Sunday, December 04, 2022

D ans l'éclatement de l'univers que nous éprouvons, prodige ! les morceaux qui s'abattent sont vivants


Bonjour Loïc, j’ai vu Jennifer très en forme après le spectacle sublime de Trajal Harrell. Elle vit à Stockholm maintenant, elle est prof. On a beaucoup parlé de Morceau (à Alexandre Roccoli qui ne l’avait pas vu). Elle se souvient de beaucoup de choses. Tout revenait comme avant. Je lui ai dit que j’allais te proposer d’essayer de le reprendre, qu’il fallait en parler. Refaire Morceau. Elle a dit (j’ai recopié) : « Sans répéter. Trouver les vieux consignes et se rencontrer sur scène. Répéter, c’est niet ! » 

Elle parle toujours aussi mal français que quand on se moquait d’elle. Bref, elle est intacte. Et, de ces consignes, justement, elle se souvient de beaucoup. Elle se souvient par exemple de : « Comment c’est possible de ne pas construire quelque chose ». « Comme un cadavre exquis ? » a demandé Roccoli — et c’est vrai que ça fonctionnait pas mal comme un cadavre exquis. Etc. 
Bon, et puis si on ne reprend pas Morceau, je t’annonce de toute façon solennellement que je cherche du travail. Si tu as une idée… Comme tu sais sans doute, je viens de faire mes adieux (trois compte-rendus ci-dessous, Thibaudat, Beauvallet, Lasserre). Je me sens libre pour du nouveau, enfin du nouveau, déchargé d’un cycle, relancé finalement, prêt à tout.
T'embrasse, 
Yves-Noël 


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Merci, Gérard ! Le spectacle de Trajal est tout simplement l'un des plus beaux spectacles que j’ai vu de ma vie. (J’apprends avec grand plaisir que vous reprogrammerez Trajal l’an prochain.) Comme tombé du ciel. Dieu sait si j’en ai vu, des belles choses, des Pina Bausch, des William Forsythe, mais, là, c’est encore (pour moi) un nouveau territoire de la beauté, une nouvelle marque. Evidemment ce qu'il se passe quand on voit qqch qui dépasse tout le reste, c’est que j’aurais voulu ne plus voir que ça, y retourner tous les soirs. Mais j’avais des places pour d’autres spectacles (tous du festival d’Automne d’ailleurs) et encore demain.

Je constate que je ne pourrais pas être critique de théâtre : je n’ai pas l’enthousiasme de ceux qui aiment tous les jours quelque chose… Je ne veux aimer qu’une chose. Et cette chose, c’est Trajal.

Amitiés, 

Yves-Noël

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L ittérature de l’instabilité


« Voilà avec quoi je me bats, cette grande masse informe qui change sans cesse, et qui n’est pas capable de s’accorder elle-même sur sa véritable nature, voilà à quoi j’essaye de donner forme et, en ce qui me concerne, parlant à présent moins comme écrivain que comme lecteur, je préfère accorder ma confiance aux auteurs qui reconnaissent l’existence de cette bataille, qui vous font comprendre que toute forme qu’ils imposent à cette masse confuse n’est que provisoire, que leur vision personnelle du monde vient s’interposer, qu’il est très difficile de sortir du cadre. »


J’écrivais sur mon carnet, sans doute devant un spectacle à la beauté incomparable (puisque j’en parlais ensuite dans le même mouvement) : C’est bizarre, cette histoire de « consentement »... « Quand c’est non, c’est non »... Je ne comprends pas bien, parce que, moi, c’est toujours oui. Il y avait même le titre d’un double spectacle (un diptyque) joué à la Cité internationale [Où je me trouvais et sans doute la raison pour que ça me revienne.] qui s’appelait, titre volé sans son consentement à Stéphane Bouquet (l’un des plus grands poètes que je connaisse) : — je peux / — oui. On me demande si je veux : je réponds toujours oui. Il m’est arrivé de dire non, mais c’est de l’ordre du remords, quelque chose qui me poursuivra jusqu’à la fin de mes jours. Salaud d’avoir dit non. Horreur de se souvenir d’avoir dit non alors quon me proposait d’être un morceau de chair. Amitié pour tous les gens que j’ai blessés en disant non, regrets, tendresse, pardon supplié. [Ensuite je parlais du spectacle à la beauté à nulle autre comparable, sans doute le spectacle qui, lui aussi, disait toujours oui]

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Saturday, December 03, 2022

Le spectacle de Zingaro est bien le seul que j’aurais pu accepter de voir avec Hélène, le 23 novembre, la veille de ma générale — la générale de mes adieux à la scène qui se sont joués sur la péniche La Pop amarrée sur le bassin de la Villette — où nous nous sommes rencontrés — parce que je savais que ce spectacle ne pouvait que me faire du bien, ne me ferait pas de mal. En plus, je crois que c’est le plus beau spectacle de Zingaro que j’ai vu — ou peut-être est-ce dû aux circonstances. J’ai pleuré devant les images sublimes et vivantes en pensant : C’est ce que j’aurais voulu faire de ma vie, des féeries… 

