Salut
Marie ! Merci ! C’est très beau, ton portrait, y compris dans les
vacheries qui m’ont fait rire, dire juste après « jeune actrice » que
j’ai connu Vitez, c’est hard, mais c’est de bonne guerre…
Seulement
il faut tout passer au féminin. Je suis trans, ça veut dire que j’ai
toujours été celle que je suis, que j’ai été empêchée par les
circonstances, la société, les insultes, de me présenter au féminin,
mais, que, maintenant que j’ai pris ce pouvoir, il doit être respecté.
On ne doit en aucun cas rappeler à une trans son ancien nom, ça détruit
son geste. Je sais bien que ce n’est pas ton intention, mais, si ce
portrait passait dans la presse, il risquerait d’être vécu comme une
insulte par bon nombre. On ne peut pas rappeler aux trans à tout bout de
champs qu'elles ont porté ce qu’on appelle un deadname et un
genre qu’elles renient. A l’oral, c’est plus facile, parce qu’on reprend
gentiment ou agressivement, j’essaye gentiment, la personne qui se
trompe, mais, à l’écrit, bien sûr, ce n’est pas possible. Alors, que
fait-on quand on veut assumer des choses faites publiquement dans le
passé — ou, comme toi, quand on veut les évoquer — eh bien, on ne fait
rien, on se les approprie ! C’est moi, c’est Marie-Noëlle qui ai créé En
attendant Genod, La Recherche, etc.
Dans le détail, c’est simple :
tout au féminin, tout Marie-Noëlle. Pour le début, tu peux mettre : On
l’a connue sous un autre nom signant des spectacles…
Pour le deuxième
paragraphe (« Apparition »), après Jocelyn Cottencin, tu mets :
Marie-Noëlle se démarque par sa silhouette androgyne…
Et ensuite, bien sûr : Actrice, danseuse, performeuse, metteuse en scène, elle navigue alors entre tous les rôles…
Entre 2003 et 2022, elle crée… (coquille à crée)
A
chaque fois, ils (les spectacles) laissent surgir l’ineffable… ou A
chaque fois, elle (Marie-Noëlle) laisse surgir l’ineffable…
Paragraphe « Disparition » : Nomade dans l’âme, faisant escale où on l’accueillait, Marie-Noëlle créait in situ…
La mort d’Ivan Ilitch, coquille (une seule l), il s’agit de la reprise du titre de Tolstoï
Le titre exact du diptyque est un vers de Stéphane Bouquet : — je peux / — oui (écrit ainsi avec l’absence de majuscules, la barre oblique et les tirets)
Paragraphe
« L’apprentissage de l’adieu » : Là, moi, je trouve que ce n’est pas la
peine d’ajouter « et d’amatrices » à « une foule d’amateurs » — qui,
pour moi, englobe tout le monde sans justement avoir à rajouter des
ixes, etc., du particularisme qui, au final, en laisse toujours de côté
—, mais, ça, c'est comme tu le sens
Un destin d’effacement annoncé pour une artiste qui a fait ses adieux…
Le
Dispariteur, quand j’invente ce mot, en effet en regardant la télé la
nuit à Marseille et me disant que je veux faire le contraire, c'est
d’abord pour le nom de mon association, il en fallait un, puis du
premier spectacle de la Ménagerie (le titre plaisait à Marie-Thérèse)
puis, bon, de mon blog qui n’est plus ouvert que comme une archive (ou
un brouillon) plutôt que comme une action. (D'ailleurs, Jocelyn
Cottencin l’a maintenant presque entièrement mis en pages pour l’éditer —
en l’état, sans correction, torrent de boue — en un livre unique
d’artiste : quand l’opération sera faite, le blog sera fermé, mais il
nous manque un peu d’argent pour ça, ça traîne…)
J’en oublie peut-être. Le dernier paragraphe (intitulé « Phœnix ») est très beau !
J’espère
que cette remarque et les retouches qu’elle engendre ne dénaturera pas
ce que tu voulais faire (« l’équilibre un peu funambule », que je
comprends puisque je le vis encore dans ma vie (mais ma nouvelle vie est
courte : 2 ans), qui, un jour, n’aura plus lieu, ira de soi, comme pour
Bambi : à un moment elle est devenue madame tout le monde : après le
cabaret où elle était encore perçue comme une femme-homme puisque
c’était l’attraction de la maison, elle est devenue prof et, malgré sa
crainte, n’a jamais été dénoncée, ainsi je deviendrai aide-soignante, je
l’espère…)
Je t’embrasse,
Marie-Noëlle
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