Thursday, September 20, 2018

Très beau !
Et cet acteur a un avantage CONSIDERABLE sur moi, IL SAIT ROULER LES R ! Je pense aussi que le baroque est la clé, mais me manque cette capacité (et puis la gestuelle pas encore étudiée non plus…)
Mais, oui, les Hippolyte du jardin sont somptueux. Très curieux, est-ce le nom de « Versailles » ou le hasard bénéfique des disponibilités, ils ont répondu en masse… En vrac aussi, je tente une chose sans planning, c’est si chiant, quasi impossible à notre époque d’avoir les gens ensemble ; là, je dis : vous venez répéter quand vous voulez / pouvez et je les disperse dans le jardin somptueux ; on verra si ça fait un ensemble, j’ai l’impression que ça peut, mais… nous ne le saurons que dimanche !

Yvno

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Wednesday, September 19, 2018

Tout s’est éparpillé dans le monde et pourtant tout a lieu, en des fragments cruels et pourtant très vivants. Nous faisons, à Versailles, vivre les derniers jours d’été et ils sont sublimes. Je suis dans une grotte et je dis du Phèdre, un petit peu, cette tendresse si vaste, et il y a un peuple fou de faunes, de satyreaux et de dieux de la forêt et tout, tout traverse la grotte sacrée du cœur énamouré...

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B aptiste

« « Who is the real you ? » someone once asked me. « The me who happens to be in front of you at the moment, that’s the real me. » » 

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Baroque

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Tuesday, September 18, 2018


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U ne ville avec des loques


« Je vous construirai une ville avec des loques, moi !
Je vous construirai sans plan et sans ciment
Un édifice que vous ne détruirez pas,
Et qu’une espèce d’évidence écumante
Soutiendra et gonflera, qui viendra vous braire au nez,
Et au nez gelé de tous vos Parthénons, vos arts arabes, et de vos Mings.

Avec de la fumée, avec de la dilution de brouillard
Et du son de peau de tambour,
Je vous assoirai des forteresses écrasantes et superbes,
Des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,
Contre lesquelles votre ordre multimillénaire et votre géométrie
Tomberont en fadaises et galimatias et poussière de sable sans raison.
Glas ! Glas ! Glas sur vous tous, néant sur les vivants !
Oui ! Je crois en Dieu ! Certes, il n’en sait rien !
Foi, semelle inusable pour qui n’avance pas.
Oh ! Monde, monde étranglé, ventre froid !
Même pas symbole, mais néant, je contre, je contre,
Je contre et te gave de chiens crevés,
En tonnes, vous m’entendez, en tonnes, je vous arracherai ce que vous m’avez refusé en grammes.

Le venin du serpent est son fidèle compagnon,
Fidèle, et il l’estime à sa juste valeur.
Frères, mes frères damnés, suivez-moi avec confiance.
Les dents du loup ne lâchent pas le loup.
C’est la chair du mouton qui lâche.

Dans le noir nous verrons clair, mes frères.
Dans le labyrinthe nous trouverons la voie droite.
Carcasse, où est ta place ici, gêneuse, pisseuse, pot cassé ?
Poulie gémissante, comme tu vas sentir les cordages tendus des quatre mondes !
Comme je vais t’écarteler ! »

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« Comme les monstres peuplant nos cauchemars... »


« ce qui est fatal à l'homme ou de ce qui, dans son cœur, est une force irrépressible qui ne dépend pas de lui »

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L a Sauvagerie des corps en liberté (montrer cette liberté)


Attention, je parle en images (c’est ma formation, je ne sais pas parler autrement, je ne suis pas chorégraphe), mais ne pas se contenter de me redonner des images. C’est plutôt des énergies, des champs d’action que j’essaye de vous infuser. Quand je parle de sauvagerie, c’est pas des images, mais ça peut être de la danse. A un ami à qui je demandais s’il connaissait des danseurs, je résumais ce que je cherchais en trois mots (dans cet ordre) : animalité, physicalité, sensibilité. Vous pouvez être la proie et le chasseur, la grâce sous toutes ses formes, celle du faon et celle du sanglier, celle du cavalier (du dresseur) et celle du cheval...