Merci !
Amitiés, 
Yves-Noël

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L a Maman et la putain


Il est intelligent, l’article de Mona Chollet (après celui de Michel Guerrin) dans « Le Monde » à propos des Amandiers. Mais peut-être qu’il n’est pas très difficile d’être intelligent à propos de ce film (et de ce documentaire sur Arte) parce que Valeria Bruni-Tedeschi dit tout, déjà, il n’y a qu’à l’écouter. Elle est à livre ouvert, elle révèle sa folie. Personnellement, j’aime les gens qui me la montrent, leur folie. Personnellement, je suis tombé amoureux d’elle. L’article de Mona Chollet se termine sur cette question (avouée naïve) à laquelle je peux répondre : « Pourquoi ne pourrait-on pas garder la liberté, l’exubérance, la fantaisie, tout en s’assurant que cette liberté est bien la liberté de tout le monde, tout en refusant d’infliger ou de tolérer des violences sexuelles, physiques, psychologiques ? » Bien sûr, on peut. Je connais, j’y ai travaillé, la merveilleuse école du TNB dont l’une des actrices qui en est issue faisait aussi partie de la distribution du film et de la joie du tournage : « C’était du pur présent », dit-elle de ce tournage. Mais, en général, François Sureau l’a montré, on ne peut pas avoir à la fois la liberté et la sécurité. C’est soit l’un, soit l’autre. Plus de liberté, c’est moins de sécurité, et plus de sécurité, c’est moins de liberté. C’est comme ça, c’est le réel. Et on peut toujours avoir l’intention de le changer, ce réel, on n’y arrivera pas. Alors, de rage ou de bonne foi, on l’empirera — l’enfer est pavé de bonnes intentions. 


Il y a aussi que Sofiane Bennacer, acteur extraordinaire que l’on compare à Marlon Brando ou à James Dean, a fait partie d’une promotion d’une école, « Premier Acte », imaginée pour favoriser l’inclusion des personnes issues de la diversité qui n’accédaient que très peu aux grandes écoles de théâtre. Je l’ai eu en stage dans ce cadre-là. Le groupe était formidable ; je me souviens leur avoir dit, dès que je les ai rencontrés : « Vous avez cet avantage énorme sur les acteurs bourgeois, c’est que, vous, on voit immédiatement que vous venez de la rue (ce n’est donc plus à « jouer ») ». Le groupe était formidable, que des gosses de la Méditerranée, et Sofiane était le meilleur. Oui, il s'agit de gens très jeunes. On ne parle plus, là, de Polanski ou de Weinstein. Qu’est-ce qu’on va faire de ces gens ? Les renvoyer dans leurs quartiers Nord ? Oui, le machisme existe chez les garçons qui ont une mère méditerranéenne (juive, arabe…) parce qu’une mère qui dit oui à tout à son bébé (je le racontais il y a deux ou trois ans dans un spectacle), eh bien, devenu adulte, le même aura quelque difficulté à comprendre que d’autres femmes que sa mère puissent lui dire non ! Qui jouera ces hommes — qui personnellement m’émeuvent et m'attirent énormément ? Qui les représentera ? Et sera-t-il encore possible même de les représenter ? Au moment de « MeToo », Michel Fau remarquait une chose hélas triste et juste : « Avant, les actrices jouaient comme des cocottes (qu’elles étaient), maintenant elles jouent comme des bourgeoises (qu’elles sont) ». Est-ce mieux ? je veux dire : du point de vue de l'art. Ça reste à démontrer (et c'est parfois démontré, il faut être honnête). Voilà, ce que je voulais dire, c’est simplement ça : on peut avoir la nostalgie de la liberté. On peut avoir cette nostalgie très fort. Le merveilleux Jean-Paul Muel — avec qui j'ai travaillé — raconte des histoires d'un autre temps (d'un Moyen-Âge...) et les termine toujours par un sonore : « Eh bien, c'était une époque où les gens savaient vivre ! ». Oui, même si on sait qu’elle ne reviendra jamais, la liberté. En tout cas pas de cette façon, peut-être d’une autre, on ne sait jamais. Bien sûr, sans doute d’une autre façon,  je reste positif...

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TITANIC, hélas, Photos de Philippe Duke

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R etours (TITANIC) (3)


Philippe Duke (Philippe Mangeot)


C’est la deuxième fois en quelques mois que l’écoute sur scène de Der Doppelgänger de Schubert m’arrache des larmes. Aujourd’hui c’était dans le noir de la péniche La Pop, au début de Titanic, hélas, le spectacle d’adieu à la scène d’Yves-Noël Genod.

On aimerait que ce soit faux, qu’YNG ne naufrage sous nos yeux que son double, ce « pâle compagnon » qu’évoque le lied de Schubert. On veut y croire, en se disant qu’il ne cite pas par hasard Claude Régy et Marguerite Duras, avec qui il a travaillé, et pour qui entrer sur scène était une mise à mort symbolique : tout beau théâtre tient de la cérémonie des adieux.

