Thursday, March 04, 2021

F ilm de César


Je reçois ton film dans le mail adressé à tous et je le visionne de nouveau (retouché, j’imagine bien). Il est vraiment magnifique, ton livre des visages ! C’est un très, très beau cadeau, merci ! Ça rassemble ce que nous avons fait ensemble : le peuplement, les générations (et bien sûr la jeunesse)… Je pourrais en parler plus, mais je ne vais pas te faire la retape, on se connaît trop ! (Mais tu me connais bien, j’aime vraiment bien être connu par toi !)

T’embrasse, 

Yves-Noël


Merci mon grand, comme l’indique le titre, c’est une cinégénie provisoire, il faut donc poursuivre, même si ça ne devra jamais être définitif. With love.

César 

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Wednesday, March 03, 2021

B raquer Poitier, de Claude Schmitz


Ton film est sublime, nous l’avons vu hier soir avec mon amie — coiffeuse — à Nantes. Je ne sais pas comment il est fait, il est si singulier. Du coup, je n’ai pas voulu enchaîner avec l’autre (plus ancien ?) qui doit être sur les mêmes principes, j’imagine, mais justement : de peur d’y repérer des principes. Là, je ne reconnais rien. Simplement — et c’est ce qui me fascine —, c’est que « tu approfondis du monde », c’est la formule qui m’est venue, oui, il y a une espèce d’approfondissement de quelque chose de très particulier et que j’ai nommé « du monde ». Bon, bref — et on s’est passé plusieurs fois le clip sublime de la chanson de Jacques Brel, mon amie voulait l’écouter en vrai, je lui ai dit : Non, c’est beaucoup moins beau par Brel ». Alors on l’a réécoutée comme ça plusieurs fois et c’est inoubliable. Mais tout est inoubliable, franchement, dans ce film. Il y a très peu de « film », d’ailleurs, vraiment peu, et beaucoup de « vrai », beaucoup de débordement du film, en fait pratiquement que du débordement, n’est-ce pas ? et en même temps si maîtrisé, si confiant. Un chef-d’œuvre, vraiment, c’est-à-dire un film dont on (je) ne sait (s) pas comment il est fait, comment il fait pour accueillir quelque chose de si nouveau, qui ne ressemble à rien de ce que je connaissais jusque là du cinéma, un film vraiment « personnel ». L’enchâssement des « deux » films, aussi, virtuose, jamais vu, Duras aurait adoré, très onirique. Bref, ce qu’on rêve que nous donne le cinéma de rêve...

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N osvaleurs



Tiens, un ami m’envoie ce bout, c’est extrait d’une interview de Philippe Sollers — et je pense à toi, en tout cas à ce qui t’agace — et moi aussi — dans les journaux, dans les media tellement faux, tellement idiots, mais c’est ainsi, à Flaubert à qui on parlait d’un progrès, je ne sais plus, dans l’imprimerie ou la fabrication des journaux et qui répondait : «  La bêtise ira plus vite »… Je t’embrasse, 

Yvno


« Vous écrivez (dans le chapitre « Désennui », p. 37) « L’enfer est moderne, le paradis est classique ». Un rappel des valeurs humanistes, de la nécessité d’un retour à l’essentiel pour retrouver le sens de la vie ?

— Surtout pas des « valeurs humanistes ». Je me moque sans cesse de l’auteur actuel le plus propagandisé et que j’appelle précisément Nosvaleurs. Nosvaleurs a réponse à tout. Nosvaleurs est républicain, Nosvaleurs est progressiste, Nosvaleurs est de gauche, Nosvaleurs est moral et vous explique tout d’une façon moralisante, Nosvaleurs s’indigne tous les jours. Et je ne parle pas seulement de Pierre Nosvaleurs, auteur considérable, mais peut-être surtout de Caroline Nosvaleurs, qui est aussi pénible que son mari. Je n’ai absolument pas besoin d’un retour à l’essentiel pour retrouver le sens de la vie. L’essentiel, je le respire chaque jour. »


Si tu en veux un peu plus... 

