Tuesday, February 10, 2026


 

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Sunday, February 08, 2026

Chère Silvia, cher Daniele,
Votre projet d'une grande intensité poétique, enclenche chez moi la rêverie — comme tout ceux d’ailleurs que vous m’avez proposés au fil du temps, qu’ils aient abouti ou qu’ils n’aient pas abouti (la rêverie reste positivement). J’ai immédiatement commencé à noter des choses, comme je le faisais toujours dans d’infinis dossiers, ce qui me venait, écouter aussi cette rêverie qui s’accroche partout au dehors, livres, tableaux... comme si tout se rassemblait dans la direction d'une île imaginaire de Venise (rien que ça !) Je ne sais pas si on va y arriver parce qu’il y a vraiment très peu d’argent, mais ça existe déjà…
Je t’ai dit, Silvia, que de voir le lieu un seul jour m'allait, mais l’idée d’aller à Venise un seul jour me paraît insensée. Je resterai quelques jours, même si tu n’as pas de logement à me proposer, j’irai à l’auberge de jeunesse… Je suis occupée à partir du 20 mars, mais on vient de me proposer aussi de participer à un cabaret le 7 mars (je ne sais pas encore si je le fais ou non…)
Il faut envisager pour moi trois voyages, le premier, celui de juin — et ce serait bien qu’il y en ait un autre en mai.
Beaucoup déjà est inventé dans votre texte que je relis.
Je note des possibilités et des impossibilités qui me viennent (le pique-nique pour 200 personnes : hors de prix, à moins de dire au public d’apporter lui-même sa nourriture)
Peut-être qu’il faudrait mettre au courant le public de toutes les réflexions que nous aurons d’ici juin, que le public ait autant que nous conscience des enjeux, cartes sur table, et que sa participation soit de partager cette « rêverie », cette philosophie d’action, de fête, de gaspillage, cette espérance — et qu’il n’y ait peut-être  que ça, une attente, mais une attente la plus générale possible, plus que celle d’un spectacle.
Evidemment la question qui traîne en fond de tout ce qu’on peut faire maintenant est : Comment façonner un avenir acceptable ?
J’ai hâte d’échanger encore avec vous, mais je donne ici une idée (tirée de ce dossier) comme ça, pour le plaisir :
LE PUBLIC N’EST JAMAIS CONTENT (titre)
Demander aux participants, le public, de se déguiser, sur le modèle du Pèlerinage à Cythère
Et le voyage et l’arrivée dans l’île est juste ça : rien d’autre, les participants sont laissés à eux-mêmes, réellement abandonnés sur l’île avec leurs habits endimanchés : ils étaient là juste pour le coucher de soleil, une cérémonie invisible, inconnue. Ils repartent mécontent et se plaignant, mais de quoi ? ils n’ont rien payé, on leur a juste pris quelques heures de leur temps, empruntées seulement, en fait, non, c’est le contraire, on ne leur a pas volé, on leur a rendu leur temps, « notre seule richesse », disait Chantal Akerman.
Évidemment cette action ne peut « marcher » que si les téléphones sont retirés pendant le voyage, zéro photo, zéro vidéo, zéro communication — ou peut-être non ? Laisser le public faire des selfies jusqu’à plus soif ?  
A bientôt,
Marie-Noëlle

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P aris, musée du XXIe siècle

