Tuesday, September 22, 2026

« Y a plus personne, y a plus de film, y a plus rien »
Bordeaux, ville de l’exode
On me reprochait ma laideur
Qu’ils aillent se faire voir !

C’est parce qu’on sait comment ça se tourne (se monte, etc.) qu’on aime le cinéma. Le résultat est faux, mais le jeu à faire du faux est vrai… Mais il faut le savoir
« trop de mots vagues »

Toute de tension

Isabelle Adjani joue un rôle où elle est parfaite : « Tu finiras toute seule devant ta glace ! » Le rôle d’une actrice

Finalement il y avait un moyen de vivre la vie : au bord des larmes
« Oh, j’ai pas connu ça, moi, j’ai pas connu la famille, j’ai connu que le malheur… »
Ce qu’on peut faire pour raconter une histoire, avec le cinéma

Mais, un film, c’est comme l’impossibilité de faire un autre film, c’est ça qui est beau aussi, ce côté coincé
Mais si on regarde bien les films, on voit à travers eux leur tournage — et leur tournage est vrai
« Faut dire que les vedettes, c’est spécial, c’est délicat… »
Et puis aussi, les grands rôles, on a l’impression de les voir par tous les angles ; c’est ça, l’art de l’actrice, se donner par petits bouts…
Et puis c’est du pur théâtre, il faut bien le dire — avec le jeu du cinéma



Nous vivions un fragment — en avions-nous conscience ? Hélas, oui…
Nous savons que rien ne dure, même à l’état fantôme…
La dimension secrète du monde
Tout ce qui rompt les lois de la société rend heureux
« généreuse imposture »

Tout ce qu’on peut recueillir du monde, mais il faut une histoire

Feuillages, écheveaux, vent

C’est très simple, ce que je disparais

Disponible pour l’aventure

« Les hommes travaillent de moins en moins ensemble »

Je m’étais réveillée jeune

« un roi sans royaume »

Monday, September 21, 2026

L’enfant allait à l’école. Ses parents avaient révélé que c’était la première année qu’il ne pleurait pas tous les matins, total drama queen, tous les jours de toute l’année, quel soulagement, alors ! Devant l'entrée étroite de l’école, penchée vers lui, je lui ordonnais : « Maintenant, pleurs ! Pleurs ! » Il me regardait calme et amusé. Quel amour, ce gosse ! J’avais dormi une nuit de plus pour le voir encore. Il me mettait dans la même passion que les petits chevreaux que j’avais utilisés pour un spectacle, à Bordeaux, une fois ; il avait fallu les nourrir aux biberons gloutons et, ensuite, ils sautaient partout tellement ils étaient heureux d’en avoir eu tout leur saoul, du lait avalé à toute blinde. Ça n’avait duré que quelques jours, mais j’aurais bien partager toute ma vie avec mes chevreaux d’amour, j'avais le cœur brisé, enfin, pincé, quoi, de les rendre à la ferme pédagogique, pareil avec lui, ce gamin, je comprenais ses parents, l'émerveillement de leur quotidien, leur passion. L’enfant parfois mettait sa main dans la mienne. Oh ! mon Dieu ! Mais le savait-il qu’il avait une si petite main et que ça me bouleversait ? L’enfant m’appelait si bien « Marie-Noëlle », d’une manière si bien élevée, si distinguée, si respectueuse, c’était comme croquer dans un fruit que de l’entendre prononcer mon nom. Mais, à un moment dans l’après-midi, près du hamac, il m’avait partagé sa perplexité, son soupçon, même : « Tu t’appelles Marie-Noëlle, mais tu as des poils et une voix de garçon. » Je m’en étais sortie par une pirouette, comme toujours, et j’avais pris une voix de fille qu’il allait me redemander tout l’après-midi. Une fois, j’avais dit quelque chose comme « De toute façon, tout le monde meurt. » Et il avait avancé le cas du père Noël. Ça m'avait prise de court, je pataugeais un moment. Je reconnaissais que le père Noël ne mourait pas, mais l’enfant vint à mon secours : « Il ne meurt pas parce qu’il est magique. » On en vint ensuite à parler des cerfs qui, eux aussi étaient magiques, puisqu'ils volaient. Je dis : « Sauf les cerfs-volants. » C’est vrai, reconnut l’enfant, « sauf les cerfs-volants… » L’enfant métisse m’avait appris sur la petite grève plusieurs mots japonais : « poisson », « grand-mère », « eau », « caillou », « cheveux », « joli », « arbre », « fraise », « bâton », «  trou », « maison », « sang », « ciel », « un », « baguettes », « main », « fleur », « bonbon », « pied », « bracelet », « chaussure », « tête », « voiture », « soleil », « œil », « loup »… Je les avais notés dans mon célèbre petit carnet rouge. C'est ce que Marguerite Duras appellait « les mots-clés ». C’était le poème de l'enfant. Par l'enfant, près du fleuve, ces mots nous avaient traversé.e.s…

Saturday, September 19, 2026

S 'écria le prince

 
Je m’étais réveillée jeune.