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M aintenant


« Comme les êtres humains étaient devenus craintifs ! Y a-t-il jamais eu dans le monde une telle crainte des hommes, comme la nôtre aujourd’hui ? » 

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Tuesday, March 02, 2021

H amster




Pas seulement drôle, aussi à pleurer. Il faut peut-être prévenir qu’en disant la littérature, la littérature… eh bien, ça fait pleurer (sur soi, sur les autres), ça désole parce que ça chante le malheur (qu’il faut bien connaître pour le chanter). Madame Bovary m’a empêché de dormir (plusieurs nuits), elle est tellement paumée, piégée, j'avais envie de l’aider, l’alouette. J’exagère ; au fond, ce qui fait pleurer, c’est la propre vie de Nathalie Quintane. C’est qu’elle arrive (par quel mystère, quel génie ?) à se mettre vivante dans son œuvre. C’est la vie-même de Nathalie Quintane qui fait pleurer, qui, comme toutes les vies, fait pleurer. Je voudrais l’empêcher de vieillir, je voudrais l’empêcher de perdre son temps dans l’Education nationale, je voudrais qu’il lui arrive de belles choses. Et non ! La belle chose qui lui est arrivée, à Nathalie Quintane, c’est qu’elle écrit et c’est ça qui émeut, cette compensation, elle réussit sa vie de cette manière avec la littérature...

P oids du ciel


« Maintenant, le train longe de grands boqueteaux ; il va d'un bosquet à l'autre avec toujours sa longue vitesse allongée, ce même balancement tout si pareil qu'on dirait qu'il tremble sur place, sauf ces boqueteaux bleus qui passent contre lui avec tous leurs arbres et toutes leurs bêtes endormies. »

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« « Collective poésie où l’aventure de ma vie consiste à ne pas être un intrus », déclare l’impeccable Dominique Fourcade »

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M iroir gagnant (île Tascon)




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M oyen haut allemand


Je pense à toi parce que (mais je pense à toi souvent) je me renseigne sur Wolfram von Eschenbach (cité par Peter Handke dans le livre que je commence, intitulé en allemand : Die Obstdiebin oder Einfache Fahrt ins Landesinnere). Je ne le connaissais pas, et je vois qu’il est né près d’Ansbach ! voilà pourquoi je pense à toi. Peter Handke (ou son narrateur) écrit : « mon éternel troubadour ». Sur « troubadour », j’aime bien savoir que cela veut dire (en tout cas, en français) : « celui qui trouve ». Le poète, dans son invention, n’est pas celui qui cherche, mais celui qui trouve. Après tout, je ne suis pas loin de te rattacher à cette figure qui, moi aussi, m’a accompagné toute ma vie : celui qui trouve, l’éternel troubadour (si tu le veux bien…)

Two soldiers in the family, oui, c’est étrange (on dirait du Tchekhov...), mais je crois me souvenir que Leo est proche de Max, dans son sillage. Je l’imagine très bien faire des choix similaires à ceux de son ainé. Mais ils sont maintenant tous les deux dans des régions très différentes, non ? si Leo est à Washington… Je ne me souviens plus où vous vivez, vous, plus dans la maison où j’étais allé, non ? Tu m’en as déjà parlé, je te fais répéter, sorry… Vous êtes désormais en ville ? Karli encore avec vous ?

Je suis à Nantes depuis quelques jours (plus de travail). C’est déjà le printemps (chaque année plus en avance). Je me suis baigné dans une eau très froide, cela dit, comme j’aime, le dernier jour de février (le 28  donc) et, hier encore, mais sans me baigner, nous étions encore (d’un coup de bagnole) à la mer, dans le golfe du Morbihan, rien de plus beau, de plus tournoyant dans la tête. Bien sûr nous avons trainé (coucher de soleil) et nous sommes rentrés au-delà du couvre-feu (qui est ici très tôt, 6pm). Nous avions imaginé un mensonge : être allés nous promener sur l’île Tascon et avoir été bloqué par la marrée au retour (on voit sur la photo que je t’envoie l’eau envahir la petite route). 

