Saturday, September 12, 2026
U n quart d’heure à travers le parc
La fatigue nous offre le sacré
J’écoute au fond du fond liquide et libre
J’écoute au fond du fond liquide et libre
bouger ou contempler
Le désir de croire, en somme
J’avais rêver que j’étais piquée par un moustique à l’intérieur de ma main. Je me retenais de me gratter, mais, au matin, je n’avais rien et je n’y pensais plus…
Il y a le monde qui nous tient dans la main, on le regarde avec les infos
J’avais disparu tellement j’étais là
Mais, ce soir, le moustique apparaissait. Beau moustique. Et se posait sur ma main
J’étais obligée de le tuer ou de lui dire au-revoir
Il y avait moustique et mite qui tournaient autour de mon livre, mais c’était de la vie. La même
J’étais au bord d’écrire, je veux dire, de faire de la beauté, mais la question se posait vite : à qui...
Asimov avait prédit ce qui nous arrivait
Et qui n’était encore que des mots
L’idéal : lire un livre si passionnant qu’on n’a plus envie de l’écrire, je veux dire de le réécrire ou d’en écrire un autre, un livre qui est à lui-même sa propre transparence
Le désir de croire, en somme
J’avais rêver que j’étais piquée par un moustique à l’intérieur de ma main. Je me retenais de me gratter, mais, au matin, je n’avais rien et je n’y pensais plus…
Il y a le monde qui nous tient dans la main, on le regarde avec les infos
J’avais disparu tellement j’étais là
Mais, ce soir, le moustique apparaissait. Beau moustique. Et se posait sur ma main
J’étais obligée de le tuer ou de lui dire au-revoir
Il y avait moustique et mite qui tournaient autour de mon livre, mais c’était de la vie. La même
J’étais au bord d’écrire, je veux dire, de faire de la beauté, mais la question se posait vite : à qui...
Asimov avait prédit ce qui nous arrivait
Et qui n’était encore que des mots
L’idéal : lire un livre si passionnant qu’on n’a plus envie de l’écrire, je veux dire de le réécrire ou d’en écrire un autre, un livre qui est à lui-même sa propre transparence
C’était vendredi, j’avais envie de baiser
Mais, bon,
c’était plus de mon âge, non plus… Enfin, je pouvais y renoncer ; mon côté province…
Mais à Paris il y avait des fêtes
Peut-être même des partouzes
Dans les beaux quartiers
Mais, bon,
c’était plus de mon âge, non plus… Enfin, je pouvais y renoncer ; mon côté province…
Mais à Paris il y avait des fêtes
Peut-être même des partouzes
Dans les beaux quartiers
Je fréquentais toujours les mêmes (de quartiers)
Comment s’étonner, alors, de n’y comprendre rien. La ville était longue et secrète
Et personne ne baisait vraiment. Il fallait payer
Comment s’étonner, alors, de n’y comprendre rien. La ville était longue et secrète
Et personne ne baisait vraiment. Il fallait payer
D e la folie de continuer
Parfois, je me disais que l’humanité était au bord de se ressaisir. C’est vrai, si c’était vrai que l’humanité risquait de disparaître dans moins de dix ans (et que, si ce n’était le cas, ce serait dans moins de trente ans), comment se faisait-il que l’humanité ne se dise pas : « Bon, sérieux, là, on arrête de déconner ! » ? C’était pas du tout de ça qu’on avait l’impression, mais, parfois, j’y croyais, à ce sursaut. Genre : on arrête tout, et même de faire des enfants, même si c’est triste, on diminue, quoi, pour faire de la place aux autres espèces du paradis et on y vit pénard sans vouloir décrocher la Lune et Mars et tutti quanti avec juste la guerre qui serait interdite, mais, ça, bien sûr, là, on voyait bien que c’était une rêverie.
Par exemple, je n’avais pas trop d’hystérie sur la bouffe. J’avais du ventre, mais je mangeais moins, je trouve. C’était comme ça ; le ventre, à partir d’un certain âge, prend de l’importance
Le joueur de foot a avalé le ballon
Pour moi, l’amitié, c’est du beau fixe, ça n’existe pas autrement. L’amour aussi est bien agréable, mais c’est conflit sur conflit (je suis bien obligée de l’accepter si je veux baiser). Mais l’amitié est si loin du conflit, c’est sa seule raison valable. Ça m'est arrivée de quitter une femme pour me mettre en couple avec un garçon, ce qui m'a frappée, c’est le silence, le calme. Plus de criailleries, de reproches incessants (même un reproche et c’est incessant !) C’est ça, l’amitié. C’est bien agréable, même si l’amour manque, l’amer amour…
Les réseaux sociaux tuent la lecture et la connaissance (tout le monde le sait depuis vingt ans ou plus)
Personne ne lit ce que j’écris, bien sûr
C’est du dialogue à la sourde
Je suis amoureuse d’un garçon ignare
Y a plus que ça, alors !
