Tuesday, June 28, 2022

Bonjour Laurent ! j’espère que tu vas bien. Je vais en Sicile au mois de juillet et Silvia Fanti, de Bologne, vient de me donner le contact de Roberta Mosca qui y vit, je tombe sur une très belle vidéo où vous expliquez votre travail. Est-ce que j’ai vu ce travail, je ne sais pas. J’ai vu un solo avec une danseuse exceptionnelle au théâtre de la Bastille, est-ce que c’était elle, sans doute... (dans la vidéo l’environnement est très blanc, alors que je me souviens du noir du théâtre de la Bastille…)

T’embrasse, 

Yves-Noël




Hello Silvia !

J’aime beaucoup Katerina Andreou, ce qu’elle fait et sa personne — parce qu’en plus elle est une personne adorable, nous avons été interprètes ensemble (dans une pièce de Jocelyn Cottencin).

La mort de Salomé, c’est tout récent ou bien plus ancien ? J’ai ce mail pour Adélaïde : extra.d@wanadoo.fr. Est-ce que c’est le bon ? Je voudrais au moins lui envoyer un mot… Il y a quinze ans, j’ai perdu ma sœur peut-être dans des circonstances similaires (drogue)...

Faire-quelque-chose-vite, c’est presque un titre… ou Faire vite quelque chose

Oui, bien sûr je le ressens aussi, d’autant que le monsieur qui achetait des bouteilles de champagne à l’hôtel Palace (Philippe) me fait suivre son abonnement aux bulletins d'un organisme de prospective politique que je trouvais jusqu’à présent plutôt optimiste, parce que, mine de rien, beaucoup de gens s’occupent à ce que les choses tiennent, mais qui prédit depuis le 15 juin l’effondrement pour fin 22 ou 2023… 

La nuit tombe quand elle veut est l’un des deux plus beaux spectacles que j’ai vu depuis quelques temps (depuis justement qu’on se pose la question : que faire ?) Bravo ! J’ai adoré cette soirée, cette « veillée », comme ils disent, magique, inoubliable, tellement juste. Il faut dire que la cachaça à portée de main et de bouche a participé, dans mon cas, du décentrement… Le deuxième de ces deux spectacles est une soirée unique (la dernière d’une série de propositions chacune différente) de l’artiste-concept-personnage qui se fait appeler Price, j’ai vu ça à l’Arsenic, à Lausanne. On était sur scène dans un théâtre dévasté et il chantait sublimement bien, s’accompagnant au piano, des romances en anglais dont on ne comprenait pas vraiment les paroles, presque sans s’en apercevoir, il chantait en faux anglais, en fait...

Malheureusement pas de stop à Bologne cet été. A cause — c’est terrible — des avions encore moins chers que le train (j’ai trouvé du Nantes-Catane vraiment pas cher). Mais j’adore tellement le train, j’aurais tellement aimé, j’ai honte de ma pauvreté…

Merci de ce que tu dis d’Hotel Palace, c’est très juste. J’aime beaucoup quand je sens qu’une compréhension, qu'une collaboration s’opère… c’est si agréable de travailler à deux ! Je peux travailler dans l’opposition, ça m’est arrivé de temps à autre et, curieusement, les spectacles ne s’en ressentent pas, mais, enfin, ce n’est pas du tout le même plaisir…

Peter Weiss, je connais pas…

Je ne fais plus rien. Mais quand même très rapidement quelque chose en novembre à la Péniche Pop (sur le canal de l’Ourcq), je dois trouver un titre avant l’été, hélas. Ce serait plus facile de faire un spectacle pour ce soir ou demain que de trouver un titre pour dans cinq mois… Faire-vite-quelque-chose…

Merci pour le contact de la sublime Roberta Mosca. Je l’ai vu danser au théâtre de la Bastille dans un spectacle de Laurent Chétouane il y a quelques années… Peut-être que c’est ça qu’il faut faire maintenant, de l’agriculture…

T'embrasse, 

Yves-Noël


Hello Silvia!


I really like Katerina Andreou, what she does and who she is - because she's a lovely person, we were performers together (in a play by Jocelyn Cottencin).

Is Salomé's death recent or older? I have this email for Adelaide: extra.d@wanadoo.fr. Is it the right one? I would like - at least - to send her a note... Fifteen years ago, I lost my sister maybe in similar circumstances (drugs)...

