Thursday, March 12, 2026

Fabrice Luchini m’avait appelée pendant la performance dans la Mercedes (TAXI MARIE-NOËLLE). En fait, c’était Z. qui l’imite très bien. Et la photo et le nom de Fabrice Luchini s’était affichés sur l’écran de mon téléphone — et j’avais choisi la sonnerie « à l’ancienne », la même que celle de Philippe, le directeur du garage, qui, une fois, avait interrompu notre conversation. (Et Philippe s'était éloigné en justifiant : « C’est un client ».) Je n’ai pas d’imagination, je me baisse pour ramasser (la savonnette dans les douches). Donc Zorro avait appelé plusieurs fois de Belgique sous les traits et la voix de Fabrice Luchini, j’avais répondu, il était très bavard, il voulait m’inviter à l’avant-première lundi de son nouveau film à la Cinémathèque et puis : « Oh, je rêve de voir ce film justement… » (elle aussi jouait bien), il y avait Joris dans la voiture et Ling (le mari de Joris) et Rei et, voilà, tout le monde s’était trouvé invité à la Cinémathèque lundi à 20h. Que faire ? A quel moment dégonfler l’affaire ? C’est pour la petite que ça m'avait fait de la peine (celle qui jouait bien)

Z m’encourage à voir le film avec Fanny Ardant et Melvil Poupaud sur Arte. LES JEUNES AMANTS. Quand il était sorti, j’avais hésité à y aller avec la coiffeuse (la femme avec qui j’étais) parce qu’elle aimait (toujours, j’imagine…) les films « normaux », tout ce que je déteste, les films romans-photos avec des personnages « normaux », des acteurs « normaux », des situations « normales », des appartements « normaux », des sentiments « normaux », voilà ce qu’elle aimait, ma copine, bref, de la production française en veux-tu en voilà, mais comme j’adore Fanny Ardant, je me disais qu’il pouvait y avoir un plus petit ensemble commun, mais, non, on avait renoncées à faire l’effort de tenter le coup. J’aime Fanny Ardant, bon, parce qu’elle est tragique. Le dernier sourire du film, je l’ai vu en vrai. C’était dans un cocktail il y a quelques années (dans le vaste lieu de Jean-Paul Gaultier) et Fanny était là et je l’ai regardée, elle était grise, vieille, ennuyée et soudain quelque chose l'a réjouie, et, en une fraction de seconde, elle est devenue extraordinairement jeune, belle, heureuse, possédant le soleil. J’ai compris pourquoi elle était Fanny Ardant et que ça valait bien le coup 
 
Bien sûr, cette éternité de la vie, l'épanouissement d'une femme de l'enfance jusqu'à la splendeur de l'âge, on ne peut jamais le voir sur une actrice liftée

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