Friday, March 22, 2019

D évotion pour les fleurs


Un jeune peintre coréen de quatre-vingt-deux ans expose chez Perrotin, Kim Chonk-Hak, l'expo s’appelle Vitality et ça l’est, vital, et sublime avec ça, célébration bouleversante de la nature, entre David Hockney et l’art brut, pour aller vite, dévotion pour les fleurs, insectes, herbes sauvages.
Un film sublime encore demain samedi à 15h30 au Forum des Images, Un tournage à la campagne, réalisé d’après les rushes du film Une partie de campagne, de Jean Renoir, rushes qui avaient été déposés à la Cinémathèque dans les années 60. Un des plus beaux films que j’ai vu de ma vie (toujours dans ce festival merveilleux, le Cinéma du Réel). Dans le film, on voit Sylvia Bataille. Tomber amoureux de Sylvia Bataille. Sylvia Bataille, c’est l’ombre de la plus jolie jeune fille en fleur que j’ai jamais ressentie (ici, au naturel, en train de faire son métier, c’est-à-dire de vivre). Sylvia Bataille était la femme de Georges Bataille, elle a entamé une psychanalyse avec Jacques Lacan et est tombée amoureuse de lui (à l’époque où l'on pouvait encore coucher avec son psy) avec qui elle a vécu ensuite. Jacques Lacan a élevé sa fille, Laurence Bataille, et j’ai passé du temps dans la maison de l’île de Ré qui appartient maintenant à la fille de Laurence. C’est là que j’ai rencontré Héléna Villovitch (cette amie lui avait prêté cette maison), c’était en février, l’île était pleine d’oiseaux, au trois-quart recouverte d’eau, j’ai écrit un texte (une commande de Jérôme Mauche) sur un homme et une femme qui se rencontrait sur une île dans la maison de Jacques Lacan et de Sylvia Bataille et je l’ai lu au musée Zadkine devant Edouard Levé qui m’a dit : « Je suis content d’être venu parce que je suis en train d’écrire un livre très dur sur le suicide et je vois qu’on peut aussi écrire sur l’amour… » Mais Jean Renoir, c’est aussi, on ne cesse d’y penser, le fils d’Auguste Renoir, et c’est tout un monde de merveilles et de naïvetés — et de lumière — et d’herbes sauvages qui s’allument, mis en mouvement. Vitality. Curieusement, j’ai aussi pensé à une phrase d’Eric Zemmour entendue à la télé. Contre une féministe, il disait : « Mais croyez-vous que vos mères et vos grand-mères étaient plus idiotes que vous ? » Non, c’est vrai, les mères et les grand-mères des féministes d’aujourd’hui n’étaient pas plus idiotes, je ne sais pas si elle l’était moins (je ne le crois pas), mais elle ne l’était certainement pas plus, en tout cas pas chez Jean Renoir, pas Sylvia Bataille, ce film est une merveille absolue qui fait penser, pour revenir à une citation plus honorable, à la phrase de Gilles Deleuze et de Félix Guattari : « Le climat, le vent, la saison, l’heure ne sont pas d’une autre nature que les choses, les bêtes ou les personnes qui les peuplent, les suivent, y dorment ou s’y réveillent ». « Une espèce de tendresse pour tout », répète Sylvia dans le film.
J’ai aussi vu un deuxième film de Kevin Jerome Everson dont je vous avais parlé l'autre jour, absolument sublime, lui aussi, inouï, réel, absolument artistique, Kevin Jerome Everson est un artiste absolu. Ce deuxième que j’ai vu — après The Island of Saint Matthew — s’appelle Tonsler Park. Il reste deux jours à ce festival où j’ai vu encore plein d’autres choses merveilleuses (et aussi ailleurs dans Paris) dont je n’ai le temps de parler.

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Thursday, March 21, 2019

Titre pour un spectacle :
Alors, en fait, oui et non

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Wednesday, March 20, 2019

A u CND


Le fan-club de Claudia Triozzi était réuni ce jeudi soir à Pantin pour la reprise d’un de ses plus beaux spectacles, sublime comme un rocher, créé il y a dix-sept ans (avant même que j’eusse commencé ma carrière) et que j’avais adoré, ici repris d’une manière plus lyrique (c’est un spectacle de chansons et Claudia commençait un travail vocal qui a ensuite beaucoup progressé). C’est sûrement complet, la jauge est minuscule, mais ça vaut le coup d’exploser la liste d’attente ! Demain, à 21h30.
Dialogue juste après les saluts (à l’intention de Jean-Pierre Thibaudat) :
— Elle est vraiment folle, je disais à Eva
— Ça me rassure, me répondait-elle
— Moi aussi 

