Tuesday, April 23, 2019

S eule la paresse est noble




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P our Ireïna, pour mercredi (vitesse du changement)


« Entre le monde et moi, il y a toujours des sensations physiques. Je ne réagis jamais aux événements du monde extérieur, mais toujours aux sensations de mon corps. »
« Telles sont les trois réalités élémentaires de l’univers, enseignait le Bouddha : tout change constamment, rien n’a d’essence durable et rien n’est complètement satisfaisant. »
« A qui lui demande : « Que dois-je faire ? », le Bouddha conseille : « Ne fais rien. Absolument rien. »
« déformer la vérité en un récit »
« Le corps change à chaque instant, le cerveau change à chaque instant, l’esprit change à chaque instant. Plus vous observez de près, plus il est clair que rien ne dure d’un instant à l’autre. »
« Pourquoi je ressens la douleur quand des milliards de neurones envoient des signaux électriques dans une configuration particulière, mais j’éprouve de l’amour quand la configuration est différente ? Nous n’en savons strictement rien. »

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P âques



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T out arrive en même temps


Ton texte est très fort — parce qu’il t’exprime bien, d’une manière surprenante et concise et qu’il ne fait que parler de toi sur le mode de la vérité, de ne pas se sortir de la vérité — et effrayant parce que cette vérité que tu oses est celle d’une grande confusion que j’élargis de toi à une jeunesse éternelle, la nouvelle jeunesse fabriquée par les prothèses, déjà maintenant retournée à l’état sauvage, abandonnée non dressée. Tu me fais penser à un personnage, déjà, de Moi, Marthe et les autres, d’Antoine Wauters, qui est censé se passer après le grand effondrement et je vois donc, dans ton texte, d'une justesse jeunesse approfondie, une rectification : le grand effondrement ne va pas avoir lieu pour la bonne raison qu’il est déjà là ! La preuve : le petit gars en est. Evidemment tu donnes la clé toi-même : Frank O’Hara. « The poem is at last between two persons instead of two pages. » Je suis fier de m’être senti cette nuit dernière avant les rêves un peu de cette personne. Je comprends mieux aussi pourquoi tu me tournais autour sans vouloir coucher avec moi — c’est fou comme être vieux c’est imaginer que les jeunes veulent coucher avec soi alors que, non, c’est tout le contraire, ça m’a toujours rendu furieux, l’inadéquation de la vérité — et tu me parles aussi de mon travail sans l’avoir vu : « certes je n’ai personne, mais nous les avons toutes ». Je viens d’ailleurs de lire (à Troulala) que Marguerite Duras pensait le contraire (elle m’aurait traité de pédé, de toute façon) : « On ne peux pas éviter l’unicité, la fidélité, comme si on était à soi seul son propre cosmos. Aimer tout le monde comme le proclame certains et les chrétiens, quelle blague. Ces choses-là, c’est mensonge. On n’aime jamais qu’une personne à la fois. Jamais deux à la fois. » J’ai pensé aussi que « L’amour, c’est l’espace et le temps rendus sensibles au cœur » était une phrase qui n’était pas que positive (comme je croyais jusque là, une phrase ennuyeuse), mais plutôt négative, comme pour lui, l’amour, il le réduisait à la jalousie, c’était certainement insupportable que l’espace et le temps soit rendus sensibles au cœur ! J’aime beaucoup le « Merci » de ta fin de conférence... Merci aussi pour le poème sublime de Paul Eluard.




Exemple : 
« Mais cette veste que j’avais prise, c’était une veste qui marchait un petit peu comme le Cantique des cantiques marche, c’est-à-dire à proximité, respiration de ce qu’il y a autour. »  

« Le fait est que c’est allé de pire en pire et, au moment le plus je ne peux pas et je ne veux pas, c’était à peu près, encore, l’été, un peu moins infernal, à peu près reposant, toujours aussi inquiétant. »