Je t’embrasse, cher ancien Ansbachois, 


Yvno


Oh ! mais je vois aussi que Kaspar Hauser a été assassiné à Ansbach… Je ne savais pas tout ça, dis donc...

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A ussi reçu ce matin un texte magnifique de Jon Fosse

 

Bonsoir Yvno,

Je t'envoie en écho à ce que j'ai lu sur ton blog ce texte de Jon Fosse. Bonne lecture. Oui, Cixous est géniale parfois,  dans un entretien radio elle disait qu'elle travaillait en dormant beaucoup... et au matin le travail est fait ! J'adore.

Porte-toi bien, 

Isa




Le plus important n'est pas de se souvenir

mais d'oublier

bref silence

 

car en oubliant

on se souvient aussi

mais d'autre chose

oui ça va sans dire

très bref silence

 

et toujours c'est autre chose

que l'on préfère

très bref silence

 

oui

oui car

s'interrompant

 

et peut-être est-il aussi

oui important

hésitant

 

de ne pas voir 

que de voir

et il va sans dire

oui

oui qu'il est aussi important

de ne pas être vu

que d'être vu

aussi important de ne pas savoir

très bref silence

 

que de savoir

bref silence

 

car l'un est quand même

à sa manière

aussi vrai

que l'autre

très bref silence

 

et moi

oui

je 

je veux bien être vu bien sûr

mais

avec une certaine insistance

 

oui je veux bien aussi ne pas être vu

très bref silence

 

mais ça va de soi

très bref silence

 

MAIS

oui

oui EUX ils disent qu'ils veulent être vus

ou ils font comme si

oui

bref silence

 

oui que les jeunes filles

s'interrompant

 

oui oui

oui c'est peut-être comme ça

mais ce n'est pas vrai pour autant

 

bref silence

 

non

 

très bref silence

 

pas pour moi

en tout cas

VU

oui

oui

oui je veux être vu

mais compris

 

interrogeant

 

est-ce que je veux être compris

 

avec une certaine insistance

 

pas du tout

ce qui est compris

n'existe plus

sauf en tant que chose comprise

Silence

 

voilà ce que je pense

Silence

 

car il s'agit de vivre dans le secret

Bref silence

 

eux ça leur échappe

ils croient

que ce qui est dit et annoncé et montré

se transforme en un

bien 

pour eux

pour les autres

très bref silence

 

c'est comme ça

bref silence

 

interrogeant

eux

mais qui c'est eux

de qui je parle

eux

silence

réprimant un rire

 

qu'est-ce qu'ils sont bêtes

bref silence

 

car ce qu'il faut

c'est vivre dans le secret

bref silence

 

qu'est-ce qu'ils sont bêtes tout de même

silence

 

Et qu'est-ce que je suis bête aussi

silence

 

MAIS

oui

oui sans comprendre

je fais de mon mieux

pour vivre dans le secret

bref silence

 

mais suis-je capable d'oubli ?

n'ai-je pas le souvenir de tout

de tout

moi

s'interrompant. silence

 

Car l'âme on ne la voit jamais

elle ne se laisse pas voir

bref silence

 

c'est comme ça

silence

 

l'âme c'est comme ça

bref silence

 

qu'on laisse alors les hommes 

vivre leur vie

en se cachant

qu'on les laisse vivre dans le secret

silence

 

qu'on me laisse vivre dans le secret

silence

 

oui

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U ne photo de Tess Noonan qui me propose aussi de lire le livre de Donna Haraway, 'Staying with the trouble' (sur la question du présent, je crois)

Monday, March 01, 2021

L a Magie


« Je ne mélange pas le monde de la foi et celui des illusions. Jamais je n’utilise la magie pendant la messe, sauf le 24 décembre. Ce soir-là, à Saint-Merry cette année, comme auparavant à Saint-François-Xavier, pendant mon homélie sur le thème du Christ, lumière du monde, je fais apparaître des lumières au bout de mes doigts à l’aide d’ampoules invisibles. Je ne le fais que pour Noël, parce que c’est en lien avec ce que j’évoque. »

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Tuesday, February 23, 2021

L a Naturalisation suisse


C'était encore une fois trop chouette de se voir, merci ! Et ta proposition de mariage pour ma naturalisation suisse n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd ! ça me donne une perspective ! Bisous, Yvno




Ahah ! Ça me donne encore plus envie ! D’ailleurs on n’a qu’à faire un spectacle. Ça s’appellerait : Le Mariage !


