Ces lignes sont juste pour débuter la conversation. Sandrine Perrin m’a donné vos noms et m’a parlé un peu des pratiques et des orientations de chacun.e, toutes, comme je m’y attendais, très personnelles (et c’est tant mieux) et m’a demandé quelques lignes d’intention. Je suis très heureuse de venir donner cet atelier, je ne sais pas trop quoi prévoir, très curieuse de ce qu’il va se passer. A l’époque déjà lointaine où je donnais beaucoup de workshops (surtout pour des comédiens, bien entendu), je travaillais sans savoir, sans méthode, dans le flux de la vie, avec ce qui venait, s’attrapait et j’aimerais que ce soit encore le cas. Comme le disait Franz Kafka de lui-même, j’étais « candidat à la grâce *». C’était aussi ainsi que je fabriquais des spectacles : presque en temps réel, « en me baissant pour ramasser », en affaiblissant l’idée de travail, en ne répondant qu’à des commandes (ce qui permettait sans doute de me déresponsabiliser de ma volonté)… Mais que ça ne nous empêche pas de rêver et d’imaginer quelques pistes pendant les semaines qui nous restent ! Par exemple, on pourrait peut-être partir de ce proverbe irlandais (sur lequel je tombe à l’instant), à méditer, en tout cas : « When God created time, he made plenty of it », « Quand Dieu a créé le temps, il en a créé assez » (alors pourquoi avons-nous l’impression de ne jamais en avoir assez ?) Vous pourriez parfaitement me suggérer des choses, me parler de vos envies ou rêveries ou questionnements. Je sais que vous êtes très occupés (ce qui est normal dans une école) donc c’est sans obligation, mais je reste avec plaisir à votre écoute. Voici mon adresse et mon téléphone. Aussi sur IG sous le nom marienoellle. En tout cas, ce dont je me réjouis, c’est d’apprendre de vous !
Marie-Noëlle
* « Je m’efforce d’être véritablement un candidat à la grâce. Peut-être viendra-t-elle, peut-être ne viendra-t-elle pas. Peut-être cette attente à la fois calme et inquiète est-elle l’annonce de la grâce, ou bien la grâce elle-même. Je l’ignore. Mais cela ne m’inquiète pas. J’ai, pendant ce temps, fait amitié avec mon ignorance. » (C'est moi qui souligne.)
Puisque Kafka (que je relis en ce moment) est cité : « Il est parfaitement concevable que la splendeur de la vie se tienne prête à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude, mais qu’elle soit voilée, enfouie dans les profondeurs, invisible, lointaine. Elle est pourtant là, ni hostile, ni malveillante, ni sourde ; qu’on l’invoque par le mot juste, par son nom juste, et elle vient. C’est là l’essence de la magie, qui ne crée pas, mais invoque. » Amitiés !
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