« J’avais beau lire tout ce que je pouvais rajouter à cette espèce de mémoire de toutes ces performances, pas grand chose, je veux dire : je ne pouvais pas venir combattre qu’une relation se termine, et se termine mal. Ni le fait qu’on ne sait vraiment plus comment penser plus comment faire. Pourtant les fleurs pourtant les vêtements, je croyais bien avoir raison. Alors pour le coup, on va butiner ailleurs. On fait des grandes marches dans Paris, on fait des nord-sud, on propose de partir d’Abbesses pour aller jusqu’à Montparnasse, une fois à Montparnasse avec une mauvaise crêpe, monter tout en haut de la tour. C’est probablement l’un des pires endroits dans Paris — on n’y voit rien sauf des trompe-l’œil, mais dans ces moments de pire, celui-ci, banalité et presque rien était ce dont j’avais besoin. »

« Alors malheureusement il y en a qui manquent aujourd’hui, l’un des pires enjeux de la poésie amoureuse est de parler des absents. » 



Matthieu Brion, l'a la le, Théâtre Typographique, 11

R ussie



Monday, April 22, 2019

A u moment où on prend une décision


« Il m’a dit : « Dominique, vous savez au moment où on prend une décision, on s’aperçoit qu’elle a été prise pour nous bien avant nous par une force dont nous ignorons tout ». »

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P our Ireïna demain mardi


« Votre définition du métier de journaliste ?
— Je dirais que c’est accepter d’être bousculer par le réel, parce qu’aujourd’hui on ne sait plus ce que c’est que le réel. »


« L’information est devenue un bégaiement permanent. »

« On est rentré dans ce que Guy Debord, dans La société du spectacle, ce penseur, mai 68, vous vous souvenez, avait dit cette chose : « Un jour, le vrai ne sera plus qu’un moment du faux ». »


« Hubert Beuve-Méry, 1944, qui a créé « Le Monde », il disait la chose suivante : « Moi, je m’en réfère à Péguy », Péguy qui disait  : « Il faut dire tristement la vérité triste, ennuyeusement la vérité ennuyeuse ». » 

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Titre pour un recueil de poèmes : 
Te toucher

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R erun (texte d'Olivier Steiner)


Le Temps retrouvé

« Regarde, Quelque chose a changé, L'air semble plus léger, C'est indéfinissable... Regarde, Sous ce ciel déchiré... Tout s'est ensoleillé, C'est indéfinissable… » (Barbara.) Il est toujours aussi blond platine sale mélangé, il porte le costume Dior à paillettes, comme un pyjama, la coupe de champagne est toujours là, offerte au public par un beau comédien en smoking no smoking. Tout est pareil mais quelque chose a changé, c'est imperceptible, c'est dans l'air. Plus de pitreries, plus de grotesque (ou très peu), c'est une messe païenne qui commence et recommence. De toute façon, dans ce lieu incroyable, Les Bouffes du Nord, que peut-on faire si ce n'est jouer pour les murs, jouer en mémoire des murs, jouer des Amen et des Alléluia, des Gloria in excelsis Deo ? J'ai toujours aimé le théâtre d'Yves-Noël Genod, parfois je suis fan, parfois spectateur attentif, incrédule ou charmé. Parfois, ce que je peux lui reprocher, c'est le côté entre soi, codé, endogamique malgré le discours exogamique. Là, aux Bouffes du Nord, rien de tel. Yves-Noël nous montre (nous offre) la grâce, ses grâces, l'abandon, quelque chose comme un secret entre les pierres et Dieu, rien que ça. Je sais qu'Yves-Noël adore le mot sublime, « sou-blime », s'oublimer comme s'oublier. Il dit toujours ce mot de sublime en se moquant, de lui-même et de cette idée un peu lourde. Le sublime chez Yves-Noël (chez ou du côté de chez Yves-Noël) n'est pas un qualificatif. Il ne s'agit pas de telle chose ou tel instant sublime, il s'agit du sublime, comme un monde en soi, une chimère peut-être, mais une chimère vers laquelle on peut tendre, qu'on peut regarder. Et si le temps passé à regarder le sublime était le seul temps qui ne soit pas perdu ?

