Monday, October 21, 2019

R ennes, suite


Voici un email beaucoup trop long pour nos capacités de concentration : mon prof de danse nous a dit vendredi qu’à chaque génération cela diminuait, nous en sommes maintenant à sept secondes, moins qu’un poisson rouge, je ne sais pas d’où il tient ça. Donc il est conseillé de le lire par petits bouts — ou de n’en lire qu’un bout — ou, mieux, de ne pas le lire du tout ! Il est bien sûr écrit plus pour me mettre, moi, les idées au clair — bien que le résultat soit sans doute que j’enfume au contraire le peu d’idées que je croyais avoir. Bref, je ne le donnerai pas pour la publication ! 
De toute façon, ma méthode (et, encore une fois, ça ne concerne que moi), c’est — j’en ai déjà parlé (et voilà encore une bonne raison de ne pas lire ce mail ni les suivants (s’il y en avait) : je répète tout en boucle ; vous devez commencer à me connaître !) —, la méthode, ce n’est pas de poser des idées pour trouver ce qu’on va faire, mais au contraire pour ne pas trouver ce qu’on va faire, pour évacuer. Imaginez l’idéal : on aurait posé sur le papier toutes les idées,  toutes les possibilités de France et de Navarre, on aurait tout dit, et donc, comme c’est pour ne pas faire les choses qu’on les dit (vous avez saisi ? cf Virginia Woolf), avoir alors à jouer à partir de rien, à partir d’une table rase, tout a été évacué, une somptueuse maladie d’Alzheimer (je n’en suis pas loin). L’idéal. Mais même ça est chiqué



Sur Tchekhov, je ne peux que vous conseiller de vous y baigner. J’ai un doute quant à l’intérêt de vraiment le monter, à cause du temps, et, bien sûr, on pourrait faire un pot-pourri de scènes, mais ça risquerait de rester « scolaire », je l’ai vu avec l’équipe de « Premier Acte » avec qui j’ai travaillé en février dernier ; ils ont travaillé ensuite avec Stéphane Braunschweig sur Tchekhov, à l’Odéon, et il y avait des choses très, très bien, en particulier une chose qu’il est presque impossible de réaliser avec une distribution « occidentale », on ne croit jamais que des actrices occidentales soient (vraiment) trois sœurs, elles n’arrivent jamais à nous le faire ressentir. Hors, là, ces actrices issues de la Méditerranée et aussi avec Andreï qui était turc, j’ai eu la sensation, très rare, jamais eu auparavant, qu’elles n’avaient même pas besoin de jouer cette réalité pour qu’on la ressente, elles savaient naturellement, encore, ce que c’est que d’être sœurs, une fratrie, la famille. En tout cas, ces filles qui ne se ressemblaient pas, d’origine visiblement diverses (et aussi le Turc), y arrivaient : on y croyait — et beaucoup de choses de la pièce s’éclairaient magiquement, je peux vous dire. Quand Macha veut avouer à ses sœurs qu’elle est amoureuse de Verchinine et que Olga, je crois, s’écrit : « Tu peux dire n’importe quoi, je t’écoute pas », on ne pouvait rien faire de plus juste. Jamais entendu ça. C’est ce qui est extrêmement difficile avec Tchekhov, c’est réel, affreusement réel. C’est pour ça que Stanislavski s’est creusé la tête pour comprendre comment le « jouer » et qu’il a inventé cette méthode devenue mondiale sous le nom d’Actors Studio. Il faut qu’on y croit, sinon c’est juste musée Grévin avec samovars et, alors, c’est très, très triste (hors c’est d’une « joie tragique » extrême). Et comme tout se passe, au théâtre, dans les relations entre les gens, dans cet invisible, pas ailleurs, il faut qu’on croit en ces relations. C’est pour ça que, jusqu’à maintenant, j’ai préféré faire jouer les pièces par une seule actrice ou acteur. Pour évacuer cette difficulté. Laetitia Dosch a fait avec moi La Mouette (dans un spectacle intitulé La splendide actrice) ; l’acte III des Trois sœurs (celui de l’incendie) a été joué par le danseur Jonathan Foussadier (dans un spectacle intitulé N°5) et récemment l’intégrale (des Trois sœurs) s’est donnée dans un café en russe et en français par une actrice biélorusse, Ireïna Labetskaïa, qui ne s’en est pas complètement sortie, d’ailleurs, elle, parfois géniale, d’autres fois non ; nous n’avons pas réussi ensemble à calmer sa peur (Jeanne Moreau : « Il n’y a pas de mauvais comédiens, il n’y a que des comédiens qui ont peur »). Tchekhov, c’est une joie et un travail en cours et sans fin dans ma vie