Mais on est pas sûr qu’il s’agisse de cela : chez Yves-Noël Genod, la frontière entre l’homme et le rôle n’est jamais claire, et c’est aussi de la difficulté d’être un artiste à partir d’un certain âge, quand beaucoup de celles et ceux avec qui on a travaillé sont morts.e.s ou ne donnent plus de nouvelles, quand on est une actrice d’une autre époque, quand « la situation n’est plus aux p’tits gars comme [lui] » que parle Titanic, hélas.

À la fin, YNG se tait, pique un somme sur un hamac, laisse la place à deux spectres —Marielle Monnié qui parle sans voix et Aymen Bouchou qui chante des tubes déchirants —, puis il se relève et disparaît derrière une porte. Et on se dit que c’était c’est peut-être vrai, que c’était peut-être la dernière fois.

Le spectacle tout entier entretient cette incertitude. Il convoque mille fantômes sur un plancher défoncé, mixant leurs mots dans une folle logorrhée, récitant des poèmes angoissés (« les vagues terreur de ces affreuses nuits / Qui compriment le cœur comme un papier qu’on froisse » — mes deux vers préférés de Baudelaire, entendus ici comme jamais) : dans ce bateau ivre tout sera bientôt consommé. Et pourtant, ce Titanic a le ressort et la drôlerie d’un stand-up : ici, on tient debout et vivant, tant du moins qu’il y aura du champagne (qu’YNG a distribué au public à l’entrée) et des pastilles pour la toux (qu’il file au cours de la pièce à une spectatrice enrhumée).  Ces adieux ont des airs d’impromptu, avec ce que cela suppose de « non finito ». YNG est mort, longue vie à YNG.




Antoine Pickels


Bonjour Yves-Noël

On s’était croisés quand tu étais venu donner un workshop au Cifas à Bruxelles (même si je ne m’étais pas beaucoup occupé de ce stage, je pense que je préparais un festival ou une publication, j’avais juste dit que c’était très bien de le faire… et à peu près disparu). 

J’ai vu hier Titanic, et j’ai trouvé ça splendide – c’est ce qui m’a plu le plus de ce que j’ai vu de toi (et j’ai bien aimé déjà bien d’autres projets). Juste pour le dire, déjà. Un équilibre ici entre le tenu et le flou qui m’a subjugué.

Je me demandais sournoisement s'il s’agissait définitivement de « dernières représentations » ou s’il serait envisageable d’imaginer d’autres représentations de ce dernier spectacle ailleurs — de faire tes adieux à Bruxelles, par exemple dans le festival Trouble dont je suis curateur (prochaine édition du 18 au 22 avril). On devrait pouvoir trouver une péniche (ou une écluse). Ou l’imaginer.

(NB: ce week-end, pour une raison indépendante de notre volonté le site du festival déconne complètement, mais d’ici mardi, disons, cela devrait être rétabli – si tu veux voir ce dont il s’agit.

Je sais que tu es souvent à la Cambre (où j’enseigne aussi, performance et histoire des arts vivants), hier on est repartis ravis manger un bout avec Gilles Collard qui m’a dit que cette idée n’était peut-être pas si folle, en tout cas que cela valait la peine de te poser la question. Voilà.

Bien à toi,

Antoine Pickels




Elena Andreyev


Cher Yves-Noël Genod,

J’ai eu votre mail par Gérard Pesson : nous faisons partie du même fan-club….

Par où commencer et comment — voici un moment que je veux vous écrire (depuis mars 17, me dit mon journal, lorsque j'ai vu La Beauté Contemporaine à la Ménagerie de Verre). Mais voici — je suis allée voir, deux soirs après Titanic, hélas, un spectacle de danse qui m'a fait penser, dans son organisation (sa conception même sans doute), au manque de bienveillance qu'il faisait ressentir, entre nous, entre tous — je me suis dit en sortant qu'il faudrait faire un spectacle dont ce fût (la bienveillance) le sujet, et puis je me suis dit que j'avais vu ce spectacle il y a deux soirs, dans la péniche Pop. La coupe de champagne avec laquelle vous nous tiriez du froid, les coussins distribués en s'assurant que chacun était bien, vos acolytes visibles et invisibles, nous n'étions pas seuls — et si c'était bien vous que l'on venait  voir, écouter, on se sentait étrangement écouté, entendu, accueilli, entouré.

Et puis je vous ai aperçu, à quelques rangs devant moi, le lendemain encore, à l'extraordinaire spectacle de Trajal Harrell, et la boucle se bouclant je me suis dit que je vous écrirai, pour quoi je ne sais pas trop, mais au moins pour vous dire que ce que vous donnez a une bonne petite tendance à me bouleverser, à faire vibrer cette longue et fine corde de mélancolie qui sous-tend, à me fasciner aussi parce que je ne vois pas bien de quoi c'est fait, sinon de présence, de justesse, de gentillesse (au sens le plus doux et poignant du terme), de distance exquise. (et de toutes sortes de références, de Sylvie Joly à Proust, en passant par le chevrotement de Jankélévitch et les blagues belgo/portuguaises, qui me sont amies).

