Wednesday, December 12, 2018

« La   vieillesse   des hommes  et  le  crépuscule,  les  rêves  et  la  vie,  le  temps  qui  passe et l’eau. »

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« De toutes les villes du monde, de toutes les patries intimes qu’un homme cherche à mériter au cours de ses voyages, Genève me semble la plus propice au bonheur. Je lui dois d’avoir découvert, à partir de 1914, le français, le latin, l’allemand, l’expressionisme, Schopenhauer, la doctrine de Bouddha, le taoïsme, Conrad, Lafcadio Hearn et la nostalgie de Buenos Aires. Et aussi l’amour, l’amitié, l’humiliation et la tentation du suicide. Dans le souvenir tout est agréable, même l’épreuve. » 

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H uitième ciel


Je suis au huitième étage d'un hôtel au-dessus de Genève et c'est beau... — et je lis « Le Temps »

[...]

Oh, Paris... Vivement samedi que ça casse tout...

Quel rebelle ! C'est l'exilé en Suisse qui parle ?

Exactement. Je suis très influencé par ce que je lis et je viens de lire un article dans « Le Temps » qui dit que ce sont les casseurs qui ont fait reculer Macron, pas les pacifistes... Bravo les gros bras ! (De mon huitième étage au-dessus du lac, je peux me permettre d'être de gauche, tu comprends...)


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Tuesday, December 11, 2018

Tiens, je pense à toi car je lis dans un livre sur Phèdre : « Au yeux du Dieu cruel nous sommes presque tous des monstres ou des lâches. »
Oui, bien sûr, Proust parle de ça (il parle de tout, Proust). Une saison en enfer, aussi, c’est sublime. Je l’ai joué aussi, ce texte (très difficile aussi), quelle merveille !

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T héâtre engagé


Bonjour à tous,
Je voulais juste, un peu tardivement, vous remercier pour cette extraordinaire Ruée commune. 
C’était le dernier essai du Musée de la Danse, imaginé et réalisé à l’arraché avec vous… au milieu d’un automne très chargé… en plein festival TNB… une folie. C’était la meilleure fin possible pour notre fragile institution : un livre, le « récit de nos dispersions », une improvisation collective. L’Histoire au présent, et pas une rétrospective de nos meilleurs projets.
Après avoir un peu paniqué au début de la performance, j’ai soudain réalisé que la fragilité et la difficulté de l’entreprise disait aussi quelque chose de la fragilité, de la difficulté et de la nécessité d’embrasser ces questions historiques. Le récit national. Les dates grandes et petites. 36015 ans regardés depuis notre contemporanéité, pour notre contemporanéité. Se remettre à bouger avec tout cela. Penser dans la pléthore et la pénibilité parfois de notre histoire franco-européo-mondiale.
J’étais tellement fatigué ensuite que j’ai hiberné pendant cinq jours ! Mais en fermant les yeux je voyais toujours les gyrophares, la commune de Paris dans les dessous, Allende, Foucault qui n’arrêtait pas de mourir, Simone de Beauvoir qui gigotait, l’esclavage balayé par Nadia et Vera, la forêt sensuelle des étudiants… je pensais à ce truc dans le poème de Victor Hugo, au début de la Légende des siècles, lorsque Caïn se fut enfuit de devant Jéhovah, vous savez, il fuit, mais à la fin, même dans la tombe, « l’œil était dans la tombe et regardait Caïn ». C’était plutôt l’œil de Marlène qui m’empêchait de dormir, mais vous voyez ce que je veux dire : comme si on avait fabriqué quelque chose de très entêtant et qui dépassait nos tentatives individuelles. 
Donc juste merci, maladroitement, mais quand même:  c’était grand, dans des lumières du génie Yves Godin (sisi, génie, Yves-Noël d’ailleurs en discutait avec son auditoire, de la notion de génie).
Et merci aussi à ces historien-ne-s qui nous ont offert cette pente escarpée.
Amitiés,
Boris

