Thursday, January 19, 2023

Merci, Sylvain, pour cette soirée d’hier ! une des plus belles fêtes (de théâtre) qu’il me soit jamais arrivé de vivre, ça remonte donc à mon adolescence. Plaisir infini qui s’ouvre et s’ouvre, éblouissement vivant, surnaturel rendu naturel. Émerveillement devant le luxe de tous tes acteurs (actrices), poissons dans une eau tumultueuse (indélébile Karamazov) — y compris bien sûr ton Ivan : figure-toi que ça ne me paraissait pas concevable que tu sois sur le plateau, alors j’ai pensé : cet acteur sublime arrive, en plus, à évoquer le metteur en scène, à amener une ressemblance (au théâtre, on est toujours sûr que tout est joué). Bref, soit on en parle durant des heures et pendant des années — et c’est exactement ce que tu as fait hier —, soit, pour ma part et dans l’immédiat, c’est seulement : CHAPEAU BAS ! Remercie encore Elodie de m’avoir repêché dans le hall d’entrée ! Sans elle, je serais peut-être passé à côté de mon destin (j’étais loin sur la liste d’attente), Yves-Noël

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Sunday, December 04, 2022

D ans l'éclatement de l'univers que nous éprouvons, prodige ! les morceaux qui s'abattent sont vivants


Bonjour Loïc, j’ai vu Jennifer très en forme après le spectacle sublime de Trajal Harrell. Elle vit à Stockholm maintenant, elle est prof. On a beaucoup parlé de Morceau (à Alexandre Roccoli qui ne l’avait pas vu). Elle se souvient de beaucoup de choses. Tout revenait comme avant. Je lui ai dit que j’allais te proposer d’essayer de le reprendre, qu’il fallait en parler. Refaire Morceau. Elle a dit (j’ai recopié) : « Sans répéter. Trouver les vieux consignes et se rencontrer sur scène. Répéter, c’est niet ! » 

Elle parle toujours aussi mal français que quand on se moquait d’elle. Bref, elle est intacte. Et, de ces consignes, justement, elle se souvient de beaucoup. Elle se souvient par exemple de : « Comment c’est possible de ne pas construire quelque chose ». « Comme un cadavre exquis ? » a demandé Roccoli — et c’est vrai que ça fonctionnait pas mal comme un cadavre exquis. Etc. 
Bon, et puis si on ne reprend pas Morceau, je t’annonce de toute façon solennellement que je cherche du travail. Si tu as une idée… Comme tu sais sans doute, je viens de faire mes adieux (trois compte-rendus ci-dessous, Thibaudat, Beauvallet, Lasserre). Je me sens libre pour du nouveau, enfin du nouveau, déchargé d’un cycle, relancé finalement, prêt à tout.
T'embrasse, 
Yves-Noël 


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Merci, Gérard ! Le spectacle de Trajal est tout simplement l'un des plus beaux spectacles que j’ai vu de ma vie. (J’apprends avec grand plaisir que vous reprogrammerez Trajal l’an prochain.) Comme tombé du ciel. Dieu sait si j’en ai vu, des belles choses, des Pina Bausch, des William Forsythe, mais, là, c’est encore (pour moi) un nouveau territoire de la beauté, une nouvelle marque. Evidemment ce qu'il se passe quand on voit qqch qui dépasse tout le reste, c’est que j’aurais voulu ne plus voir que ça, y retourner tous les soirs. Mais j’avais des places pour d’autres spectacles (tous du festival d’Automne d’ailleurs) et encore demain.

Je constate que je ne pourrais pas être critique de théâtre : je n’ai pas l’enthousiasme de ceux qui aiment tous les jours quelque chose… Je ne veux aimer qu’une chose. Et cette chose, c’est Trajal.