Même si on peut imaginer que Raphaëlle, Olga et Salomé fassent les trois sœurs, il nous manque le personnage formidable et très important de Natalia…

Peut-être qu’Olga pourrait se charger de tout et apprendre aux autres (filles et garçons) comment jouer Les trois sœurs. Ça, ça pourrait être plus rigolo. Un peu comme tu faisais dans ton « cabaret » : « Vous les Français, vous êtes froids, etc. » Je n’ai pas d’imagination, mais je crois ce que je vois. Et Olga peut tout faire (en restant russe) 

Il y a aussi, si on monte vraiment ce que dit Tchekhov, qu’il n’est pas du tout dans l’air du temps. Tous les spectacles présentés dans le théâtre public en ce moment ont une apparence de spectacles engagés (lire Contre le théâtre politique, d’Olivier Neveux). Ils se doivent tous de dénoncer un état de fait ou de défendre une minorité (voir le dernier sketch de Blanche Gardin où elle dit qu’elle va arrêter le métier parce qu’elle n’a aucune identité à défendre). Ils sont « moraux », selon la morale en cours. Tchekhov aussi vivait une époque « révolutionnaire » et il n’a pas cessé d’être emmerdé par ces « révolutionnaires » qui lui reprochaient de ne pas s’engager dans ses écrits. On a vu depuis ce qu’ont réussi à faire les « révolutionnaires » : un enfer sur terre pour des centaines de millions de pères, mères, fils, filles, petit-fils, petites-filles et c’est pas fini, bien pire sans doute que ne faisait le tsar et son servage (Tchekhov était petit-fils de serf), millions de morts, etc., eh bien, Tchekhov, à ça qui était dans l’air et l’esprit des intellectuels, il a dit non. Il a quand même fait un livre gauchiste — sur le bagne de Sakhaline — pour qu’on lui fiche la paix, pour qu’on le considère un peu sérieusement, c’est comme ça qu’il en parle dans ses lettres. Pour lui, la vie, le monde n’ont pas de sens. Il s’intéresse au réel — qui n’a pas de sens. Dans sa vie personnelle, son rapport aux autres, à sa famille, aux pauvres qu’il soignait gratuitement, à ceux qui lui demandaient de l’argent à qui il en donnait ou bien, s’il n’en avait pas, il écrivait à ses amis plus riches pour qu’ils en donnent, aux écoles et aux bibliothèques qu’il renflouaient de livres, etc., il était ce qu’on peut dire très « engagé », c’est le moins qu’on puisse dire, mais, ça, c’est « réel », à partir du réel, je ne sais pas si vous me comprenez, ce n’est pas à partir de l’illusion d’une idéologie. Ça n’a n’a pas d’autre sens que, disons, celui de la compassion (de l’empathie à la douleur d’autrui) qui est dans nos gênes, puisque au moins les autres mammifères l’ont aussi, pas de faire la leçon de sa propre folie ou soutenir une « cause ». Il disait (dans une lettre à Olga) : « Tu me demandes ce que c’est que la vie ? C’est comme si tu me demandais ce que c’est qu’une carotte. Une carotte est une carotte, voilà tout. » Ce qui, malgré l’apparence, est très intelligent. Et rejoint ce que dit le philosophe Clément Rosset (récemment disparu, dont je vous conseille fortement la lecture ; il n’écrit — magnifiquement — que sur ça, sur le réel et les illusions qui prennent sa place (qu’il appelle ses « doubles ») parce que l’être humain ne cesse d’en inventer en permanence pour masquer ce réel, ne pas avoir à le supporter en face. Clément Rosset dit qu’un camembert, on peut juste le définir par rapport à des étalons référents, le livarot ou le pont-l’évêque, par exemple, mais dire ce qu’il est en lui-même, sa saveur particulière, si on n’a pas ces