Do-Something-Quick is almost a title... 

Yes, of course I feel it too, especially as the gentleman who was buying bottles of champagne at the Palace Hotel (Philippe) is forwarding me his subscription to the newsletters of a political forecasting organisation that I thought was rather optimistic until now, because, after all, a lot of people are trying to keep things going, but which has been predicting since 15 June that things will collapse at the end of 22 or 2023... 

La nuit tombe quand elle veut is one of the two most beautiful shows I've seen for some time (since the question: what to do?) Bravo! I loved this evening, this "vigil", as they say, magical, unforgettable, so right. The second of these two shows is a unique evening (the last in a series of proposals, each one different) by the artist-conceptualist-character who calls himself Price, I saw it at the Arsenic, in Lausanne. We were on stage in a devastated theatre and he sang sublimely well, accompanying himself on the piano, romances in English whose words we didn't really understand, almost without noticing, he was singing in false English, in fact...

Unfortunately no stop in Bologna this summer. Because - it's terrible - planes are even cheaper than trains (I found Nantes-Catania really cheap). But I love the train so much, I would have liked it so much, I'm ashamed of my poverty...

Thank you for what you say about Hotel Palace, it's very accurate. I really like it when I feel that there is an understanding, a collaboration... it's so nice to work together! I can work in opposition, it's happened to me from time to time and, curiously, the shows don't feel it, but, well, it's not the same pleasure at all...

Peter Weiss, I don't know...

I don't do anything anymore. But I'll do something in November at the Péniche Pop (on the canal de l'Ourcq), I have to find a title before the summer, alas. It would be easier to do a show for tonight or tomorrow than to find a title for five months from now... Do-something-quick...

Thank you for the contact of the sublime Roberta Mosca. I saw her dance at the Bastille theatre in a Laurent Chétouane show a few years ago... Maybe that's what we should do now, farming...

Love you, 


Yves-Noël


Translated with www.DeepL.com/Translator (free version)




Bonjour Camille !

Oui, L’Amant peut se reprendre facilement. Nous l’avons joué plusieurs années dans ce café associatif de Pantin où je donnais aussi des cours, le Pas Si Loin, en juin, à la tombée de la nuit, en lumière naturelle (grandes vitrines) et en pleine chaleur (parfois on s’y croyait, à Saigon). Nous l’avons aussi joué en plein air dans le parc magnifique d’un château pour le festival breton Extension Sauvage (dirigé par Latifa Laâbissi), pareil, aussi à la descente du soir. Mais nous l’avons aussi envisagé en salle pour un projet à la Maison du Japon qui n’a finalement plus donné suite (COVID, etc.) Je ne sais pas ce que ça donnerait, il faudrait retravailler, mais Yuika est tellement douée que je crois qu’elle y arriverait… Simplement, c’est vrai que dans mon travail les lieux comptent. Dans le café il y avait la rumeur de la ville (comme dans le roman dont une version a failli s’appeler L’Amour dans la rue), mais dans la nature préservée du parc du château, parmi les bambous, les oiseaux, parfois invraisemblablement, comme archaïques, préhistoriques, participaient musicalement. On n’a pas trop d’images, quelques photos, quelques trailers… Sous ma signature, vous trouvez des liens évoquant mon travail, mais je vois que je n’ai rien mis sur L’Amant, pourtant l’un de mes plus beaux spectacles. Voici ce que je trouve rapidement : 

https://vimeo.com/343715869 

https://extensionsauvage.com/spectacles/yves-noel-genod/

https://www.facebook.com/watch/?v=367212543909436

Bien à vous, 

Yves-Noël

PS : J’ai un autre projet avec Yuika. Un projet qui s’appellerait Film japonais. Qu’elle se charge — en solo — d’un film entier en japonais et qu’elle raconte ce film entièrement et dans la langue originelle. Qu’un interprète se charge d’une œuvre en entier (de toutes les voix), c’est ce que j’ai plusieurs fois proposé, en particulier pendant la période de Lyon, au Point du Jour, où j’ai été invité pendant quatre mois par Gwenaël Morin. J’ai toujours rêvé (mais, ça, je ne l’ai jamais fait) de voir ce que l’on peut faire passer dans une langue qui n’est pas comprise par le public. J’adore, à l’étranger, voir des films sans sous-titres. J’ai la même idée aussi avec un très bon acteur polonais…


