Saturday, April 04, 2026

Q uelques notes

 
Merci beaucoup, Sandrine, Mathieu… pour cet atelier que vous m’avez permis le plaisir d’avoir mené à bien !

Huit personnes ont suivi cet atelier. Elles ont, à plusieurs reprises, montré l’habileté d’une vraie troupe. C’est ce qui m’a positivement étonnée. Ce ne sont pas des gens habitués à travailler ensemble, m’ont-ils dit, mais ils l’ont fait avec un naturel qui m’a fasciné. Peut-être l’époque qui est à ça actuellement, de nouveau le collectif, je ne sais pas. En tout cas, c’était là, pas à travailler (quand ils étaient entièrement là, pas seulement leur fantômes, toujours une affaire de miracle, quand même...)
 
 

Emma est très douée — tout ce que je vais dire ici sur eux, je le leur ai déjà plus ou moins dit —, mais c’est vrai. Et dans le jeu (théâtre, ciné) et dans la danse. On pourrait se mettre à son service qu’elle nous baladerait dans son grand huit ! Je lui mets 20. J’aurais pu lui retirer quelques points pour son, disons, son hédonisme, mais elle m’expliquait de façon si princesse Grâce qu’elle avait, par exemple, envie de jouer à la balle avec les garçons dans le patio que je ne pouvais pas lui en vouloir. Allez, 20 !

Bleuet est très forte surtout en jeu, théâtre ou cinéma. Elle a fait à de multiples reprises des choses sidérantes de justesse, des créations déjà de personnages très habités, presque sans le savoir on aurait dit, en tout cas que je ne voyais pas venir, que je ne voyais pas construire, engagée dans une confiance, un instinct, 20 !

Zhaoran est très puissant, libre, beau, intelligent (virtuose pour capter les choses avec son téléphone-traducteur soi-disant dont je n’ai pas osé m’approcher), humble. Vraiment très fort en « Tanztheater », très expressif. Je ne sais plus qui m’a dit qu’il a fait en Chine une école de théâtre. Ce qui explique. La Chine a certainement des écoles de très haut niveau d’exigence, il n’est évidemment pas une création ex nihilo — et j’étais bien consciente de profiter d’un savoir qu’il me partageait. Pour ses splendeurs et malgré ses absences matinales (ne soyons pas mesquine, il suffit de le savoir), je lui mets 20 point d’exclamation

Charlotte est extraordinaire : 20 ! Extrêmement douée, agréable. « Agréable » ne veut pas dire agréable, mais humilité, humanité, attention à l’autre, dispo, un allant, comme : toujours prête à jouer, à s’y plonger ou à se laisser entraîner sans ambages. Une très belle présence dans cette troupe, elle diffuse une confiance (dont j’ai aussi bénéficié) : toujours les fluides qui viennent sont les bons...

Maydine aussi est extraordinaire, un amusement à jouer, et puis l’air de rien (son air de rien), l’humour et l’autodérision, amusée du personnage qu’elle trimballe, à l’écoute, elle aussi ira quelque part, je lui mets 18… mais, non ! pourquoi vouloir des nuances ? 20 !!!

Flore-Anh est fabuleuse. 20, bien sûr. Danseuse de très haut niveau, absolument sublime. Si j’avais un projet de danse, je le lui proposerais illico. Vous avez vu comme elle commençait en solo la forme que nous vous avons proposée ? Forme à laquelle elle n’était d’ailleurs pas pour rien car c’est elle qui en a conçu une partie, une chose à laquelle je n’aurais jamais pensé, dont je ne me souviens pas, mais qui a permis tout simplement à la pièce de se constituer. Intelligence, présence, écoute, humilité, tendresse (etc.)

Angelina est une personne si particulière, pleine de traumatismes, de chairs à vif. Une voix si faible, les yeux fuyant la lumière, la peur du contact, ses scarifications qu’elles m’a montrées, mais sa présence est soudain — très souvent — comme une évidence, une grâce, une joie, comme si elle oubliait les drames pour, comme une plante, vibrer au soleil — et son existence est alors un cadeau : 20 !

Léo est merveilleux, ludique, vivant, très actuel, son sourire, son rire, ses fous-rires me resteront comme une rencontre. Parfois, comme avec Angelina (mais différemment), des questionnements empêchent et gênent — ou distraient, plutôt, peut-être. Mais son rôle dans la troupe a été majeur, force de proposition indispensable et jouant cette dispo avec tant de délicatesse que j’ai beaucoup de plaisir à lui mettre 20 à lui aussi !
 
