Saturday, September 14, 2019

C ette semaine


Il n'est pas sûr que Merce Cunningham ait jamais eu quelque chose à dire sur la danse qu'il n'ait dite… par la danse. C'est ce qu'il fait remarquer, en tout cas — et non sans humour —, aux journalistes. Voilà qui a pu séduire Yves-Noël Genod qui ne s'intéresse — mais avec passion — qu'à ce qui n'a pas de sens. Pas de sens prédéterminé, pas de vision morale ou politique, pas d’« idées sur la chose », comme l’écrivait Wallace Stevens : « Not ideas about the thing, but the thing itself » ou Anton Tchekhov dans une lettre : « il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu'en ce monde on n'y entend goutte ».
Yves-Noël Genod offre un non-spectacle dont il ne sait rien par avance, un « accident », une « conversation », dit-il, sous l'égide d'un jeune homme de cent ans, Merce Cunningham, dont l’évocation nous invite encore à diriger notre regard sur la danse…

Yves-Noël Genod dira au moins une phrase de Merce Cunningham (et peut-être un peu plus)

Avant-premières les mardi 17 septembre, mercredi 18 et jeudi 19, à 17h
Générale le vendredi 20, 19h
Représentations le samedi 21, à 15h et à 17h30 et le dimanche 22, à 16h 

Dans le cadre du festival Echelle Humaine
Lafayette Anticipations 
9, rue du Plâtre 75004

Attention ! Pour la générale et les avant-premières, en entrée libre, il est nécessaire de réserver auprès de Gilles Baume : gbaume@lafayetteanticipations.com 
Pour les représentations, passez par le site officiel
(jauge limitée)

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P lanche-contact



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Wednesday, September 11, 2019

T he Photographer


« Comme le disait un de ses amis bouddhiste : « First thought, best thought » » 

« Il faut être très rapide, ne pas réfléchir — la vie passe trop vite pour ça. »

« « Moins d’Art, plus de Vérité », ai-je dit… Etre assez libre pour faire des choses authentiques, plus rugueuses, plus spontanées, moins calculées… »

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U n texte de Mathieu Menghini à propos de RESTER VIVANT



