Wednesday, October 17, 2018

« On ne peut pas faire du « Et en même temps » avec la tragédie. »

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D éfinition de la liberté


« Pourquoi devient-on acteur ? Pour la liberté extrême qu’on peut ressentir en jouant la comédie. La même que l’on ressent enfant en jouant tout court. »

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Tuesday, October 16, 2018

L es derniers jours de l'ordinateur



F rancis



Bonjour Anaïs Rolez, 
Olivia Grandville vient de me donner votre contact. Elle m’a dit que vous seriez partante (aussi avec Daniel Perrier et Georgia Nelson) pour embarquer quelques-uns de vos étudiants dans le projet d'une performance qui aura lieu au Lieu Unique fin janvier (et qui a pour titre Un espion vieux comme le monde). On pourrait peut-être en parler au téléphone (06 84 60 94 58), je suis en création à Lausanne, mais on peut se trouver un rendez-vous un matin, si vous voulez. J’ai du temps en décembre. Ce serait bien de rencontrer (au moins) et (au mieux) de travailler un peu en décembre avec les étudiants autour de ce projet. Mais nous n’en savons, vous et moi, sans doute pas tellement plus. Quelle serait leur motivation, comment, quelle disponibilité, etc. J’ai travaillé de temps en temps avec des étudiants des beaux-arts avec des résultats variés, enthousiasmants quand on savait bien, au départ, la difficulté de l’entreprise, plus décevants quand j’avais moins conscience des blocages qui pouvaient survenir (par exemple, celui d’ « apparaître à découvert », sans la médiation de l’objet artistique). Vous êtes prof d’histoire de l’art et des civilisations, eh bien, je trouve qu’il n’y a rien de plus important, la mémoire (ou mémoire de l’oubli) des traces, des choses disparues ; c’est de ce côté que je conçois de plus en plus mon travail : invoquer ce qui est pourtant est là, peut-être dans un état spectral.
Bien à vous, 
Yves-Noël Genod 

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Monday, October 15, 2018

M onde du spectacle


« Dans ce monde du spectacle, il confirme son goût pour la construction provisoire, réversible, bricolée. » 

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L e Polyamour


Salut Isabelle, 
Ça m’a fait rire, ce que j’ai vu de ta fausse page VisageLivre, David Bobo avec le phoque et la liste (hilarante) des associations. J’ai même été fier (surpris en bien) d’apprendre que c’était toi, j'ai trouvé ça très malin. Surtout drôle. Je me souviens que Duras avait dit au téléphone, j’étais là, elle était avec P.O.L. (lui ou quelqu’un de la maison) qui lui parlait d’un article paru qui était bon, mais un peu irrespectueux : « Il manquerait plus que ça, qu’on me respecte ! » J’aime bien David. Je trouve qu’il y a une franchise, une honnêteté — et une beauté — dans ses spectacles. J’en ai vu deux, Roméo et Juliette et Lucrèce Borgia que j’ai beaucoup aimés, tous les deux. Je n’ai pas suivi son engagement militant parce que, en effet, ça ne m’intéresse pas (et que je trouve ça faux). Maintenant, je vois que ça prend des proportions pouvant mener à la guerre totale, alors ça me fait un peu peur pour toi. Je hais VisageLivre, réseau de terreur et de stupidité dont j’essaye de m’éloigner (c’est une drogue). En même temps, rien de nouveau, n’est-ce pas ? Du temps de Racine, il n'y avait pas VisageLivre et ça n'y allait pas de main morte, les cabales… Tu as raison, moi, je trouve, et je lirai ton livre, mais je vois l’époque comme j’imagine l’époque Mao : si tu n’en es pas, tu ne mérites même pas d’être appelé être humain. Alors, que faire ? Les Mao, ça a fini par leur passer. J’attends que ça passe aussi, le monde va si vite. Mais j’admire ton courage. Fais gaffe à toi, quand même, hein ? ne perds pas trop de plumes, chérie, 
Yvno