Amitiés, 

Yves-Noël

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Friday, December 02, 2022

A nimaux de scène


Quelle émerveillement ! — je te disais — de te retrouver — et de te découvrir — dans la munificence de ce spectacle, une des choses les plus belles que j’ai jamais vue et surtout d’une beauté nouvelle, tout à fait inconnue, un nouveau territoire (pour moi, en tout cas), pas Pina Bausch, pas William Forsythe, non, a new brand. J’ai découvert Trajal seulement avec son solo (´Dancer Of The Year’) last year — que j’ai vu immédiatement plusieurs fois et, maintenant, j’enrage de m’être engagé ailleurs et de ne pouvoir revoir ce soir et demain ce qui me paraît si inouï, si inimaginable, invisible comme un rêve, ce dont je voudrais avoir la preuve encore… Trajal dit dans le programme  qu’il recherche des « bêtes de scène », des « poneys de spectacle » : quelle merveille de te découvrir ! Dans ce rêve, tu es le rêve du rêve ! Tant de dons, tant de réussite, tant de liberté ! Comme je te disais, plus encore que ta splendeur et la splendeur de ta danse, c’est ta présence qui m’a sidéré — comme si le théâtre était à peine assez vaste pour toi, comme s’il était ajusté comme une robe à tes épaules. Bref, tu es mon idole, ma divinité (pour rester simple car nous savons rester simple) et je te souhaite, cher Thibault, tout le bonheur et tout l’or du monde — bonheur et or que tu n’as déjà reçu qu’en trop plein (que tu puises dans ton lac profond certainement !) puisque tu les dispenses, les dilapides si prodigieusement lors de cette soirée de bienfaisance, cette soirée de consolation suprême dans laquelle, pauvre bougre, ton serviteur, a eu l’opportunité — par on ne sait quelle erreur de casting ou incroyable miracle — d’être invité justement la semaine où il avait décidé de faire ses adieux, chapeau très bas, mon très-haut ! Tu es mon renouveau !
Si ce n’est pas une lettre d’amour, ça ! mais que faire d’autre ? je suis fan… Danse bien ta vie que tu sais si bien transmettre !

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Friday, September 16, 2022

Salut beauté ! Je t’ai adoré dans Mes Parents hier soir et j’avais envie de te le dire comme ça parce que je remarque un phénomène intéressant : tu n’étais pas là (ta voix quand même), ton rôle donc très bien tenu par un remplaçant et pourtant, en m’endormant, je me suis aperçu que je t’avais rencontré et même « vu » finalement puisque ça me restait, peut-être ce qui me restait le plus. C’est très beau, ce spectacle, et ce que vous y mettez, très très onirique…

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Monday, June 07, 2021

L 'Oiseau


Sinon (si t'es reposé), je peux t'emmener voir l'expo de Perramant, j'y retourne mardi aprèm


Ho oui avec plaisir (mais elles ne me laissent que peu de repos)


Baise-les le matin, qu'est-ce que tu veux queue je te dise, et fais-toi payer, mon oiseau 


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Monday, April 19, 2021

W ho Is Your Philo Friend?


Etienne est un ami que j’aime beaucoup, très occupé à baiser (il plaît énormément), mais qui me dit que l’amitié, pour lui, est supérieure à l’amour. Ça me va très bien. C’est un prof de philo dans un lycée de Picardie, mais, depuis cette année, il a décidé de réduire son travail et son salaire de moitié. Il travaille la moitié de l’année et l’autre moitié est libre. Il habite depuis deux ans dans un appartement que lui prête un autre prof de philo plus âgé qui, lui, est de plus en plus souvent en Corse et cet appartement est positivement merveilleux, un duplex avec une vue imprenable (photo) sur le Nord de Paris, adossé à l’arrière de Montmartre — et donc j’aime y aller en journée pour lire (quand la place n’est pas déjà occupée), c’est mieux que ma chambre de bonne… Politiquement, c’est un anarchiste…