J’étais fatiguée, fatiguée de moi, fatiguée des gens, ce rapport pas assez réinventé  (sauf avec les inconnus dans la rue) (sauf avec Bobo et les amis de Bobo). (Mais, Bobo, j’aurais voulu l’avoir tout à moi.)
Les gens étaient fatigués. Ça ne venait pas complètement de moi, je pensais, on vivait vraiment une époque de merde. Parfois les jeunes me dégoûtaient. Ils avaient inversé le sens des mots, ils entraient dans le fascisme, ils y étaient déjà, c’était indolore, chaque nouvelle génération chantait sa joie de vivre, aucune n’était désespérée (c’est faux, j’en connais quelques-unes).
Si, j’aimais les gens, mais je ne vivais pas sans filtres. Il aurait fallu des héros de Dostoïevski.
Que j’en sois une, au moins. Comme L’IDIOT, pour ne pas le nommer.
Cléo voulait m’amener au théâtre. Elle voulait tout voir, comme moi à son âge. Mais, quand elle me décrivait les spectacles auxquels elle voulait m'entraîner, je déclinais. Milo Rau ! Elle voulait que j’aille voir Milo Rau ! Seigneur ! il m’avait traumatisée, celui-là… Je regrettais de ne pas découvrir Carolina Bianchi dont on parlait tant, mais, vraiment, je ne m’y voyais pas, les rapports du théâtre à la violence, ce n’était plus de mon âge. Je lui demandais de me raconter (moi, je prenais ça au pied de la lettre, vous comprenez…) En fait, je préférais qu’on me raconte les choses plutôt que voir tous ces films, toutes ces pièces à la mode… Et Sté avait parlé de quelqu’un qui préférait la « seconde main » ou qqch comme ça. Peut-être « la copie à l'original ». Et c'était peut-être à propos de musique. Il disait — et, ça, Sté en était sûr — : « Parler avec les mots des autres, ça doit être ça, la liberté. » C’était dans LA MAMAN ET LA PUTAIN, c’était Jean-Pierre Léaud. Ce n’était pas que je recherchasse tellement de choses démodées ; j’aimais le démodé mais sans plus. Non, c’était que je cherchais AUTRE CHOSE. Si on ne va pas au théâtre pour —, alors qu’est-ce qu’il reste ? La vie. La vie, c’est ça, c’est pour découvrir AUTRE CHOSE. Et ce n’était pas non plus que je ne découvrais pas de nouvelles choses, j’en découvrais infiniment (je n’étais pas morte encore), mais les trucs pour les jeunes — même pas si jeunes, c'était déconseillé au moins de dix-huit ans —, non, je ne pouvais pas, Cléo raconterait… 

« Ce tableau ! s'écria le prince, comme sous l'effet d'une pensée soudaine, ce tableau ! Mais ce tableau peut faire perdre la foi à n'importe qui ! »

Labels:

Wednesday, September 16, 2026

D oute de la lumière, doute du soleil


Comme c’est étrange, la vie, on peut faire revenir une nuit ancienne, une nuit de toujours, une nuit de jeunesse. Cette nuit s’appelle HAMLET, mais, c’est étrange, c’est un Hamlet décalé, déformé, pas vraiment Hamlet, à la fin il ne meurt pas, par exemple, il devient roi. Hamlet, roi ! Il vit avec sa mère. Ce dont il avait rêvé toute sa vie. Comme le petit Baudelaire avant que sa mère ne se remarie avec le général Aupick, l’usurpateur qu’il détestait. 
 
