Sunday, October 11, 2026

T out s’accumule et s’additionne comme une guerre

 
Il y avait une grosse vedette que S. portait aux nues — et puis soudain il en disait du mal (vraiment du mal) et j’apprenais à présent que la grosse vedette — chez qui S. avait vécu — l’avait viré, en fait, parce qu’il avait volé de l’argent. Je ne comprenais pas. Je demandais : « Mais comment peut-on voler de l’argent chez quelqu’un ? L’argent, il n’est pas à la banque ? » Et, là : « Des valises de cash. » Nom de Dieu !
Dans la même soirée j’apprenais qu’I.A. était capable d’écrire des sms de trois pages. De justification, de ratiocination...
J’apprenais que le fils de la domestique avait exigé de l’argent à L.C. (chez qui la domestique travaillait précédemment) « sinon il révélerait à la presse ce qui se passait chez elle ».
Il y avait une seconde menace. S. qui de nouveau s’était fait virer de la maison où il logeait depuis neuf mois et où officiait la domestique (F.) menaçait d’aller au commissariat dire que la domestique avait travaillé chez deux employés à la fois. « Mais pourquoi ? C’est interdit de travailler chez deux employés en même temps ? — Dans le cas de F. oui, à ce moment-là… » Mais on ne développa pas, je n’en sais pas plus.
J’apprenais que S. arrivait tous les soirs avec les poches remplies de produits de beauté, que dans l’immense chambre qu’il occupait il y avait cette grande table comme submergée de produits de beauté. Je ne tirais pas le fil du problème « produits de beauté », ce que ça voulait dire, je ne sais pas.
La narratrice (celle qui ce soir-là déballait son sac, un peu effrayée parfois de ce qui pouvait se répéter : « Non, mais je sais comment ça se passe, au détour d’une conversation… ») avait tendance, je le remarquais, de dire « elle » à la place du prénom de F. ou de celui de H., l’autre garde-malade qui venait la nuit, « elle et elle ».

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