YN


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Thursday, November 05, 2020

L e Cerf


Mais on a le droit ? A cinq mètres ? Je n’ai pas encore compris comment ça marche… Je suis cloîtré à l’Opéra Comique (forteresse), pour une participation dans la mise en scène de Jeanne Candel (genre : elle avait déguisé un chien en cerf, mais ça n’a pas marché, le chien aboyait et a mordu, pardon, mordillé un des choristes (ils sont douillets), donc renvoyé ! le vilain chien pas assez bien dressé ! et, au filage du soir, en pleine nuit, sans préparation, elle m’a lâché sur la minuscule scène encombrée d’un labyrinthe déguisé à mon tour en cerf et poursuivi par une vingtaine de choristes enragés par la COVID avec des carabines et la musique ultra forte (sans compter les phares des projecteurs), j’ai cru positivement avoir une attaque… j’ai compris ce que pouvait ressentir un cerf, en tout cas…) Ils font tous les tests toutes les cinq minutes, dans ce palais-grotte, mais comme ce n’est pas obligatoire-obligatoire et tant que ça ne l’est pas, je résiste et je ne l’ai pas passé… Tout ça jusqu’au 14. On se voit après ?

YN



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Wednesday, September 16, 2020

C arnac


Je sais, mon petit sucre d'orge, je l'ai déjà mis sur mon Facebook.

Et quand tu auras fini de me faire la gueule, ça me fera plaisir qu'on se cause de chats et de riens, de l'âge et du temps qui passe et de la mort qui finit par tout effacer.

xox

Denise


Je te fais pas du tout la gueule, ma chère Denise ! Mais tu es dans une grande capitale étrangère (vu d’ici). Sinon on en prendrait des cafés !

Amuse-toi bien, 

Yves-Noël


Ah, que je suis soulagée !

Présentement je suis chez ma mère, dans la proche banlieue niçoise où la pollution est pire que dans ma grande capitale étrangère.

C'est où, l'ici d'où tu vois ?

Ciaaaaaaaaaaooooooooo

D


Ah bon, Nice, c’est pollué ? Damned ! 

Je suis à Paris (pour travailler avec… Boris ! s’ils me laissent entrer, il fallait faire le test, je l’ai pas fait…)

Et puis pour commencer ce projet pour le Carreau…

Mais j’ai vu la mer avant-hier et les alignements de Carnac !

Bises, 

YN


Nice, je sais pas, mais Saint-Laurent-du-Var, oui, si j'en crois mes yeux larmoyants, ma gorge enrouée et l'appli Plume Labs.

Et Boris ? Charmatz ?  

Si j'étais à Paris, je viendrais au Carreau, masquée et tout. Tu serais mon Jérôme Bel, je serais ta Michèle Bargues. Gratos, tu ne pourrais pas dire non !

La mer, je n'y vais pas ici et les seuls alignements proches sont ceux de Cap 3000, le centre commercial que toute la Côte leur enviait déjà en 1979.

D


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Sunday, June 07, 2020

L e Rendez-vous manqué


Je bois un café à 10h30 pile sur la terrasse du petit café face à l’Olive, sache-le. Après, je reprendrai mon train

Sache-le : JE TE DÉSIRE COMME UN FOU. Mais, sache-le aussi,  je suis au désespoir et en exil à Lausanne comme Coco Chanel (j'ai fait des conneries pendant la guerre... (mais mon cul est international...)), YN

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Sunday, March 01, 2020

J'ai un truc très important que j'ai oublié de dire à Parker (mais c'est personnel, je ne peux pas te le confier), peux-tu être assez gentil pour lui proposer de ma part de venir me rejoindre à la Station ? Et viens aussi...
Oui, je lui dis
C'est Parker comment ? que je recherche des photos de lui ? Tu sais comment Dominique m'a grillé à vie (probablement) auprès de Haider Ackermann ?  C'était dans un restaurant très bruyant, elle m'a dit : « Je vais te présenter », on est allé vers lui (moi, je lui disais : « Non, non... ») et elle s'est approchée très près de son oreille pour dire : « Je voudrais te présenter quelqu'un qui est absolument fan de ton travail (sous entendu : homo comme toi), il ne me parle que de toi, etc. ». J'ai pas trop saisi et j'ai renchéri timidement (respectueusement) : « J'ai hâte de découvrir votre travail dont Dominique m'a beaucoup parlé ». Il a pardonné à Dominique, mais il a pensé que je me foutais de sa gueule. Irrattrapable

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Wednesday, February 26, 2020

