Thursday, October 08, 2026

Il y avait un rêve qui s’était transformé en cauchemar. On me donnait les clés d’un nouvel appartement clair et beau, deux  belles clés complexes et fortes à moi. C’était merveilleux. J’aurais voulu que ce rêve dure toujours, mais voilà que ma sœur allait mourir et que je ne pouvais rien faire pour l’en empêcher. Une histoire encore d’appartement, mais fermé cette fois — elle ne répondait pas, plus —, de porte qui n’allait jamais s’ouvrir. On m’accompagnait dans mes recherches, j’avais sonné chez Claude Régy sur l’épaule duquel je m’étais mise à pleurer : il n’en avait rien à foutre. Dans le nouvel appartement, des gens passaient que je connaissais jeunes, qui se proposaient d’y faire la fête. Ils apportaient des bouteilles, ils avaient trouvé un tire-bouchon, probablement (il n’en était pas question), mais il n’y avait pas de verres, bien sûr : l’apparte était vide. Je me promettais de les virer avant minuit pour la tranquillité de mes nouveaux voisins.



La recette de la vie était simple. Tout à l’heure, j’étais allée à une cérémonie funéraire sur le mont Valérien. C’était loin, je m’étais promis de revenir. C’était au crématorium de Nanterre. En montant la côte, j’avais senti quelque chose et une autre fois encore, ce qui était très rare, une odeur végétale, je me demandais d’où elle provenait, de quelque sorte de conifère peut-être. Cette odeur s’adressait à moi personnellement, c’était clair, quand je montais au mont Valérien pour la cérémonie mortuaire de mon cousin. Plus d’un milliers d’otages et de prisonniers et nous étions le 7 octobre, plus d’un millier de morts aussi et plus encore…

Laisser passer la vie dans ma respiration, la pluie tombait sur le zinc, on m’avait promis un nouvel appartement, mais depuis quelque temps, on ne me répondait plus. Ma joie et mon angoisse s’étaient éteintes, celle d’être mieux loger, celle de l’être mal. Je n’entendrai plus la pluie tapoter le zinc dans le nouvel appartement.

J’avais fait un rêve

Tout le monde est à plaindre, c’est ce qui rend le monde bouleversant, touchant, enfin, chouette…

L’enfance, l’enfance adorée, les goûters, la chair, sa propre chair… Je campais dans ma détresse

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