B ob dit l’âne
Il ne faudrait lire que des livres avant l’Intelligence.
Bien sûr, Rimbaud aimait, il l’a écrit dans Alchimie du Verbe : « les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs. » Tout ça, l’Intelligence pourra le faire. Et de nouveaux poèmes d’Arthur Rimbaud, elle pourra le faire et ce sera beau ! Et comme on adore Rimbaud, on adorera les poèmes que l’Intelligence inventera dans son style — comme on aimera les nouvelles chansons de Barbara — puisqu’on l’aime tellement — ou d’Elvis ou de Bob dit l’âne. Mais ce sera tout, il n’y aura pas de « nouveau Rimbaud » (c’était déjà assez étonnant qu’il y en ait eu un !) Ou maybe ou maybe not (ce qui means la même chose, notez...)
C’était une sieste, au bord du nez, à peine, et je me redressais pour le noter : « Je m’endormais dans des odeurs imaginaires »
« Et tout au bout du porte-à-faux, dans le salon suspendu »…
Dans un monde sans oreille où l’on entend encore l’absence
« Vous constatez déjà que
bien que je ne sois qu’un simple
directeur de la photographie,
j’ai retenu certains enseignements fondamentaux de Platon,
par exemple que notre réalité n’est qu’un poste de télé
dans un poste de télé lui-même dans un poste de télé que nul ne regarde » (A. C.)
C’est curieux comme les journées passées sont toutes en hiver
Les journées passées appartiennent à l’été
Bobo et ses amis, Patricia, Victor et Geneviève étaient allés voir le dernier film de Bruno Dumont. J’étais invitée aussi, mais je me méfie des films et je les avais rejoints après, pour le débat. Ils n’avaient pas aimé le film, à des degrés divers, mais je leur faisais remarquer que, tel qu’ils m’en parlaient — et je leur demandais des détails et des explications —, ils me donnaient très envie de voir le film. Bien sûr, je n’allais pas y aller, c’était purement théorique : ce que j’aime par dessus tout, c’est le récit qu’on me fait des films. J’aime aussi raconter ceux que, par hasard, je vois le plus souvent à la maison (comme THE HUMAN FACTOR, qui passe sur Arte). J’aime voir s'éclairer l’imagination de mes interlocuteurs. Évidemment, ça marcherait aussi avec les livres, mais si peu de gens lisent en ce moment, c'est décourageant. Même s'il est bien clair que toutes les époques sont dégueu, j’aurais aimé vivre à une époque où les gens lisaient et s’échangeaient. Comme je suis conne : je l'ai vécue, cette époque !
Un écrivain important réussit à prendre la place de souvenirs d’enfance. Pas prendre la place, mais se faufiler parmi.
« Un cerveau apprend ce qu’il désire »