Monday, May 25, 2026

J’avais envie d’avoir un chien. J’avais la maison, j’avais le pays, j’avais envie d’être réveillée par l’amour inconditionnel d’un chien. Oui, il fait beau, oui, la nouvelle journée, oui, faire des courses, oui, regarder le monde. Mais s’aimer d’abord, oui, mon bon chien, I love you
Je ne lis plus les journaux. Je ne parle pas des réseaux sociaux, les algorithmes ne m’envoient que ce qui me fait plaisir (femmes nues, plantes, animaux, philosophie, humour). Mais il y a trop d’horreurs dans les journaux

Elle rentre dans la chambre de sa bonne qui est absente

C’est le matin que la rose est le plus belle

C’est à cet endroit que la route est le plus étroite

« Naître, c’est faire naufrage sur une île. » (James M. Barrie)

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Thursday, May 07, 2026

Tant que je respire, j’espère

Je ne suis pas tous les jours obligée d’aller puiser dans mon passé
Même si je sais que la soirée d’été rappelle les soirées d’été
Un oiseau simple, mais si chantant, si amical, suffit à ma forêt
(Il a voté à gauche, l’oiseau, Paris restera une île)

Croisé aujourd’hui un acteur que je n’aurais pas reconnu, mais qui lui m’a reconnue, que je n’avais pas revu depuis une ou deux ou trois décennies. Que fait-il maintenant ? Maintenant, le réel. Il est maintenant « valet de chambre » dans un hôtel, ce qui consiste à ? « Faire les chambres. » C’est fatigant, mais il aime bien. Il y a aussi sa mère qu’il va voir tous les jours en maison de retraite… Ah, les mères… On a envie de lui dire, à cette mère, qu’il serait temps qu’elle lui lâche la grappe, à son fils, cette mère abusive, bien sûr, y a pas à demander…

L’abandon de l’imagination (c’est le début de la barbarie)

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Wednesday, May 06, 2026

L a Pluie inversive


Quel film vais-je voir ce soir ? Aucun ! Foin des écrans

C’est comme si tout le monde m’avait quitté. Il ne me reste que les opinions, les infos

La pluie, il fallait bien la ressentir, la vivre, la meubler ; c’était parti pour de bon ! Personne n’allait se plaindre, le soleil avait partagé sa vie (on avait eu tant d’été). Mais de là à prendre ma voiture ? Non, je reste sous mon toit de zinc (parisien), fenêtre ouverte
Je suis au bord de la mer, une simple voix du soir, mais elle n’est pas réelle. Elle serait réelle si j’étais vraiment au bord de la mer
Une simple voix du soir, la pluie offerte, l’obscurité finale du jour

Les heures passent si vite, mais je suis ailleurs : dans mon XXième siècle…

Un lapsus dans un rêve : « l’année chiante » au lieu de « la naissance »

En fait, ma vie, il n’y a pas de sens à ma vie, pas de descendance, ma vie s’ouvre sur du vide, de grandes plages de vide
Et il y a cette pluie, cette pluie invasive, intellectuelle
(Le docu sur les araignées, je le regarderai plus tard)

Je veux continuer à vivre du soleil et de l’écriture

Lorsque je suis dehors, simplement dehors, je me dis : « Je veux vivre »

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Monday, May 04, 2026

Bonjour Zhaoran !