 

Ces 20 qui récompensent tout le monde ne sont pas complètement une blague. J’ai sincèrement été épatée ! Mon travail est un travail sur l’excellence, on pourrait même dire qu’il n’est circonscrit qu’à ça, l’excellence ; il n’y a que ça : le miracle, la grâce sinon rien. Alors, oui, je le dis quand ça se produit : c’est « très bien ». Tous ces étudiants de la côte d’Azur sont très engagés sur de très beaux chemins personnels. Je suis curieuse, chacun, de leur avenir…

Je mets 0 à tous ceux qui ont déserté (quand même, j’ai ma fierté) et je mets la moyenne (10) à Kamal qui, sans me dire pourquoi il était parti, m’a demandé de visionné son travail qu’il m’a très bien exposé et que j’ai trouvé particulièrement riche, intéressant et possible

C’était un merveilleux séjour parmi vous qui restera dans ma mémoire. Continuez-bien dans cette belle école, ce nid d’aigle, et près du club bouliste (une chance que j’ai comprise le dernier soir au moment du « boire un coup » !) Bon courage et plaisir à tous !

Marie-Noëlle

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Sunday, March 22, 2026

L 'Humilité

 
Je me demande comment j’ai pu être artiste (« artiste » sonne comme « autiste »). Ok, c’est devenu impossible à notre époque (notre époque ! quelle est-elle ? elle est déjà ancienne, n’en parlons plus), je pense que ça l’était à toutes les époques. J’écoute, ce soir, les premières chansons de Julien Clerc parce que j’ai croisé tout à l’heure l’un de ses amis (celui qui lui a trouvé son nom, Julien, parce qu’il venait de lire Le Rouge et le Noir), les chansons  dont les paroles étaient d’Etienne Roda-Gil, l’anarchiste (ou fils d’anarchiste) et je pense à l’incroyable difficulté, l’impossibilité même qu’il y a à être artiste, à quémander l’assentiment de la société, à donner toute sa vie, à supplier d’être aimer — avec tous les problèmes qui vont avec, l’hypertrophie du moi… Il est rare, l’artiste qui a réussi à se cacher et à cacher son œuvre dans l’humilité

Friday, March 20, 2026

Les diners en ville comme du camping
Le froid, le merveilleux froid quand on serre sa veste
(foin des écharpes)

On tient pas debout
Un mur qui nous sépare simplement de la mort
Tous ces précieux apôtres…
Une table infinie sur un balcon
Une lumière dorée se reflétait sur le balcon
Tout est arraché à la mort même la vie
Photo photographiée

Oui, la vie se découpe en stridences
en splendeurs
(sale métier !)

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Sunday, March 15, 2026

J’étais tellement heureuse. J’aurais pu dire : j’étais tellement malheureuse. En fait, j’étais une chose friable et c’était parfois une qualité — si on m’aimait — ou…

Tournée vers l’Ouest, j’avais toujours, le soir, eu le sentiment de l’existence (archi-longues soirées d’été à l’extrémité de la Bretagne)
J’étais insatisfaite et les nuages parlaient comme une mère

Je voulais lire avec des gens que je ne connaissais pas. J’arrivais plus tôt ce jour-là, la plage était encore comble, charmante, enjouée, fille-garçon

« Aurai-je su toucher les gens
Autant que ceux qui m’ont touché ? »

Je mange dans une cantine en bas de chez moi tous les jours maintenant, une cantine de faux pauvres. Des travailleurs, mais pas des misérables. Pour 13€, tu as une entrée et un plat carné (pour 11€, si tu ne prends pas de viande).
C’est ensoleillé, on voit le temps qu’il fait, les ondées, les bourrasques, les nuages à travers de vastes baies. La cantine est située à la prou d’un bloc d’immeubles, au carrefour de six rues calmes

C’est vrai, la terre est comme une chaude église. Comment dit-il, Paul Claudel ? dans sa Connaissance de l’Est : « Le soleil de la Pentecôte illumine la Terre nette et parée et profonde comme une église. » Il y a aussi, je voulais l’écrire, la phrase de Marguerite Yourcenar, mais, alors… 
Aujourd’hui, c’est merveilleux, il y a pluie et soleil, comment ça s’appelait, oui, les « giboulées de mars ». Nous sommes en avril, le printemps est vert comme de l’or. Oui, l’église est la connaissance du monde



Un jour je m’attellerai à écrire un livre et ce sera aujourd’hui et ce sera le livre que je lis