Je me souviens encore de ce que nous étions sortis aériens et transportés de la Ménagerie de Verre : cette belle jeunesse, forme et informe, liée et déliée, masse devenue mousseuse de laquelle s'échappaient tant de traits très singuliers — l'articulation et le legato du groupe : c'était « la petite bande », dans toute sa beauté, si incroyablement, si essentiellement donnée à voir et sentir. C'est du parfum pur. J'en suis restée shootée pendant un moment, comme je le suis aujourd'hui après Titanic — et comme ça n'arrive pas si souvent il faut que je vous le dise, et que je vous remercie de donner ainsi du goût à l'existence.

Mon souvenir de ce temps dans la péniche (je dis temps parce que ce n'était vraiment pas une heure ou deux, c'était du temps, un temps dans lequel j'arrive à retourner parce que vous en avez ouvert la porte, en bon Mage) feuillette encore, fermente encore, bouleverse encore. Je ne saurais dire si votre voix est grave ou aigüe, mais je l'entends encore — sa vibration continue d'agir à mon oreille, et me maintient dans une zone affutée, attentive, interloquée, interlope sans aucun doute !

Votre spectacle s'appelle Titanic, et pourtant vous évitez, avec une grâce qui n'est qu'à vous (mais c'est sans doute une espèce de pléonasme — peut-on avoir une grâce qui n'est pas la sienne.., c'est peut-être seulement ça, la grâce) le moindre petit écueil — ou l'effleurez d'une caresse en passant. Nulle catastrophe dans cette navigation qui tient plus du tapis volant que du paquebot — si ce n'est celle de notre existence, de chacun de nos big & small bangs.

Cher Yves-Noël Genod, je ne vais pas vous ennuyer plus longuement avec ces élucubrations — il y en aurait bien d’autres, et des questions… je vous envoie tout de même ce mail en sachant (je suis musicienne) que ça fait plaisir quoi qu'il arrive d'avoir des retours, et espère ne pas vous avoir emm...é.

Je vous envoie un cd par la poste, histoire de la ramener un peu.

Je vous embrasse, avec toute la distance sociale que permet le mail et que vous pourrez choisir.

Fourcade m'a dit un jour qu'il ne fallait jamais hésiter à dire que l'on aime : voici.

With Love, 

ea


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Friday, December 02, 2022

A nimaux de scène


Quelle émerveillement ! — je te disais — de te retrouver — et de te découvrir — dans la munificence de ce spectacle, une des choses les plus belles que j’ai jamais vue et surtout d’une beauté nouvelle, tout à fait inconnue, un nouveau territoire (pour moi, en tout cas), pas Pina Bausch, pas William Forsythe, non, a new brand. J’ai découvert Trajal seulement avec son solo (´Dancer Of The Year’) last year — que j’ai vu immédiatement plusieurs fois et, maintenant, j’enrage de m’être engagé ailleurs et de ne pouvoir revoir ce soir et demain ce qui me paraît si inouï, si inimaginable, invisible comme un rêve, ce dont je voudrais avoir la preuve encore… Trajal dit dans le programme  qu’il recherche des « bêtes de scène », des « poneys de spectacle » : quelle merveille de te découvrir ! Dans ce rêve, tu es le rêve du rêve ! Tant de dons, tant de réussite, tant de liberté ! Comme je te disais, plus encore que ta splendeur et la splendeur de ta danse, c’est ta présence qui m’a sidéré — comme si le théâtre était à peine assez vaste pour toi, comme s’il était ajusté comme une robe à tes épaules. Bref, tu es mon idole, ma divinité (pour rester simple car nous savons rester simple) et je te souhaite, cher Thibault, tout le bonheur et tout l’or du monde — bonheur et or que tu n’as déjà reçu qu’en trop plein (que tu puises dans ton lac profond certainement !) puisque tu les dispenses, les dilapides si prodigieusement lors de cette soirée de bienfaisance, cette soirée de consolation suprême dans laquelle, pauvre bougre, ton serviteur, a eu l’opportunité — par on ne sait quelle erreur de casting ou incroyable miracle — d’être invité justement la semaine où il avait décidé de faire ses adieux, chapeau très bas, mon très-haut ! Tu es mon renouveau !
Si ce n’est pas une lettre d’amour, ça ! mais que faire d’autre ? je suis fan… Danse bien ta vie que tu sais si bien transmettre !

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H orreur


« Regardez le Canada, où l’euthanasie est devenue légale en 2016. Moins de deux ans plus tard, la Cour supérieure du Québec a jugé que la notion de maladie en phase terminale dans la loi canadienne est discriminatoire et, donc, inconstitutionnelle.

Pourquoi n’autoriser l’euthanasie que pour les patients en phase terminale, qui ont déjà accès à un éventail toujours plus large de soins palliatifs, alors que les malades chroniques peuvent souffrir plus intensément et beaucoup plus longtemps ? En 2020, nous avons décidé d’inclure également les malades psychiatriques. Cette pente glissante se pare des atours de la justice, de sorte que les prochaines étapes sont facilement prévisibles. Pourquoi seulement une mort assistée pour les personnes souffrant d’une maladie, et pas pour celles qui souffrent du manque de sens, de marginalisation, de la solitude, de la vie elle-même ?