Labels:

Monday, June 27, 2022

Monday, June 13, 2022

he's all smug


I've actually turned up


I rose to the bait


my spunk


the gist of it


ordinary scum


here's a grant


kids are scroungers


luck of the draw


I was fuming


it's ludicrous


bottle of bleach


what a topsy-turvy world !


win, lose or draw


wombs


il est tout content de lui


en fait, je suis venu


j'ai mordu à l'hameçon


mon courage


l'essentiel


racaille ordinaire


voici une subvention


les enfants sont des parasites


la chance du tirage au sort


j'étais furieux


c'est grotesque


bouteille d'eau de javel


quel monde à l'envers !


gagnant, perdant ou nul


utérus

 « En japonais, ikejimé veut dire «mort vive». Une mort sans stress, qui permet au poisson de ne pas dépenser son énergie cellulaire et de maintenir son «adénosine-triphosphate» (ou ATP), une molécule qui maintient les tissus irrigués et vivants. Sans ATP, la chair tourne rapidement à l’ammoniac. Pour maintenir un poisson en état de «mort vive», le pêcheur, sur son bateau ou à quai, introduit à l’aide d’un crochet-couteau un long fil de fer entre les yeux du poisson et le pousse jusqu’au bout de sa colonne vertébrale pour détruire intégralement son système nerveux. La moelle épinière est sectionnée à l’aide d’une aiguille, qu’on appelle taniguchi, de manière à interrompre l’information de mise à mort. La rigor mortis, ou rigidité cadavérique, est ainsi stoppée ; le processus de décomposition du poisson est considérablement ralenti et la chair reste souple. Le pêcheur saigne ensuite le poisson de deux incisions aux ouïes et à la queue, et le conserve dans un vivier d’eau de mer jusqu’à destination – poissonnerie ou restaurant. »

Labels:

Sunday, June 12, 2022

L 'Usage du terrain




 

Monday, June 06, 2022

Oh, merci de ton mot, Silvia ! C’est très gentil de dire que les choses importantes, pour toi, sont Hotel Palace et la Rose de Balzac. Oui, pour moi aussi, ces deux spectacles (que j’ai absolument l’impression d’avoir co-réalisés avec toi) sont parmi les plus importants, les plus frais, libres et encore les plus vivants de tout ce que j’ai fait. Merci ! J’adorerais un Hotel Palace 2 — est-ce que l’hôtel est encore dans son jus ? 

Comme j’ai aimé Bologne en ta compagnie élargie ! Hier, un ami qui retape une maison près de Catane m’a dit qu’il était très copain avec ses voisins qui venaient de Bologne (des sortes de néo-hippies) — Tout un tas de souvenirs sont remontés… Ville de civilisation et de douceur… 

Mais tu m’apprends aussi des choses terribles. C’est affreux, Salomé, de quoi est-elle morte et quand ? Je n’ai pas su...

Teresa, je ne me souviens plus exactement. Est-ce la mère de Vittoria et de son frère (dont je ne retrouve pas le nom) ? 

Mon blog est un peu délaissé, en fait, si, comme ma mémoire. Je le regrette, mais j’interviens plus instantanément sur IG maintenant. 

Je n’ai plus trop de travail depuis quelques années (en tout cas moins qu’avant) et, depuis le 4 février, plus du tout. Comme je ne peux répondre qu’à des commandes (je ne sais pas aller vers les programmateurs en disant : J’ai un projet, il faut le faire), il se peut, ça fait partie du deal, que ça se tarisse… Il y a presque vingt ans (en 2003) qu’on m’a proposé de faire mon premier spectacle (En attendant Genod) et cela m’a ouvert une énorme liberté, mais je me souviens d'avoir immédiatement pensé : « Si on ne me l’avait pas proposé, je n’aurais sans doute jamais rien fait ». Je serais resté interprète… Mais je viens de faire une très, très belle pièce au Carreau du Temple (une halle immense au centre de Paris) avec plus de cent personnes… C’était pendant la période où nous avions le droit de répéter, mais pas de représenter, eh bien, nous avons transformé les répétitions en représentations, ça a été très fort. Nous avons rejouée cette pièce devant un public officiel le 30 janvier dernier — en même temps que je donnais deux autres spectacles à Neuchâtel en Suisse. Puis ça s’est arrêté. Pour te dire, donc, que ton mot m’arrive comme une force — et, encore une fois, une gentillesse —… Marie-Thérèse est morte dans son sommeil, mais elle aura été sur le pont jusqu’au bout. Nous avions un projet pour l’an prochain et aussi, je voulais faire quelque chose vite (est-ce que je pressentais sa mort ? tout le monde y pensait et elle aussi) ce moins de juin, maintenant, un événement, une fête… Je vais essayer d’aller en Sicile au moins de juillet. J’ai entendu dire qu’il y aurait un stage avec Krystian Lupa (mais je n’en sais pas plus) et il y a cet ami qui retape sa maison dans les vignes — peut-être j’irai en train, peut-être en m’arrêtant dans plusieurs villes… Toi aussi, bien sûr, si tu passes par Paris, fais signe, hein ? 

