Thursday, June 11, 2026
Saturday, June 06, 2026
L 'Ami de l'inquiétude
Le démarcheur déconstruit m’avouait qu’il était aussi dans une incertitude terrible. Notre échange, notre « temps de parole », c'était un peu comme le film de Marguerite Duras, NATHALIE GRANGER : « Vous n’êtes pas voyageur de commerce. » Je lisais ensuite que, pendant l'entre-deux-guerres : « Tant de tentatives politiques, de critiques du capitalisme, de contestation des normes de genre et d’existence, d’invention de modes de vie se développèrent, alors comme aujourd’hui, dans les marges — alors que s’installait au même moment la machine à broyer des fascismes. » (Philippe Duke.)
Labels: paris
Monday, June 01, 2026
O n
Je me demandais si de cette chaleur allait sortir quelque chose : des pleurs, peut-être. Il y avait le temps du temps. La soirée longue (de lecture). J'avais connu la ville, dans l’après-midi. Une ville de province que c’en était étonnant, un centre-ville. On avait vu Paris au XIIIe siècle dans une vidéo exposée à la Sainte-Chapelle. Car, de la préfecture, j'étais allée à la Sainte-Chapelle, espérant que la chaleur aurait chassé les touristes. Traverser la Seine. On avait pu entrer sans trop d’attente (une 1/2 h, je crois). On avait espéré la fraîcheur d’église, mais, non, les portes étaient grand ouvertes, il faisait chaud comme sous un préau. Mais les verrières étaient toujours sublimes, les vitraux avait été nettoyés, les couleurs plus vives que le présent, plus crues, plus acides, plus modernes. Tant de disparitions et de présences. On était dans le Royaume. On avait été raflés au petit bonheur la chance ; ça qui était beau ; la chaleur qui unifiait...
Labels: paris
Je ne veux pas quitter le temps
Au début, je sentirai la soirée
Imaginer un monde différent
Rien ne peut être dessiné une
nouvelle fois
Dans l’heure certaine — des
poèmes
L’été de l’admiration, c’était
soudain un ample ciel
Pour un monde sans idoles…
Alors — personne n’en saura
rien
La couleur de l’encre et de la
nuit
Pour un monde sans idoles…
Labels: poésie
L e réel est relation, le vivant est relation, le sujet lui-même est relation
Labels: correspondance
Saturday, May 30, 2026
C hloé
« le bruit de l’été répertorié, je te brûle du feu de flammes de tes cheveux inconnus comme en bourgeons sur la vague et l’été séparé épargné procure une mare autour »
Moi, je trouve ça bien ! Je peux le dire car ce n’est pas vraiment moi qui ai écrit ça (je ne connais pas cette personne dont je possède les carnets reliés à différentes époques).
Dans ce carnet, ce qui me trouble, c’est que j’écris déjà au féminin (« je suis seule »).
« Une nuit d’air fragile un bleu prude et le tronc des arbres noirci au sous-sol la corneille gonflée d’air »
« à l’issue d’une nuit peu d’air l’usine d’une nuit qqn fume — une femme — assise à l’ombre de l’Abribus qui n’abrite de rien — et peut-être lit par dessus mon épaule »
Ailleurs :
« de la neige le long des placards des parkings »
« dans la souffrance les mains libres »
« je t’aime précieuse lente longue une nuit »
Sur quelques pages il y a des dessins d’enfant d’une certaine Chloé. Et parfois j’écris ce qu’elle me raconte : « j’ai un grand cahier grand comme un ciel je l’ai mis dans les bois dehors alors je sais plus où il est ». Elle doit être bien âgée maintenant…
« l’étoile d’araignée avec la sorcière le ciel est orange et magnifique impudique plastique sur les seins verts des collines des montagnes montage des montagnes le même sa tête blonde perce de sous la terre le cheval c’est Jewels Packet le chat c’est Carnus Pitu de la rose séchée éclatée il y a tes cheveux de sable il y a des cheveux de chevaux dans le ciel d’or il y a ce qui passe de l’une à l’autre fenêtre le non-rapport du paysage le vermillon »
« dans la journée roulée par la chaleur des hauts interstices indiqués par l’enfant »
« elle croque dans la pomme des formes de Pyrénées »
Je suis presque déçue de me souvenir maintenant...
Labels: poésie
Monday, May 25, 2026
Bien sûr, le journal-papier annonçait une catastrophe pour l’été. Une de plus. La fin du pétrole. Nous n’irions pas en Corse. Plus d’avions, plus de bateaux. À la voile ?
Labels: paris
Je ne lis plus les journaux. Je ne parle pas des réseaux sociaux, les algorithmes ne m’envoient que ce qui me fait plaisir (femmes nues, plantes, animaux, philosophie, humour). Mais il y a trop d’horreurs dans les journaux
Elle rentre dans la chambre de sa bonne qui est absente
C’est le matin que la rose est le plus belle
C’est à cet endroit que la route est le plus étroite
« Naître, c’est faire naufrage sur une île. » (James M. Barrie)
Thursday, May 07, 2026
Tant que je respire, j’espère
Je ne suis pas tous les jours obligée d’aller puiser dans mon passé
Même si je sais que la soirée d’été rappelle les soirées d’été
Un oiseau simple, mais si chantant, si amical, suffit à ma forêt
(Il a voté à gauche, l’oiseau, Paris restera une île)
Croisé aujourd’hui un acteur que je n’aurais pas reconnu, mais qui lui m’a reconnue, que je n’avais pas revu depuis une ou deux ou trois décennies. Que fait-il maintenant ? Maintenant, le réel. Il est maintenant « valet de chambre » dans un hôtel, ce qui consiste à ? « Faire les chambres. » C’est fatigant, mais il aime bien. Il y a aussi sa mère qu’il va voir tous les jours en maison de retraite… Ah, les mères… On a envie de lui dire, à cette mère, qu’il serait temps qu’elle lui lâche la grappe, à son fils, cette mère abusive, bien sûr, y a pas à demander…
L’abandon de l’imagination (c’est le début de la barbarie)
Labels: poésie paris
Wednesday, May 06, 2026
L a Pluie inversive
C’est comme si tout le monde m’avait quitté. Il ne me reste que les opinions, les infos
La pluie, il fallait bien la ressentir, la vivre, la meubler ; c’était parti pour de bon ! Personne n’allait se plaindre, le soleil avait partagé sa vie (on avait eu tant d’été). Mais de là à prendre ma voiture ? Non, je reste sous mon toit de zinc (parisien), fenêtre ouverte
Je suis au bord de la mer, une simple voix du soir, mais elle n’est pas réelle. Elle serait réelle si j’étais vraiment au bord de la mer
Une simple voix du soir, la pluie offerte, l’obscurité finale du jour
Les heures passent si vite, mais je suis ailleurs : dans mon XXième siècle…
Un lapsus dans un rêve : « l’année chiante » au lieu de « la naissance »
En fait, ma vie, il n’y a pas de sens à ma vie, pas de descendance, ma vie s’ouvre sur du vide, de grandes plages de vide
Et il y a cette pluie, cette pluie invasive, intellectuelle
(Le docu sur les araignées, je le regarderai plus tard)
Je veux continuer à vivre du soleil et de l’écriture
Lorsque je suis dehors, simplement dehors, je me dis : « Je veux vivre »
Labels: poésie paris