Qu’il est rare, le garçon de talent !
J’étais contente des moustiques, des mouches qui me tournaient autour. Je n’avais presque pas vu de moustiques cet été, il faisait bien trop chaud ! Peut-être un peu chez Olivier Cadiot en juin, mais c’était des punaises de lit. On m’avait dit que ça n’en était pas, finalement, des punaises de lit (et il est vrai que je ne les ai pas ramenées à Paris). J’avais appris que les araignées ne piquaient jamais, oubliez ça ! Peut-être des puces ordinaires ? « Il est vrai » qu’on dormait déjà sans draps, en juin, il faisait déjà si chaud, comme un été accompli, asséché et certains moustiques ne font pas de bruit (mes préférés). Invisibles ça sonne comme « invincible », mais ce n’est pas le cas. Plus d’oiseaux, plus beaucoup, même à l’aube, les arbres du parc restaient silencieux.
Nous retrancher de la ville,
c’est si important, n’est-ce pas ?
Retrouver le jardin coincé parmi les murs
Comme une gorge, oui, comme une gorge
d’où s’échappent vers le haut les roses usées
Un quart d’heure à travers le parc (titre)
Il faut qu’un livre résume tous les autres... (incipit)
J’ai lu un livre cet été dont je n’ai pu parler à personne, personne ne connaissait, ça m’a découragée.
Je me souviens du nom, qqch comme PG Wood, c’est navrant… Ah, non (grâce à l’IA) PG Wodehouse
J’admirais que mon corps soit encore vivant…
Les chiens-saucisses…
Moustique tout détaillé devant moi, tout entier
Maintenant j’étais en ville
Monique toute détaillée devant moi
Et finalement je l’avais lu moi-même, ce livre que je conseillais à Neo. Mais je l’avais lu — relu donc, ce livre que je ne faisais que relire — en pensant que Neo l’avait écrit ou, s’il ne l’avait pas fait, qu’il aurait pu l’écrire ; je l’imaginais en narrateur, j’imaginais que c’était lui qui me parlait, c’était Neo certes ; je comprenais ce qu’il ressentait et pourquoi il l’exprimait comme ça…
Mais il n’y avait aucune chance que je revois un jour Neo. Je veux dire : je savais tout de Neo et Neo était maintenant parti ailleurs. On s’était frôlés et puis voilà parti ailleurs comme deux planètes qui ont croisé une fois leur trajectoires — et que ça reviendra peut-être dans des milliards d’années. Enfin, on ne sera plus là… Peut-être encore les fourmis… Peut-être que les robots laisseront les fourmis tranquilles ; il ne faut pas sous-estimé les temps futurs…
Un cratère sur la planète Mars, une école primaire à Brooklyn…
Le feu soleil
Il y avait encore l’air, il y avait encore l’amour, même si on restait dans sa chambre, on ne restait pas complètement dans sa chambre — et puis tout avait été décrit dans les années 50
On sortait dans la rue avec nos shorts mouillés
Comme à Saint-Tropez, comme à Trou
Dans mon appartement futur
Un groupe de flamants roses, on appelle ça une « flamboyance »
Un groupe de babouins : une « assemblée »
Un groupe de hiboux : un « parlement »
Un groupe de sangliers, on appelle ça une « harde » et c’est la même chose pour les cerfs et attention à ne pas confondre avec un groupe de bisons qu’on appelle une « horde »
Un groupe de phoques, on appelle ça une « échouerie » et c’est la même chose pour les otaries
Un groupe de poissons, on appelle ça un « banc »
Un groupe de lions, une « fierté »
Un groupe de papillons : une « nuée »
Un groupe de vipères, on appelle ça un « nœud »
Un groupe de perdrix : une « compagnie »
Et un groupe de kangourous : une « foule »
J’avais décidé presque de ne pas manger, on verrait bien
On préfère la solitude, tous.. tout le monde..