référents, on ne peut pas, on ne peut pas dire autre chose que : « un camembert, c’est un camembert » — et que c’est le cas pour tout objet réel : comparable seulement à lui-même. Tchekhov disait aussi (dans une autre lettre) : « Il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu’en ce monde on n’y entend goutte ». C’est très important. Je souligne : en particulier les artistes. Et dans Les trois sœurs : « Les oiseaux migrateurs, les grues, par exemple, ils volent, ils volent, et quelles que soient les pensées, nobles ou pas, qui leur passent pas la tête, ils continueront de voler, sans savoir ni pourquoi ni vers quoi ». C’est ça, le réel, on ne sait pas ce que c’est, mais c’est insaisissable, incompréhensible, ça surprend toujours et, nous autres, êtres humains, nous lui préféront le refuge de l’illusion. « Le réel n’a jamais intéressé personne », dit Jean Baudrillard. Mais vous avez commencé à comprendre que c’est ce réel, qui, moi, m’intéresse — et vous que j’entraîne avec moi. Pas les illusions (et Dieu sait si j’aime le show-biz et les paillettes !) (et aussi les fantômes !) C’est le tragique, en fait, mais au sens où Maeterlinck écrit que le véritable tragique, pour lui, commence au moment où, à la fin des contes, s’inscrit la phrase célèbre : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Après que tous les combats aient été menés, les illusions des combats : être heureux face au réel : le tragique. La devise de Clément Rosset, je la lis dans un livre d’entretiens que je viens d’acheter (qui s’appelle — c’est une phrase de Nietzsche — La joie est plus profonde que la tristesse, mais je vous conseille plutôt le plaisir de ses livres, son écriture est miraculeuse pour un philosophe) est : « Rassurons-nous, tout va mal ». Variante — qui résonne avec l’époque (mais, en fait, toutes les époques) — : « Tout est foutu, soyons joyeux ». Rosset raconte que l’année de son service militaire, il était parti en coopération au Québec donner des cours de philo et qu’il y avait, un étudiant taciturne, perturbé, transpirant (un personnage de Tchekhov ou de Dostoïevski, j’ajoute) qui se terrait au fond de la classe et qu’il l’avait vu se détendre peu à peu au cours de l’année et qu’à la fin, l’étudiant était venu le voir et lui avait dit : « Avant de suivre vos cours, j’étais mal dans ma peau, j’avais peur de mourir, je ne parvenais pas à vivre. Et maintenant, je vais très bien. C’est grâce à vous et à vos leçons : aujourd’hui, je me fous de tout ! » Clément Rosset est très fier de ce fait d’arme, d’avoir sauvé un étudiant, de lui avoir appris à « se foutre de tout ». On est dans une société où la peur est massive et ne fait que croître. La peur, pour un comédien, c’est l’absence de la liberté. C’est évidemment le grand conseil : se foutre de tout. Je vous ai dit, déjà, ce que disait Duras à Yann, son copain pas du tout acteur, qu’elle filmait et qui avait vraiment peur, pris comme un lapin dans les phares d’une bagnole. On l’entend crier, Duras, dans le making-off : « Mais Yann, il faut que vous vous en foutiez ! Vous croyiez qu’ils s’en foutent pas les grands acteurs ? Ils s’en foutent ! C’est ça, le secret ! Il faut s’en foutre ! Vous croyez que je m’en fous pas, moi, mais je m’en fous ! » (Tiens, on dirait un bout de texte à Raphaëlle) 

Bien sûr, de Tchekhov, on pourrait monter une nouvelle (comme Klaus Michael Grüber l’avait fait avec Sur la grand route), mais c’est du boulot, déjà, lire les nouvelles, etc.  