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Bonjour Pascale, bonjour François, bonjour Margot, 
J’aimerais bien travailler avec vous. Si ça vous intéressait, je vous en parlerais. 
J’avais donné trois spectacles aux Labos d’Auber du temps de Guillaume Desanges, dont le célèbre Pour en finir avec Claude Régy (que je ne pourrais pas reprendre maintenant car Claude Régy est réellement en train de mourir, mais enfin…) 
J’aimerais beaucoup refaire du stand-up, forme de mes débuts (En attendant Genod, il y a quinze ans, au Lieu Unique) que j’ai évoquée sur place début février (dans l’installation d’Yves Godin). (Titre : Un espion vieux comme le monde.)
Et, bien entendu, beaucoup d’autres idées.
Bien à vous,
Yves-Noël

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S i l'on vous demande


« Préférez-vous faire la révolution ou contempler un beau paysage ? Contempler un beau paysage. »

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D ans le bungalow dans le Nord



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U ne seule civilisation (malheureusement)


« Bien que l’humanité soit fort loin de constituer une communauté harmonieuse, nous sommes tous membres d’une seule civilisation mondiale bagarreuse. »

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S auf Maman


Cher Yvno,
Je comprends très bien tes raisons de ne pas venir, et d’ailleurs je te remercie, cela m’évite un ulcère, de t’amener voir un spectacle qui risquerait de te déplaire.
Car en effet et avec le recul, je me suis dit que ça n’allait pas te plaire. Non pas parce que ce sont sur scène des populations dites « de couleur », ce qui serait de très mauvais goût deux jours après cet attentat en Nouvelle-Zélande, ni que ce sont des femmes, choses rares sur nos plateaux et dans nos CDN au point de repousser le choix de la future directrice du TNP (parce qu’il faut que ce soit une directrice apparemment), mais bien parce que le sujet pouvait effectivement ne pas t’intéresser : un interprète qui se risquerait à ne pas faire un spectacle ? Ton pain quotidien !
Merci en tous cas pour ton conseil de film, j’irai, car je suis moi-même dérangé par l’odeur, alors que j’aime bien ces gens, ils sont tellement gentils et, en plus, ils s’entendent bien avec les animaux.
Mais toi, coquin ! tu n’es pas gêné, puisque tu n’as pas d’odorat... Au final, tu es tout de même assez chanceux.
Bon dimanche, et j’espère qu’on se verra avant notre départ au Japon !
Je t’embrasse, 
Gildas

Ah ah ! tu as su déceler la clé invisible qui révèle le subterfuge de mon excuse : je n'ai en effet pas d'odorat. Tu as gagné : la vérité, c'est que je suis au bordel, pas à lire dans mon lit !

Oh, j’le savais !!! Vilain !!!

Tu me connais trop 

Oui, c’est terrible...

Nous sommes tous des monstres 

Sauf Maman 

Maman qui est la cause de tous les monstres, voilà la théorie féministe
Ah, ce n'est pas la théorie féministe ? Je me trompe de bouquin, alors... Mais qu'est-ce que je suis en train de lire ? Je ne sais plus, je passe d'un truc à l'autre
Tout ça en baisant, ça mélange les pinceaux 
J'ai les doigts plein de peinture

Un vrai petit Picasso, cet Yvno ! On dirait du Jhon Fou, tiens !

C'est l'inspiration, oui

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V iol


Excuse-moi, cher Frédéric, c’était tellement gentil à toi de m’inviter, mais, bon, j’espérais des cochonneries, mais, le viol, c’est moi qui ai moins de 16 ans, dans ce cas-là, je ne supporte pas. Bien sûr, je suis passé à côté du spectacle (Nicole Martin m’a dit que c’était très bien) et je ne peux pas juger la forme. Peut-être que ça s’arrangeait, d’ailleurs, peut-être qu’à un moment, elle allait dire : « Non, c’était une blague, il ne m’a pas violée en fait, on s’adore, mais comme c’est moi qui aime ça, on le fait de temps en temps, je descends la nuit dans le parking souterrain de l’immeuble (ou même parfois dans un autre parking plus dangereux) et, lui, il arrive couvert d’une cagoule, il me bâillonne et il me viole, ça m’excite beaucoup, mais c’est un jeu… » Je n’ai pas du tout passé une mauvaise soirée parce que je me suis promené dans le parc dans le crépuscule d’équinoxe sous la pleine lune, c’était sublime. J’ai failli aller voir Jain au Zénith, Overkill + Destruction + Flotsam & Jetsam au Trabendo, l’Orchestre de Paris à la Philharmonie, il y avait des places pour tout, mais je suis revenu pour voir ta deuxième partie. Et puis finalement, non,  j’ai flanché encore, je suis rentré par le canal…
Tous mes vœux de réussite pour ton festival ! 
Yvno 

