début, dans l’introduction au spectacle, j’ai cité, comme je le fais souvent, en fait, c’est tiré au hasard, Peter Handke : « Vois le miracle et oublie-le. » Et j’ai croisé à ce moment-là le regard de Claude Degliame : c’était elle qui le disait dans le spectacle de Claude Régy, la mise en scène de Par les villages ! quelle émotion, oui, c’était toi, Claude, qui disait ça du haut de ton échelle par-dessus le mur du cimetière, « Vois le miracle et oublie-le. Tu dois voir le miracle – et l’oublier aussitôt. », ce que je dis maintenant, conseil aux spectateurs.

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2 Comments:

Blogger C. said...

Oui, Claude Degliame jouait Nova! Je regrette de n'être pas née à ce moment là. Cette phrase est initialement dite par la Vieille Femme (jouée par Muni à la création en France par Régy) mais en fait tu ne trompes pas, puisque Nova, dans cet illustre monologue final qui pourrait être le négatif parlant de ton spectacle, reprend cette phrase de la vieille femme: (Voyez le miracle et oubliez le.)

Quelques extraits choisis (à peine) au hasard:
Oui, s'incliner devant une fleur, c'est possible. / Le papillon jaune est le coeur du bleu du ciel. / Ici, c'est le contraire d'un hôpital et ce qui de loin semblait la tête menaçante de la mort se révèle en approchant un jeu d'enfant. / La force a sa demeure dans le visage de l'autre. / Ceux qui aiment, seuls transmettent: aimer une chose - suffit pour tout. / Marchez jusqu'à voir les détails, jusqu'à distinguer dans l'embrouillamini les lignes de fuite; marchez si lentement que le monde vous appartienne à nouveau, si lentement qu'on voie bien combien il ne vous appartient pas. / Inventez sans cesse l'énigme: et déchiffrez-là, éclaircissez la seule énigme: nous réveiller le matin et aller nous reposer le soir. / Faire semblant est une force./ Jouez le jeu - mais qu'il ait de l'âme. / Vous pleurez, ça pleure - vous riez, ça rit. / Voyez danser les pulsations du soleil et fiez vous à votre coeur qui bout. (...)

pensées, c.

4:12 PM  
Blogger Yves-Noël Genod, le dispariteur said...

Merci !

6:13 AM  

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