Je me demandais ce que devenait Christian, ça faisait si longtemps
J’étais encore possiblement dans un état de faire tout ce que je voulais, je veux dire même de sortir dans la rue et de rencontrer quelqu’un ou un groupe ou des visages, simplement des visages, des silhouettes, mais je n’allais plus rencontrer Vincent et je n’allais plus non plus au grand centre culturel qui était fermé pour des années — et je me demandais pourquoi on nous imposait ça, est-ce que j’avais tellement vieilli ?
Parfois s’exprimer à un ami fait ressortir la maladie de la mélancolie
Exploitation des passions de la vieillesse (titre)
Et, un jour, l’appartement ne sera plus utilisé
J’aime bien que l’immeuble pousse
Le livre que j’ai lu plusieurs fois dans ma vie — et même énormément de fois — et qui est toujours intact. J’arrive au bout et je pourrais le recommencer : il dit tout ce qu’il y a à dire ; il résume et, comme je disais : Il faut qu’un livre résume tous les autres de ma vie
C’est-à-dire justement qu’il n’y a pas d’autres choses à dire. C’est-à-dire bien sûr que je pourrais lire d’autres livres pour me divertir, je ne vais pas m’en priver, mais ce livre me contient. Drôle de sensation. Et, lui, paisible, toujours là…
C’est un livre écrit comme en délinquance, en désinvolture par rapport à l’idée. Il n’y a pas d’idée, c’est juste une invention. Ça n’avance pas, ça reste. Le livre reste. Intact à chaque moment. Il a une fin pourtant, mais ni un début ni une fin
Vous lisez les détails. C’est assez rare de lire vraiment le livre qui est là sous les yeux. Il n’est que transparence. À travers lui, on le voit lui…
Un groupe de babouins : une « assemblée »
Un groupe de hiboux : un « parlement »
Un groupe de sangliers, on appelle ça une « harde » et c’est la même chose pour les cerfs et attention à ne pas confondre avec un groupe de bisons qu’on appelle une « horde »
Un groupe de phoques, on appelle ça une « échouerie » et c’est la même chose pour les otaries
Un groupe de poissons, on appelle ça un « banc »
Un groupe de lions, une « fierté »
Un groupe de papillons : une « nuée »
Un groupe de vipères, on appelle ça un « nœud »
Un groupe de perdrix : une « compagnie »
Et un groupe de kangourous : une « foule »
J’avais décidé presque de ne pas manger, on verrait bien
On préfère la solitude, tous.. tout le monde..
Je me demandais ce que devenait Christian, ça faisait si longtemps
J’étais encore possiblement dans un état de faire tout ce que je voulais, je veux dire même de sortir dans la rue et de rencontrer quelqu’un ou un groupe ou des visages, simplement des visages, des silhouettes, mais je n’allais plus rencontrer Vincent et je n’allais plus non plus au grand centre culturel qui était fermé pour des années — et je me demandais pourquoi on nous imposait ça, est-ce que j’avais tellement vieilli ?
Parfois s’exprimer à un ami fait ressortir la maladie de la mélancolie
Exploitation des passions de la vieillesse (titre)
Et, un jour, l’appartement ne sera plus utilisé
J’aime bien que l’immeuble pousse
Le livre que j’ai lu plusieurs fois dans ma vie — et même énormément de fois — et qui est toujours intact. J’arrive au bout et je pourrais le recommencer : il dit tout ce qu’il y a à dire ; il résume et, comme je disais : Il faut qu’un livre résume tous les autres de ma vie
C’est-à-dire justement qu’il n’y a pas d’autres choses à dire. C’est-à-dire bien sûr que je pourrais lire d’autres livres pour me divertir, je ne vais pas m’en priver, mais ce livre me contient. Drôle de sensation. Et, lui, paisible, toujours là…
C’est un livre écrit comme en délinquance, en désinvolture par rapport à l’idée. Il n’y a pas d’idée, c’est juste une invention. Ça n’avance pas, ça reste. Le livre reste. Intact à chaque moment. Il a une fin pourtant, mais ni un début ni une fin
Vous lisez les détails. C’est assez rare de lire vraiment le livre qui est là sous les yeux. Il n’est que transparence. À travers lui, on le voit lui…
Labels: journal paris
Tuesday, July 21, 2026
Sunday, July 19, 2026
D es volets, des stores...
