Tuesday, December 23, 2014

L a Premièrefoisité


Aujourd’hui, je le professe : je n’en aurai jamais, jamais fini avec Baudelaire (je mourrai avant). Cioran disait : « De Adam à Baudelaire… » et Jules Laforgues énumérait : « Le premier il se raconta sur un mode modéré de confessionnal et ne prit pas l’air inspiré » ; « Le premier il parla de Paris en damné quotidien de la capitale » ; « Le premier qui ne soit pas triomphant mais s’accuse, montre ses plaies, sa paresse, son inutilité ennuyée au milieu de ce siècle travailleur et dévoué » ; « Le premier qui ait apporté dans notre littérature l’ennui dans la volupté et son décor bizarre d’alcôve triste » ; « Il a le premier trouvé après toutes les hardiesses du romantisme ces comparaisons crues, qui soudain dans l’harmonie d’une période mettent en passant le pied dans le plat — (non le charme d’une quinte) — comparaisons palpables, trop premier plan, en un mot américaines semble-t-il — palissandre, toc déconcertant et ravigotant » ; « Le premier poète qui ait fait église — chapelle / un  seul volume — une note — dogme et liturgie / décor — et comme conséquence dévotion des fidèles et hors d’ici point de salut » ; « Le premier il a rompu avec le public — Les poètes s’adressaient au public — répertoire humain — lui le premier s’est dit : la poésie sera chose d’initiés. / Je suis damné pour le public — Bon — Le Public n’entre pas ici » ; « Le premier / des comparaison énormes :
Et dormir dans l’oubli comme un requin dans l’onde
— Je suis un cimetière abhorré de la lune
Un vieux boudoir
Ses yeux polis sont faits de minéraux charmants ».

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