Vendredi 9 Août 2019

Voici quelques semaines, alerté par la rumeur — celle d’une reprise de Rester vivant de Michel Houellebecq par l’artiste français Yves-Noël Genod —, je me rends au nord-est de Paris, dans le quartier des Quatre-Chemins à Pantin. Le lieu qui accueille ladite lecture est, en fait, un café associatif et participatif tenu par la danseuse Kataline Patkaï. Joliment nommé Pas si loin, l’endroit propose un menu bon marché, des expositions, des projections, des séances de yoga et même des distributions potagères!
Devant l’huis — tandis que le soleil s’attarde sur l’Île-de-France et que les heures s’étirent —, bleu de travail sur les hanches, casquette argentée sur un chef décoloré, le comédien devise avec quelques habitués en attendant le chaland. Le temps pour moi de commander une assiette aux saveurs vives à deux jeunes garçons très appliqués et de m’asseoir sur une banquette de moleskine rouge. Les convives deviennent plus nombreux et, sans crier gare, chacun prend place autour d’une longue table de bois – Yves-Noël Genod s’asseyant, lui, à l’une de ses extrémités.
Sans plus de cérémonie, il saisit un livre de poche écorné — le texte du jour —, passe les premières pages, les tournant tranquillement, méthodiquement, délicatement puis s’attarde sur l’épigraphe, la partage. Le ton est donné. La langue de Houellebecq nous sera transmise dans un phrasé nonchalant. Ouvrant par là-même sur une intéressante tension: de fait, Rester vivant forme une sorte d’art poétique, une lettre à un jeune poète de notre temps. Plusieurs formules claquent comme des arrêts ou des leçons souvent impératives. Ainsi: « Développez en vous un profond ressentiment à l’égard de la vie. Ce ressentiment est nécessaire à toute création artistique véritable » ou « Accumuler des frustrations en grand nombre. Apprendre à devenir poète, c’est désapprendre à vivre ». La tension évoquée vient du contraste de ces sentences et d’une interprétation indolente. Sous la normativité se déploie alors la bienveillance de l’auteur à l’endroit des futurs inspirés, l’empathie et l’observation profonde des choses humaines d’où sourdent ses recommandations. La probité de Houellebecq — dans cette préface à ses poèmes — exhale de ces préventions désenchantées.
La réception de l’œuvre ne peut manquer d’être conditionnée par la situation : le gosier humecté par un vin sans prétention, le parfum des cuisines au nez, tout aiguise les sens et transforme ce moment apparemment dévolu à la plus stricte spiritualité (la lecture d’un ouvrage à table) en un moment esthésique aussi bien. Le flegme de Genod ajoute par ailleurs de la densité à l’atmosphère ; sa manipulation de l’objet-livre en souligne la matérialité. Son pli est annoté, froissé — mémoire de relectures nombreuses, attentives et critiques. Familier du texte, le comédien quitte, parfois, la page des yeux et termine sa phrase en vous l’adressant sans pesanteur mais avec netteté. Liberté suprême – qui appuie la singularité du moment —, le diseur s’autorise même l’interruption du «récit» pour se lancer dans une anecdote brève ou susciter une attention maximale. Ce faisant, il rapproche le texte-source de chacun des convives, lève toute inhibition, aiguillonne les intelligences.
Houellebecq enchaîne les constats âpres (« N’ayez pas peur du bonheur ; il n’existe pas »), les conseils ascétiques (« Chaque fragment de l’univers doit vous être une blessure personnelle » ou « Le séjour prolongé en hôpital psychiatrique est à proscrire : trop destructeur. On ne l’utilisera qu’en dernier ressort, comme alternative à la clochardisation ») mais aussi l’humour amère : « Si vous ne fréquentez pas de femme (par timidité, laideur ou quelque autre raison), lisez des magazines féminins. Vous ressentirez des souffrances presque équivalentes. »
On s’interrogera peut-être sur la raison incitant Genod à porter ce texte par-delà le périphérique parisien. Sur le motif d’un théâtre si peu dépensier en effets, un théâtre-l’air-de-rien. Peut-être la poésie authentique y renoue-t-elle avec ses ambitions d’immédiateté; peut-être renoue-t-elle, là, avec les choses en soi. Avec la présence. La primauté de l’être sur la représentation contribue à instaurer une modeste communauté, nous rappelant — comme le fait l’auteur lui-même — que « les mots sont sous la responsabilité de l’ensemble de la société ».
Dans ce quasi-rien « théâtral », le poème sourd de la quotidienneté, l’extraordinaire de l’ordinaire, la forme de l’informel, le beau du banal. L’essence des choses ne parait alors plus si loin.

L’auteur est historien et praticien de l’action culturelle (mathieu.menghini@lamarmite.org).

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S ouvenir d'une espèce de vitre


« Le souvenir de notre rencontre me renvoie à un autre temps. C’est précisément durant ces semaines-là que mon texte a quitté son état gazeux pour devenir tangible. Il y a d’abord eu cette lecture à Montévidéo, pour Actoral. J’avais rencontré Yves-Noël quelques mois plus tôt à l’atelier des écritures contemporaines de la Cambre, à Bruxelles, il m’avait entendu lire quelques pages de ce manuscrit encore en cours d’écriture et avait proposé à Hubert Colas d’imaginer quelque chose partant de là.
La recherche qui m’a mené jusqu’à Rétine avait déjà donné lieu à diverses tentatives au-delà des bornes du livre en gestation, en faisant déborder ma pratique vers un régime artistique plus étendu, mais l’expérience proposée par Yves-Noël reste fondatrice non seulement car il était parvenu à donner une présence particulière à mes mots, à les baigner de cette sorte de grâce qui le suit dès qu’il est en scène, mais aussi parce que c’était la première fois que le roman était mis en œuvre. Je me souviens de ces après-midi passés à écouter Yves-Noël en train de chasser, dans mes phrases comme dans l’espace, tout ce qui pourrait lui servir de combustible quand il n’y aurait plus que son corps sur une chaise, son visage coloré par un iPad, un halo de lumière venu de l’extérieur, quelques bruits diffus, et puis mon texte. Il faisait très chaud, c’est vrai, la salle tout juste rénovée sentait encore la peinture, l’acoustique semblait étrange, et en parlant d’un entretien de Paul Virilio, décédé quelques jours plus tôt, nous avions senti que nous étions pris au piège d’une espèce de vitre, entre le public et l’écriture, les gradins et Yves-Noël, et que c’était justement là que pouvait émerger un des aspects les plus importants de mon texte, face aux images, aux illusions ou à la distance, d’où le titre retenu pour ces deux soirs de représentation, L’écrit contre l’écran. Bien sûr, entendre le texte dans ces conditions me mettait dans une posture inédite et vertigineuse, je percevais distinctement les longueurs, les raccourcis, les erreurs ou les trouvailles, j’avais tantôt la sensation que des phrases écrites, raturées puis rapiécées se matérialisaient enfin sous mes yeux, tantôt la sensation que tout l’élan venait buter sur une expression malvenue ou un effet trop démonstratif. Je lâchais prise, je voyais tout, je prenais du recul avec ce que cela implique de doutes et d’insatisfactions, mais d’un soir à l’autre et au sein de la centaine de personnes présentes, je discernais des réactions très hétérogènes face aux mêmes situations. Des gens fermaient les yeux, d’autres s’accrochaient très directement aux paragraphes, ou certains riaient parfois, comme toi si mes souvenirs sont bons. Tout ça me plaisait beaucoup, j’aimais ces attitudes dans leurs différences et les espaces d’interprétation qu’ouvrait le texte. Quelque chose était là. »