Voilà, leçon du jour. Vous voulez de la longueur, vous aurez de la longueur. Et encore j’ai pas tout dit. Quant au réel. Mais on en parlera beaucoup. Mais il n’y a pas que Tchekhov

Oh, il faut que je te dise, Louis, j’ai sauté de joie en lisant, dans ce livre d’entretiens, que Rosset adorait les singes : il passait des heures au Jardin des Plantes, à Paris ! C’est son « jardin secret ». Il n’en parlait pas. Observez les singes ! (Et merde pour les soi-disant défenseurs des animaux qui veulent faire fermer les zoos, les ordures ! moi, je serais le grand chef, j’en mettrais dans tous les villages, des singes et des lions et des cafards !)

Je disais, il n’y a pas que Tchekhov, il y a aussi Hamlet (que j’ai monté quatre fois) et, par exemple, aussi, le personnage d’Ophélie. Audrey Bonnet, que vous connaissez, avait fait une Ophélie dans l’Hamlet numéro 3 et Jeanne Balibar avait dit que c’était la plus belle Ophélie qu’elle ait jamais vue sur scène : vous pouvez la croire. En fait, je ne me souviens même plus si Audrey disait un seul mot du texte, je crois qu’elle avait gardé la chanson et c’est tout, mais elle m’avait dit : « Tu comprends, depuis mon adolescence, je lis tout ce qui s’écrit sur ce personnage qui me fascine… » Donc, à un moment, puisque l’occasion se présentait (une tournée au Japon qui se cassait la gueule et elle était enfin libre pour l’un de mes spectacles), elle avait pu flotter dans Ophélie, être disponible à tout ce qui se passait sur scène et dans la salle, habitant tout l’espace —je vous ai parlé de cette présence qui la faisait tourner la tête à tout, au moindre bruit —, mais avec cette Ophélie qui ne la quittait pas, c’était EXTREMEMENT beau, je vous en ai parlé, je crois, extrêmement émouvant, cette petite Ophélie folle, cette petite Lol, et si heureuse de vivre. Bouleversant. Vous le savez, le théâtre est immense et mérite une passion extrême, mais aussi s’en foutre. Les choses les plus belles sont celles qui ne peuvent pas être programmées par la volonté (cf Virginia Woolf). C’est autre chose, être disponible…

Donc ne vous prenez pas la tête, mais rêvez…

Ecrivez vos rêves pour les effacer. Faulkner dit : « Ecrire, c’est épuiser un rêve ». La scène sera cet épuisement. Aucune attitude de sérieux. Le sérieux vient comme le trac avec le talent

Vous avez toute ma confiance, 

Yvno



Comme s’il en fallait encore une couche, voici (c’est sans fin) trois citations de Clément Rosset (des entretiens) et une de Heidegger : « Le chemin des choses proches a de tout temps été pour l’homme le chemin le plus long et le plus difficile. »

Auquel j’ajoute celle de mon prof de danse classique, Wayne Byars, qui, vendredi, nous a dit : « Je vous veux FSH ! Fort, Sain et Heureux » (Strong, Healphy and Happy). C‘est un nouvel acide, je crois, le FSH…)



« Dès qu'un homme, comme Karl Marx ou Lénine, se met en tête qu'il va améliorer le sort de ses semblables, soyez sûr que ça va barder ! Les gens frappés par le virus du bien sont les plus dangereux pour autrui. Les utopies provoquent en général des désastres plutôt que les améliorations espérées. Le cas le plus remarquable dans notre actualité est celui des altermondialistes. Ce terme est d'ailleurs en lui-même révélateur. Il répète, sur un plan politique, l'aberration métaphysique de Platon, qui préfèrent les idées aux choses, ou de Charles Baudelaire, qui s'écrit : « N'importe où ! N'importe où ! pourvu que ce soit hors du monde », ou enfin d'Emil Cioran, qui proclame non sans humour dans un aphorisme : « Donnez-moi un autre monde où je succombe ». « Un autre monde est possible » : tel est le slogan des altermondialistes. Mais qu'ont-ils en tête, sinon une duplication illusoire de ce monde-ci ? Le dessein de remplacer notre mauvais monde par un monde meilleur est absurde. […]
Cependant, notez bien que je ne suis pas hostile aux progrès. Être réaliste, en politique, ne signifie pas nécessairement rallier le camp conservateur ou réactionnaire. J'estime néanmoins qu'il n'y a que le réel et que c'est à partir de lui qu'il faut travailler, et non à partir de la conception illusoire d'un monde parfait, si nous voulons avoir quelque chance de produire des améliorations. »