 
Il y avait Thomas Clerc hier soir — et je le note car je sais qu’il écrit en ce moment peut-être mon nom : je lui ai demandé vers la fin, pour retarder encore son départ (en même temps, ce que je préfère ce sont les dernières minutes qui me rappellent toujours la phrase de Duras de la fin de la réception d’India Song : « Ils restèrent à quelques intimes », hier, François-René avait laissé en plus la porte de sortie grande ouverte et il y avait l’air frais, comme d’avril, doux qui m’arrivait dans le cou « comme dans mon enfance », je me suis même demandé en goûtant à ce moment-là l’infinie douceur d’un bonheur de vivre que l’on retient entre ses mains, « Encore un instant, dit-elle », si on n’était pas toujours à la recherche de ses sensations profondes d’enfance et bienheureux ceux qui y parviennent), je lui ai demandé, à Thomas, ce qu’il faisait en ce moment, s’il écrivait et il avait répondu à la cantonade qu’en effet il écrivait ne serait-ce que son journal et que le récit de cette soirée y serait, mais qu’on ne le découvrirait qu’après sa mort dans cinquante ans (quel âge a-t-il ?) (nous étions des gens qui souvent se posaient la question de l’âge : par exemple, Aymen avait dit son âge, 26 ans, bon, nous avions accueilli cette annonce d’un air pincé, mais nous nous étions demandé après leur départ quel âge avait Manuel à la beauté sidérante ; François-René, après avoir inventé son âge réel (qui n’était pas 35 ans, âge auquel je bloque tous les gens que j’aime, moi qui en ai, hélas, déjà 43) disait que c’était mal ce que faisait Séb, d’aller vérifier, « Il ne faut pas faire ça », bon, mais, de toute façon, il l’avait fait et l’âge le plus invraisemblable, celui de Manuel une beauté stupéfiante, il l'avait deviné)
 
Mais Thomas Clerc se trompait encore sur mon genre. Dans la première édition de son livre, bon, il m'avait affublée de mon DEADNAME, ce qui datait immédiatement le livre (dès sa sortie), mais, après tout, c'était un livre daté parce que, par exemple,  nombre de boutiques référencées n'existaient déjà plus, ça allait si vite, la vie (la vie d'une ville), mais dans la version poche qui venait de paraître, j'avais vu qu'il avait certes rectifié mon nom, mais qu'il continuait (pendant quelques lignes) de parler de moi au masculin, je lui avais passé un savon, merde

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Saturday, February 07, 2026

T roubles de l’attention

 
Dans le restaurant obscur et bon marché
Je suis le contemporain de Shakespeare
Le prof de danse parle du « bonheur de tous »
(Il avait soi-disant entendu deux 
Profs de jazz, l’un s’exclamait : « Qu’est-ce qu’ils sont mauvais ! », l’autre nuançait : « Oui, mais ils sont heureux »
Le prof de classique aimerait bien arriver avec nous au bonheur de tous, c’est-à-dire aussi des regardeurs)
J’entends des cris dans la rue
Et la rue est profonde et chinoise comme
La nuit
Dans ma chambre de bonne et de cristal

L’art de rêver
Le résultat recueille — attendrie, la face



Je suis de nouveau au lit
J’ai fait un voyage aujourd’hui
Dans l’entourage de cette ville de Laon
Retour au crépuscule
Par le château de Coucy



Dans un secret, garder le lit
J’avais fait un voyage

J’ai frisé ma solitude
Je ne sais que dire « je »

La chair de la vie, je la mettais dans les rues !
C’était une ville de coquilles vides
Un homme (de la librairie L’Etoile Noire) m’offrit de m’héberger
« Ici, me dit-il, c’est la Maison du Peuple »
Je n’ai pas osé. Peut-être aurait-il fallu devenir anarchiste… J’étais déjà (sans doute me présentais-je ainsi) sympathisante
Recommandée par « le fantôme »
« On l’appelle le fantôme parce qu’on ne le voit jamais » (mais sa présence est indéniable)
« Faites une bise au fantôme »

La réponse est le malheur de la question (Blanchot)
Sonia Wieder-Atherton
Le temps, La Terre Promise
Souvenir du jour, regret de la nuit

La serveuse avait dit : « Et puis vous avez du beau temps… »
Mais ce n’était pas tellement du beau temps
C’était une vision
À la fin, le soleil de l’Ouest traversa la plaine
Et nous étions aux balcons