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U ne plage



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U ne femme



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P our Ireïna, aujourd'hui


« Tout arrive en même temps »
« transcrire la totalité perceptible par moi en un instant donné de mon existence »
« Tout n’arrête pas de se mêler, mais dans la vie de tout le monde, ce n’est pas original »
« le plus près de la vérité »
« c’est-à-dire c’est une affaire de vérité non pas pour dire la vérité en tant que dogme, en tant que chose à accomplir ou mode de comportement, mais la vérité de ce qu’il y a, de ce qui est »
« Et l’art, si il est digne de ce nom, rend les choses plus vraies encore ou plus compréhensibles dans leur vérité que la vie, même quand elle vous donne des gifles. C’est ça qui est bien dans ce travail, c’est qu’il a à faire avec la vérité ; c’est ça qui est beau et c’est ça qui est dur et on sait très souvent quand on a esquivé la vérité, nous le savons tous… » 
« tout n’arrête pas de communiquer, de se transformer en ce qu’on m’avait expliqué comme étant son contraire, la pudeur en l’impudeur, y a une façon très pudique de dire des choses impudiques, y a une façon très impudique de dire des choses dans la pudeur, etc. etc. et tout n’arrête pas d’interchanger » 

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M odestie de l'écriture


« Il y a un énorme orage cette nuit, une électricité effroyable est dans l’air, tout le monde a besoin de protection, le chien, la petite-fille, l’écrivain, le peuple entier, les morts. Pour la protection, l’écriture n’est d’aucun secours. Mais bercer les uns et les autres, le chien compris, elle peut le faire. » 

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D evait la soûler avec des histoires


J’avais encore des choses à dire, je voulais raconter deux choses — et puis, non, pourquoi deux choses ? — j’étais avec une femme à Trouville et, Serge, restaurateur, nous a raconté que les grandes fortunes venaient avec leur vin, nous ne le savions pas, venaient avec leur vin qu’elles produisaient, Serge ne voulait pas ça pour son restaurant, mais c’est délicat, leur dire non, c’est les perdre comme clients, il avait trouvé la parade : la fois d’après il avait acheté le vin et l’avait placé à la carte : « Votre vin, vous voyez, il est sur la carte ». Les grandes fortunes comprenaient. Une deuxième chose, c’est que la concierge des Roches Roses (comme je re-nomme ce bâtiment) où Marguerite Duras avait son appartement d'été lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, son double, vraiment (dit cette femme qui l’a connue) et Marguerite l’appelait quand Yann était parti pour qu’elle la conduise en auto au restaurant, au Central (ou aux Vapeurs). Comme je me demande ce que ces deux femmes pouvaient bien échanger, à table, la concierge et la femme de lettres, la femme actuelle me dit : « Elle (Marguerite) devait la soûler avec des histoires de Yann : Il m’a dit ça, il m’a fait ça… » La concierge avec un fort accent normand et qui roulait les r…

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D éfinition de la poésie par Platon


« La poésie consiste dans le passage de ce qui n’est pas à ce qui est, du non être à l’être »

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Sunday, April 21, 2019

R etour aux Roches Roses


Il n'est pas sûr que Merce Cunningham n'ait jamais eu quelque chose à dire sur la danse qu'il n'ait pas dite… par la danse. C'est ce qu'il fait remarquer, en tout cas — et non sans humour —, aux journalistes. Voilà qui a pu séduire Yves-Noël Genod qui ne s'intéresse — mais avec passion — qu'à ce qui n'a pas de sens. Pas de sens prédéterminé, pas de vision morale, pas d’« idées sur la chose », au sens — et, bien sûr, c'est encore un sens — de Wallace Stevens : « Not ideas about the thing, but the thing itself » ou à celui d'Anton Tchekhov s'exclamant (dans une lettre) : « il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu'en ce monde on n'y entend goutte. » (Oui, à toute les époques, l’art — qui améliore — a eu à lutter contre la politique — qui détériore.) Si Merce Cunningham parle, c'est, par défaut, de ce qui ne s’énonce jamais, sauf de rares fois, dans la poésie. Ainsi Yves-Noël Genod offre un spectacle dont il ne saura rien par avance, un « accident », une « conversation », dit-il, sous l'égide d'un jeune homme de cent ans, Merce Cunningham, qui invite non pas à regarder la danse, mais à se l'imaginer...