C’est donc comme dans les rêves, on s’arrange avec les faits, on fait revenir, resurgir à la raison, on sait que c’est faux, mais on s’émerveille : « C’est donc possible… » La représentation était incroyablement longue et luxueuse. Il y avait des milliers de personnes qui tenaient harmonieusement sur scène, toutes habillées, perruquées, croquées avec la précision de Fellini, avec aussi des couleurs à la Yves Saint-Laurent, la référence à la haute couture s’imposant d’elle-même car je ne sais combien de centaines de « petites mains » se sont mises à travailler ensemble sous les directions de Małgorzata Szczęśniak et de Krzysztof Warlikowski pour proposer un tel spectacle surnaturel, oui, rêvé. À l’entracte (40 mn de pause au milieu de la nuit), je m’étais retrouvée sur la place de la Bastille, on pouvait « prendre l’air » après cette journée resurgie caniculaire, et j’avais noté dans mon petit, mais célèbre, carnet rouge : « Paris, c’est le luxe. »
 
C’était en effet l’une de ces nuits parisiennes que les auteurs ont tellement chantées, nuits de jeunesse, un effet de drogue, un effet surréaliste par rapport au temps, le jeu de pouvoir décaler le temps, pouvoir répéter la vie avec la précision et la lumière réinventée du théâtre, bien sûr du théâtre ! Bien sûr, la mise en scène de cet HAMLET était nervalienne (Denis avait trouvé la première partie « hypnotique ») : « Chacun sait que, dans les rêves, on ne voit jamais le soleil, bien qu'on ait souvent la perception d'une clarté beaucoup plus vive. Les objets et les corps sont lumineux par eux-mêmes. » 
 
Et si nous, les Français, avions envie que Hamlet prenne le pouvoir après avoir tué son beau-père et, en dommage collatéral, Ophélie pour vivre heureux avec sa mère vieillissante ? On avait traversés les immenses espaces hollywoodiens du backstage de l’opéra, Sophie Calle (sur la photo) dans un ensemble pyjama d’un très beau bleu (je la vois toujours mijoter qqch, cette femme, elle s’arrête pas…) Denis posait la question essentielle (en tout cas pour moi, en ce moment) : « Est-ce qu’il faut être dans un salon ou dans un théâtre ? » Krzysztof lui demandait de ne pas oublier la prochaine fête place des Vosges, je précisais en joke : « Chez Jack Lang… » On s’amusait à s’aimer comme depuis toujours (on ne comptait plus les décennies), Krzysztof avait toujours sa silhouette de Peter Pan, qu'est-ce que ça changeait qu'il fasse les plus beaux spectacles du monde, treize à la douzaine ? On s’amusait à se rappeler des anecdotes dont les autres ne se souvenaient pas, tous comme des rois.

Labels:

Saturday, September 12, 2026

A nus Dei





Labels: , ,

U n quart d’heure à travers le parc

 
La fatigue nous offre le sacré
J’écoute au fond du fond liquide et libre
bouger ou contempler  

Le désir de croire, en somme 

J’avais rêver que j’étais piquée par un moustique  à l’intérieur de ma main. Je me retenais de me gratter, mais, au matin, je n’avais rien et je n’y pensais plus…

Il y a le monde qui nous tient dans la main, on le regarde avec les infos

J’avais disparu tellement j’étais là

Mais, ce soir, le moustique apparaissait. Beau moustique. Et se posait sur ma main
J’étais obligée de le tuer ou de lui dire au-revoir

Il y avait moustique et mite qui tournaient autour de mon livre, mais c’était de la vie. La même
J’étais au bord d’écrire, je veux dire, de faire de la beauté, mais la question se posait vite : à qui...

Asimov avait prédit ce qui nous arrivait
Et qui n’était encore que des mots

L’idéal : lire un livre si passionnant qu’on n’a plus envie de l’écrire, je veux dire de le réécrire ou d’en écrire un autre, un livre qui est à lui-même sa propre transparence
 
C’était vendredi, j’avais envie de baiser
Mais, bon,
c’était plus de mon âge, non plus… Enfin, je pouvais y renoncer ; mon côté province…
Mais à Paris il y avait des fêtes
Peut-être même des partouzes
Dans les beaux quartiers
Je fréquentais toujours les mêmes (de quartiers)
Comment s’étonner, alors, de n’y comprendre rien. La ville était longue et secrète
Et personne ne baisait vraiment. Il fallait payer
 
 
 
D e la folie de continuer
 
Parfois, je me disais que l’humanité était au bord de se ressaisir. C’est vrai, si c’était vrai que l’humanité risquait de disparaître dans moins de dix ans (et que, si ce n’était le cas, ce serait dans moins de trente ans), comment se faisait-il que l’humanité ne se dise pas : « Bon, sérieux, là, on arrête de déconner ! » ? C’était pas du tout de ça qu’on avait l’impression, mais, parfois, j’y croyais, à ce sursaut. Genre  : on arrête tout, et même de faire des enfants, même si c’est triste, on diminue, quoi, pour faire de la place aux autres espèces du paradis et on y vit pénard sans vouloir décrocher la Lune et Mars et tutti quanti avec juste la guerre qui serait interdite, mais, ça, bien sûr, là, on voyait bien que c’était une rêverie.  