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Saturday, October 13, 2018

A u théâtre, cette semaine



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J ulia



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B onjour Jonas


Bonjour Jonas, 
Je propose comme titre :  La liberté est-elle interdite ?
Les horaires, tout ça, le nombre de participants, etc. il faudrait en discuter (je n’ai pas d’avis spécial, je dois dire, faites comme c’est mieux pour vous), la salle doit être la plus belle (pas un placard, s’il vous plaît), l’acoustique doit être bonne, voire très bonne (mais c’est si rare, je sais). Les élèves, si possible : ceux qui sont motivés (j’en avais rencontrés, vous vous souvenez). Si possible, pas les autres.
Les objectifs pédagogiques, je n’en ai jamais rédigés, on l’a toujours fait pour moi. Le mieux alors serait que vous le fassiez vous aussi, vous sauriez les termes…
Le contenu tient dans le titre. Qu’appelle-t-on être libre sur un plateau, devant une caméra, est-ce que trouver a à voir avec la liberté, qu’est-ce que la liberté, n’y-a-t-il pas d’autres noms ? (« j’écris ton nom ») Qu’est-ce que c’est, respirer, vivre, être ? Qu’est-ce qui compte, ne compte pas ? Qu’est-ce qui est facile, difficile ? Qu’est-ce que s’immerger ? Qu’est-ce que savoir et ne pas ? Qu’est-ce que la présence, l’absence ? Qu’est-ce que « l’esthétique de la disparition » ? Qu’est-ce que perdre, se perdre, gagner ? Qu’est-ce que se souvenir de ne pas oublier d’être négligé, (sloppy) ? Se souvenir de perdre. Se souvenir d’être mort. Qu’est-ce qu’apparaître ? Alors. De tout ce désastre. Qu’est-ce qu’après ? Le réel ? Qu’est-ce qu’après le réel ? Oui, non. Etc.
Je n’ai jamais donné un stage en deux jours. Il faudrait deux mois — ou deux semaines — à condenser en deux jours. Mais j’ai souvent fabriqué des spectacles en deux jours. Pour cela, il faut sans doute — je n’en sais rien, après tout, mais j’imagine — beaucoup rêver en amont et, au moment imparti, avancer presque en temps réel, ce qui est là, les rencontres (de hasard donc) sont les bonnes ; il n’y a pas de temps pour changer de geste. Le spectacle se fait en temps réel en faisant confiance à ses intuitions. (Tout le travail consiste ensuite à retrouver ce qui a échappé — sans contrôle — la première fois.) Si les étudiants pouvaient jouer ce jeu : non pas tourner autour de la piscine ou discuter autour d’une table — ce qui pourrait d’ailleurs être très agréable — ou prévoir la délivrance d’un enseignement, mais considérer que tout cela n’a rien à voir avec l’apprentissage, en fait, qu’il n’y a rien à apprendre, mais directement à trouver — ou, plus simplement encore, vivre. Il sera demandé aux étudiants de venir dans cette disposition : être prêt. Deux jours, mais seulement deux jours. Pas d’après, pas d’avant. Confiance vraie.
Yves-Noël Genod
Bien à vous, 
Yves-Noël

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U ne femme mourante et qui cherche à mourir



P as de livres


Bonsoir Mireille, 
Je vous ai fait faux bond aujourd’hui dans nos projets de bibliothèque. Peut-être samedi prochain. Mais je suis maintenant enfoncé dans les difficultés presque techniques de « faire passer » (il n’y a encore personne), ces quatre extraits du poème de Phèdre que j’ai choisis, l’aveu à Œnone, l’aveu à Hippolyte, la jalousie, la mort
et ce n’est évidemment pas gagné. C’est gagné dans mon cœur parce que j’ai envie de le faire, mais il y a de la tâche !
Quel beau temps nous avons eu cette semaine ! Demain matin, j’essaye de me baigner. 
Bien à vous, 
Yves-Noël
PS : Merci pour votre blog. Si j’ai été trop confus l’autre jour (je débarquais), n’hésitez pas à me demander des précisions. C’est difficile de savoir, c’est vrai que tout me paraît toujours le plus difficile que j’ai à faire de toute ma vie, quand je tente quelque chose. Phèdre, ce n’est certes pas facile-facile, mais c’est vrai que Proust, au moment de la création, ça ne l'était pas non plus...

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L ausanne, jour de Saturne



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T itre : L’Amour un peu raté


« Il me semble que si un texte ne fait que dire quelque chose, de mon point de vue, il est pas très intéressant, et ce qui est important, c’est ce que le texte fait. C’est-à-dire ce qu’il construit en dehors de lui, d’une certaine manière. Quelle relation il institue avec le monde. Quelle proposition de monde il est en train de nous offrir, quelle vision de l’autre il est en train  de nous donner, quelle possibilité d’action dans le monde — que ce soit d’action politique ou d’action purement contemplative — il est en train d’ouvrir pour son lecteur d’une certaine façon. Donc ce que me fait un poème, par exemple, c’est ça qui me semble devoir être traduit et non pas fondamentalement ce que dit le poème. Mais alors après il faut bien comprendre que, ce que fait le texte, il ne le fait que parce qu’il utilise la langue qu’il utilise. »

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Friday, October 12, 2018

N octurne clair


Phèdre est un nocturne 
Deux nocturnes : Baudelaire, Racine 
Phèdre est dans un jour de théâtre, un jour qui évolue réellement. J’imagine (maintenant) une scène presque d’extérieur, une agora, le public sur un seul rang rangé le long de quatre murs de bâtiments publics figure comme un chœur qui entoure la place, le grand vide de la place, du réel, de la lumière qui a lieu et pas lieu (esthétique de la disparition ou de l’apparition), L'Heure où ne savions rien l'un de l'autre... 