H ier


Ça nous a beaucoup plu, le spectacle de Phia Ménard, hier, chez vous, bravo ! Très surprenant, très fort avec le lieu, ce réel toujours plein de fiction, aux Bouffes, mais le lieu laissé intact comme j’aime, intouché, et la force de cette action réelle qu’a imaginée Phia ; c’est très fort, très dramatique aussi sous son dehors contemplatif, il y a un suspense hitchcockien, curieusement, on est vraiment collé comme des enfants (en tout cas, moi) à la construction de cette maison, très profond, très profond dans l’enfance…
Merci, 
Yves-Noël

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Thursday, February 06, 2020

P orte Saint-Martin


Bonjour Olivier, 
J’espère que tu vas bien, aujourd’hui je ne te parle pas de moi (non pas que je t’assaille de demandes, n’est-ce pas ?), mais du spectacle de Charlotte Lévy avec Jean-Quentin Châtelain sur un texte sublime de Gainsbourg, Evguénie Sokolov, actuellement joué à 19h au Petit Saint-Martin. J’ai trouvé ça somptueux le soir où je suis venu (mais Jane Birkin a aussi beaucoup aimé et c’était un autre soir). Jean-Quentin est dans un état plastique extraordinaire, surnaturel et simple à la fois, il invente ce texte, il écrit ce texte qui parle de peinture. Il est comme s’il se sculptait lui-même, lui-même à l’état de glaise et d’amour (la définition de l’être humain). Il regarde le public dans les yeux. Les lumières sont sublimes (Eric Soyer). Ce spectacle pourrait vous intéresser pour un 19h aux Bouffes.
Amitiés, 
Yves-Noël

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Merci pour Meschonnic (que je lisais quand Claude Régy l’avait monté) ; c’est très beau, en effet, je vais le transmettre à mes étudiants de Rennes. Et merci de ces nouvelles que tu me donnes pudiquement au moment où ‘le soleil revient’. Je t’embrasse, 
Yves-Noël

Mais le temps pour RIEN. On voudrait voir les gens, on ne peut pas, on voudrait lire, on ne peut pas, on voudrait travailler, on ne peut pas. Toujours courir, toujours être des absorbeurs et des diffuseurs de data. Mais je me suis inscrit à une soirée demain vendredi (de minuit à 7h), ça s’appelle Schwebestaub (« poussière qui vole »), c’est dans un beau lieu, c’est queer m’a-t-on dit — est-ce que ça veut dire qu’ils ne laissent pas entrer les filles ? je ne sais pas. Je vais essayer ce soir aussi L’Œil (33, rue des Petits-Champs), c’est soirée cabaret le jeudi soir de 20h à 2h— et, ça, j’imagine, les filles entrent…
Au plaisir, 
Yves-No

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Sunday, December 15, 2019

G reco ferme à 20h


Contrairement à ta Louise qui dit qu'elle s'est aperçue à un moment qu'elle n'avait jamais lu de littérature écrite par des femmes (et qui s'y est mise), je baigne dedans depuis toujours, dans la littérature, celle écrite par des femmes comme par des hommes, à commencer par Duras et Sarraute qui m'ont été des mères de substitution. En ce moment, je suis dans Clarice Lispector (qui ne voulait pas qu'on la désigne écrivaine (le mot existe au féminin en portugais) parce que, quand elle écrivait, elle était « des deux sexes » et voici ce qu'elle te dit ce matin : « Je voulais te donner du pain pour ta faim mais tu voulais de l'or. Pourtant ta faim est grande comme ton âme que tu as réduite à la hauteur d'autrui ». Une mystique brésilienne...
J'ai été tenté de la lire, Louise l'a lue je crois, on parlera peut-être un jour de tout cela tous les trois
Qui sait ? Un jour... Si tu arrives un jour à ce que je me fasse sucer par une féministe (pour moi l'équivalent du KKKlan), tu auras fait fort… Mais peut-être que toutes les filles de 26 ans sont maintenant dans cet état-là et qu'il faut faire avec...
Je disais « parler » pas « sucer », petit pervers réactionnaire ! l'amour n'est pas (qu')idéologique, pas plus que la littérature, c'est toi qui le disais
J’avais cru entendre qu'elle suçait bien mieux qu’elle ne parle — de beaucoup, sans doute, même. J'aime bien quand tu me donnes des petits noms comme « petit pervers réactionnaire », on dirait que tu m'aimes... Moi, je t'aime parce que tu ressembles à un Greco et peut-être aussi — mais si j'étais capable de le lire — sans doute aussi trouverais-je ton portrait dans Dostoïevski...
Serais-tu jaloux ?
Un peu quand même. Partage ton corps comme saint Martin sa tunique ! A elle la bite, à moi le cul ! J’y retourne, j’y cours, d’ailleurs (au Greco) ! (ferme à 20h)
J’allais te le proposer (le Greco), t’es en route ?