C’est gentil, ce texte, Boris !
Ça a été un plaisir, La Ruée (j’étais bien lotis, il faut dire, côté gyrophares !) Moi aussi, j’étais éreinté après, à mon étonnement — mais pas pendant, j’ai eu l’impression que ça passait vite. Ce que j’ai préféré, pour ma part, c’est d'avoir eu l’idée d'un débat entre les lectures, ça, c’était chouette, de s’apercevoir que le public, le tien, celui du TNB, n’était pas con. Et j’aimais bien cette forme, le débat, faire le prof un peu… Je me demande un peu d’ailleurs comment la reproduire. Là, ça marchait, parce que c’était une forme spontanée du débat non annoncé, et qui allait bien avec l’acte engagé (gauchiste) de ce livre. Bref, comment faire du théâtre engagé — c’est la question que je me pose —, mais qui soit juste (pas faux), pas des choses assénées d’en haut, mais des questions levées. Là, je trouve qu’avec La Ruée, ce que j’en ai perçu, et à partir de ces textes combatifs, je trouve que ça en prenait la forme... 
Bon vent, Boris, au plaisir, 
Yvno

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Titre : A Hole’s a Hole

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« 86. On répare nos vêtements abimés plutôt que de les jeter
87. On nourrit les oiseaux avec des graines l’hiver »

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H otel Cornavin



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Monday, December 10, 2018

M ais si, mon Lolo, elle est super, ta pièce...


Photo de Philippe Gladieux

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M y Wants


Un intervieweur interviewe un Gilet Jaune. Le brave gars se plaint de ne pas voir assez d’argent pour les fins de mois. « Et les loisirs n’en parlons pas ! » Le journaliste lui demande : « Quel était votre dernier loisir avec vos enfants ? » Le brave gars réfléchit longuement, ça remonte à loin, et finit par balbutier comme un élève qui rend mal sa copie : « Une balade en forêt… ». Ah, mais c’est bien, ça, une balade en forêt. Mais le journaliste insiste : « Quel est votre dernier loisir payant avec vos enfants ? » Le brave gars réfléchit encore plus longuement, ne trouve pas, cherche, je crois même encouragé par un collègue et tout aussi dépité que la première fois (ou plus ?), il balance : « Un MacDo… » Ah, zut  ! Voyez pourquoi il ne faut pas vous donner plus d’argent. : vous le dépensez mal. Une balade en forêt avec les enfants, ça, c’est bien, ça, c’est écolo, c'est éducatif, ça, c’est l’avenir qui nous attend, le retour à l'état sauvage, en tout cas tant qu’il y a encore des forêts (même sans oiseaux). Alors, voilà, on vous donne un peu d’argent et vous allez le dépenser au MacDo ! Mais c’est le vieux monde, ça. On ne va pas s’en sortir si vous traînassez comme ça. Et puis vous descendez dans la rue pour que le gazoil n’augmente pas. Mais et si vous alliez à pied, un peu plus, même sur les routes, pas seulement pour ramasser du bois en forêt, eh bien, ça irait mieux. On marchait plus dans le temps, beaucoup plus. Il faut écouter les anciens. Les gens marchaient, marchaient. Parfois ils avaient un âne, un rare mulet peut-être, mais on avançait, on avançait. La forêt, c’est très bien. Vous savez ce que disait Henry David Thoreau : « I make myself rich by making my wants few. » « Un homme est riche de tout ce dont il peut se passer. »

E chauffement général


C’est très beau, en tout cas !
Je n’ai pas énormément d’idées d’échauffement (comme tu le sais), mais il y a qqch dont je me sers souvent (on l’entendait même dans le spectacle Rien n’est beau. Rien n’est gai. Rien n’est propre. Rien n’est riche. Rien n’est clair. Rien n’est agréable. Rien ne sent bon. Rien n’est joli), c’est repris de Martha Graham (qui l’utilisait, dit-on, plutôt pour ses auditions) :
Marchez dans le studio
1) Souvenez-vous que vous allez mourir
2) Marchez comme si votre cœur était accroché au mur, votre cœur vivant, palpitant, accroché, fixé, punaisé au mur
Sinon, moins profondément (un danseur à Berlin m’a dit l’autre soir qu’il avait aimé ça — et donc me l’a rappelé — dans un spectacle que j’avais fait à Bruxelles (qui s’appelait, je crois, Fellation et Poulet rôti) avec des étudiants des Beaux-arts) : 
Le groupe est rassemblé et échange très vite — ou, variante plus étrange, très lentement — ses vêtements. Vitesse : peu importe si les vêtements se retrouvent bien placés, le pantalon peut être sur la tête, etc., mais tous les vêtements délaissés sont ramassés et portés. Répéter cet échange — et encore — et encore — et encore. 1) Se déshabiller 2) Se rhabiller ; ces deux actions peuvent n’en former qu’une seule, confuse, sans fin, sans cesse (contrepèterie : sans seins, sans fesses) ou, au contraire, être bien séparées par un troisième temps — rythme de ça, musical ou minuté. Les vêtements sont les vêtements d’arrivée dans le studio (dits « de ville »)
Il y aurait peut-être des idées meilleures. S’il m’en vient, je te dis bien sûr, très cher,  
Yvno