Oh oui ! Entre l’ânesse et moi, on n'y verra que du feu 🔥


L’ânesse te ressemble un peu, c’est vrai, mais c’est parce qu’elle est très belle ! (et la couleur du cheveu aussi)


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R éponses à des questions


Bonjour Yves-Noël,

Je reviens vers vous avec quelques question pour mon dossier sur la danse que je réalise dans le cadre du concours pour la Fémis (et que dois rendre le 26 février). J’espère que les représentations publiques se sont déroulées comme vous le souhaitiez !

Voici les questions. Si jamais vous rencontrez des difficultés vous n’êtes pas obligé de répondre à toutes, et si vous souhaitez ajouter quelque chose d’autre, ou bien s’il y a un point que vous voulez développer davantage, n’hésitez surtout pas ! 

Merci pour le temps que vous me consacrez et encore merci pour votre spectacle, il a fait beaucoup de bien. 

Bien à vous,

Tess Noonan


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Vous permettez aux gens de se saisir d’un très grand espace et d’accomplir des gestes inédits en quoi ceci est-il important, surtout en cette période de pandémie et d’urgence sanitaire ?


Pendant que je participais à l'une des répétitions, pendant que je dansais j’avais l’impression de retrouver des sensations d’avant, (des trajets par exemple que j’ai fait à pieds, à Paris, la sensation de marcher sur les dalles chaudes du jardin de mes grands-parents dans le Var). Pendant que j’habitais l’espace du Carreau du temple, je me transportais ainsi dans d’autres. Quelque chose presque comme un épisode de mémoire sensible involontaire tel qu’il est à l’œuvre chez Proust – était-ce quelque chose dont vous avez conscience ? Que vous recherchez ? La danse est-elle aussi une pratique de la mémoire selon vous ? 


• Chaque personne a le droit d’avoir son espace de déploiement propre, comment le mouvement de chacun parvient-il selon vous à créer un mouvement d’ensemble ? En ce sens, déployer est-ce se rassembler ? 


• Quel est votre rôle, en tant que metteur de scène pour gérer, structurer ce mouvement d’ensemble ?

  • En quoi la danse permet-elle de penser et de composer avec le vivant ?




Ah oui, sorry ! Je rentre seulement à l’instant d’un voyage dans les Alpes suisses (et je repars en fin d’après-midi à Bruxelles).


1) Le grand espace, je l’avais demandé avant l’épidémie de coronavirus (plutôt que l'habituel théâtre en sous-sol que le Carreau me proposait, j’ai demandé la grande halle malgré toutes les contraintes que cela supposait, répétitions très rares et très espacées parce qu’en temps normal la halle est pratiquement tout le temps louée…)

Qu’entendez-vous par « gestes inédits » ?

2) Je suis très heureux de vos sensations ! Oui, c’est ce qu’on appelle la simultanéité (cf cet extrait de l’émission de radio avec Hélène Cixous que j’ai plusieurs fois cité). C’est ce qu’il y a de plus beau dans la danse, je trouve, la mémoire, le voyage en simultanéité, être complètement ici et complètement ailleurs, l’ailleurs surgissant dans l’ici — et, oui, on peut comparer ce phénomène à la mémoire involontaire de Proust, dans le sens que la mémoire volontaire (le souvenir fabriqué) n’est rien, mais la mémoire de l’oubli, celle qui surgit de l’oubli est tout…