Monday, September 17, 2018

R eprésentation unique le dimanche 23 à 14h


Racine et Fleurs

Racine, c’est Phèdre et les Fleurs sont celles du mal (Proust indique le lien de Baudelaire et Racine). C’est une étude que je commence sur Racine et, sur Baudelaire, que je poursuis. L’ensemble est présenté en salle début novembre à l’Arsenic, à Lausanne, mais, ici, à Versailles, c’est la grotte en rocaille, vestige d’Ancien Régime, qui déclenche l'effet, décor acoustiquement parfait. Il peut y faire frais, mais les fleurs sont à l’extérieur, interprétées par neuf garçons sublimes, perturbés et sanglants,

Yves-Noël Genod

Avec Yves-Noël (Phèdre), neuf Hippolyte en vrac, un CRS qui pleure et une vendeuse de fleurs

Le Potager du Roi
10 rue du Maréchal-Joffre
78000 VERSAILLES (RER C – Versailles Château)
+33 (0)1 39 24 62 62

10 €, 5, tarif réduit
Détaxes sur demande (aussi à 5 €)

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H ugo

Sunday, September 16, 2018

A pparence / désapparence


« On parle de narration lorsque la personne du poète est apparente, de représentation quand la personne du poète est caché et que se manifeste celle des comédiens. »

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C hâteau aérien


« Souvent, dans les grandes chaleurs du jour, nous cherchions un abri sous les mousses des cèdres. Presque tous les arbres de la Floride, en particulier le cèdre et le chêne vert, sont couverts d'une mousse blanche qui descend de leurs rameaux jusqu'à terre. Quand la nuit, au clair de la lune, vous apercevez sur la nudité d'une savane une yeuse isolée revêtue de cette draperie, vous croiriez voir un fantôme traînant après lui ses longs voiles. La scène n'est pas moins pittoresque au grand jour, car une foule de papillons, de mouches brillantes, de colibris, de perruches vertes, de geais d'azur, vient s'accrocher à ces mousses, qui produisent alors l'effet d'une tapisserie en laine blanche où l'ouvrier européen aurait brodé des insectes et des oiseaux éclatants.
C'était dans ces riantes hôtelleries, préparées par le grand Esprit, que nous nous reposions à l'ombre. Lorsque les vents descendaient du ciel pour balancer ce grand cèdre, que le château aérien bâti sur ses branches allait flottant avec les oiseaux et les voyageurs endormis sous ses abris, que mille soupirs sortaient des corridors et des voûtes du mobile édifice, jamais les merveilles de l'ancien Monde n'ont approché de ce monument du désert. »

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Saturday, September 15, 2018

F inance


« Raconter est économique ; représenter est dispendieux. » 

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Thursday, September 13, 2018

« On n’est pas des animaux, on peut être correct. »

« J’suis tombé
— Sur ses poings ? »

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« Car pourquoi devrait-on forcément choisir entre être noir ou blanc, garçon ou fille ? »

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P as la bise aux filles


Mais si, tu as beaucoup d’ambition ! évidemment pas l'ambition carriériste (je ne te parlerais même pas si c'était le cas, Quinchez et moi, on avait du mal), mais l'ambition de comprendre les choses, de déconstruire les systèmes, de proposer des alternatives et je t'admire beaucoup pour cela. Mais, please ! pas le comité de censure, pas dire quoi dire, pas dire quoi faire. On en a déjà parlé mille fois, sorry de me répéter, « Cesser de faire le gendarme pour soi et les autres », parole du mai 68, parole de Deleuze et parole du Christ. Pas un homme politique qui n'arrive à la cheville du Christ : moi, c'est ça qui me retient d'en faire [de la politique]. Mais j'espère en toi, je crois en toi, Pablo !

Mais qui parle de censure ? Tu es bien mal placé pour me faire ce procès, justement, alors même que tu as précisément fait œuvre de censure en supprimant ce que j'avais écrit...
Après, que les questions raciales, sexuelles, sociales t'intéressent peu lorsqu'il s'agit de non plus de les évoquer comme éléments poétiques mais comme arguments politiques, je l'entends parfaitement, et c'est ton droit le plus absolu. Mais tu ne m'empêcheras jamais de regretter, comme Jacques Audiard encore récemment, le manque de femmes à la tête des festivals de cinéma, le manque de noir-es un peu partout, etc. etc.
Mais encore une fois, je ne t'en veux absolument pas de préférer regarder ailleurs ! Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi cela t'énerve.