Hello Yveno
merci pour ta réponse, 
tes mails me font toujours sourire voir plus ce qui est bien pour démarrer une journée
oui je sais que l’échauffement ce n’est pas une question pour toi mais je me disais que peut être simplement un texte que tu aimerais publier pourrait faire office d’échauffement
mais tes propositions me vont
tu l’appellerais comment l’échauffement du cœur?
pour l’autre 
N°17 échauffement Poulet Roti et fellation
ça me parait assez idéal
je t’embrasse
je te tiens au courant
de l’avancée de cette chose
J

Ah oui, la contrepèterie ! Elle est de François Tanguy, figure-toi (enfin, c’était un lapsus...)
L’Echauffement du cœur me paraît parfait (comme titre).
Echauffement Poulet Rôti et fellation idem. Tiens, je te donne la citation. C’était un travail à partir de Soumission, de Michel Houellebecq, qui venait de paraître (c’est à propos des films sur YouPorn) : « L’homme, anéanti par cette assomption, ne prononçait que de faibles paroles ; épouvantablement faibles chez les Français (« Oh putain ! » « Oh putain je jouis ! » voilà à peu près ce qu’on pouvait attendre d’un peuple régicide), plus belles et plus intenses chez les Américains (« Oh my God ! » « Oh Jesus Christ ! »), témoins exigeants, chez qui elles semblaient une injonction à ne pas négliger les dons de Dieu (les fellations, le poulet rôti) » (p. 26).
Bisous d’une chambre avec vue, 

Yvno

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Facebook me rend misanthrope. Facebook nous rend misanthrope, tous. Facebook augmente considérablement la misanthropie

Sunday, December 09, 2018

N ouvelle manière d'être


Titre :  Nouvelle manière d’être heureuse 

« Et la vie ne se souvient pas, tu dis, ma vie 
s’écrit pour s’éprouver elle, comme clarté, 
comme calme, rendu à elle. Nouvelle manière 
d’être heureuse, tu dis que l’écriture peut, d’un 
pôle des bronches à l’autre, en l’espace du 
mot pôle et bronche, faire passer de la jachère 
au plein jeu de chaleur. Au blanc lacté. A la 
mamelle d’où expirer viendrait un jour et  
repartirait le lendemain. Nous laissant vivre. 
Nous laissant. Nous. 

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R ubrique Gilet Jaune


Ce soir, j’ai dîné chez Semilla, 54, rue de Seine, et, en face, il y a aussi la pâtisserie Popelini qui ne fait que des choux, mais sublimes, c’était fermé j’ai crié : Ouvrez où on casse la vitrine !

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« En partant d’ici on y arrivera toujours »

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C’était merveilleux, ce séjour chez vous — et ces balades avec ton vélo dans la grande ville ! Merci. J’ai donné les clés à la pizzeria, j’ai arrosé les plantes. J’ai eu beaucoup de nostalgie pour cet appartement car j’avais en tête que vous en partirez en juin, c’est à peu près ça ?
Baisers, 
Yves-No

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Friday, December 07, 2018

« Je comprends si peu de choses. Et à mesure que les années passent j'en comprends de moins en moins. Cela est vrai. Mais le contraire est également vrai, à mesure que les années passent je comprends de plus en plus de choses. Oui, il est également vrai qu'à mesure que les années passent je comprends beaucoup de choses, tant de choses que j'en suis presque effrayé. Le fait est que je suis découragé devant le peu de choses que je comprends et presque effrayé devant la masse de choses que je comprends. Comment se fait-il que les deux puissent être vrais, que je puisse à la fois comprendre de moins en moins et de plus en plus ? »