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T on pigeon


Mon bébé, je reviens de deux jours sur la côte normande qui, là où j'étais, Trouville, a ressemblé à une station balnéaire russe parce que j'y ai lu les lettres de Tchekhov (donc infidélité envers Proust et Duras) et, dans ces lettres, les garçons qui s'aiment bien, les amis, quoi, s'appellent facilement : « ma colombe » ; je ne sais pas, peut-être que « colombe », en russe, est masculin (ou pas), mais, évidemment, ce terme m'a tout de suite ramener à toi et j'ai béni la situation un peu froide où nous nous étions laissés pour avoir à présent à tenter de la réchauffer avec un si beau nouveau terme (après « mon glacier ») : ma colombe... Demain, je revois Intervista de Fellini à la Cinémathèque (21h45) et, mardi, j'ai deux places pour l'expo de Théo Mercier au Musée de la chasse — si ça te dit de faire l'hétéro propre sur soi (sauf avec moi) dans un nid de pédés

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Saturday, April 20, 2019

T rouville


« On naît le cerveau ouvert. » 

« Si tu veux, c’est une femme qui a presque été massacrée par sa beauté ; tu vois ce que je veux dire ? »

« On a vécu le meilleur, de toute façon. »

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D émocratie (2)


« le malheur du roi et le malheur du peuple » 

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D émocratie


« et notre patois étouffe le tambour »

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R éflexions sur Venise

P âques


« Jésus (sur lui la paix) riait beaucoup. Jean-Baptiste (sur lui la paix) pleurait beaucoup. Jean-Baptiste demanda à Jésus : « Es-tu assuré contre les ruses puissantes et subtiles (du démon) que tu ries ainsi ? ». Jésus répondit : « As-tu oublié les grâces et les bienfaits subtils, agréables, extraordinaires et puissants de Dieu que tu pleures ainsi ? ». » 

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Friday, April 19, 2019

D evrait mieux faire


« Des questions sans réponses, des réponses sans questions, des histoires sans commencement et sans fin, des intrigues sans dénouement… M. Tchekhov devrait mieux orienter sa lampe pour éclairer davantage le caractère à demi esquissé de ses personnages qui restent des ombres, des silhouettes nébuleuse, sans contour précis. »

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N anterre


Ah oui, j'étais à Nanterre, moi...
Ah, oui. C'était bien ?
Oui, c'est bien avec des parties très bien

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Thursday, April 18, 2019

M ot de passe : « Quasimodo est cuit »


Spectacle de Martine Pisani, très beau, très vivace, au Carreau du Temple encore ce vendredi soir, 19h30, par une bande d’amis undated. Pour attirer mon jeune amant à m’accompagner, je lui ai dit : « danse minimaliste, mais sensible et amusante ». Ça a marché ! « Selon le Bouddha, la vie n’a pas de sens, et il n’est pas nécessaire d’en créer un », cqfd.

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Tatouages : Walter Van Beirendonck

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M on ami peintre


J’ai un ami peintre, j’aime beaucoup ce qu’il fait. Ce qu’il fait, c’est toucher la peinture (c’est l’expression qui me vient). Il n’exprime rien. Pas de blabla, pas de cartel. Non, il touche la peinture. Avec la peinture, il touche. Je ne sais pas comment il fait, je pense qu’il le sait plus que moi. Il sait le pouvoir de la peinture. Pouvoir tactile. Toucher l’air, toucher et sécher l’air et l’eau et la vie, dessécher la vie, mettre la vie dans un feu, dans une huile, incendier la vie. Oui, toucher l’air, l’œil, le doigt et la main. La peinture exprime rien. Elle peint, elle se peint. C’est une activité par défaut. Un don. Si je disais ce qui me frappe chez lui, ce qui me fait plaisir, je dirais d’abord la couleur, ensuite l’érotisme, ensuite les fantômes. Ensuite l’amitié,
YNG

Wednesday, April 17, 2019

J e sais que j'ai tort


C’est bizarre, personne ne pense que c’est un châtiment divin (ou alors, si ? j’avoue que je ne suis que d’un œil ce Truman Show*). Quand j’étais enfant, je me souviens que Marguerite Duras avait dit (devant moi) à propos du sida : « Je sais que j’ai tort, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est un châtiment divin ». (J’entends sa voix.) Là, c’est encore plus évident, non ? Ils devraient, tous ces papes, ces pédés de l’Eglise se demander pourquoi Dieu leur envoie (enfin !) son feu, non ?

* Si, Fabrice Luchini