Merci pour tout ce que tu dis de gentil, ça a été une belle surprise et une belle leçon pour moi de t’avoir dans l’atelier ; ton instinct, ta concentration et ta connaissance de l’amplitude possible du jeu et de la danse m’ont émerveillé ! Malheureusement, je ne suis sans doute pas la bonne personne pour te parler du VERDICT. Un spectacle, de manière générale, est très difficile à comprendre en vidéo (pour ma part et pour cette raison, je n’ai jamais fait de captation, seulement des clips publicitaires). Donc je ne saurais dire ce que je ressens, en général. Je pense que si j’avais vu ce travail en vrai, je l’aurais trouvé excellent, mais, là, en vidéo, c’est difficile pour moi de ne pas être agacée par ce que je vois : même si je vois aussi que tes jeunes acteurs ont du plaisir à jouer ensemble, je les trouve pris dans la forme. Je n’ai rien contre la forme ; j’aime aussi beaucoup Bob Wilson, Jon Fosse (monté en France par Claude Régy), Samuel Beckett... (cela me rappelle aussi des formes que j’ai vues dru Japon ou de Chine) auxquels ton travail me fait penser — ou ton « imitation » , comme tu le dis si bien. Mais il faut, pour moi, que la forme révèle une liberté, une vitalité, une communication qui n’existerait pas sans elle. Sinon il vaut mieux que l’effort de la forme ne se voit pas. S'il se voit et que la forme n’est ni sublime ni transparente, elle enferme. Je comprends bien que le sujet de ta mise en scène est l’enfermement ! Et, pour moi, ça résonne d’une étrange façon d’imaginer que ce que je visionne a été montré en Chine. Ce qui serait le mieux pour comprendre ce travail serait que tu le redonnes à l’école de Monaco avec des élèves qui voudraient bien le faire, que tu le redonnes en français, pour voir comment ça pourrait résonner dans les conditions actuelles de notre existence occidentale ; pour toi, ça te semblera sans doute étrange, mais, si tu arrives à motiver quelques camarades, je pense que ça serait d’un grand intérêt. Les choses que tu évoques sont universelles. J’aimerais bien les entendre en français (même si la lecture des sous-titre fonctionne). Voilà, hélas, je n’ai pas grand chose d’autre à dire. C’est pour moi un travail d’école plein de possibilités. Il faudrait — à mon sens — que la forme ne mime pas l’enfermement pour que ce soit plus fort. Pour moi (comme je l’ai dit dans l’atellier), un travail théâtral doit toujours se présenter comme une leçon de liberté pour le spectateur. Mais c’est personnel. Je n’aime pas trop les auteurs — pourtant admirables — comme Thomas Bernhard qui maintiennent le spectateur dans la noirceur, l’enfermement… Je trouve plus fort les auteurs (dont Kafka !) qui montre la lumière, qui croit en la lumière, qui la vivent… Tiens, une citation de Franz Kafka : « Je m’efforce d’être véritablement un candidat à la grâce. J’attends et je regarde. Peut-être viendra-t-elle, peut-être ne viendra-t-elle pas. Peut-être cette attente à la fois calme et inquiète est-elle l’annonce de la grâce, ou bien la grâce elle-même. Je l’ignore. Mais cela ne m’inquiète pas. J’ai, pendant ce temps, fait amitié avec mon ignorance. » Il y a un bruit de fond dans la vidéo, sans que je sache si c’était dans la représentation, qui évoque un bruit de train, je trouve que c’est très bien, ils sont — dans leur lenteur — pris dans le voyage d’un train… C’est beau de répéter plusieurs fois la même phrase d’un ton différent, dans un état différent, ça crée des circonstances différentes, des possibilités différentes, comme si la réalité pouvait avoir plusieurs formes, plusieurs résonances… Le feu, à la fin...

Merci d’avoir espéré que je pouvais dire quelque chose de ton travail, ça me touche,

Marie-Noëlle

Je vais relire LE VERDICT, il y a une nouvelle traduction française, pour comprendre ce que tu en as gardé et ce que tu as inventé comme, peut-être, ces très belles phrases que je ne reconnais pas de Kafka : « Dieu laisse tomber un journal depuis le ciel », « Les énormes pierres tombent dans la mer »...

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Saturday, April 04, 2026

Q uelques notes

 
Merci beaucoup, Sandrine, Mathieu… pour cet atelier que vous m’avez permis le plaisir d’avoir mené à bien !

Huit personnes ont suivi cet atelier. Elles ont, à plusieurs reprises, montré l’habileté d’une vraie troupe. C’est ce qui m’a positivement étonnée. Ce ne sont pas des gens habitués à travailler ensemble, m’ont-ils dit, mais ils l’ont fait avec un naturel qui m’a fasciné. Peut-être l’époque qui est à ça actuellement, de nouveau le collectif, je ne sais pas. En tout cas, c’était là, pas à travailler (quand ils étaient entièrement là, pas seulement leur fantômes, toujours une affaire de miracle, quand même...)
 
 

Emma est très douée — tout ce que je vais dire ici sur eux, je le leur ai déjà plus ou moins dit —, mais c’est vrai. Et dans le jeu (théâtre, ciné) et dans la danse. On pourrait se mettre à son service qu’elle nous baladerait dans son grand huit ! Je lui mets 20. J’aurais pu lui retirer quelques points pour son, disons, son hédonisme, mais elle m’expliquait de façon si princesse Grâce qu’elle avait, par exemple, envie de jouer à la balle avec les garçons dans le patio que je ne pouvais pas lui en vouloir. Allez, 20 !

Bleuet est très forte surtout en jeu, théâtre ou cinéma. Elle a fait à de multiples reprises des choses sidérantes de justesse, déjà des personnages très habités, presque sans le savoir on aurait dit ; en tout cas, que je ne voyais pas venir, que je ne voyais pas construire ; engagée dans une confiance, un instinct, 20 !

Zhaoran est très puissant, libre, beau, intelligent (virtuose pour capter les choses avec son téléphone-traducteur soi-disant dont je n’ai pas osé m’approcher), humble. Vraiment très fort en « Tanztheater », très expressif. Je ne sais plus qui m’a dit qu’il a fait en Chine une école de théâtre. Ce qui explique. La Chine a certainement des écoles de très haut niveau d’exigence, il n’est évidemment pas une création ex nihilo — et j’étais bien consciente de profiter d’un savoir qu’il me partageait. Pour ses splendeurs et malgré ses absences matinales (ne soyons pas mesquine, il suffit de le savoir), je lui mets 20 point d’exclamation

Charlotte est extraordinaire : 20 ! Extrêmement douée, agréable. « Agréable » ne veut pas dire agréable, mais humilité, humanité, attention à l’autre, dispo, un allant, comme : toujours prête à jouer, à s’y plonger ou à se laisser entraîner sans ambages. Une très belle présence dans cette troupe, elle diffuse une confiance (dont j’ai aussi bénéficié) : toujours les fluides qui viennent sont les bons...