Voilà le paradoxe de la légalisation de la mort administrée : ce qui est perçu comme une occasion bienvenue par ceux qui sont attachés à leur autodétermination devient rapidement une incitation au désespoir pour les autres.

J’ai vu littéralement des centaines de rapports d’euthanasie dans lesquels le souhait de protéger ses proches de l’agonie, de leur éviter d’être témoins de sa souffrance ou de devoir porter le fardeau des soins était l’une des raisons, sinon la raison essentielle, de demander une mort administrée. Dans une société où l’aide à mourir est accessible, les gens sont confrontés à l’un des choix les plus déshumanisants qui soient : est-ce que je veux continuer à vivre ou est-ce que je veux mettre fin à mes jours ? »

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Tuesday, November 29, 2022

Tes fleurs fleurissent toujours. Mais je les ai laissées au théâtre, c’est quand même plus leur maison (que chez mon petit chez moi). 😘


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T ITANIC, compte-rendu d'Eve Beauvallet


Stand-up

Yves-Noël Genod, les adieux à la scène d’une «grande actrice»

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Icône des marges, génie de l’incongru, l’ancien acteur de Claude Régy et ami de Marguerite Duras tirait, ce week-end, sa révérence dans «Titanic, hélas», sublime stand-up donné sur une péniche dans l’adoration de son public et l’indifférence des «pros». Touché, vraiment coulé ?



Le spectacle prend la forme d’une adresse drôle et mélancolique d’une génération d’artistes à l’autre. (Photo © Sébastien Dolidon)

par Ève Beauvallet

publié le 28 novembre 2022 à 16h12




Il cite Françoise Sagan et les Grosses Têtes avec la même grâce. Pour un peu, il ferait passer du Patrick Timsit pour du Marguerite Duras. Il aime à la fois le chic et le toc. Quand il «reçoit» au théâtre comme d’autres tiennent salon, il sert toujours aux spectateurs du champagne dans des verres en plastoc. N’est-ce pas la moindre des choses quand on est la plus grande actrice de son époque ?

Ce week-end, à contrecœur et presque en douce, Yves-Noël Genod faisait ses adieux à la scène, sur la Seine. Dans la cale d’une péniche parisienne, ses fans s’entassaient sous des manteaux, des plaids, et quelques gilets de sauvetage pour entendre son Titanic, hélas (c’est le titre), révérence tirée à une carrière qui prenait l’eau. Tandis que l’artiste disparaissait dans le noir, main dans la main avec une vieille dame au dos voûté, maquillée de fards colorés et gantée jusqu’aux coudes comme les chanteuses de music-hall, le froid et l’émotion faisaient naître de la buée sur les hublots. Que s’est-il donc passé, dans la société, pour qu’on doive se passer des dingueries d’Yves-Noël Genod ?


A poil dans les vestiaires


Inoubliable pour son petit public d’addicts, tout à fait inconnu pour les autres, l’acteur, metteur en scène, grand accoucheur d’acteurs (mémorables Marlène Saldana ou Jonathan Capdevielle), avance lui-même des hypothèses en ouverture de ce sublime stand-up de fin du monde. Fin d’un monde, en tout cas. Le spectacle prend la forme d’une adresse drôle et mélancolique d’une génération d’artistes à l’autre. Les temps, constate-t-il, ne sont plus «aux p’tits gars» comme lui. Sans amertume, il en prend son parti. Quand Yves-Noël Genod est monté sur Paris pour jouer dans les spectacles de Claude Régy – un metteur en scène mort aujourd’hui, et dit-il, déjà tombé dans l’oubli –, «tous les garçons étaient homos […] La tendance s’est renversée et c’est normal […] mais, moi, je ne suis pas une petite chanteuse lesbienne de vingt ans, bien entendu ; hélas». Nécessairement, aujourd’hui, face à tous ces jeunes «homos déconstruits», comment ne pas apparaître, poursuit-il avec son élégance de grande dame, comme un «vieux naturiste» quand il prend sa douche à poil dans les vestiaires du théâtre, sous les yeux gênés de ses comédiens qui, tous, bien sûr, ont gardé leur slip ?

Dans sa bouche, les mots «vieux phoque» ou «grosse gouinasse» brillent du même raffinement qu’un vers de Charles Baudelaire. On ne peut pas dire ça ? Alors on ne peut plus rien dire ? Mais Yves-Noël Genod peut tout dire. D’abord parce qu’on n’est jamais sûr que ses mots soient bien les siens. Titanic est un grand jeu de sample, et n’avance que par citations, une polyphonie de voix où s’enlacent, sans que l’on sache vraiment à qui attribuer quoi, les mots de Florence Foresti et de Michel Houellebecq, de Paul Verlaine et d’Elie Semoun, de Vivienne Westwood et de Luc Plamondon.


