Monday, July 16, 2018

L 'Eté par avance passé


Photos de Julie Cazalas

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C roire au foot


« Foi, semelle inusable pour qui n’avance pas. »

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Sunday, July 15, 2018


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« Je sens que ce spectacle a une force vitale incroyable 
je suis absolument certain que c’est le meilleur spectacle de tout Avignon 
c’est fou de dire cela 
mais parce que nous rejoignons le seul vrai théâtre des origines 
un théâtre de liberté et de jouissance 
dans la paille 
avec de la tendresse 
des souvenirs vrais, des épisodes de vraie vie 
une fête perdue il y a très longtemps et dont nous avons impérativement besoin 
Mais oui Monsieur, oui Madame 
c’est un acte de résistance 
cette nuit Unique »

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J 'y étais


C’est très difficile de parler des spectacles et de les conseiller parce que tous les spectacles sont bons, en fait, quels qu’ils soient, s’ils correspondent — au moins pour une personne — à ce dont cette personne a besoin. C’est tout un art pour le spectateur expérimenté de trouver, dans la botte de foin d’Avignon (on a envie que ça prenne feu), ce dont il a besoin. Précisément besoin. Rien d’autre ne compte. « Aimer une chose suffit », disait, je crois, Peter Handke. Un enfant trouve constamment et partout ce dont il a besoin, mais, moi, à l’âge que j’ai, j’ai aimé précisément un spectacle (dont j’ai vécu l'expérience deux fois), celui de La Nuit unique par le théâtre de l’Unité à la plaine de l’Abbaye à Villeneuve (qui se joue, à 23h, encore quatre nuits). Lettre à Jacques Livchine :

Très heureux d’avoir rencontré cette immense croyance que vous avez dans le « théâtre » (mais aussi la musique, la poésie, la nature et la nature de l’homme) ! Je repars chargé d’un fardeau précieux : le fardeau qui délivre. Au lieu de filer à Marseille (une soirée de finale !), je me suis réfugié dans l’auberge du fond d’un vallon dans le Lubéron (où les ondes ne passent pas). J’ai la nostalgie de cette immense poésie que vous avez trimballée toute la nuit et que vous m’avez inoculée — poison blanc — dans MA nuit et dans MON sommeil. J’aurais voulu ne jamais fermer l’œil, mais, comme au jardin des Oliviers, je m’endormais et m’endormais et vous ne faiblissiez pas dans votre labeur, chacun à son poste comme dans un communisme pur. Quelle douceur incroyable ! Comment peut-on s’adresser aussi gentiment à son prochain ? Je n’étais certes pas en avion (comme disait le papier que tu as lu tout à l’heure), mais là où la terre penche et, en revenant, j’aimais ce que je retrouvais comme des tubes, des joies très, très profondément inscrites. Rien à te dire, Jacques, que CHAPEAU BAS pour ta puissance et ta confiance à mettre dans un spectacle des vies entières et leur au-delà, 
YN

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Saturday, July 14, 2018

« O ui ! Je crois en Dieu ! Certes, il n’en sait rien ! »


Spectacle magnifique, nocturne, inadvenu. Le théâtre de l’Unité, mené par les deux croulants sublimes Jacques Livchine et Hervée de Lafond allonge les spectateurs dans la paille de notre enfance — il est 23h dans la plaine de l’Abbaye, à Villeneuve, certains (c’est recommandé) ont apporté leur drap, leur oreiller — et il commence ni plus ni moins (disons pendant les premières heures) par les endormir, les salauds ! Du coup, on y arrive (bien) et on loupe ce qu’il se passe, dans mon cas plusieurs heures (j’y retourne ce soir du coup en trichant peut-être par une astuce de guarana, de café ou de Redbull). Peutimporte, c’est le jeu, le spectacle est censé « agir pendant le sommeil » (quand tu as vraiment envie de dormir, il te casse un peu les pieds, le spectacle, peuvent pas se taire un peu, nom de Dieu, écouter les petits zoiseaux ?) Et quand on se réveille à nouveau — en forme, il faut bien le dire —, quelle merveille à nouveau ! C’est tout comme on l’avait laissé, le spectacle, mais les comédiens ont changé, ils sont comme entrés en transe, ils sont tout près, leur si beaux visages se sont approfondis, ils sont  devenu archaïques, disponibles à tout et — forcément — ils nous transmettent leur état, nous aussi, nous devenons disponibles à tout, à la poésie ô combien, à la beauté de la poésie qui éclate dans le ciel comme une chose réelle peut éclater dans le ciel, comme une bombe réelle — et disponible aussi à la non-poésie qui éclate aussi dans le ciel, sur fond de ciel, sur fond de terre, sur fond de paille, comme une chose réelle, elle-aussi, et tout aussi nécessaire, comme une particule son antimatière — et voici que cette matière et cette antimatière sont réunies et se tiennent par la main (normalement elles se détruisent) par Jacques Livchine et sa troupe et alors, oui, il s’agit de théâtre et c’est une chose équivalente à la beauté du monde. Je me disais dans mon carnet (une pensée, une théorie) à un moment de cette représentation-voyage  : « La beauté est insupportable, il faut des spectacles pour la supporter ». Spectacle incomparable de l’aube. Mesdames et Messieurs, voilà que la nuit agonise...