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T rès sombre époque


« La censure et le politiquement correct nuisent énormément à la démocratie. »

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Titre : Un train qui pleut
Version plus locale : 
Un train qui pleut sur le lac

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Thursday, October 11, 2018

T héramène-ta-fraise


Salut les gosses, 
Donc depuis le début de la semaine, je travaille dans le volume entier du lieu, sur le beau plancher (pieds nus) et c’est vrai que je me rends compte que ça change énormément la vision que j’ai de ce spectacle si j’y parviens. C’est-à-dire que ça change beaucoup (du tout au tout ?) de ce dont je vous avais parlé et de ce qui a déjà été imaginé. A présent j’imagine les gens en un rang tout autour du grand espace vide. On entend quand je suis de dos, on a fait l’essai tout à l’heure avec Batondor. Donc il y a cette immense scène inutilisée dans laquelle parfois je m’avance, parfois je reviens. Une agora. Les hauts murs très beaux (le grill est resté en haut). Parfois je m’assois aussi sur une chaise dans le public. Lumière, j’imagine maintenant une lumière plutôt unie (tout le contraire des cataclysmes baroques dont je t’ai évidemment parlé, Philippe), une lumière de jour qui passerait en deux heures doucement de l’aube au soir (le soleil est rouge au début) (et la fin peuplée du rouge du sang d’Hippolyte). Benoît m’a déjà dit que pour le son (l’implantation), ça changeait tout. Evidemment. Qu’il imaginait — puisqu’on l’avait dit — que le public était au milieu et qu’il était donc entouré de son. Eh bien oui. Autre difficulté, le démontage à l’entracte de l’installation Rester vivant (le lieu vide ne fonctionne que s’il est vide, évidemment) voire, à l’heure actuelle, sans doute le déplacement des chaises (à moins qu’elles puissent rester aux murs et que le son vienne, pour Rester vivant, du centre). Bref, c’est le bordel. Et pour la lumière… Rien n’a été encore pré-monté (Daniel ne comprend pas plusieurs choses sur ton plan, Philippe, mais il m’a dit qu’il t’avait écrit). Je ne sais pas si ce qui a été imaginé en septembre jusqu’à cette semaine et ce que j’imagine maintenant pourra se rassembler, c’est sûr que maintenant, c’est opposé, j’en suis conscient. C’est aussi que j’imagine que le spectacle serait réussi s’il était simple. Presque sans effort. Seul un grand calme (j’en suis loin, mais, quand je suis seul, proche, en même temps, ça me calme). Il y a quatre parties dans le texte. J’imagine du son entre ces quatre parties. J’espère, si l’acoustique ne change pas, ne pas avoir besoin d’être sonorisé… Voili-voilà les réflexions du soir sur un ordinateur mourant et qui cherche à mourir comme Phèdre est présentée par Théramène-ta-fraise au début de la pièce. Gildas, je t’appelle demain pour voir si tu peux m’en trouver un à Paris (et le confier à Philippe quand il vient). Il s’agit d’un MacBook (Rétina, douze pouce, Early 2015), c’est écrit. En or.
Eh bê !
Yvno

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« Le crime d’une  mère est un pesant fardeau. »

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Wednesday, October 10, 2018

H é pauvrette ! (prière)