Je mange l’entrée après et le plat d’abord puisqu’il est chaud
J’y vais depuis très longtemps maintenant, mais, aujourd’hui, la serveuse qui m’a à la bonne m’a donné une carte de fidélité (qu’elle a rempli presque entièrement). Maintenant je suis une habituée. La carte de fidélité me donnera droit à un dessert quand elle sera pleine. Un dessert de temps en temps, c’est très bien : je ne suis pas très dessert. Elle a tamponnée presque entièrement et comme sur un mouvement d’humeur. C’est l’« Allemande », comme elle se présente, en tout cas blonde et tatouée (mais sans accent). Folle donc (puisqu’elle s’intéresse à moi), je suis habituée
Mais je n’aime que les Jeanne ou les Hélène
La carte qu’on avait omis de me donner jusqu’à maintenant, de fidélité, elle me la donne

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Je fais plaisir à quelques personnes comme ça de temps en temps, des gentils…

Une main, un visage, se rencontrer. C’était encore moi qui passais mon temps avec moi

Comme si l’œuvre existait depuis toujours, comme si je ne l’avais pas créée, comme si je l’avais trouvée dans une malle, à la cave

Avoir des chaussettes

« Il y avait, à l’époque, une sorte de désespoir d’être un artiste »

Je voulais réduire le monde


Il y a une séparation dans le livre que je lis :
« La vie continue.
La vie continue toujours, à sa façon »

Depuis ma transition, j’ai d’abord cru que tout allait bien, les gens étaient gentils, surtout les jeunes… Puis ma mère est morte puis je me suis jetée sous une voiture puis ma copine m’a quittée. Je me suis demandé si c’était ça, le « réel » et si changer de genre était un oracle ou quoi

En fait, c’était assez simple, la vie, c’est une prière en permanence
« La chaleur, par ces journées, était immense, puissante, comme une créature vivante »

« la neige phosphorescente »

Tous ces arbres exploités
Réactiver la sagesse. Comme un nouveau mariage

Je suis aussi malheureuse que Christine Angoisse ; vous allez voir quand je vais faire le film de mon malheur…

Je lisais un article dans « Le Monde » sur Taylor Swift, la chanteuse qui vendait le plus de disques dans le monde. Un nouvel album allait bientôt sortir (et il y avait un article dans « Le Monde »). Le titre de l’une des chansons annoncée, I Can Fix Him (No Really I Can), me rappelait cette femme, mon amie, qui n’avait pas réussi à me changer, m’avait-elle dit. Tout est souffrance, dans la vie. Même ce qui est beau l’est déjà parce qu’il ne le restera pas. Alors il y avait les livres à lire, les romans, pour bien pleurer, qui parfois soulageaient


Nous sommes tous à parler de la mort, de la maladie… Nous trions les feuilles de sécurité sociale

Ben, tu pourrais me parler autrement… Heureusement qu’il y a des gens dans la rue qui ont plus d’affection…


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Personne ne savait rien, ça se voyait dans les rendez-vous médicaux ; c’était surtout que tout le monde ne croyait qu’au malentendu — et, cela, bien sûr, avec raison — ; personne ne faisait plus confiance à personne pour comprendre. En fait, on se plaignait dans la vie de n’arriver à rien, je me plaignais et, en ce sens, je n’étais pas une autre, mais il n’y avait peut-être qu’une solution, qu’une voie directe, c’était d’être une sainte, juste se dire (et je n’étais pas loin de me le dire) : voilà, la sainteté, c’est le direct !
Cela dit, j’étais influencée par des paroles du père Chevrier (1826-1879) que quelqu’un avait prononcées quelque part dans la pièce où je vivais en ce moment (où quelques livres étaient ouverts et pas toujours finis)

« Leur amitié ne se basait pas sur un échange égalitaire d’informations »

Je suis toujours tournée vers ma mère, toujours à chercher le bonheur, la ressemblance, lui plaire

Un chevreuil imaginaire
Une travailleuse
Les forces s’écoulent dans les phénomènes


Dans le journal, les nouvelles ne sont pas assez tragiques ni heureuses

(elles sont édulcorées)
 

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Qui te touche ?