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Monday, December 02, 2019

C hapeau bas, Jean-Pierre !


Merci pour ce spectacle très réussi, probablement inoubliable — je ne sais pas pourquoi, sensation d’être un happy few… Enfin, si, j’ai failli passer à côté. Je m’intéresse assez peu au théâtre, il y a déjà tant à voir… le théâtre, trop difficile à mes yeux… alors, je n’avais pas fait attention. C’est grâce à l’insistante patience de Guillaume, l’honnêteté, la pureté de Guillaume (je viens de lire une phrase des Carnets de Tchekhov qui me fait penser à lui : « Il faut être intellectuellement clair, moralement pur et physiquement propre »). Quelle merveille, Guillaume, dans ce spectacle ! Comment un garçon qui joue si peu peut-il être si professionnel, si performant, si Gérard Philipe, si malin ? (il m’a dit, en plus, qu’il n’avait eu que deux fois cinq jours de répétitions). Inoubliable dès qu’il joue le méchant. Tellement doué. Je ne l’avais jamais vu comme ça. (Ça m’ouvre des perspectives.) Et il n’est pas du tout le seul à être doué dans ce spectacle que j’ai beaucoup beaucoup aimé. Distribution presque parfaite. Ce qui m’a beaucoup plu, c’est que la pièce, certes dans l’air du temps, avec une histoire et un message puisque c’est, semble-t-il, ce que le public comprend actuellement — et, après tout, pourquoi pas un (apparent) sujet, un (apparent) message, après tout. Mais, bien sûr, ce qui m’a plu, c’est que cette pièce — après une scène d’exposition, une entrée en matière peut-être plus faible, j’ai trouvé, je ne sais pas, c’est toujours difficile d’accepter cette convention que ceux qui parlent sur scène ne parlent pas exactement comme dans la vie —, mais — très vite — se transforme en théâtre, c’est-à-dire, le théâtre, cette expérience du monde, cette expérience pure qui en passe, oui, par jouer, danser, chanter, sans aucun autre message, sans aucun autre sujet (ou tous les sujets), simplement le plaisir pur de vivre ça — certes avec les ombres de la tragédie, les ombres de la comédie, les ombres de la bouffonnerie, etc. Et la merveilleuse apparition des costumes Tchekhov ! Je savais que Klaus Mann est un auteur magnifique, sa lucidité... J’ai un ami qui s’est chargé depuis quelques années d’écrire sa biographie. J’espère que le spectacle va enfin m’y plonger ! (Je lis trop lentement, malheureusement.)
Bravo ! — et très heureux aussi d’avoir recroisé ta jeunesse, ta beauté et ta santé ! (je ne t’ai pas parlé simplement parce que tu m’impressionnes). Tous mes vœux de succès pour tes entreprises ! Quelle chance, ce si beau théâtre ! Mon amie Dominique Issermann a l’air d’avoir très envie d’y faire des photos...
Amitiés, 

Yves-Noël  

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Wednesday, October 23, 2019

Du o d'hier


Bravo pour votre duo d'hier, c'était splendide !

Merci beaucoup Yves-Noël, cela me touche énormément que vous l'aillez apprécié !!  A bientôt

Je suis surtout bien content d'être resté ! J'étais venu pour la pièce de mon ami Liam et j'ai failli partir au café avec mes autres amis — et je me suis mis en bout de rang pour pouvoir partir quand je voulais et la pièce m'a pris : sur moi la réussite est totale ! I'm your (new) fan !