C'est très difficile de parler des spectacles (c'est une bonne nouvelle, en un sens), mais disons (je l'ai revu), c'est pour moi LE spectacle du festival. Absolument inoubliable. Une nourriture infinie. Celle dont j'avais besoin. Sinon rien. D'une invention sidérante. D'une audace. Une expérimentation (de la perception) bouleversante.

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D émasquée



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Wednesday, July 11, 2018

L a Conversation


« On écrit aussi parce qu'on a lu, ça me paraît une évidence ; c'est quand même une sorte de conversation, à travers les siècles, qu'on poursuit. Alors je sais bien que ni Pascal, ni Dostoïevski, ni Baudelaire ne vont se lever de leur tombeau pour me répondre. Je le sais, et ne le sais pas ; parce que je me comporte exactement comme s'ils allaient le faire. Décidément, on n'est jamais aussi rationnel qu'on l’imagine. »

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A utomne-Hiver



« Rien n’est si baudelairien que Phèdre, rien n'est si digne de Racine […] que les Fleurs du Mal. » (Marcel Proust)

Phèdre, de Racine, jouée par la Berma, on se souvient — pour ceux qui ont vu, l’an passé, La Recherche —, Proust en parlait et, dans le spectacle, on entendait parfois, spectral, l’enregistrement de Sarah Bernhardt, à toute allure, hurlé dans un cornet pour imprimer un cylindre de cire d’une durée limitée, seul enregistrement de cette star avant l’heure. C’est Proust qui fait remarquer (avant tant d’autres) que Baudelaire, c’est Racine avec des cochonneries (je crois qu’il le dit plus ou moins comme ça, non ?) et qu’en fin de compte, dans Racine (surtout Phèdre), il y a déjà les cochonneries. Tout est affreusement cochon dans les tréfonds de la vie. « Vous êtes des animaux », dit la chanson. Baudelaire comme Racine ont regardé en face le soleil comme la mort, animalement, on pourrait dire, amicalement. C’est ce qu’on appelle, au théâtre, la tragédie. Attention, ces deux spectacles se vautrent dans les ténèbres et aucun n’est adapté à un enfant de moins de quinze ans. Le spectacle sur Baudelaire se déroule dans le noir absolu, phobiques s’abstenir, avec des textes souvent violents. (Possibilité de venir en avance faire l’essai si on n’est pas sûr d’y parvenir.) « Je suis comme un peintre qu’un Dieu moqueur / Condamne à peindre, hélas ! sur les ténèbres », écrit Baudelaire. Et Phèdre qui veut dire « la brillante » en grec, qui est petite-fille du soleil, est pourtant, dans la pièce, la figure morbide d’une nuit sans lumière, d’une nuit inconnue, réapparue du fond des âges, retour au pays du théâtre, Y-N G

Automne-Hiver,  diptyque à partir de Baudelaire et de Racine
Automne, c'est Baudelaire (Les Fleurs du mal)
Hiver, c'est Racine (Phèdre)

Le spectacle en deux parties peut aussi se voir séparément 
1er et 2 novembre : D’abord le Baudelaire ensuite le Racine
3 et 4 novembre : L’inverse, d’abord le Racine et ensuite le Baudelaire

Réduction si on choisit de voir (pas forcément le même jour) les deux volets

Deux spectacles d’approximativement 2h chacun, séparés par un entracte d’une demi-heure

Avec Yves-Noël Genod
Lumière : Philippe Gladieux
Son : Benoît Pelé

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Monday, July 09, 2018

S 'il y a poème, c'est le réel



Sunday, July 08, 2018

P hèdre


« I can look at the agony of wounded night »

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e ssordoiseaux


« and the coolness of your smile is
stirringofbirds between my arms »

« tout amour de la littérature vaut comme amour du lecteur »

« double désert du temps et de l’espace »

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Saturday, July 07, 2018

B ulletin de service


« Enfin, nous-mêmes. Quelques règles. Ne jamais lésiner sur ce que j’appelle l’inélégance des corps (et qui est leur beauté). »

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