3) Oui, déployer — ou déplier — est se rassembler. L’espace est commun. A condition que chacun accepte de vivre dans cet espace réel commun, on a un peuple qui se lève, on se retrouve soudain nombreux. C’est la plus belle sensation de ces deux spectacles que j’ai donnés cette saison, celui de l’Arsenic, à Lausanne (intitulé : C’est le silence qui répond) et celui du Carreau. Sur cet espace qui est commun, c’est même pire que ce que je vous ai dit. Je viens de lire (en haute montagne) le dernier livre de Bruno Latour : Où suis-je ?. Nous sommes confinés dans ce qu’il appelle la « zone critique » qui est l’espace que la vie s’est créé. Cet espace, au départ, a mesuré quelques microns et maintenant quelques kilomètres d’épaisseur (c’est donc toujours très peu, c’est pour ça que Bruno Latour parle de confinement), mais il a été créé (absolument artificiellement donc) par les vivants (les bactéries, les plantes, les animaux…), c’est celui-là même qui n’existe que de notre partage, de notre mélange, inextricablement, de proche en proche avec les autres… Le défaut de l’homme moderne a été de s’imaginer hors sol ou au-dessus de cet espace, indifférent au reste de la Création. En fait, non, nous sommes dedans et nous ne pouvons pas en échapper : cet espace, c’est nous ! comme la termitière l’est pour les termites. Au Carreau, ce n’était pas que chaque personne avait le droit de prendre toute la place, mais l'absolu devoir ! Cet espace commun est constamment notre création — à chaque vivant, humains et non humains… (Je ne sais pas si je suis très clair, mais je vous conseille vivement la lecture de Bruno Latour.)

4) Mon rôle est très limité. Vérifier que chaque interprète ne s’extrait pas de l’espace (et recadrer au besoin). Et, ensuite, c’est inconscient. Je n’ai pas l’impression d’agir. J’ai l’impression, comme en rêve, d’être le spectateur du spectacle. Je m’émerveille de voir un spectacle qui me plaît. Certes il me plaît. Plus le spectacle est réel, plus il me plaît. C’est-à-dire dans une confiance avec l’espace vrai (pas dans l’invention d’un hors sol). Alors, peuvent se déployer toutes les simultanéités, c’est l’essence de la magie qui ne crée pas, mais invoque, à travers ce grand silence de l'oubli, toutes les mémoires ou, comme dit Proust, les impressions, chaque individu comme un livre ouvert, bouleversant.

5) Je ne sais pas en quoi la danse permet de penser et de composer avec le vivant, c’est l'un des mystères, mais c’est le cas. Comme la musique. Un improvisateur avec qui j’ai beaucoup pris de stages, Julien Hamilton, nous disait que la danse est plus rapide et plus ancienne que la musique… d’abord la danse, puis la musique… que la danse (contrairement à ce que l’on croit) a précédé la musique, qu’on a ajouté ensuite la musique à la danse… 


Au plaisir — et bonne chance pour votre concours !

Yves-Noël

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Monday, February 22, 2021


« Grüber est le plus beau paradoxe que le théâtre ait jamais connu. Nul plus que lui ne voulut chasser le » Théâtre » du théâtre. C’est-à-dire l’hystérie, l’emphase, le paraître, le jeu du chat et de la souris entre un acteur et son personnage, l’épate, l’imagerie, le geste qui claque dans le vide, le théâtre qui fait la pute , qui racole, qui cherche à flatter l’audimat, le théâtre qui pue le compromis. Mais en même temps, Grüber exaltait la convention même du théâtre, ce lieu improbable entre le dedans et le dehors, ce lieu de tous les possibles : des paysans de Tchékhov aux visages peints comme des Indiens devant un public assis sur des chaises comme importées d’un village grec et le tout joué dans le quartier turc de Berlin ( » Sur la grand-route » ). »


« Le spectacle doit finir… La mort n’est pas une chose féroce. Il faut bien quitter le plateau. »

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L 'un des plus heureux hommes de ma vie