Jeanne Balibar flanquée d’un dindon


Surtout, rôdent ici en fantômes les voix des plus mégalo des divas d’antan, grotesques dans leur besoin de briller, pathétiques dans leur peur panique d’être oubliées. Et Titanic devient alors une déclaration d’amour à leur verve, leur mauvaise foi, leur art de l’enfumage et du bobard, théâtrales névroses qui n’ont jamais été aussi bien servies qu’ici, avec cette silhouette oblongue qui n’appartient qu’à lui : la tronche d’Iggy Pop avec des yeux de Bambi, un charisme d’Aigle noir de Barbara surmonté du petit carré frangé jaune poussin de Mireille Darc, et cette façon de sembler, perpétuellement, étonné de sa propre incongruité. Une autre star des marges, un ami, le décrivait ainsi : «Un mélange de standing Yves Saint Laurent et de Royco minute soupe».

Yves-Noël Genod, donc, n’arrive plus à se produire et ne remplit pas les salles. Il s’adapte, il ouvrira une «petite boucherie bio dans les Cévennes». Comprenons aussi les programmateurs, toujours face à un sacré merdier avec lui : l’acteur et metteur en scène n’a jamais voulu créer de structure stable, ne travaille que sur commande et livre des projets jamais normés, sans «action théâtrale» répertoriée, jamais «finis». Les spectacles d’Yves-Noël Genod ont parfois ressemblé à ça : un paysage contemplatif nimbé d’ennui, et soudain, surgissant de l’outrenoir du plateau, Jeanne Balibar dans la brume flanquée d’un dindon. C’était sans doute «invendable» et c’était inouï. Fut un temps pourtant, dans le monde du spectacle vivant, des producteurs irresponsables s’acharnaient à faire place pour pareille bizarrerie.

Cette fois, pour la «der des der», Yves-Noël Genod leur facilite la tâche : Titanic dure 1h30 et se pose au parfait carrefour du Jamel Comedy Club et de Claude Régy. Un format parfait pour que ces adieux deviennent un come-back ! Il eut fallu peut-être que l’auteur contacte un peu plus de programmateurs. Au téléphone, Yves-Noël Genod admet qu’il manque peut-être de stratégie mais le pouvoir, dit-il, le «terrifie» : «Je ne sympathise avec les programmateurs qu’une fois qu’ils prennent leur retraite.» Est-il vraiment trop tard pour que les plus jeunes redressent la barre ?

Titanic, hélas d’Yves-Noël était donné à la Péniche POP du 25 au 27 novembre.


© Libé 2022

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Saturday, November 26, 2022

TITANIC, photos de Sébastien Dolidon

Friday, November 25, 2022

F euille de salle TITANIC


TITANIC, hélas


Avec Aymen Bouchou, Mariella Monnié, Yves-Noël Genod

Son : Benoît Pelé

Scénographie et lumière : Philippe Gladieux

Production : Le Dispariteur

Coproduction : La Pop


Durée 1h40


« Dans la rue, dans ta rue, dans la rue de tes représentations, de tes pensées à la volée (pensées: décharges d'humeurs), dans la rue, sans pouvoir sortir, te croyant arrêté, assis, ou étendu, immobile, te croyant dans une habitation, dans un refuge mais en réalité dans la rue, dans la rue depuis ton premier cri de nouveau-né découvrant ceci et cela, l'air, les pays et les langues et les personnes, recevant de tout, broyant n'importe quoi, faiseur d'inutile, voyant grand, agissant petit, faisant ménage hâtif avec ce qui se présente, concevant mal, croyant t'arrêter, te reposer, te terrer, mais toujours poussé en avant, avec l'Histoire, avec leurs histoires, dans la rue qui croise les leurs, qui en a croisé quantité, dans ta rue toujours, ah, c'est fini: ta rue ne va pas plus loin. » 

Henri Michaux Poteaux d'angle



Ce spectacle est un jeu de « samples » souvent non référencés. Vous reconnaîtrez (entre autres) sur votre chemin — ou pas — et pour autant que l’artiste en ait conscience — d’agréables citations plus ou moins déformées de personnalités aussi diverses que : David d’Angers, John Ashbery, Barbara, Charles Baudelaire, Christophe Beaubrun, Jean François Billeter, Robert Bresson, Peter Brook, Wayne Byars, Lord Byron, John Cage, Jeanne Calment, Richard Carrington, Michael Chow, Emanuele Coccia, Françoise Dolto, Marc Dugain, Marguerite Duras, Thomas Ferrand, Charles-Elie de Ferrière, Gustave Flaubert, Cynthia Fleury, Florence Foresti, Serge Gainsbourg, Romain Gary, Philippe Geluck, Jean-Luc Godard, Jean-Jacques Goldman, Gaëtan Goron, Peter Handke, Robert Hirsch, Victor Hugo, Friedrich Hölderlin, Michel Houellebecq, Dominique Issermann, Vladimir Jankélévitch, Elfriede Jelinek, Régis Kiefer, Jean de La Fontaine, Jean-Luc Lagarce, Bruno Latour, Charlotte Lévy, Lucky Love, Stéphane Mallarmé, André Markowicz, Saint Marc, Saint Matthieu, Pierre Michon, Corinne Morel-Darleux, Maxime Morin, Françoise Morvan, Dan Piraro, Luc Plamondon, Paul B. Preciado, Jacques Prévert, Pascal Quignard, Madeleine Renaud, Harmunt Rosa, Jean Sablon, Yves Saint Laurent, Jean-Louis Schefer, Gustav Schwab, Elie Semoun, William Shakespeare, Christiane Singer, Philippe Soupault, Philippe Terrier-Hermann, Tchouang-tseu, César Vayssié, Paul Verlaine, Krzysztof Warlikowski, Christophe Wavelet, Vivienne Westwood, Walt Whitman…