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J e cherche du travail hors ligne


« Dans notre culture très individualiste et narcissique, formatée par les réseaux sociaux, nous développons un imaginaire où chacun est auteur, acteur, metteur en scène et même spectateur de sa propre vie et où nous nous retrouvons isolés dans une forteresse d’autoconstruction. » Je cherche du travail hors ligne

Merci de ces nouvelles ! Merci pour ta tribune ! J’ai lu ce matin ce que j’ai trouvé sur le Web, ton entretien dans « Le Figaro » !, par exemple, et j’ai même accepter de recevoir la newsletter de « Valeurs Actuelles » !, figure-toi, pour pouvoir lire celui qu’ils ont publié avec toi, c’est malheureux… Mais c’est très bien, ce que tu dis. J’ai presque tout compris (sauf le mot « cybernétique » qui m’échappe encore…) Si tu as la possibilité de m’envoyer ton livre en pdf, fais-le, s’il te plaît. Sinon je le trouverai… C’est d’actualité, pour moi spécialement, car, hier soir, j’ai passé plusieurs heures à discuter de tous ces sujets (qui sont dans l’air) avec une Suissesse que j’aime beaucoup, Julia Perazzini, pour essayer de l’amener à mes vues (qui sont les tiennes). Presque un cas de harcèlement. C’était réveillon d’équinoxe, bon. Circonstance atténuante. Et du coup, ce matin, j’ai encore des munitions à lui refourguer. Ce que j’aime avec les Suisses, c’est (entre autres) qu’on peut au moins débattre — pendant des heures —, il y a quand même une écoute, impossible (pour moi, en tout cas) en France. A propos de débat, d’ailleurs, je ne vais pas pouvoir venir à celui de demain, mais c’est bien dommage, ça m'aurait permis de t’embrasser, 
Yves-Noël

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D e l’importance de bien nommer (la barbarie)


« Les querelles sémantiques peuvent sembler hors-sujet lorsque l'on atteint des pics d'horreur comme dans le cas du massacre en Nouvelle Zélande.
Et pourtant.
Comme le montre tous les jours l'instrumentalisation politique des crimes par les extrêmes (de gauche comme de droite), la mise en concurrence des différentes formes de haine atteint désormais un degré inacceptable. Non seulement elle censure la parole critique rationnelle, non seulement elle consolide des monopoles idéologiques hémiplégiques, mais elle enterre la dignité humaine, en la faisant régresser dans un sinistre jeu de renvoi de balle, de comptage ethnique et identitaire des cadavres, qui profite aux assassins. 
Ceux qui entretiennent ce jeu de ping-pong mortifère ne méritent que du mépris, et notre révolte. Ce sont des généraux d’armées constituées de cadavres, et qui recrutent dans les cimetières pour renforcer leur misérable fonds de commerce.
Notre incapacité à nommer d'un bloc ces différentes haines se fait jour à travers l'ABSENCE DE TERME COMMUN, pour désigner les crimes de masse.
Or, s'il n'y a pas de mot commun, c'est PRECISEMENT parce que la stratégie des assoiffés de sang consiste à perpétuer et intensifier les divisions et les haines parcellaires, celles du tous contre tous, bref le processus d'atomisation et de massification qui alimente, de concert, plusieurs extrêmes. Cette atomisation est très avancée, y compris dans la société française.
Or, ce mot commun existe: qu'il s'agisse de la tuerie à Orlando, des attentats islamistes, des abominations antisémites, du massacre de musulmans.
Le terme juste, celui qui doit nous révolter en bloc, n'est ni « islamophobie » , ni « antisémitisme » , ni même terrorisme – qui renvoie à une forme organisée de la terreur.
C'est EPURATION.
Ce sont des crimes d'épuration, ethnique, religieuse, sexuelle, culturelle — menés sur plusieurs fronts identitaires mais tendant au même but.
Au-delà des captations par les lobbys identitaires et politiques capitalisant sur la segmentation des « phobies », des slogans en « je suis » et en « not in my name », il serait temps de reconnaître une nomination commune à ces massacres qui nourrissent entre eux un mimétisme tant historique, qu’idéologique et empirique, si nous voulons conserver l'espoir d'éradiquer cette spirale mondiale de la violence et de la haine. 
Il n’y aura pas d’humanité commune sans cette nomination commune. » 

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Tuesday, March 19, 2019

A u courrier ce matin


Le public est mort
Le théâtre n‘a plus lieu d‘être.
En attendant de crier : vive le public !
Arrêtons de faire semblant.
Ecoutons, entendons.
Et découvrons.