Ça a été un tel miracle, ce séjour en montagne dans cet hôtel parfait comme un bateau sur un glacier. Je suis resté cinq nuits dans cette fantasmagorie : merci d'avoir eu cette idée pour moi !... Fais-moi signe quand tu publies des textes, en général je les comprends ; par exemple, un texte venant de toi qui expliquerait le slogan « No culture no futur », je le comprendrais, alors que ce slogan me passe actuellement complètement à côté : il me semble (personnellement) que je n'ai jamais eu plus de futur en vue — et que la culture est un poids dont nous sommes un peu libéré ces temps-ci. L'art, c'est différent, mais je ne m'inquiète pas non plus pour lui. L'art vient du malheur, c'est bien connu, du manque — et nous n'avons pas fini d'être malheureux, n'est-ce pas, de manquer, si ce que disent les climatologues est vrai  — et même si j'avoue être personnellement, en ce moment, sans doute, l'un des plus heureux hommes de ma vie... Je t'embrasse, mon très cher Patrick !


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I mmoralité


Oh ! cher « Libération », je suis désolé d’avoir à te le dire, je suis de plus en plus déçu par toi… Tu es devenu un journal de dénonciation. Certes, je sais bien que c’est dans ton ADN. Serge July appelait au lynchage d’un suspect (finalement innocenté, mais peu importe) dans « La Cause du peuple », au point que Jean-Paul Sartre (pas un enfant de cœur, n’est-ce pas ?) dû se désolidariser, soulignant que la dénonciation (d’un système) ne devait pas viser des personnes. Je suis d’accord avec Sartre. Je trouve que « Libé » traverse une de ses périodes les plus dures, les plus pénibles, les plus caricaturales. Je ne sais pas comment font les journalistes (que j’admire) pour y travailler encore. Il y a parfois trois articles de dénonciation par livraison. J’achète systématiquement le « Libé » du week-end parce qu’il est plus gentil (une sorte de trêve) et surtout parce que le « Libé des livres » est un extraordinaire plaisir. Mais même cette trêve est maintenant défaite — ce qui fait que je me mets à t’en parler : laisse-moi au moins le week-end ! Parfois, je t’achète aussi pendant la semaine à cause des mots croisés (en fermant les yeux sur les autres pages) — parce que mon amie est très douée en mots croisés et que j’essaye moi aussi de m’approcher de cette capacité que j'admire… et sans doute aussi pour le prétexte de t’acheter encore, toi que j’ai tellement aimé…

Bien à toi, mon amour de jeunesse, 

Yves-Noël Genod


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Sunday, February 21, 2021

D evise


« Rien de ce monde ne nous est indifférent »

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Tiens, j’ai pensé à toi (évidemment) en lisant cette phrase dans l’« Autofictif » :

« Mais au fait, que faisons-nous de beau ces temps-ci ? Nous attendons la mort de Godard, puis la fin du monde. » 

Bises jusqu’en Savoie,

Yvno


Effectivement,

merci pour cette belle phrase,

et dans UFE et oui c’était un peu ça et ce qu’on vient de faire à Montévidéo.

« Il va bientôt mourir, Godard ! »

et un comédien rajoutait : « On fera moins les malins ».

Love

C

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Chère Lætitia, c'est si gentil de recevoir de tes nouvelles par le truchement de Google Alertes et ton portrait sur sceneweb, d'autant que je reçois ce mot gentil à Lausanne (ou j'attends le résultat du test PCR pour rentrer en France) après une semaine en montagne à l'hôtel Weisshorn et que je suis déjà tout ému de ça — ça en rajoute ! Love, Yvno


Ah oui ! La Suisse ! J'y retourne demain après-midi. Terre d’accueil... difficile à quitter, maintenant avec des raisons supplémentaires pas très romantiques (test PCR). Évidemment je pense encore plus de ce que je dis sur toi. Quelle chance de te rencontrer. Je t’embrasse

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T raversée des frontières


Tes William Shakespeare m’ont accompagné sur la montagne (hôtel Weisshorn, sublime) et près du lac — et maintenant — tout leur va — ils sont dans la plaine de Bresse dans la maison près de la forêt où vit ma mère dans le présent de la maladie d’Alzheimer et où mon père, en mourant, a laissé les fleurs vivaces revenir chaque printemps (mais de plus en plus tôt)… 

Je t’embrasse, 


Yves-Noël


Maintenant aussi je lis ça 

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S œur notre mère


« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe »

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