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Thursday, December 06, 2018

A s if there were no end


Ah, que j’aime Berlin ! Mes amis Nico, Marie et Malik m’ont prêté leur appartement (rempli d’œuvres d’art) et un vélo ! A moi la ville, cette ville où je ne peux en aucun cas tomber sur personne, ce grand désert, à moi le Grau ! Karl-Marx-Allee, le zoo. Et puis les nuits sous-éclairées, et puis les parcs qui respirent, et puis le ciel immense, continental, de l’horreur de l’espèce humaine, le brouillon noir. Et puis, cerise sur la gâteau, la nouvelle pièce de Laurent Chétouane (qui s’appelle Invisible Piece). On s’étonne (récemment encore Frank Willens) que j’aime, que je me déplace même pour voir le travail de Laurent Chétouane, mais c’est tout simple, j’aime ce qui me dépasse, ce n’est pas difficile à comprendre, ça, quand même ? Ce que je comprends m’ennuie. Et comme je ne suis pas non plus complètement con, et avec le temps, je comprends et je m'ennuie devant pas mal de choses. Avec Laurent, non. La pièce est sublime et « d’une sensualité universelle », le mot n’est pas de moi, je le reprends de Philippe Gladieux qui signe la lumière. « As if the time of blindness has arrived. »

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Wednesday, December 05, 2018

« Le principe de Peter, basé sur une évaluation d'un niveau de compétence, propose de décrire les évolutions de carrière dans les hiérarchies par des principes de base simples, puis étudie les corollaires qu'impliquent ces postulats.
  • Principes de base :
    • un employé compétent à un poste donné est promu à un niveau hiérarchique supérieur ;
    • un employé incompétent à un poste donné n'est pas promu à un niveau supérieur, ni rétrogradé à son ancien poste.
  • Corollaires (1) :
    • un employé ne restera dans aucun des postes où il est compétent puisqu'il sera promu à des niveaux hiérarchiques supérieurs ;
    • par suite des promotions, l'employé finira (probablement) par atteindre un poste auquel il sera incompétent ;
    • par son incompétence à ce poste, l'employé ne recevra plus de promotion, il restera donc indéfiniment à un poste pour lequel il est incompétent.
  • Corollaires (2) :
    • à long terme, tous les postes finissent par être occupés par des employés incompétents pour leur fonction ;
    • la majorité du travail est effectuée par des salariés n'ayant pas encore atteint leur « seuil d'incompétence ».
Si on part du principe que plus un poste est élevé dans la hiérarchie, plus il demande des compétences et plus son impact est grand sur le fonctionnement de l'organisation ; alors, il en découle que l'impact de l'incompétence de l'employé aura été maximisé par le niveau hiérarchique du poste auquel il aura été promu. »

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Amélie Blaustein Niddam (toutelaculture.com) me cite à propos du dernier spectacle d'Antonija Livingstone (ainsi qu’Emmanuel Picault mon ami mexicain, l’inventeur réel de la marque Chic by Accident) : « Tout se mélange dans un trouble très maîtrisé où le public est totalement acteur. On ne cesse d’aller et venir dans cette proposition où la danse est « chic by accident » , pour emprunter à Yves-Noël Genod, autre roi des occupations d’espaces troublantes, le titre d’un de ses spectacles. »

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T on amour



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S .Thala


« Parfois il m’arrive de penser — mais je ne suis pas le seul — que les vivants ressemblent beaucoup aux morts. »
« Les hommes eux aussi peuvent être à moitié vivants et à moitié morts exactement comme les arbres. »

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C oncert Lamoureux


Ce matin j'ai eu l'idée de te follow sur Instagram parce que si j'attends de tes nouvelles par des voies plus personnelles, je peux prendre racine (hors je n'ai pas la vertu des femmes de marin) et aussi pour revoir ton beau visage que j'avais déjà presque oublié... Tu vas bien, toi, sinon ? Dans quelle ville es-tu ? Berlin demain, Paris samedi, Genève mardi ? Yvno

[…]


Oh, Paul, si tu savais  comme recevoir de tes nouvelles me fait plaisir et m'ensoleille le jour ! J'adore ta vie qui te fatigue, mais qui, moi, me délasse (par son exotisme sans doute). Bon courage ! Sinon, eh bien, ça va, le vieillissement progresse quotidiennement et c'est très étrange, quand même, ce phénomène, mais la santé est bonne (et justement de se préoccuper de la santé fait certainement partie du vieillissement). Parmi les événements qui me sont parvenus, j'en choisis deux pour toi qui m'ont bouleversé : mon intervention vendredi dernier dans la prison haute sécurité d'Arles à propos de Bérénice, de Jean Racine (je me suis fait copain avec un épouvantable meurtrier) et un livre : La petite lumière, d’Antonio Moresco (chez Verdier). Tout ça, je te raconterai (et j'irai aux Pâquis en pensant à toi). Porte toi bien, darling, Yves-No

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