Je t'embrasse,

Laurent 

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Monday, March 18, 2019

S ilver linning

J’ai compris comment la lecture fonctionnait (encore), ce que je ne comprenais pas quand je travaillais (ou quand j’avais une vie amoureuse). C’est que beaucoup de gens n’ont pas ou plus de vie amoureuse ni non plus de travail. Beaucoup de gens sont à la retraite, par exemple. Et alors pour être heureux, il reste le rêve ou la lecture (le cinéma et les séries passent plus vite, mieux vaut dormir ou lire). J’ai dit à Colette qui insistait pour que je lui mette des fliers publicitaires de mes spectacles dans sa librairie de la rue Rambuteau : « Mais, Colette, quand vous me voyez acheter des livres, c’est que j'ai le temps de lire, que je suis chômeur. »

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Salut Toto ! J’ai vu ton film et — comment te le dire en te faisant plaisir mais sans te faire de la peine ? —, j’ai vraiment aimé passer la soirée avec toi, je t’aime tant, je t’adore et tu es très bien dans le film, mais, en même temps, j’ai détesté ce film, qu’est-ce que je me suis fait chier ! Tout est faux, j’ai trouvé, sauf ton merveilleux personnage d’ahuri qui s’en sort intact puisqu’il passe son temps à se demander ce qu’il fout là. Sur ce point j’étais au diapason. Je te souhaite le meilleur

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R ectangles


Tiens, je lis l’entretien de Yannick Haenel sur « Diacritik » et je pense à ton très beau livre infini (dont le fait qu’il évoque la peinture n’est pas peu dans sa beauté) : «  Il m’arrive de penser que la peinture n’a pas besoin des humains, elle se tient au cœur de son propre point aveugle. J’imagine souvent les tableaux seuls, dans les musées, la nuit. Leurs silences dialoguent. La solitude de la peinture est aussi inouïe que celle de la littérature. Qu’est-ce qui s’ouvre à travers ces rectangles de lumière ? » 
Bises, 
YN 

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D isons entre l’issue et l’impasse


« Chez lui, si les couleurs et les formes s’ajustent selon cette guerre qu’il perçoit entre le clair et l’obscur, s’il invente ce fond noir pour mettre la lumière à l’épreuve de sa possibilité, c’est parce que tout se joue pour chacun de nous entre deux abîmes : disons entre l’issue et l’impasse, entre la trouvaille et le malheur, ou — à l’époque du Caravage — entre Dieu et le néant. »

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Saturday, March 16, 2019

L e Cinéma du réel et le cinéma de la connerie


J’ai vu un film formidable, sublime, ce soir, par hasard. C’est au Cinéma du Réel, un festival qui vient de commencer, au centre Georges Pompidou, un festival de documentaires. J’avais à me laver d’une fiction affreuse que j’avais vue la veille, presque au même endroit, au Mk2 Beaubourg, j’y étais allé parce que le rôle principal est tenu par un acteur que j’aime beaucoup, avec qui j’ai beaucoup travaillé et j’ai aimé passer la soirée avec lui, mais c’était tout, le film était tellement pénible, faux. Il y avait une longue interview des deux réalisateurs sur Diacritik, je l’avais lue et je m’étais dit que, sans doute, ça n’allait pas être si nul. Parce que je me méfie du cinéma français. Mais, là, pas assez. Pourtant cet entretien aurait pu me mettre la puce à l’oreille : pas une seconde du film qui ne soit surexpliquée, surjustifiée, on prouve qu’on est des laborieux, comme sans doute ce couple de réalisateurs (parité) a dû devoir le prouver sans discontinuer pour leurs demandes de subventions. Le film est tellement mauvais et tellement friqué (des dizaines de personnes payées au générique) que je me suis demandé si ce n’était pas du blanchiment d’argent sale, ce film, je ne voyais pas (le film n’est distribué que dans deux salles et, vendredi soir, on n’était pas trente dans celle où j’étais coincé). Mais on m’explique maintenant que, non, c’est de l’argent de subvention. De l’argent de subvention ! Ces gens (avec leur producteur) ont donc ce talent : savoir demander et empocher. Moi qui n’en touche aucune, de subventions, je me sens le droit de dénoncer les fabricants de navets qui en touchent grave, vous pensez que j’ai tort ? Je me suis aussi demandé si le film aurait été meilleur s’il avait été sans fric, personne de payé. J’ai bien réfléchi et je pense que, oui, le film aurait été meilleur, vraiment meilleur, s’il n’avait pas touché d'argent, s’il n’y avait pas eu surtout ce temps passé à chercher de l’argent, à justifier tout. Il faut arrêter avec ces subventions de merde qui détruisent tout ! J’avais aussi pitié de cet acteur, mon chéri, qu’il ait à s’emmerder comme ça à faire des films pareils ! C’est terrible, le cinéma, la différence entre les chefs-d’œuvre (et ils sont nombreux) et les navets. 

