D ans les derniers degrés de la coolitude
Comme dans les rêves, j’étais environnée de livres non lus dont je chopais comme des phrases, comme des traces, des livres certes sublimes, des montagnes de livres dont je faisais des montages…
Je retrouverais ma naïveté si j'écrivais en anglais (mais il me semble que je sais déjà tout du français)
« Je n’aime que le vintage humain », avait dit une femme de vingt-sept ans (propos rapporté par « Le Monde »). Oui, c’était terminé, c’était l’heure de la relecture. La littérature était terminée. « Faite », comme aurait dit Marguerite Duras en parlant de la musique. « Pour moi, la musique est faite. Stravinski, ce n’est pas de la musique, c’est autre chose, un poème… » Je m’étais racheté ARIEL de la sublime Sylvia Plath, tout en anglais pour avoir l’impression, la sensation de redécouvrir... C’est terminé, on n’achèterait plus jamais de livres écrits depuis 2022, même avec le label bio, c’était invérifiable, intraçable. Les livres seraient de plus en plus beaux — ou de plus en plus laids, pour imiter le low tech —, mais surtout ils ne seraient bientôt lus que par des robots, composés et lus par des robots (comme, paraît-il, chaque jour, sur les plateformes, les morceaux de musique générées par l’IA). Nous ne voulons sans doute que la sensation d’être enfermés en nous-mêmes et, en cela, nous sommes handicapés, fragiles. Nous nous plaignons de la vie et nous ne faisons que des petits pas de vieillards pour nous rapprocher de son feu ultime
En fait, il est difficile de passer d’un livre à l’autre comme ma maladie de déconcentration m’y oblige — même si j’ai du temps — parce que chaque vrai livre est écrit dans une langue opposée aux autres
« Je n’aime que le vintage humain », avait dit une femme de vingt-sept ans (propos rapporté par « Le Monde »). Oui, c’était terminé, c’était l’heure de la relecture. La littérature était terminée. « Faite », comme aurait dit Marguerite Duras en parlant de la musique. « Pour moi, la musique est faite. Stravinski, ce n’est pas de la musique, c’est autre chose, un poème… » Je m’étais racheté ARIEL de la sublime Sylvia Plath, tout en anglais pour avoir l’impression, la sensation de redécouvrir... C’est terminé, on n’achèterait plus jamais de livres écrits depuis 2022, même avec le label bio, c’était invérifiable, intraçable. Les livres seraient de plus en plus beaux — ou de plus en plus laids, pour imiter le low tech —, mais surtout ils ne seraient bientôt lus que par des robots, composés et lus par des robots (comme, paraît-il, chaque jour, sur les plateformes, les morceaux de musique générées par l’IA). Nous ne voulons sans doute que la sensation d’être enfermés en nous-mêmes et, en cela, nous sommes handicapés, fragiles. Nous nous plaignons de la vie et nous ne faisons que des petits pas de vieillards pour nous rapprocher de son feu ultime
En fait, il est difficile de passer d’un livre à l’autre comme ma maladie de déconcentration m’y oblige — même si j’ai du temps — parce que chaque vrai livre est écrit dans une langue opposée aux autres
I have let things slip, a thirty-year-old cargo boat
Labels: ia

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