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L a Conversation entre amis


« C’est pouvoir dire ce qui a été dit. Donc vous avez besoin de tout ça, vous avez besoin de créativité, de fantaisie, d’idées, d’esprit, d’humour, de tout. Vous avez besoin de comprendre tout ça. Au fond, je sais pas, mais on a un métier qui est très proche de celui de l’acteur. Moi, j’aime bien me comparer aux acteurs. Parce que tous les grands acteurs que j’ai vus dans ma vie, ils avaient exactement les mêmes qualités et les mêmes caractéristiques des musiciens qui sont des très bons musiciens. C’est la même chose.
— C’est-à-dire se mettre dans la peau.
— Oui, et c’est ne pas ajouter. C’est intéressant de réfléchir à ça. Moi, j’imagine toujours l’interprétation comme une conversation entre amis où chacun écoute l’autre. On s’entr’écoute et on se comprend. 
— Mais on écoute l’œuvre et l’œuvre vous écoute : chacun doit avoir sa place aussi.
— Mais c’est là où est le doute. Le doute ou le mystère. C’est où la limite pour l’interprète — ou pour l’acteur — où il peut mettre de soi-même. Ce n’est que quand le soi-même n’existe pas qu’il peut interpréter. Mais en même temps le soi-même revient à sa place au bon moment. Et, à ce moment-là, il arrive et il ne détruit plus l’auteur. Ou le désir de l’auteur ou la transmission de l’auteur. Mais, là, il y a des choses qui sont très mystérieuses parce qu’elles sont tellement fines et difficiles à atteindre d’une certaine façon. Parce que où est-ce que j’ai mis de moi-même dans cette interprétation. »

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Comme tu m'inities à la cul-ture ! (et donc au sexe !) J'ai cru (mais je ne le crois plus) que le Lav Diaz était une boîte de nuit d'un genre un peu hardcore, apocalyptique, comme tu dis. Je lis dans le train et dans « Libé » une série de portraits d'oiseaux de nuit (ceux qui font les fêtes) et c'est pas bien optimiste pour notre futur (e passion l'un pour l'autre)... La meuf d'aujourd'hui dit : « Mais la fête aujourd'hui, t'es obligé de la faire dans ta tête ». Nooooonnnhh ! Je veux le monde réel ! Je te veux en vrai ! pas au cinéma, pas dans la tête. Plutôt dans la peau. Tu me dis si tu me trouves trop explicite. Avec cette période Metoo, je ne voudrais pas me retrouver en taule... (quoiqu'une perspective de fête, peut-être, entre garçons...)

Ma pauvre petite chatte, je m'en veux de t'avoir fatiguée, mais j'ai été si heureux de te serrer dans mes bras (ta forme pleine) de cette manière inattendue 

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B rière


La Baule

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I ntercourse Apparently


« Thus Murphy felt himself split in two, a body and a mind. They had intercourse apparently, otherwise he could not have known that they had anything in common. But he felt his mind to be bodytight and did not understand through what channel the intercourse was effected nor how the two experiences came to overlap. He was satisfied that neither followed from the other. He neither thought a kick because he felt one nor felt a kick because he thought one. »

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« Quand quelqu’un regarde mes images, déclare Robert Frank au magazine Life en 1951, je veux qu’il ait la même sensation que face à un poème dont il voudrait relire le même vers deux fois. »