Yves-Noël Genod, interprète, a commencé à signer ses propres spectacles en juin 2003 à l’invitation du chorégraphe Loïc Touzé à qui l’on avait confié une carte blanche au festival « Let’s Dance » du Lieu Unique, à Nantes. Ce premier spectacle — qui s’appelait En attendant Genod — a entraîné dans son succès des dizaines et des dizaines d’autres, toujours présentés dans des lieux et des festivals de formes hybrides. Citons : Pour en finir avec Claude Régy ; Le Dispariteur ; Jésus revient en Bretagne ; Elle court dans la poussière, la rose de Balzac ; Oh, pas d'femme, pas d’cri ; Le parc intérieur ; Chic by accident ; Hotel Palace ; Je m’occupe de vous personnellement ; 1er Avril ; Rester vivant ; Les entreprises tremblées ; Par délicatesse, j’ai perdu ma vie ; Remise Venise ; La Recherche ; La beauté contemporaine ; Hamlet Unlimited ; Phèdre ; J’ai menti ; Sur le carreau… Il aurait voulu s’arrêter à la date des vingt ans de la compagnie (ou au moins en donner une fête dispendieuse), mais le rapprochement de la fin du monde obscurcissant l’horizon — d’après tous les indicateurs —, il a préféré prendre les devants et saluer son public encore vivant, encore debout, quand il en était encore temps. 


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Thursday, November 24, 2022

R etours (TITANIC) (2)


Anaïs de Courson von Sothen


Cher YveNo,

Je marche en rentrant de la POP, il y a deux cygnes (je crois), et ce mot qui me fascine (comme ces choses qu’on n’est pas soi même). Désinvolture. Tu l’incarnes avec une rigueur, une délicatesse et une grâce renversantes. Ce qui nous entraîne si profond dans les graves avec une légèreté d’apesanteur. Ou dans des sauts de flaque en flaque, un truc qui éclabousse, de la boue, de l’eau, du temps, une accélération soudaine et sans raison apparente du rythme cardiaque. Le charme d’une chose précieuse et rare dont on se souvient brusquement de l’importance. Il s’est teinté ce soir (ce mot, désinvolture) de tristesse, je ne sais pas si c’est la tienne ou la mienne. Tchekhov : quel dommage quand même que la jeunesse a passé. Un genre d’effroi. Et tout de suite après ou très exactement en même temps quelque chose de l’hiver, de très joyeux en fait, d’une chose qui rirait. La découverte du phénomène de flottaison. A l’anglaise : giggling. Comme des enfants cachés dans un placard. Cet effroi-là. Tu dis l’innocence d’ailleurs il me semble ? 

Je me retrouve au premier de tes spectacles que j’ai vu, c’était je m’occupe de vous personnellement, et toi, avec un petit carnet, des citations, un peu de champagne, une lumière inouïe, une fenêtre ouverte et quelqu’un qui chante dans la rue, et le souffle d’une liberté en appel d’air. 

Le chef d’orchestre Celibidache dit à une femme qui l’interview : madame, vous me dites que c’était beau. Mais non, ce n’était pas beau, c’était vrai. Le beau, c’est l’appât. Mais la seule chose, c’est la liberté. 

Hâte et envie de te revoir bien vite.

Baisers

Anaïs




Geoffroy Rondeau 


Adieu Yves-Noël,

que c'était beau d'avoir un Yves-No sur notre Terre !

Je dirai même que c'est parce qu'il y a un eu un Yves-noël que la beauté sur terre est née, qu'elle existe et qu'elle vivra éternellement grâce à toi, du moins le temps que durera ma subjectivité,  c'est une réalité, car en ce qui concerne ma vie, c'est vrai, il y a un avant et un après Yves-Noël, c'est sans retour possible (et un peu à cause d'Oscar Wilde aussi, mais lui je ne l'ai jamais vu de mes yeux comme j'ai pu te voir si beau hier, et Oscar semble assez laid en photo). 

Tout, tout devient potentiellement beau grâce à Yves-No. (ça c'est un slogan) 

J'ai hésité à écrire car je ne suis pas Rimbaud et mon SMS « sorry, choupi m'a stressé avec le bus »  lors de cet échange de clés à la croix rousse avait fait l'objet d'un détournement pour devenir un éventuel titre de spectacle. Mais pourquoi pas. « Choupi m'a stressé », ça peut être très beau aussi et le ridicule n'a jamais tué personne. 

Faut-il distinguer l'homme de l'artiste ? avec toi évidemment non, l'homme est une œuvre et il s'expose. L'accès que tu offres aux hautes sphères de la pensée métaphysique de Sylvie Joly fait le bruit de l'esprit qui visite et emplit tous les livres silencieux,  c'est du grand art qui se déploie sous nos yeux et cependant hier, de tristesse, j'ai pleuré.