Politiquement correct = comité de censure. Ça m'énerve parce que c'est très, très bête. Audiard s'est fait de la pub, point final, je le sais, j'y étais. L'air du temps, c'est justement contre quoi s'élève l'art — et je sais bien que l'art est du côté du pouvoir (je travaille Phèdre dont la première a eu lieu devant le roi), mais, à mon sens, c'est peut-être — sans doute —  une illusion, mais c'est celle qui bâti toute ma force, comme tu dis, poétique, s'il y en a une, mais on peut dire aussi politique, je pense que ce qu'il y a d'art dans l'art est contre l'air du temps, n'est jamais attendu et complètement libre et inutile, jamais engagé. C'est une banalité, tous les auteurs le disent. Je suis désolé, je ne laisse pas ce mot de « politique » aux Guignols de l'info ! je le revendique aussi. Et j'accuse ceux qui font de la politique — au pouvoir ou, idem, contre le pouvoir — de n'être pas à la hauteur. Celle du Christ. Dire celui-la est noir, celui-là est blanc et celui-la est café au lait est une faute morale à mes yeux, dire celui-là est une femme, celui-là est un homme, cet autre encore est un trans est une faute morale majeure. Je n'y fais, personnellement, jamais, jamais, jamais attention, sauf quand je suis insulté dans la rue par de jeunes musulmans (à peu près toutes les semaines depuis que j'habite La Chapelle, ça fait un bail) qui, eux, me prennent visiblement comme appartenant à la communauté trans voire trans prostitués. Oui, j'ai le nez dessus et je regarde ailleurs, désolé, c'est une question sans doute de survie, moi, c'est l'art. Enlever un commentaire inapproprié n'est pas de la censure, c'est le réseau social qui EST la censure. Réveille-toi, chevalier ! Sois prêt !

Sache, pour ta gouverne, que tu as profondément choqué ma sœur au sortir de la pièce de François Chaignaud à Avignon lorsque tu lui as dit, alors qu’elle voulait te faire la bise après que tu me l’aies faite : « Ah non, je ne fais pas la bise aux filles ». Et tu lui as tendu la main

Faire la bise aux filles est une habitude sexiste

Mais tu vois bien que c’est une discrimination sexuelle
Pas grave hein

Ça m'a toujours gêné (pas que depuis le 5 octobre)

Je suis d’accord, mais, du coup, je fais la bise à tout le monde
Chacun son truc

Ben ça c'est bien aussi, mais tu es (infiniment) plus beau que moi, du coup tout le monde est content que tu lui fasses la bise. Du coup discrimination envers les vieux et les moches comme moi qui ont, je t'assure, beaucoup plus de mal à faire la bise sans dégoûter les autres (et sans risquer — au moins en pensée — de se faire traiter de porc). Tu ne peux pas comprendre : quand on est jeune et joli, on est du côté des winners, pas des losers, libéralisme sexuel oblige, don't forget. Bon, allez, on travaille un peu, chéri ? (je suis à la BPI)

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U n amour sauvage


«                           un captif de ses fers étonné,
Contre un joug qui lui plaît vainement mutiné : 
C'est là ce que je veux, c'est là ce qui m’irrite. »

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« The days of a dreamer... and the nights in between. »

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R êveries sanguinaires


Il y a une croyance nouvelle, peut-être à la mode, c’est la collapsologie, c’est-à-dire la croyance en l’effondrement prochain de la civilisation industrielle. Pourquoi pas, cette croyance (moi, j’y crois) ; tout n’est que croyance, de toute façon, pour nous les Homo sapiens, ce qui nous sauve et ce qui nous perd. Le meilleur et le pire, comme on dit. Et il y a un livre sublime, court — mais pur — qui part à partir de cette croyance. Une fable, mais vivante comme une fable de La Fontaine. C’est après la « cassure », l’homme est à l’état sauvage. En ce moment, c’est vrai, le mot « sauvage » relie ce que je vois, ce que je lis, ce que j’espère, peut-être parce que je travaille sur Phèdre. Je ne sais pas. Phèdre, le monstre. Le livre s’appelle Moi, Marthe et les autres, il est de Antoine Wauters, aux éditions Verdier. Il m’aime beaucoup. « Nous parlons à défaut de mieux », dit l’un des personnages, Frog. 

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(R erun)