L’amour est si difficile, si entravé… Heureusement il y a les rêves érotiques ou tout est harmonieux, les âges mélangés, la simplicité d’un désir commun, les combinaisons improbables, les directives qui n’en sont pas… J’avais vu sur Arte un reportage sur le « porn chic » des années disco — et ça m’avait suffi pour engendrer toute une ribambelle de caractères… l’infini de ce qui n’a qu’un temps… J’avais lu aussi les rêveries commentées (analysées par « Le Monde ») du voyage sur Mars. Et puis il y avait la journée improbable, toujours celle que l’on est en train de vivre, devenue la journée de la veille : la journée de la mémoire et la journée vécue qui se mélangeaient, s’interpénétraient
Je voyais l’été
La promesse
C’était encore
Le train avait du retard,
mais on nous demandait de ne pas quitter la gare ; j’avais lu les premiers chapitres d'un roman de plage (Frédéric Beigbeder) ; on le trouvait en neuvième position des meilleurs ventes dans les Relay de Vincent Bolloré (il y avait pire autour). Et puis participait, suggérait pour ce rêve, la résidence que je menais en EPHAD (à la Maison des Ateliers)
« Mars est rouillée tout simplement. »
Je nous regarde entre eux : personne n’a jamais lu
Je voyais l’été
La promesse
C’était encore
Le train avait du retard,
mais on nous demandait de ne pas quitter la gare ; j’avais lu les premiers chapitres d'un roman de plage (Frédéric Beigbeder) ; on le trouvait en neuvième position des meilleurs ventes dans les Relay de Vincent Bolloré (il y avait pire autour). Et puis participait, suggérait pour ce rêve, la résidence que je menais en EPHAD (à la Maison des Ateliers)
« Mars est rouillée tout simplement. »
Je nous regarde entre eux : personne n’a jamais lu
Personne n’a oublié avoir lu : personne n’a jamais lu. Et puis il y avait ce mot de John Travolta à la fin de STAYING ALIVE : to strut (walk proudly), se pavaner
« Des volets, des stores et un jardin ombragé »
Saturday, July 04, 2026
S i c’est pas des bouteilles à la mer, ici, c’est rien
Le grand parc que je vais quitter, j’ai envie de le maudire (de le quitter) et, la rivière, elle m’a tant donné, pourquoi elle ne me donnerait plus ? J’ai envie de maudire la vie, le temps, tout cet aspect des choses. Pourtant les choses passent, c’est ce que je n’ai pas appris à aimer (mais que je sais par la lecture des poètes)
Le grand parc si en forme. On a abattu le séquoia et c’était du cinéma, le grand séquoia qui avait pris la foudre et était tombé malade, le parc est encore plus sain et fort… Le grand parc dans sa pleine santé
Comme c’est dur de quitter ta maison ! Pas tellement le film, hélas, car j’ai eu tellement l’impression, chaque jour de tournage ou presque, d’être insuffisante… Mais la maison, la vie ici, la rivière, les grands arbres du parc, la savane pour aller à la rivière, les araignées de la rivière, les Argiopes Bruennichi ; je n’ai pas ton adresse et te connais à peine, alors je m’adresse à toi ici. J’ai voulu relire l’un de tes livres ici, par exemple, le dernier, DÉPARTS DE FEU, mais Marcel Proust, SODOME ET GOMORRHE, a clignoté plus fort. Pourtant je pensais que ta maison — et son érudition — m’aiderait a en percer plus avant les mystères. La nuit, le jour caniculaire, les derniers animaux, la nouvelle planète que je découvre, si oubliée
La fête est en bas de mes fenêtres. Je l’ai quittée, ça ne parlait que de cinéma… Est-ce que ce « réal » est gentil ? — Oui, il l’est, j’ai passé deux mois en Écosse, alors je peux le dire… (Mais de qui parlent-ils, je n’y connais rien, moi…) La famille de frères et sœurs, après les embrassades et les pleurs, les applaudissements, m’est instantanément devenue indifférente… Eh bien, oui, tout était imaginaire, tout était rituel, tout était comme une bulle, une arche au cœur du monde, nous continuions dans un état second au milieu de la chaleur accablante, l’actrice principale était défaite, épuisée, effacée comme en plein désert, mais ce tournage chronométré ne s’arrêtait pas. Dans la scène de l’élevage de cochons, pas de cochons, le préfet ayant interdit les déplacement d’animaux pendant la canicule. Mais le tournage ne faiblissait pas. Pas de cochons ? prenez des cochons-tirelires ! (On m’a raconté.)
Le mélange de peur et de confiance, ce tournage…
Et puis on a abattu un arbre. Le dernier jour, on n’a filmé que ça, l’arbre qu’on abat. Est-ce que le réal aura assez de matière pour raconter au montage le film qui nous est inconnu ?