Ce que je cherchais, c’était le vide pour que la musique puisse s’y déployer
Dans une certaine sollicitude-solitude…
La couleur est une relation
« The main aim of my work »
Les millions, vous les aurez
Je voulais écrire ; écrire, c’était remplir des pages blanches, mais de choses extraordinaires ; la vie était extraordinaire, il fallait la peindre, même la vie des représentations. Cet être imaginaire de plusieurs vies… de plusieurs vies…

Je me réveillais dans ma chambre. Il n’y avais que moi et le silence — et la lumière. Que le vide, que moi et la lumière et le silence — et la promesse et l’amitié (même si, peut-être, on la nommait « l’amour »)

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Je n’ai rien à raconter



Des choses exaltantes ne se passaient pas. Ma douleur, mon soupir sont incommensurables (c’est ce que je puis dire de plus profond dans le ciel de Paris)

Une histoire dans une histoire

Ô visages purs que je regarde comme si je devenais une sainte… (à la library). Un jour, je rencontrerai ces visages

Un être humain s’adresse à un autre avec bonté

En fait, nous sommes des saints, il suffit de le savoir (de s’en rendre compte). Les vivants sont des saints, des anges

Tous ces gens innocent qui m’entourent
Jeunes souvent, tous jeunes

Il y a tant de livres dans ma vie

J’avais une nouvelle maison, il n’y en avait pas d’autres. Ce n’était pas une maison, c’était un château



Ce que je tente d’apprendre, travailler, répéter, c’est ma capacité d’être seule

(Alors, il me semble, le monde vous prend dans ses bras et vous console et vous dit : « Mon bébé… »)



La littérature sert à nous faire gagner du temps car, le temps, c’est notre paysage

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Thursday, March 12, 2026

Fabrice Luchini m’avait appelée pendant la performance dans la Mercedes (TAXI MARIE-NOËLLE). En fait, c’était Z. qui l’imite très bien. Et la photo et le nom de Fabrice Luchini s’était affichés sur l’écran de mon téléphone — et j’avais choisi la sonnerie « à l’ancienne », la même que celle de Philippe, le directeur du garage, qui, une fois, avait interrompu notre conversation. (Et Philippe s'était éloigné en justifiant : « C’est un client ».) Je n’ai pas d’imagination, je me baisse pour ramasser (la savonnette dans les douches). Donc Zorro avait appelé plusieurs fois de Belgique sous les traits et la voix de Fabrice Luchini, j’avais répondu, il était très bavard, il voulait m’inviter à l’avant-première lundi de son nouveau film à la Cinémathèque et puis : « Oh, je rêve de voir ce film justement… » (elle aussi jouait bien), il y avait Joris dans la voiture et Ling (le mari de Joris) et Rei et, voilà, tout le monde s’était trouvé invité à la Cinémathèque lundi à 20h. Que faire ? A quel moment dégonfler l’affaire ? C’est pour la petite que ça m'avait fait de la peine (celle qui jouait bien)

Z m’encourage à voir le film avec Fanny Ardant et Melvil Poupaud sur Arte. LES JEUNES AMANTS. Quand il était sorti, j’avais hésité à y aller avec la coiffeuse (la femme avec qui j’étais) parce qu’elle aimait (toujours, j’imagine…) les films « normaux », tout ce que je déteste, les films romans-photos avec des personnages « normaux », des acteurs « normaux », des situations « normales », des appartements « normaux », des sentiments « normaux », voilà ce qu’elle aimait, ma copine, bref, de la production française en veux-tu en voilà, mais comme j’adore Fanny Ardant, je me disais qu’il pouvait y avoir un plus petit ensemble commun, mais, non, on avait renoncées à faire l’effort de tenter le coup. J’aime Fanny Ardant, bon, parce qu’elle est tragique. Le dernier sourire du film, je l’ai vu en vrai. C’était dans un cocktail il y a quelques années (dans le vaste lieu de Jean-Paul Gaultier) et Fanny était là et je l’ai regardée, elle était grise, vieille, ennuyée et soudain quelque chose l'a réjouie, et, en une fraction de seconde, elle est devenue extraordinairement jeune, belle, heureuse, possédant le soleil. J’ai compris pourquoi elle était Fanny Ardant et que ça valait bien le coup 
 
Bien sûr, cette éternité de la vie, l'épanouissement d'une femme de l'enfance jusqu'à la splendeur de l'âge, on ne peut jamais le voir sur une actrice liftée

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Et si j’allais me promener dans la Bretagne seule
et sans soucis ?
le « fond celte »
Ne pas rester possédée, entrer en possession de
soi-même, guérir

Une grotte s’éclairait plus loin

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Mentir, quel plaisir !