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Tuesday, September 10, 2019

« la douloureuse et solitaire création vouée aux fantômes »

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Saturday, September 07, 2019

D es gamins par la fenêtre


« Pendant un stage à Boulder dans le Colorado, je regardais des gamins par la fenêtre en prenant mon café. C’étaient de jeunes enfants de 5 ou 6 ans. Ils couraient et sautaient et soudain j’ai pensé que c’était de la danse. Il n’y avait pas de musique. Ils s’amusaient visiblement beaucoup. Field Dances est parti de cette scène. Ils courraient et gambadaient et je voyais de la danse dans ce qui n’était pour eux que du jeu. »

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R entrée


Denise, c’est horrible, j’ai rien foutu de l’été, mais alors, rien, et j’ai même, je crois même plusieurs fois, pris la résolution de plus rien foutre de ma vie ! mais je dois faire un spectacle sur Cunningham dans 15 jours et je suis toujours aussi cool — jamais été aussi cool ! Bref, l’heure est grave, on n’a plus le temps de rien. Peut-être, ce que je peux te demander puisque le spectacle s’intitule encore YNG dira au moins une phrase de MC (et peut-être un peu plus), c’est cette phrase ? Sois gentille. J’en ai trouvé une que j’aime bien (dans « Le Monde ») : « La danse n’est jamais aussi intéressante que lorsque chaque pouce d’espace est comme pris au piège du mouvement » — mais elle appellerait un développement… Tu as sans doute mieux… Peut-être aussi te demander tout ce dont tu te souviens qui a rapport aux bêtes. Je ne sais plus qui m’a dit hier ou je ne sais quand que MC parlait (qqpart) de la manière dont tombaient les animaux (quels animaux ? chats ? éléphants ?) Et qu’il aimait bien observer ça et imaginer transposer avec les Sapiens…
Je t’embrasse, très chère, 
Yvno

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Bonjour à chacun !
On se voit tout de suite. Laurent Poitrenaux m’a dit qu’il vous avait lu le mail (que je remets ci-dessous) qui n’était qu’un pré-projet, mais qui a semblé satisfaire Gwendoline et Ronan. Je chope souvent ce qui est dans l’air et c’est sans doute ce que nous faisons tous, non ? Mais enfin, ces bonnes intentions étant posées, reste à entrer dans le vif du sujet. Et je dois dire que, pour ça, je compte sur vous. J’ai toujours considéré que mon métier de metteur en scène n’en était pas un, au sens où je n’ai jamais eu l’impression de bosser. Pour moi, ce sont les interprètes qui travaillent vraiment (et moi-même quand j’en suis un) (et les éclairagistes, etc.), mais quand je mets en scène ou que je dirige un stage (j’essaye toujours de rapprocher l’énergie des ateliers de l’énergie des créations), je me contente de contempler un spectacle qui me plaît à moi et c’est tout, et, franchement, bien prétentieux celui qui appellerait ça bosser ! Tout ça pour vous dire que comme nous ne nous donnons officiellement pas de thème, ni de texte, ni de dramaturgie, à peine une note d’intention baba cool, le sauvage et le présent, c’est à vous d’inventer votre matériau — et j’en suis désolé, moi aussi, je préfère qu’on me dise quoi faire… En bref, soyez des stars ! (Je serai le premier à vous applaudir.)
A mardi, 
Yves-Noël

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M etoo


Dans le métro, ce matin, on entend soudain le conducteur dans son haut-parleur : « Faites attention à vos affaires, il y a des pickpockets dans la rame, attention attention il y a des pickpockets dans la rame ». Alors je me mets, par désœuvrement (et sans doute comme beaucoup d'autres), à regarder autour de moi qui pourraient bien être les pickpockets. Je regarde pas mal — derrière mes verres miroirs — un jeune homme métis que je trouve puissant, masculin, peut-être un pickpocket, après tout. Il est beau, qqch de sombre, de dangereux, je me demande s'il vole, ce serait possible... Nous sortons ensemble à Place de Clichy et il me dit bonjour. Très étonné, je le retiens (je vais dans l'autre direction) et demande : « Vous vouliez me dire qqch ? » Peut-être qu'il va me proposer de la drogue, je pense (comme souvent). Eh non, bonne pioche : « Oui... T'as un joli petit cul ». « Ah, ben, ça, c'est gentil... », je lui réponds et je repars, malheureusement programmé pour mon r-v, et je regrette de ne pas lui avoir donné mon numéro... C'est vrai, c'est si rare... N'est-il pas une bonne contribution Metoo ? 