La fête bat son plein, légère et stupide, et, moi, je suis pieds nus sur le tapis comme depuis dix jours, dix nuits de cette énorme chambre, lit à baldaquin et tout et tout… Et j’avance dans DÉPARTS DE FEU
Mathieu m’a proposé tout à l’heure sa maison de Morlaix, prétend qu’il me l’a déjà proposée deux fois, me dit : « Tu es un bernard-l’ermite, toi, tu aimes les maisons des autres. » C’est vrai, comment le sait-il ? (Je cherche toujours des maisons pour lire et écrire.) Nico m’a aussi proposé sa maison de Douarne dont il a montré des photos, une maison de magnat du cinéma, et Juliette a dit : « J’ai remarqué que c’était toujours les machinos qui avaient les plus belles baraques, il doit y avoir un truc… »
Quand j’ai demandé tout à l’heure si le cinéma belge faisait de temps en temps des succès, Juliette a dit : « Oui, mon père faisait des succès. Mais c’était une époque où il y avait la queue devant les cinémas… » Il faudra que je me renseigne sur son père.
« Trouvé des phrases en marge d’un récit de mon père dans lequel il analyse le destin fragile de sa famille. Ces quelques lignes emportent tout le reste. Il explique que ses parents lui parlent par l’intermédiaire des arbres du jardin qu’il avait patiemment déployés à leur suite pendant des dizaines d’années.
Poème involontaire.
Je me promène et ils me parlent
Et quand je parle à voix haute
C’est à eux que je parle. » (DÉPARTS DE FEU, p 45)
Wednesday, July 01, 2026
Elle n’a pas de courant, la rivière couleuvre
Elle est surveillée par des petits drones libellules
Parfois un frisson, la chute d’une graine, une petite noix ailée (une samare) — ou une feuille qui, ensuite, vu de l’eau, ressemblera à un limaçon, un escargot, la tige devenant une corne et son reflet une autre
Mais les demoiselles (qui sont aussi le nom d’un hélicoptère ?) veillent et surveillent tout ce qui se passe sur le dos lent de la rivière éteinte, presque immobile, presqu’une menace, le ciel est vert comme la rivière
Tous les arbres la désirent, voudraient la cacher, la bercent, la choient
Les nénuphars comme des tavelures sur sa peau de crocodile
Une rivière en plein désert, aussi, quelle merveille !
« Moi, j’ose pas imaginer ce que c’est que la canicule en prison, par exemple »
Une femme insistante
Un désir en loop
Christelle criait : « Y a personne ? »
Je la laissais épuiser sa sonorité (sa sororité)
Et finis par dire : « Je suis là, moi ! »
Elle est surveillée par des petits drones libellules
Parfois un frisson, la chute d’une graine, une petite noix ailée (une samare) — ou une feuille qui, ensuite, vu de l’eau, ressemblera à un limaçon, un escargot, la tige devenant une corne et son reflet une autre
Mais les demoiselles (qui sont aussi le nom d’un hélicoptère ?) veillent et surveillent tout ce qui se passe sur le dos lent de la rivière éteinte, presque immobile, presqu’une menace, le ciel est vert comme la rivière
Tous les arbres la désirent, voudraient la cacher, la bercent, la choient
Les nénuphars comme des tavelures sur sa peau de crocodile
Une rivière en plein désert, aussi, quelle merveille !
« Moi, j’ose pas imaginer ce que c’est que la canicule en prison, par exemple »
Une femme insistante
Un désir en loop
Christelle criait : « Y a personne ? »
Je la laissais épuiser sa sonorité (sa sororité)
Et finis par dire : « Je suis là, moi ! »
Labels: poésie
Tuesday, June 30, 2026
L ATE FOURCADES (P.O.L)
Oh, Dominique ! Je me suis retenue d’acheter votre livre parce que je me suis dit (mais sans me le dire) (mais retenue quand même) : « Il va peut-être me l’envoyer... » et, en effet, je suis toujours ébahie, estomaquée de trouver votre nouveau livre en cadeau suprême, inimaginable, mais, maintenant — luxe auquel on s’habitue —, imaginé.
Encore une fois c’est une splendeur. Plus encore ? Liberté, galop, assurance. Parce que je le lis dans les temps morts d’un tournage (c’est mon premier, à mon âge dire « C’est la première fois » est touchant) dans une maison de maître environnée d’un parc qui, au fond, donne sur la Dronne où je me baigne parmi les nénuphars, le luxe permet le vaste. (Dans mon cachot à Paris, c’est autre chose — je veux dire quant au temps.)