Mais je passais plus de temps dans l’immense église (conglomérat de plusieurs)
Tant de pierres
Faciles à extraire, faciles à travailler relativement
Calcaire lutétien (on dit)
 
 

Je me révolte, donc nous sommes (Camus)
 
 

Il y avait du théâtre partout
Partout j’étais spectatrice
Spectateur, on regarde, fasciné, stupéfié, tant d’acteurs
Tous acteurs

Je dédie ce livre à l'improbable, c'est-à-dire à ce qui est. À un esprit de veille. Aux théologies négatives. À une poésie désirée, de pluie, d'attente et de vent. À un grand réalisme, qui aggrave au lieu de résoudre, qui désigne l'obscur, qui tiennent les clartés pour nuées toujours déchirables. Qui ait souci d'une haute et impraticable clarté (Bonnefoy)



Les voyages sont pour la fin
Le sens
Qu’est-ce qui reste
Les gens me regardaient
Qui est-elle ?
« Vous êtes de passage ? »

« D’où venez-vous ? »

Quelques fantômes, eux ou moi
Ou lui



Il ne faut pas dire que Dieu existe au sens usuel du terme ; il ne faut pas non plus dire que Dieu n'existe pas. On peut seulement dire que ni l'existence ni la non-existence ne s'appliquent à Dieu



Ici, au vent de Laon
Coquilles vides
Ville morte

Les attaques vues de loin
Et les guerres

Au nord de la butte s'étend la vaste plaine picarde
Un jour il y aura des fleurs
Comme sur les photos

Danger de grandeur, de vastitude
Tu es au balcon
La plaine immense, la plaine immense
Les maisons fermées
L’été (de ton entendement)

Dans la forêt de l’altérité

La profondeur presque cousue, ravaudée
Du ciel profond
Et de la profonde mer
De sacs de larmes
De lacs de sel

Ville fortifiée sur un plateau

Comme les animaux du zoo
Zoo de Marseille
Zoo paysage

Pénombres du regard
Grandes clartés funiculaires
Paysage de cet autre monde
Fleurs de toutes les beautés

Dans l'ancienne cathédrale
Il y avait un spectacle de Marthaler
Un joli spectacle sur le thème
Du temps à passer
Que faire d’un début d’après-midi dans la vaste maison de Dieu ?
Rajuster les fleurs et la nappe
D’abord seule puis à deux
J’ai pris froid

En avion en longeant les palmiers

Grand silence du ciel
Beau ciel, chute des feuilles
Avec des peintures au couchant
Petite Fille  

(Je me souviens de ses larmes à grands flots
Dont je ne savais que faire)

J’écris un poème Laon
La colline de Dieu
La colline anarchiste

Vous ne reconnaissez rien
Vous n’avez pas étudié
Vous ne savez pas

Les rues s’étirent comme en pleine mer
Fragile état, fragile sous-sol
Porté haut
En plein ciel
Des rues… une rue, peut-être
Personne, que des fantômes
Beckett, l’Irlande, l’Angleterre aussi bien
Des traces d’abandon
Cette ville est faite
De traces d’abandon
De coquilles vides
Des gueux parfois, des palais cassés
Troués, des pique-assiette
Tous moches comme faits en glaise, en l’état, pas secs

Lassitude des spectacles
Tout un grand silence de samedi

Projet d’un spectacle qui s’appellerait : Troubles de l’attention



Je vais sortir, je vais voir la mer
Les rafales, sentir les rafales
Voir les moutons
 
 
 
J’aimerais écrire avec les mots à la mode, les mots dont je vérifie les définitions. Par exemple, « fractal »
La littérature est « fractale »
Joie d’avoir un destin
Mon père, sa mort, l’approche de sa mort
Ma mère, sa mort, l’approche de sa mort
Joie d’être témoin d’un destin
Elle allait bien et puis voilà, la mort, d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre, le malaise et puis la mort
Les architectes, les maîtres verriers (de l’âge gothique)…
Je reprends ce long poème Laon…
(J’avais dormi une deuxième nuit)
Le boniment
Et les blêmes enfants un peu morts