J'ai une sexualité officielle homo et j'ai une sexualité secrète hétéro. Je préfère avoir comme sexualité officielle l'homo parce que, n'est-ce pas, par les temps qui courent (et si je veux attraper un Molière), faut pas trop que j'affiche mon hétéronormativité profonde, mon cisgenrisme

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L es Canapés


Le théâtre de Verre est à côté de chez moi, ça m'aurait plu de t'y asuivre en rêvassant t'offrir un VERRE de théâtre un peu plus tard à la maison (faut jamais négliger les motivations érotiques), mais j'ai un dîner — loin de chez moi et inévitable, mon ange. Je n'ai que la nuit. On pourrait peut-être aller à « Possession » qu'on me conseille… (Mais je vois que les préventes sont sold out, ça va être chaud...) J'aime pas tellement le lieu (Dehors Brut), mais y a des canapés...

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« mais profonds sont les problèmes 
profonde est la mère »

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L a Vache



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Friday, September 06, 2019

C 'est une vache


C’est une vache, elle a passé la tête par dessus le barbelé pour atteindre l’herbe et j’ai pensé à la phrase — est-ce un proverbe ? « L’herbe est toujours plus verte chez le voisin ». Et je me suis approché pour l’aider à ramasser cette herbe qu’elle aimait. La vache a été d’une joie folle. Ce n’était pas seulement la joie de la gourmandise mais aussi celle de notre compréhension mutuelle, nous nous entendions 5 sur 5, une complicité parfaite comme en amour (l’amour est toujours transgressif). Son œil était pour moi l’œil de l’Esprit. Evidemment tout cela s’est fait au détriment de la plante (succulente) dont, dans ma précipitation pour honorer l’animal sacré, j’arrachais maladroitement plusieurs fois les racines délicates (qui n'intéressaient pas la vache) — et dont je ne sais même pas le nom

Monday, September 02, 2019

« Pourquoi avoir un esprit, sinon pour en faire à sa tête ? »

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E n gagnant en perdant


« C’est perdre tout gagner, c’est perdre tout, c’est perdre votre âme. Vous perdez votre âme en gagnant, pourquoi ? parce que, en gagnant, y en a d’autres qui doivent perdre. »

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Sunday, September 01, 2019

i magine si ceci


(En copie, Fabienne, Sandrina, Clémence : bonjour à vous !)
Bonjour Pauline ! 
Je ne trouve ton mail que maintenant (bon, il faut dire que j’ai bien décroché, cet été !!!) Très content de ton enthousiasme ! C’est drôle, je viens d'écrire (à l’instant) un mail pour un projet de stage à l’école du TNB (que je donne la semaine prochaine, il serait temps !) et je propose de travailler sur le sauvage — et toi que je lis à présent tu me parles d’ensauvagement (terme qui renvoie à Foucault, etc.). On y est. Je crois qu’on va se comprendre. Le thème de l’échec est très riche, en fait. J’ai commencé à récolter des choses pour une dramaturgie (mais c’est comme une seconde nature chez moi, je n’ai qu’à me baisser pour ramasser) (j’ai le succès de l’échec).
Horreur, je vois aussi que je t’ai zappé sur WhatsApp ! Tu avais une idée à me soumettre. J’espère que tu l’as toujours. Maintenant ça va (ça ne va plus se reproduire, ce silence).
Bien sûr que je peux travailler (mettre en scène) des amateurs d’Ubisoft. J’aime bien mélanger les présences, virtuoses, amateurs, il y a une grâce quand on s’aperçoit que c’est la même chose (mais pour cela, il faut que le virtuose intègre la dimension de l’échec, intègre d’être au niveau de celui qui ne sait rien faire).
Je t’épargne le dossier dramaturgique.
Simplement encore un Beckett : 
« imagine si ceci
un jour ceci
un beau jour
imagine
si un jour
un beau jour ceci
cessait
imagine »
Et une phrase de Maria Joao Pires (à la radio) : 
« Les jeunes ne savent plus ce que c'est que, ce que c’est de vivre sans le désir du succès et à quel point ils sont ignorants du fait que le succès peut engendrer notre malheur »
Il y a plein de bouts de vidéo de mon travail en signature de ce mail.
A tout de suite, 
Yves-Noël

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S ables d'amour