Dernier sultan, il sillonne
son royaume dans sa
Rolls-Royce surmontée
d’un gyrophare

A la mer ou à la neige
Dans la vallée de l’Automne

Mon plaisir est pauvre et
secret — et pauvre



« Tout est vrai dans ce roman »

« Un chagrin sans neige
est un bonheur sans soleil »

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Wednesday, March 11, 2026

Ces lignes sont juste pour débuter la conversation. Sandrine Perrin m’a donné vos noms et m’a parlé un peu des pratiques et des orientations de chacun.e, toutes, comme je m’y attendais, très personnelles (et c’est tant mieux) et m’a demandé quelques lignes d’intention. Je suis très heureuse de venir donner cet atelier, je ne sais pas trop quoi prévoir, très curieuse de ce qu’il va se passer. A l’époque déjà lointaine où je donnais beaucoup de workshops (surtout pour des comédiens, bien entendu), je travaillais sans savoir, sans méthode, dans le flux de la vie, avec ce qui venait, s’attrapait et j’aimerais que ce soit encore le cas. Comme le disait Franz Kafka de lui-même, j’étais « candidat à la grâce *». C’était aussi ainsi que je fabriquais des spectacles : presque en temps réel, « en me baissant pour ramasser », en affaiblissant l’idée de travail, en ne répondant qu’à des commandes (ce qui permettait sans doute de me déresponsabiliser de ma volonté)… Mais que ça ne nous empêche pas de rêver et d’imaginer quelques pistes pendant les semaines qui nous restent ! Par exemple, on pourrait peut-être partir de ce proverbe irlandais (sur lequel je tombe à l’instant), à méditer, en tout cas : « When God created time, he made plenty of it », « Quand Dieu a créé le temps, il en a créé assez » (alors pourquoi avons-nous l’impression de ne jamais en avoir assez ?) Vous pourriez parfaitement me suggérer des choses, me parler de vos envies ou rêveries ou questionnements. Je sais que vous êtes très occupés (ce qui est normal dans une école) donc c’est sans obligation, mais je reste avec plaisir à votre écoute. Voici mon adresse et mon téléphone. Aussi sur IG sous le nom marienoellle. En tout cas, ce dont je me réjouis, c’est d’apprendre de vous ! 

Marie-Noëlle

* « Je m’efforce d’être véritablement un candidat à la grâce. Peut-être viendra-t-elle, peut-être ne viendra-t-elle pas. Peut-être cette attente à la fois calme et inquiète est-elle l’annonce de la grâce, ou bien la grâce elle-même. Je l’ignore. Mais cela ne m’inquiète pas. J’ai, pendant ce temps, fait amitié avec mon ignorance. » (C'est moi qui souligne.)

Puisque Kafka (que je relis en ce moment) est cité : « Il est parfaitement concevable que la splendeur de la vie se tienne prête à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude, mais qu’elle soit voilée, enfouie dans les profondeurs, invisible, lointaine. Elle est pourtant là, ni hostile, ni malveillante, ni sourde ; qu’on l’invoque par le mot juste, par son nom juste, et elle vient. C’est là l’essence de la magie, qui ne crée pas, mais invoque. » Amitiés !


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Sunday, March 08, 2026

Je n’aime pas le cinéma de fiction que je trouve fastidieux, mais j’aime les making-of. « Tout art véritable est document, témoignage », dit Kafka

François me raconte comment ça se passait, Le Palace (avec Jenny Belair à l’entrée) : « Il y avait des bandes rivales, c’était très cruel ». Il avait rencontré son ami maintenant avocat — et qui s'appelle comme lui — sur les marches qui séparaient le Palace du Privilège, la boîte en sous-sol des happy few riches et célèbres

Pourquoi veux-tu me voir, au fait ?
— Pour le plaisir
— Alors d’accord, mais ne me pose pas de questions, je ne veux pas répondre à un interrogatoire. Je veux bien que tu me parles de toi, mais je ne peux pas parler de moi

Ce que nous écrivons là, sur IG, quelques-uns et moi-même ne sont que des échos de livres, des résonances de livres de pensée facile, je veux dire qui ne sont pas de ceux qui inventent une langue, ça, c’est autre chose (Marcel Proust à Céleste), mais juste le témoignage de notre vie comme celle d’une autre, dans une vieille boîte de nuit tout s’éclaire, mais à l’arrêt, les files de voitures garées, les feux tricolores sont vides, monde féerique, inachevé, détruit : aucun mouvement. Il y a le malheur et le bonheur. Parfois, après un cauchemar, on est plus sensible au malheur, c’est pour ça qu’il faut écrire…

Ne se fiant à personne ou si peu, elle trime comme une paysanne pour plaire à tous
Les amis m’indignent

Mes amis tombaient comme des mouches ; c’était la guerre. Se faire engueuler par un ami, ce n’est pas agréable
La jeunesse réapparaîtra
voyez la grande scène… l’opéra…