Quelle belle coïncidence!😀 Je suis bien content aussi d’avoir eu votre présence et ce beau retour !! J'ai eu en effet des bons retours hier, aussi des pros. Je pense que cela va aider un peu pour la suite de cette pièce. C'est dommage qu'il n'y avait pas de journalistes. Ce sera pour la prochaine fois.

Au début (quand le duo hétéro a commencé), j'ai pensé que c'était peut-être une pièce bien ringarde parce que ça ne parlait visiblement pas des minorités (comme tous les spectacles dans le monde actuellement) Et puis, paf, ça m'a soudain fait tellement du bien de réfléchir à ce mystère (certes commun) : un homme une femme. Et la pièce a déployé sa splendeur, ses surprises... Soudaine beauté de l'éphémère...

Bonjour Yves-Noël, étonnant votre texte. Si vous êtes d'accord je vais le rendre visible.

No problem pour moi, mais méfiez-vous, l'ambiance est tellement à la langue de bois (dans les programmes, par exemple) que ce qui pourrait passer comme une revendication du main stream serait sans doute immédiatement mis de côté (pour plus tard). Mieux vaut sans doute passer entre les gouttes et ne pas faire remarquer que le sujet des minorités et de la discrimination positive— seul sujet convenable — n'est pas abordé. Néanmoins la pièce brille par son éternité (ce qui n'est pas contradictoire avec l'éphémère). Love

Dans cette pièce, je ne parle que de fragilité, de la rencontre de corps, de deux personnes, et de notre condition d'êtres incarnés, de chair, voués à la chute. Il est vrai que j'ai beaucoup hésité depuis hier de rendre visible votre texte en raison de la place considérable que vous donnez, dans le texte, à cette question du genre, en la mettant presque en contradiction avec la possibilité de produire une expérience physique et esthétique composée d'une femme et un homme. J'avais même envie de vous demander si je pouvais mettre, rendre visible, seulement une partie du texte (avec votre contrôle, bien sûr).

Eh bien, oui, ça me paraît mieux de ne pas insister là-dessus. Ça donne une lecture qui n'appartient pas à la pièce. Utiliser ce que vous voulez de ce que je vous dis...

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Monday, October 21, 2019

L es Arts florissants


Philippe, c'était vraiment immense, ce qu'on a vu dimanche, j'en rêve toujours ; l'impressions que des grottes et des grottes de plaisir s'ouvraient dans la colline de Chaillot — et puis ces danses qu'on croyait nées de la fraîcheur, s'apercevoir qu'elles sont éternelles ! Oui, je rêve de choses comme ça, souvent : c'était très, très émouvant, cette troupe immense à travers le temps, ces petits cirques perdus dans le cosmos et florissants. L'amitié, la poésie. Le don pour vivre. Merci infiniment ! Immarcescible amour, Yves-Noël

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A sthme bestial


C’était génial ! Très surprenant. Dominique aussi a beaucoup aimé ! Peut-être un problème de micro dans la première partie pour toi, la voix perchée dans les aigus, plus du tout après (mais on était au premier rang complètement sur le côté à cour). Costumes parfaits, scéno magique et on a été ébloui par votre forme physique ! Et le deux-en-un, encore une fois (après Gustavia), est magnifique. Un ami m’a dit qu’il n’aimait pas quand on parlait de la crise au futur. Mais, moi, j’ai vu beaucoup de présent dans ce spectacle. Je dirais même que c’est sa qualité principale.
T’embrasse, 
Yvno

Yves-Noël, merci ! J’avais un problème d’asthme bestial et ne pouvais pas tousser, mais aujourd’hui ma voix était mieux ! Merci pour ton gentil message 

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Sunday, October 20, 2019

L e Mot chouette


C'était chouette d'être dans l'étrangeté de ton spectacle, une belle grotte nocturne et marine pleine de bêtes et d'étoiles — et ton beau visage très habité

Merci de ta venue, Yves-Noël, et en belle compagnie. J'aime beaucoup le mot « chouette », oiseau-appréciation, tout à fait bienvenu(e) dans la grotte. Bises !
(Je demanderai à Adeline Caron pour le collier)

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