Mais je me trompe peut-être — je n’y connais rien. 

Sauf ce film de ce soir : là, je m’y connais. Le réel, tout d’un coup, le temps, l’espace, le témoignage, la réalité qui dépasse la fiction, la nécessité. Jamais je n’oublierai ce voyage à Columbus dans le Mississippi, le film s’appelle The Island of Saint Matthews et c’est une splendeur bouleversante. Je ne peux même pas en parler, je n’en dirais que des bêtises. Merce Cunningham dit quelque part que la danse, ça ne se dit pas, ça ne peut pas se mettre dans des phrases et que c’est même ça, l’intérêt de la danse : ça ne se parle pas. Ce cinéma-là non plus, on ne peut rien en dire. C’est une vraie chose. Il y avait un petit débat après le film avec le réalisateur, Kevin Jerome Everson, chaque chose qu’il a dite était d’une information inouïe, contrairement à l’entretien de Diacritik. Et puis j’ai revu un petit document de l’INA qui traîne sur les réseaux sociaux où l’on voit Marguerite Duras et Dominique Noguez (qui vient de mourir) parler d’un festival de cinéma « différent » (qui est pour eux LE cinéma). Et Marguerite Duras finit par crier : « Qu’un cinéma échappe enfin à la publicité ! » Elle dit qu’on ne doit pas forcer les gens à aller voir des films, elle dit sa lassitude du cinéma de consommation, ce qu’elle appelle le « cinéma du samedi ». Elle imagine qu'on puisse voir le premier film de ce cinéma (dit différent) par hasard, par un hasard total. C’est ce qu’il se passe avec le cinéma (dit) du réel : le hasard pur et pour le faire et pour le voir, c’est ce qu’on appelle aussi la nécessité (pas de commerce). En tout cas, quand c’est réussi. Il existe sans doute aussi des ratés, je ne sais pas. Ce n’est pas sûr. Mes spectacles, par exemple, sont très, très rarement ratés car ils sont ce qu’ils sont. Ils sont réels. Ils ne volent pas leur temps aux gens.

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L ’Extension du politiquement correct au domaine de l’art


« L’extension du politiquement correct au domaine de l’art contemporain résulte de raccourcis, de réductions et d’impensés en matière de représentation de la « diversité ». L’académisation de la culture individualiste de la performance, le marketing culturel de l’inclusivité, la transformation progressive de la figure de l’artiste en « ingénieur du social », la mutation de la question de la représentation en « right to appear » (droit à apparaître), la substitution de gestes nihilistes ou revendicatifs à la question de la transmission convergent vers ce phénomène global. Il tend à fondre académisme et contre-culture dans un nouvel académisme anti-culturel qui vide de substance, en les simplifiant, les oppositions tant politiques que symboliques. Dans ce contexte anthropologique nouveau, celui du postmodernisme, du capitalisme cognitif et de la culture performative, l’art perd sa fonction de contre-pouvoir, voire risque de se confondre avec l’instance même du pouvoir. »

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M anifester


Cher Laurent, ici, à Paris, on manifeste pour le climat (sous l’impulsion de la petite Suédoise), alors on a décidé, Caroline — et même Jan Peters qui était venu de Berlin l’autre soir pour le premier spectacle de Caroline (à la Ménagerie de verre) et donc moi aussi qu’on ne prendrait pas l’avion pour aller te voir à Oslo, on est trop concerné. Mais j’en suis bien désolé... Je n’ai plus de travail depuis trois semaines, mais pour toujours, semble-t-il. Est-ce que ça ne vaudrait pas le coup que tu relances Aubervilliers puisqu’ils disaient que ce n’était que reporté, on sait ce que ça veut dire, mais re-manifester ton intérêt ne pourrait pas être néfaste… 
T’embrasse, en tout cas, j’espère que tout se passe bien, 
Yves-Noël

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Friday, March 15, 2019

A la mer avec Bobo



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A près la manif, le terrain vague



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