« D'une manière générale, les raisons d'exécrer la réalité ou de l'adorer sont les mêmes : nous ne savons pas qui nous sommes, ni d'où nous venons ; nous sommes confrontés à un réel souvent déplaisant ou injuste ; chaque sensation est fugace et nous sommes promis au trépas. À partir de ce constat, vous pouvez sombrer dans l'accablement le plus profond ou, au contraire, vous réjouir de chaque instant qui passe. La grande différence entre l'homme dépressif et l'homme joyeux me semble d'ailleurs résider dans l’appétit de vivre, ce qui peut se ramener à un mot le désir. La dépression se caractérise par l'absence de désir. Les pulsions les plus vitales s’éteignent. Cela commence par le désir sexuel ; lorsqu'on est au fond de la dépression, on ne comprend même plus que certains prennent goût à l'érotisme. Ensuite, il y a la nourriture ; même si des plats sublimes nous passent sous le nez, on n'en a plus envie. L'extinction du désir n'est rien d'autre que le malheur absolu. Inversement, le fait de désirer est un symptômes de santé miraculeuse. Le meilleur des mondes n'est pas un monde où l'on obtient ce que l'on désire, mais un monde où l'on désire quelque chose. C'est pourquoi le réel ne fait pas obstacle au désir. Le désir est plutôt l'attitude la plus saine qui soit par rapport au réel. »

« J’appelle réel tout ce qui existe en fonction du principe d’identité qui énonce que A est A. »



Sur le tragique, comment je vous vois (d’après ce que vous m’avez montré) : Olga, 500% tragique (mais elle a 400% d’avance : elle est russe !) ; Raphaëlle, 100% tragique, avec ce personnage, on ne peut pas faire pire, Pascal, Cioran pas loin (on s’attendrait presque à la voir mourir en scène) (j’ai appris d’ailleurs récemment qu’un acteur était mort en jouant En attendant Godot) ; Julien, tragique évidemment : conscience de tout, Copi, et certainement de la mort ; Valentin, idem, très jeune, mais, aidé de Dustan, somptueusement tragique, plus prêt cependant à vivre sur scène plutôt qu’à mourir sur scène (et tant mieux !) ; Aymen, je crois, tragique, même s’il ou parce qu’il fait tourner le monde comme une toupie ; Salomé, elle, peut choisir d’être tragique ou d’être floue, car j’aime les deux ; Louis, plus délicat que tragique, je dirais (j’aime tellement les bêtes poilues) — mais Koko, le singe qui parle, c’est d’une abyssale tragédie — par exemple, quand on lui demande comment il va et qu’un matin il signe : sad ! — j’ai appris récemment (dans le livre de Bulle Ogier) que Barbet Schroeder voulait d’abord faire une fiction avec Koko, mais que, dans ce cas, sa dresseuse demandait (pour Koko) un cachet exorbitant, plus important que s’il s’agissait de Jack Nicholson, avec cet argument : « Si Jack Nicholson ne le faisait pas, vous pourriez toujours le remplacer ; Koko, non » ; Merwane, éminemment tragique quand il se décidera à plonger tête la première ad astra per aspera ; j’en oublie ? j’ai l’impression que vous êtes plus nombreux…  



J’ajoute une raison pour laquelle je vous conseille de ne pas lire ce que je vous envoie : c’est que, si j’avais une idée à laquelle je tenais un peu plus qu’une autre (on ne sait jamais), je ne l’écrirais pas. Les sages de l’antiquité, Jésus, Bouddha, Socrate, etc. avaient raison de se méfier de l’écriture qu’ils voyaient comme un mensonge — et n’est pas poète qui peut… Hâte de vous retrouver…

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