Par exemple, je n’avais pas trop d’hystérie sur la bouffe. J’avais du ventre, mais je mangeais moins, je trouve. C’était comme ça ; le ventre, à partir d’un certain âge, prend de l’importance
Le joueur de foot a avalé le ballon  

Pour moi, l’amitié, c’est du beau fixe, ça n’existe pas autrement. L’amour aussi est bien agréable, mais c’est conflit sur conflit (je suis bien obligée de l’accepter si je veux baiser). Mais l’amitié est si loin du conflit, c’est sa seule raison valable. Ça m'est arrivée de quitter une femme pour me mettre en couple avec un garçon, ce qui m'a frappée, c’est le silence, le calme. Plus de criailleries, de reproches incessants (même un reproche et c’est incessant !) C’est ça, l’amitié. C’est bien agréable, même si l’amour manque, l’amer amour…

Les réseaux sociaux tuent la lecture et la connaissance (tout le monde le sait depuis vingt ans ou plus)

Personne ne lit ce que j’écris, bien sûr

C’est du dialogue à la sourde 

Je suis amoureuse d’un garçon ignare
Y a plus que ça, alors !
Qu’il est rare, le garçon de talent !   

J’étais contente des moustiques, des mouches qui me tournaient autour. Je n’avais presque pas vu de moustiques cet été, il faisait bien trop chaud ! Peut-être un peu chez Olivier Cadiot en juin, mais c’était des punaises de lit. On m’avait dit que ça n’en était pas, finalement, des punaises de lit (et il est vrai que je ne les ai pas ramenées à Paris). J’avais appris que les araignées ne piquaient jamais, oubliez ça ! Peut-être des puces ordinaires ? « Il est vrai » qu’on dormait déjà sans draps, en juin, il faisait déjà si chaud, comme un été accompli, asséché et certains moustiques ne font pas de bruit (mes préférés). Invisibles ça sonne comme « invincible », mais ce n’est pas le cas. Plus d’oiseaux, plus beaucoup, même à l’aube, les arbres du parc restaient silencieux.

Nous retrancher de la ville,
c’est si important, n’est-ce pas ?  
Retrouver le jardin coincé parmi les murs
Comme une gorge, oui, comme une gorge
d’où s’échappent vers le haut les roses usées

Un quart d’heure à travers le parc (titre)  

Il faut qu’un livre résume tous les autres... (incipit)

J’ai lu un livre cet été dont je n’ai pu parler à personne, personne ne connaissait, ça m’a découragée.

Je me souviens du nom, qqch comme PG Wood, c’est navrant… Ah, non (grâce à l’IA) PG Wodehouse

J’admirais que mon corps soit encore vivant…

Les chiens-saucisses…

Moustique tout détaillé devant moi, tout entier  

Maintenant j’étais en ville

Monique toute détaillée devant moi

Et finalement je l’avais lu moi-même, ce livre que je conseillais à Neo. Mais je l’avais lu — relu donc, ce livre que je ne faisais que relire — en pensant que Neo l’avait écrit ou, s’il ne l’avait pas fait, qu’il aurait pu l’écrire ; je l’imaginais en narrateur, j’imaginais que c’était lui qui me parlait, c’était Neo certes ; je comprenais ce qu’il ressentait et pourquoi il l’exprimait comme ça…
Mais il n’y avait aucune chance que je revois un jour Neo. Je veux dire : je savais tout de Neo et Neo était maintenant parti ailleurs. On s’était frôlés et puis voilà parti ailleurs comme deux planètes qui ont croisé une fois leur trajectoires — et que ça reviendra peut-être dans des milliards d’années. Enfin, on ne sera plus là… Peut-être encore les fourmis… Peut-être que les robots laisseront les fourmis tranquilles ; il ne faut pas sous-estimé les temps futurs…   