DANS LA VRAIE VIE (titre)

A Laon, je regardais le ciel, les oiseaux dans les tours
Le truc de la lumière

« Ne dormez plus, ne dormez plus,
Puisque Dieu manque sur la terre… » (Thérèse d’Avila)

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Thursday, February 05, 2026

L es Jours délavés


C’est vrai que j’étais dans une histoire de deuil, je le sentais sur mon visage. J’avais mis n’importe quoi sur mon visage, je le sentais, j’étais tirée ; je sentais cette histoire de deuil qui m’embrassait le visage. 
 
Je sentais qu’elle était là, ma mère, ma sœur aussi, j’ajoutais. Il aurait suffi d’un rien pour que je retire le maquillage…
 
Parodie-paradis
Mirage, miroir
 
DI m’avait montré une photo de Mbappé pour Dior qui était, c’est vrai, d’une laideur absolue, inimaginable, rien n’allait. Je me demandais comment une photo pareille avait pu passer, il y a tant de contrôles, de supervisions. DI a fait il y a quelques décennies une sublime campagne pour Eau Sauvage et, maintenant, on en est là. J’avais eu l’explication quelques jours après. Ce qu’il s’agissait d’atteindre pour les maisons de couture, c’était les réseaux ; il s’agissait sciemment d’essayer de se mettre à niveau de ces réseaux, IG, TikTok… se mettre à niveau du flux de toutes ces photos immondes de monsieur et madame tout le monde, des influenceurs, c’était ce qu’il fallait atteindre pour que la clientèle sans doute se reconnaisse. Ainsi ça n’avait plus rien à voir avec la beauté, mais tout avec la laideur

Wednesday, February 04, 2026

Comme c’est chouette, ces nouvelles et ces photos !
Il s’en passe des choses dans la vie, des enfants qui naissent, des mariages… Je ne me souvenais pas que tu n’étais pas catholique… Je me suis mis, moi, à refréquenter les églises à partir de mon accident il y a bientôt deux ans (j’ai été renversée par une voiture en vélo, le lendemain des obsèques de ma mère, c’était un 1er mars).
Oui, j’ai encore un peu de travail dans le théâtre. Quand je n’en aurai plus, je ferai aide-soignante. J’ai aimé accompagner ma mère pendant deux ans en maison de retraite — ou alors je rejoindrai une association marseillaise pour travailler à aider les pauvres gens. Mon frère qui travaille à la mairie de Marseille et ma belle-sœur qui est institutrice me racontent des choses atroces qui se passent à Marseille, des gangs qui arrivent en pleine nuit dans les appartements avec des kalachnikovs en hurlant aux occupants : « Vous avez une heure pour faire vos bagages et partir » (et, eux, récupérer le logement).
Je suis de nouveau célibataire, la fille de Nantes m'a jetée il y a deux ans parce que j’avais changé de genre, ça a coincé : « Tu étais un bel homme, maintenant tu es une femme moche ! » m’a-t-elle dit — et, certes, je suis une femme moche, pas comme Monica qui est toujours un sommet de beauté ! je vois sur les photos...
Je t’embrasse, mfr
Salut tout le monde pour moi, spécialement Leo,