Maydine aussi est extraordinaire, un amusement à jouer, et puis l’air de rien (son air de rien), l’humour et l’autodérision, amusée du personnage qu’elle trimballe, à l’écoute, elle aussi ira quelque part, je lui mets 18… mais, non ! pourquoi vouloir des nuances ? 20 !!!

Flore-Anh est fabuleuse. 20, bien sûr. Danseuse de très haut niveau, absolument sublime. Si j’avais un projet de danse, je le lui proposerais illico. Vous avez vu comme elle commençait en solo la forme que nous vous avons proposée ? Forme à laquelle elle n’était d’ailleurs pas pour rien car c’est elle qui en a conçu une partie, une chose à laquelle je n’aurais jamais pensé, dont je ne me souviens pas, mais qui a permis tout simplement à la pièce de se constituer. Intelligence, présence, écoute, humilité, tendresse (etc.)

Angelina est une personne si particulière, pleine de traumatismes, de chairs à vif. Une voix si faible, les yeux fuyant la lumière, la peur du contact, ses scarifications qu’elles m’a montrées, mais sa présence est soudain — très souvent — comme une évidence, une grâce, une joie, comme si elle oubliait les drames pour, comme une plante, vibrer au soleil — et son existence est alors un cadeau : 20 !

Léo est merveilleux, ludique, vivant, très actuel, son sourire, son rire, ses fous-rires me resteront comme une rencontre. Parfois, comme avec Angelina (mais différemment), des questionnements empêchent et gênent — ou distraient, plutôt, peut-être. Mais son rôle dans la troupe a été majeur, force de proposition indispensable et jouant cette dispo avec tant de délicatesse que j’ai beaucoup de plaisir à lui mettre 20 à lui aussi !
 
 

Ces 20 qui récompensent tout le monde ne sont pas complètement une blague. J’ai sincèrement été épatée ! Mon travail est un travail sur l’excellence, on pourrait même dire qu’il n’est circonscrit qu’à ça, l’excellence ; il n’y a que ça : le miracle, la grâce sinon rien. Alors, oui, je le dis quand ça se produit : c’est « très bien ». Tous ces étudiants de la côte d’Azur sont très engagés sur de très beaux chemins personnels. Je suis curieuse, chacun, de leur avenir…

Je mets 0 à tous ceux qui ont déserté (quand même, j’ai ma fierté) et je mets la moyenne (10) à Kamal qui, sans me dire pourquoi il était parti, m’a demandé de visionné son travail qu’il m’a très bien exposé et que j’ai trouvé particulièrement riche, intéressant et possible

C’était un merveilleux séjour parmi vous qui restera dans ma mémoire. Continuez-bien dans cette belle école, ce nid d’aigle, et près du club bouliste (une chance que j’ai comprise le dernier soir au moment du « boire un coup » !) Bon courage et plaisir à tous !

Marie-Noëlle

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Sunday, March 22, 2026

L 'Humilité

 
Je me demande comment j’ai pu être artiste (« artiste » sonne comme « autiste »). Ok, c’est devenu impossible à notre époque (notre époque ! quelle est-elle ? elle est déjà ancienne, n’en parlons plus), je pense que ça l’était à toutes les époques. J’écoute, ce soir, les premières chansons de Julien Clerc parce que j’ai croisé tout à l’heure l’un de ses amis (celui qui lui a trouvé son nom, Julien, parce qu’il venait de lire Le Rouge et le Noir), les chansons  dont les paroles étaient d’Etienne Roda-Gil, l’anarchiste (ou fils d’anarchiste) et je pense à l’incroyable difficulté, l’impossibilité même qu’il y a à être artiste, à quémander l’assentiment de la société, à donner toute sa vie, à supplier d’être aimer — avec tous les problèmes qui vont avec, l’hypertrophie du moi… Il est rare, l’artiste qui a réussi à se cacher et à cacher son œuvre dans l’humilité

Friday, March 20, 2026

Les diners en ville comme du camping
Le froid, le merveilleux froid quand on serre sa veste
(foin des écharpes)

On tient pas debout
Un mur qui nous sépare simplement de la mort
Tous ces précieux apôtres…
Une table infinie sur un balcon
Une lumière dorée se reflétait sur le balcon
Tout est arraché à la mort même la vie
Photo photographiée

Oui, la vie se découpe en stridences
en splendeurs
(sale métier !)

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