Un cratère sur la planète Mars, une école primaire à Brooklyn…

Le feu soleil   

Il y avait encore l’air, il y avait encore l’amour, même si on restait dans sa chambre, on ne restait pas complètement dans sa chambre — et puis tout avait été décrit dans les années 50
On sortait dans la rue avec nos shorts mouillés
Comme à Saint-Tropez, comme à Trou   

Dans mon appartement futur  
 
Un groupe de flamants roses, on appelle ça une « flamboyance »
Un groupe de babouins : une « assemblée »
Un groupe de hiboux : un « parlement »
Un groupe de sangliers, on appelle ça une « harde » et c’est la même chose pour les cerfs et attention à ne pas confondre avec un groupe de bisons qu’on appelle une « horde »
Un groupe de phoques, on appelle ça une « échouerie » et c’est la même chose pour les otaries
Un groupe de poissons, on appelle ça un « banc »
Un groupe de lions, une « fierté »
Un groupe de papillons : une « nuée »
Un groupe de vipères, on appelle ça un « nœud »
Un groupe de perdrix : une « compagnie »
Et un groupe de kangourous : une « foule »  

J’avais décidé presque de ne pas manger, on verrait bien  

On préfère la solitude, tous.. tout le monde..

Je me demandais ce que devenait Christian, ça faisait si longtemps

J’étais encore possiblement dans un état de faire tout ce que je voulais, je veux dire même de sortir dans la rue et de rencontrer quelqu’un ou un groupe ou des visages, simplement des visages, des silhouettes, mais je n’allais plus rencontrer Vincent et je n’allais plus non plus au grand centre culturel qui était fermé pour des années — et je me demandais pourquoi on nous imposait ça, est-ce que j’avais tellement vieilli ?

Parfois s’exprimer à un ami fait ressortir la maladie de la mélancolie

Exploitation des passions de la vieillesse (titre)

Et, un jour, l’appartement ne sera plus utilisé

J’aime bien que l’immeuble pousse

Le livre que j’ai lu plusieurs fois dans ma vie — et même énormément de fois — et qui est toujours intact. J’arrive au bout et je pourrais le recommencer : il dit tout ce qu’il y a à dire ; il résume et, comme je disais : Il faut qu’un livre résume tous les autres de ma vie
C’est-à-dire justement qu’il n’y a pas d’autres choses à dire. C’est-à-dire bien sûr que je pourrais lire d’autres livres pour me divertir, je ne vais pas m’en priver, mais ce livre me contient. Drôle de sensation. Et, lui, paisible, toujours là…

C’est un livre écrit comme en délinquance, en désinvolture par rapport à l’idée. Il n’y a pas d’idée, c’est juste une invention. Ça n’avance pas, ça reste. Le livre reste. Intact à chaque moment. Il a une fin pourtant, mais ni un début ni une fin
Vous lisez les détails. C’est assez rare de lire vraiment le livre qui est là sous les yeux. Il n’est que transparence. À travers lui, on le voit lui…


Labels:

Tuesday, July 21, 2026






 

Labels:









 

Labels:

Sunday, July 19, 2026

D es volets, des stores...

 
L’amour est si difficile, si entravé… Heureusement il y a les rêves érotiques ou tout est harmonieux, les âges mélangés, la simplicité d’un désir commun, les combinaisons improbables, les directives qui n’en sont pas… J’avais vu sur Arte un reportage sur le « porn chic » des années disco — et ça m’avait suffi pour engendrer toute une ribambelle de caractères… l’infini de ce qui n’a qu’un temps… J’avais lu aussi les rêveries commentées (analysées par « Le Monde ») du voyage sur Mars. Et puis il y avait la journée improbable, toujours celle que l’on est en train de vivre, devenue la journée de la veille : la journée de la mémoire et la journée vécue qui se mélangeaient, s’interpénétraient
Je voyais l’été
La promesse
C’était encore
Le train avait du retard,
mais on nous demandait de ne pas quitter la gare ; j’avais lu les premiers chapitres d'un roman de plage (Frédéric Beigbeder) ; on le trouvait en neuvième position des meilleurs ventes dans les Relay de Vincent Bolloré (il y avait pire autour). Et puis participait, suggérait pour ce rêve, la résidence que je menais en EPHAD (à la Maison des Ateliers)
« Mars est rouillée tout simplement. »
Je nous regarde entre eux : personne n’a jamais lu
 
Personne n’a oublié avoir lu : personne n’a jamais lu. Et puis il y avait ce mot de John Travolta à la fin de STAYING ALIVE : to strut (walk proudly), se pavaner
 
« Des volets, des stores et un jardin ombragé »