Lot’s of love, 

Yves-Noël 


Labels:

C'est vraiment miraculeux, ton spectacle ! Une chance de le voir deux fois : j'apprends. Tu joues avec les spectres, c'est beau ! Des acteurs, il faut le dire, extraordinaires. Et cette construction magnifique, un jeu de simplifications et de complexifications — très impressionnant comme ça va son chemin dans cette rigueur, cette concentration : la force tranquille (de Mitterrand !) Et d'ailleurs je voulais acheter le livre dans le hall, mais je ne suis pas le seul, il n'y en a plus depuis hier, m'a dit le vendeur !  Bises, Yves-No


Yves-Noël, ton message me touche énormément. Je découvre qu'il y a encore une poignée d'irréductibles sensibles au non-clair, à la puissance retenue, à l'attente sans effets, à cette grâce étrange des acteurs. Le mystère du théâtre est aujourd'hui si peu au théâtre. Je râle, pardon. Mais je me réjouis aussi de partager avec toi cette rareté du regard et de l'écoute qui échappe au sociologique et à l'envie de passer pour quelqu'un de bien. Bref. J'aime ton regard sur le monde et ta façon d'en parler, alors tes mots me font du bien. On t'attend à l'école à la rentrée. Tu vas les adorer. Je t'embrasse. A bientôt. 


Chouette ! — Oui, c'est vrai, tu t'occupes du mystère et c'est pour moi très impressionnant. Chapeau bas !

Labels:

Oh ! ça me fait plaisir que la parution soit encore d’actualité. Je pensais que vous y aviez renoncé — puisque aussi l’expo est passée depuis belle lurette. Ça m’amuse de lire mon texte en anglais ! Je ne connais pas assez l’anglais pour repérer des erreurs (je me suis reconnu, en tout cas). Je vous avais demandé de pouvoir retoucher encore la version française avant l’impression, mais puisque la traduction vous est tardivement parvenue (et sans doute pas si facile d’y revenir), laissons comme ça (on peut toujours améliorer les choses, mais, bon…)

Je t’embrasse, cher Jules !

Yves-Noël




The True Paradises Are the Paradises We Have Lost

Yves-Noël Genod


“Marcel Proust, un roman parisien”