Marie-Noëlle

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Tuesday, February 03, 2026

F aux cils

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Oh, ne sois pas désolée !
C’est toujours un plaisir pour moi d’être associée à des projets qui, peut-être, n’aboutiront pas, ça arrive tout le temps ; là, on me propose une performance sur une île à Venise, est-ce que ça aboutira ? rien n’est moins sûr. On me propose un scénario, est-ce que le tournage aura lieu ? J’aime ton enthousiasme à l'idée d’entraîner des gens, tout commence toujours comme ça, pas par l’argent (je viens de voir un bout d’interview de David Lynch qui le dit : l’important, c’est de suivre son idée). J’ai aimé aller dans l’église et y rêver (et y essayer) le Sermon sur la Mort, de Bossuet, dans la chaire à prêcher. J’aime beaucoup les lieux et que le contenu soit en rapport avec la mémoire des lieux, que le contenu compte moins que son environnement. L’autre lieu que tu m’as fait visiter est moins inspirant (pour moi). Je vois qu’il faut du gros son pour y créer qqch, le lieu en lui-même n’est pas intéressant (en tout cas, en l’état). D’autres que moi feront ça très bien.
Bref, beaucoup aimé mon séjour chez toi et la rêverie que tu m’as enclenchée — et ta gentillesse.
Garde précieusement ce que tu appelles — ou ce qu’on appelle pour toi — ta « naïveté » !
Bisous,
Marie-Noëlle

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Sunday, February 01, 2026

U ne horreur


Je me suis réveillée avec un rêve si triste, l’arrestation d’un couple de Chinois si bons, si classes, si nécessaires, cette femme surtout, certainement à ma vie, mais certainement à d’autres aussi, que savais-je d’eux ? arrêté en sortant de chez moi et, pour toujours, passé dans l’autre vie des horreurs ; je les ai accompagnés tant que j’ai pu jusqu’à là où je ne les reverrai plus ni personne, la limite (la limite n’avait pas l’air de la limite, c’était la ruse suprême)
J’avais aussi l’idée que ce chapitre intitulé « Une horreur » devait clore le texte infini de ces posts IG

Hier, Z. avait failli être arrêté par les soldats de la RATP armés et protégés comme les soldats de ICE 
et puis, au dernier moment, il avait été protégé par une chance, le cul bordé de nouilles, exactement celle qu’il avait dans la pièce qu’il venait de jouer où, par deux fois, on le croit mort, perdu, on l’annonce mort, et où il réapparaît jeune vainqueur

Après la pièce, Marc s’était présenté en me disant : « Tu te souviens de moi ? » Oui, pour une fois, je me souvenais très bien, je le reconnaissais (mais je ne l’avais pas reconnu dans la pièce). J’avais commencé à prendre en note dans le noir un très beau passage et, comme c’est lui qui le prononce, ce passage, très bien, d’ailleurs, je le félicitais, j’osais lui demander de me dicter ce qui me manquait, ce qu’il fit volontiers car Marc est gentil, sans doute à ça que je l’avais reconnu, le signe distinctif (extérieur) de sa gentillesse lui faisait son identité
 
« Mourir est chose aussi commune que de vivre. On préfère l’une et on pourchasse l’autre — car, dès le premier instant de notre vie, nous poursuivons et traquons l’heure de notre mort — d’abord en bouton puis en fleur, enfin donnant notre graine pour choir bientôt. Et comme l’ombre suit le corps nous suivons la mort. Si donc nous traquons la mort, pourquoi la craindre ? Aucun effort délibéré de notre part ne peut changer le cours de notre destin car, mûrs ou déjà blets, nous tomberons quand nous tirerons le lot de notre dernier jour »

J’avais repensé à cette phrase d’Antoine Vitez (que je cite de mémoire) : « Qui résoudra ce mystère, les acteurs disent et jouent les plus beaux textes de l’humanité, mais leur vie n’en est pas changée… »
 
Venait souvent assez vite après cette phrase le souvenir d'une autre de Marguerite Duras qui nous avait demandés un soir chez elle (nous étions plusieurs) : « C'est quand même bien foutu, ce que j'écris ? » Et comme nous nous récrions tous : « Alors pourquoi, ma vie, c'est n'importe quoi ? »
 
Dans le livre que  j'avais dans ma poche, ce soir-là, je tombais toujours sur la même idée, la phrase définitive de Marguerite Yourcenar :  « La même distance incommensurable sépare les œuvres de Racine de la vie de Racine, et le peu que nous savons de Shakespeare des pièces de Shakespeare »
 
 

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