Je ne sais pas comment vous faites pour que votre écrit soit si parlé, pour que ce soit votre voix et d’une telle douceur — infinie —, pas un mot qui ne s’adresse pas entièrement à moi comme une conversation subtile, exacte, pas un mot plus haut que l’autre — et pourtant en déploiement baroque. Ici, à la campagne il y a la nuit, une faible lumière, peu d’insectes et vos mots sont juste lisibles dans la faible lumière et la fenêtre ouverte sur les ténèbres (figurées).
Toujours vos livres s’adressent à moi — et m’enseignent même la méthode pour les écrire. Mais sans doute la méthode — à la japonaise — n’est autre, au fond, que : perdre pied (c’est ainsi que je crois le poème s’inscrire).
Évidemment le poème ne dit pas ce qu’il dit, mais, comme un miroir, ce que justement je vis à l’instant où, comme un journal, je l’ouvre, je le déplie et le mélange, par exemple, à cette première fois d’un tournage dans un parc le long d’une rivière dans la nuit-orage et dans le jour-canicule. Tournage qui parle justement aussi d’une balançoire d'enfant qui se balance ou ne se balance pas, de jets d’encre noire, de cambrure, etc.
Je vous embrasse,
Marie-Noëlle
P.S. : Une fois, Marguerite Duras m’avait dit : « J’ai eu bien des honneurs dans ma vie, mais il y en a un qui recouvre tous les autres, c’est que Satyajit Ray ait programmé INDIA SONG dans son festival à Calcutta, ça… » (Je partageais son émotion : Satyajit Ray !) Eh bien, l’honneur que vous me faites de m’envoyer vos lectures est de cet ordre, supasse aussi tous les autres, que vous me jugiez digne de vous lire...
Labels: correspondance
Monday, June 29, 2026
F aire de l’art ou faire de l’argent ?
Je me débattais avec mes peurs, mes anciennes, et ma première copine revenue. À la sortie d’un théâtre je la perdais de vue. Il y avait aussi mon ancien logement de solitude qui me faisait commencer un poème — comme jadis —, mais le perdre. Mais, maintenant, l’oiseau revenu — par son chant momentané — me faisait croire que le saccage était repoussé, que l’été était pur. La-maison-le-parc était comme une piste d’atterrissage pour la journée possible, grande comme l’envie, comme un tournage de cinéma. Comme la vue « d’un émail noir » me ramène au souvenir d’un émail noir, la nuit avait peint la nuit. L’orage avait chu. Restait le matin du monde idéal, sans titres de journaux (haine de l’époque) (toutes les époques sont dégueulasses) : le matin le monde
Une organisation-chapiteau est construite en un instant. L’effort ne se voit pas. Je flotte. Autour de moi, tout un personnel. Rien ne s’entend, rien ne se voit. La chaleur est telle qu’elle dilue les classes sociales, anéantit la lutte des classes, l’infinie lutte !
Je suis constamment à détruire les conditions de mon existence par le phénomène du scrolling (qu’on appelle aussi d’un nom ancien : l’herbe-est-plus-verte-ailleurs). Sur le parking à 44 degrés, faire un film mélangé noir, une autoroute moyenâgeuse, des poules pondeuses récolter les œufs, le réel s’ouvre irréel. Le temps, fragile, il faut tout le temps lui arracher ce qu’il ne veut pas. Arracher qu’il coule, meurt, tragique, sa tragédie...
Une organisation-chapiteau est construite en un instant. L’effort ne se voit pas. Je flotte. Autour de moi, tout un personnel. Rien ne s’entend, rien ne se voit. La chaleur est telle qu’elle dilue les classes sociales, anéantit la lutte des classes, l’infinie lutte !
Je suis constamment à détruire les conditions de mon existence par le phénomène du scrolling (qu’on appelle aussi d’un nom ancien : l’herbe-est-plus-verte-ailleurs). Sur le parking à 44 degrés, faire un film mélangé noir, une autoroute moyenâgeuse, des poules pondeuses récolter les œufs, le réel s’ouvre irréel. Le temps, fragile, il faut tout le temps lui arracher ce qu’il ne veut pas. Arracher qu’il coule, meurt, tragique, sa tragédie...
Labels: poésie