Musée Carnavalet – Histoire de Paris

December 16–April 10, 2022


Paris swarms with magnificent exhibitions. This has not always been the case, but right now, it is. When Jules (I say his name only for the pleasure of the word) asked me to go and see, for May Revue, the one hundred and fiftieth anniversary show commemorating the birth of Proust, I immediately said yes. I love Proust more than anything. He’s my favorite. I created a show about him at the Bouffes du Nord theater in February 2017, La Recherche. What I would like to re-do more than anything else, is this very luxurious show—luxury, it is gift and prodigality—which, having already given me so much, continues to give, like the eternal return of the most beautiful dream, like the infinite pleasure of being in contact with the unlimited delicateness of an infinite work. The Musée Carnavalet is simply the doll’s house version of the life-size museum that is Paris, so, fittingly, the exhibition was, at this (doll’s) scale, kitschy and full of a garage sale’s worth of relics and memories (among which there were nevertheless very beautiful pieces like one of Monet’s masterpieces, Le Pont de L’Europe, Gare Saint-Lazare, usually found in the Musée Marmottan, two sublime photographs by Jacques Henri Lartigue, some drawings by Picasso, a folding screen by Bonnard, etc.). “Visitor friendly,” I thought to myself as I walked into an exhibition more about Paris than about Proust, more for tourists in Paris (the kind of tourists we are all, all the time) than for readers of Proust (that we are, more in secret). His local haunts, the restaurants, the evolution of the Bois de Boulogne, as well as the imaginary addresses in the novel. Little erudition (we are not at the BNF) but instead a superficiality of dreaming, a fog of evocations, perhaps a bit like the cloud of anti-asthmatic powder (Legras powder) that, Jean Cocteau hilariously once recounted, covered Proust’s apartment and his bedroom, which was carpeted in thick cork (a piece of which was displayed on a wall, a blackened relic). All “Paris 1900” clutter, a hodgepodge that could almost be reused for Louis-Ferdinand Céline, the other encyclopedic writer. Fragments of animated images, too, were very moving (because they evoke death). A couple of young obese girls with bows in their hair play in the Champs-Elysées gardens. A photo of Misia Edwards lounging on her yacht anchored at pont neuf. Some interviews as well, taken from a 1962 documentary that is available on YouTube, Marcel Proust: Portrait Souvenir; for example, the interview with “Madame André Maurois,”—in front of which many visitors were gathered—who, strikingly resembles Jeanne Moreau, and who declares that the character “Mademoiselle de Saint-Loup” was based on her. Late one evening Proust, without even knowing her at the time, she being thirteen years old, had wanted to see her, and she was taken out of bed and dressed. She was furious, but “Marcel Proust was a man of bewitching charm” (we believe her). And there was the coat. The p’lisse that Paul Morand speaks of (eliding the ‘e’) in the same documentary, Portrait Souvenir, the one he mentions has “an old, worn-out, otter fur collar”—well, that pelisse was here, near the bars of the bed frame, sublime and heavy, with all its Bakelite buttons intact and worn out at the collar, worn out since forever, according to Paul Morand, perhaps moth-eaten, as though overprotecting his crowning glory from the body now departed. When I put on my show at the Bouffes du Nord, a radio presenter had confessed to me, a bit sheepishly, before a promotional interview, that he hadn’t seen the show but that he was going to pretend that he had. With the knowledge of this lie giving me a certain advantage, I started to make up my story when, all of a sudden, the journalist, referring to an image of the play, says completely naturally, “But, you are not at all dressed like Proust!” I was dressed in a red Balenciaga pyjama set that was too small, with very tall silver high-heels (I was “queer,” as one might say now). I immediately answered, “Ah, sorry, of course! But I entered the stage dressed in Proust’s real coat and, as you might have noticed, I take it off for only a very short time during the show; the coat is of course Proust’s pelisse wonderfully conserved at the Musée Carnavalet, who were kind enough to lend it to me for the show and I thank them very much for that.” Something like that. It was live. There was no objection. No one dared to say I was lying. At the time, I hadn’t yet seen this mythical coat (I discovered it for the first time today), but some of my wonderful friends, Vincent Darré and Elie Top, not to name drop, had lent me a coat that was, it must be said, rather similar, superb, very heavy, a good luck charm, Proustian as hell. They are the people I should truly thank here (apologizing also for holding onto this lucky, talisman coat in the hope that the show will be put on again one day). End of the anecdote. Curiously, I found the exhibition packed at the start, rubbing elbows without seeing anything, on that icy late December morning, and then less and less full as I continued, as though the crowds, with a macabre momentum, had vanished between two rooms, or, more accurately, tired from too many details, had progressively sped up toward the exit. Question: Had everyone here read Proust? Not so sure, I thought to myself. Personally, an exhibition about Balzac, of whom, alas, I have unfortunately read so little, would really interest me. Borges says somewhere that, even more than an oeuvre, what a writer gives to the world, or leaves behind, is an image. Proust’s image floats in the air like the most beautiful of our ghosts. A ghost that was already, without a doubt, present during his lifetime while he was busy writing. “We had the impression that he was a sculpture in the Musée Grévin,” Paul Morand says in the documentary.


Translation from French Aodhan Madden

Labels:

Sunday, May 22, 2022

Wednesday, April 27, 2022

« On dirait que les hommes ont peur de ne pas mourir à voir tout ce qu’ils inventent pour se tuer »

Labels: