Friday, December 28, 2018

J ankélévitch


Cher Yves-Noël, es-tu à Paris ce vendredi ? Je t'embrasse, Laurent
— Oui, YN
— Aurais-tu une place pour coucher chez toi ? J'essaye de trouver qqch. Mais au cas où ? Je t'embrasse, Laurent 
— Oh, chaton ! Alors je pense que tu vas trouver qqch : bien sûr, en cas de grande misère, d'attentat, etc., je peux t'héberger, mais j'habite un taudis (du genre des immeubles qui se sont écroulés à Marseille). En gros, c'est une seule pièce avec un seul matelas au sol et pas de douche, il y a des années que personne n'est venu. J'avais un amant italien, mais ça remonte à quinze ans, qui aimait bien aller dans les backrooms, mais, dormir chez moi, ça l'avait dégoûté, il avait pris un hôtel (pourtant il était radin) : pour te dire que je crains que ça ne soit pas ton style (c'est à peine le mien...) Un autre amant, mais lui c'était plus un amour, quand je m'excusais penaud de le recevoir dans des conditions pareilles m'avait dit : « Je suis tout terrain », YN (il y a un nouvel hôtel refait par Stark rue du Roi de Sicile, un 5* dans un immeuble Art déco, je l'ai lu dans « Le Parisien » ce matin, ça vient d'ouvrir, ils disent que le taux de remplissage est pour le moment à 25 %)
— Tu es mignon. Du taudis au 5*. On prend un verre quand même ?
— Volontiers !
— Je te reconfirme. On déjeune ensemble demain midi ?
— Volontiers. Je dois partir pour le réveillon, mais je n'ai pas de nouvelles, alors ça doit être bon pour demain ! Tu dors pas avec moi, alors ?
— Tu m'as trop fait peur avec tes descriptions funestes
— Ah, ça, je sais faire peur aux homos, moi...
— Tu t'en réjouis
— Non, c'est du cynisme 
— On peut se réjouir pour ne pas dire jouir du cynisme
— Vui, je sais bien (je suis en train de lire L'Ironie de Jankélévitch)
—Marrant, je lis de lui La Musique et l'Ineffable en ce moment. Monsieur très érudit
— Vui. Et puis je l'imitais dans le Baudelaire, il me touche 
— Oui 

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