J'ai pleuré Yves-No, son corps, sa chair, son existence. 

L'homme m'a touché, il m'a terriblement manqué à son départ quand la porte s'est refermée et a claqué, je ne veux pas qu'un Yves-No disparaisse, cet homme exemplaire, ce héros, ce dieu, ce bouffon, ce poète. J'ai compris que boire ses paroles, l'admirer ne suffisait pas, c'est encore profiter aussi de son don, c'est le consommer comme un bébé, comme un vampire, et toi tu offres du champagne comme Jésus son sang. Des perles aux cochons, tu donnes ce qui t'est le plus cher à qui peut l'attraper. Tu donnes ! 

Yves-No, j'ai pleuré à tes funérailles, je refuse le départ d'Yves-Noël, et mon cœur demande pardon de n'avoir pas su ou pu aimer l'homme, pas su dire merci, pas su faire une chose pour lui car je suis si démuni et pourtant c'est du théâtre, grâce à toi c'est encore une fête, encore une leçon de plus. Quelle politesse, quelle classe ! Merci du fond du cœur. 

Tu deviens une ombre, une de celles qui dansent sur les parois de la caverne de Platon . 

A la fin du spectacle, comme une cruche que je suis, je n'ai su que mimer un cœur avec mes mains sur ma poitrine entourées de doigts pour signifier des ailes et hurler bravo le clown, bravo Jésus, bravo Mylène ! mon coeur a bien reçu, et j'ai baisé ta main, mais c'était juste.

Je souhaite à tous encore une heure, encore un soir avec toi, et avec la beauté, un adieu aussi mythique que ceux de Céline Dion, (et particulièrement ceux de Céline pour René qui est le tube des crématorium, un pognon de dingue !) , que tes adieux à la scène soient aussi longs que les siens, des années, une éternité, et que ton coeur continue de battre à jamais comme il battra toujours près du mien quand la beauté du monde se montrera à mes yeux à nouveau, car elle si elle m'est apparu c'est d'abord par ton regard.

Je te vois, je te ressens dans mes rêves toutes les nuits 

C'est ainsi que je sais que tu existes.

Malgré la distance et l'espace entre nous

Tu es venu pour montrer que tu existes.

Près, loin, qu'importe où tu es,

Je crois que ton cœur continue de battre.

Une fois de plus tu ouvres la porte

Et tu es là dans mon cœur,

Et mon cœur continuera de battre à jamais.

L'amour peut nous toucher une fois et durer toute une vie,

Et ne plus disparaître jusqu'à ce qu'on parte.

L'amour c'est l'instant vrai quand je t'ai aimé, 

Cet instant auquel je m'accroche

Et dans ma vie nous existerons toujours.

Tu es là, et je n'ai plus peur de rien

car je sais que mon cœur continuera de battre.

Nous continuerons comme ça pour toujours,

Tu es en sécurité dans mon cœur,

Et mon cœur continuera de battre à jamais.

Adieu Yves-No 




Alex aux fleurs


Je disais que nous avions assisté à des adieux mémorables, que je n'espère pas du tout définitifs !!!!!
Même si je comprends parfaitement vos motivations ...
L'article de Libé est excellent.
Je voulais vous dire merci  car vous êtes un être que l'on oublie pas de sitôt...
Et n'ouvrez pas de boucherie dans les Cévennes ! La profession a manifesté aujourd'hui pour protester contre le coup de l'énergie devant l'assemblée ...
Non vraiment, il va falloir trouver autre chose .....



Adeline Belloc

Minimaliste et puissant !! Merci Yves Noel pour ces tranches de vie et cette pudeur mise à nu dans la pénombre 🤩🙏



Corentin Le Bras

Je suis navré, j'ai du filer en vitesse pour faire du babysitting.
Bravo pour ce soir, vous êtes quelqu'un de très radieux et d'une très belle humanité. 
Il y a quelque chose chez vous qui me fait penser à François Gremaud, quelque chose de la joie ou de la malice, je ne sais pas




Guillaume Lasserre


Très cher Yves-Noël, l’enterrement était tout à fait remarquable. Tes mots et ceux empruntés aux autres, fantômes ou vivants, étaient si justes, à la fois dans leur pertinence de sens mais aussi dans leur agencement entre eux. Je suis en train d’écrire. Crois-tu pouvoir m’adresser le texte? Je souhaiterais citer quelques courts passages et, sans doute emporté par l’émotion, je suis bien incapable de relire mes notes ! Sache aussi que tu est le premier homme à me faire pleurer sur Jeanne Manson (dont mon grand-père était secrètement amoureux) et sur Sylvie Vartan au cours d’une même soirée ! Bravo !




Maxime Fleuriot


Yves-Noël, 

Moment magique hier… merci pastedGraphic.png

J’ai bien cru que tu allais tous nous enfermer pour notre dernier voyage. Cela aurait été assez bienvenu de tous sombrer ensemble à cette heure. Le fantasme du Titanic… Je t’embrasse




Thomas Dewynter 

Merci beaucoup pour Titanic, je suis déçu en bien pastedGraphic_1.png car j espère que ce ne sera pas le dernier !

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