« O Dieux, qui de là haut voyez comme je suis,
Qui voyez mes douleurs, qui voyez mes ennuis:
Dieux, qui voyez mon mal, Dieus qui voyez mes peines,
Dieux qui voyez seicher mon sang dedans mes veines, 
Et mon esprit rongé d’un eternel esmoy,
Bons Dieux, grands Dieux du ciel, prenez pitié de moy !
Ouvrez, je vous supply, les prisons à mon ame,
Et mon corps renversez dessous la froide lame
Pour finir mes langueurs qui recroistront tousjours 
Sans jamais prendre fin qu’en finissant mes jours.
L’espoir de ma santé n’est qu’en la tombe obscure,
Ma guarison n’est plus que d’une sepulture.
Parlé-je de mourir ? hé pauvrette ! mon corps
Mon corps ne meurt-il pas tous les jours mille morts ? 
Helas helas, si fait : je ne suis plus en vie,
La vie que j’avoy m’est de douleur ravie.
Pour le moins si je vis, je vis en endurant
Jour et nuict les dangers qu’on endure en mourant.
O Phedre ! ô pauvre Phedre ! hé qu’à la mauvaise heure 
Tu as abandonné ta natale demeure!
Qu’il t’eust bien mieux valu, pauvre Princesse, alors
Que tu te mis sur mer, perir de mille morts.
Qu’il t’eust bien mieux valu tomber dessous les ondes,
Et remplir l’estomac des Phoques vagabondes, 
Lors qu’à ton grand malheur une indiscrete amour
Te feit passer la mer sans espoir de retour.
Qu’il t’eust bien mieux valu, delaissee au rivage,
Comme fut Ariadne en une isle sauvage,
Ariadne ta sœur, errer seule en danger 
Des lions Naxeans, qui t’eussent peu manger,
Plustost qu’adoulouree et de vivre assouvie,
Trainer si longuement ton ennuyeuse vie :
Plustost plustost que vivre en un eternel dueil,
Ne faisant jour et nuict qu’abayer au cercueil. 
Voila mon beau Thesé qui, suivant sa coustume
D’estre instable en amours, d’un nouveau feu s’allume.
Voila qu’il m’abandonne, apres que le cruel
M’a faict abandonner mon sejour naturel :
Apres qu’il m’a ravie aux yeux de mon bon père : 
Et aux embrassemens de ma dolente mere,
Fugitive, bannie, et qu’il a contenté
Son ardeur, des plaisirs de ma virginité,
Il va, de Pirithois compagnon detestable,
Enlever de Pluton l’espouse venerable. 
La terre leur est vile : ils vont chercher là bas,
Sur les rivages noirs, leurs amoureux esbas.
L’enfer qui n’est qu’horreur, qui n’est que toute rage,
Qu’encombre et que tourment, ne domte leur courage.
Mais soyent tant qu’ils voudront aux infernaux palus, 
Ce n’est pas la douleur qui me gesne le plus :
Un plus aspre tourment rampe dans mes moüelles,
Qui les va remplissant de passions cruelles.
Le repos de la nuict n’allege mes travaux,
Le somme Lethean n’amortist point mes maux, 
Ma douleur se nourrist et croist tousjours plus forte.
Je brûle, miserable, et le feu que je porte
Enclos en mes poumons, soit de jour ou de nuict,
De soir ou de matin, de plus en plus me cuit.
J’ay l’estomach plus chaud que n’est la chaude braise, 
Dont les Cyclopes nus font rougir leur fournaise,
Quand au creux Etnean, à puissance de coups,
Ils forgent, renfrongnez, de Jupin le courroux.
Hé bons Dieux! que feray-je ? auray-je tousjours pleine
La poitrine et le cœur d’une si dure peine ? 
Souffriray-je tousjours ? ô malheureux Amour !
Que maudite soit l’heure et maudit soit le jour
Que je te fu sujette ! ô quatre fois mauditte
La fleche que tu pris dans les yeux d’Hippolyte :
D’Hippolyte que j’aime, et non pas seulement 
Que j’aime, mais de qui j’enrage follement. »

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S cève ou Mallarmé


« Il me semble que l’on pourrait donner Scève ou Mallarmé au théâtre et qu’ils deviendraient pour tous, transparents. Il y a une sorte de lumière intellectuelle, de compréhension, de luminosité qui est apportée par le théâtre. Apportée par la chair. »

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UN ESPION VIEUX COMME LE MONDE

Yves-Noël Genod revient ! Il a débuté sa carrière au Lieu Unique en juin 2003, il y avait encore des oiseaux dans les arbres. (C’était avant qu’elle lui prenne tout.)
Il laisse cet espace publicitaire à un ami pour dire ça : 

« Notre besoin de pain blanc est impossible à rassasier. Notre besoin de jambon rose est impossible à rassasier. Notre besoin de rondelle de citron jaune est impossible à rassasier. Notre besoin de viande bleue, blanche, rouge est impossible à rassasier. Notre besoin de café noir et de thé détox est impossible à rassasier. Notre besoin de Sport Utility Vehicle est impossible à rassasier, et de temps en temps de prendre l'avion vers des pays lointains. Notre besoin d’isolation et de douche chaude est impossible à rassasier. Notre besoin de société déodorante est impossible à rassasier. Qu’est-ce qui nous consolera en 2030 ? » (Pierre Courcelle)

Selfie de Dominique Issermann (qu’on aperçoit dans l’écran de la lunette)


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S ens


Tiens, une chose de Valéry que je trouve belle (tout arrive ! c’est la première fois, ça vaut le coup de te le dire !) : 
« Et donc, et surtout, ne vous hâtez point d’accéder au sens. Approchez-vous de lui sans force et comme insensiblement. » S’approcher du sens sans force, c’est ça… Surtout pour Phèdre
YN 

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I mpossible à rassasier


« Notre besoin de pain blanc est impossible à rassasier. Notre besoin de jambon rose est impossible à rassasier. Notre besoin de rondelle de citron jaune est impossible à rassasier. Notre besoin de viande bleue, blanche, rouge est impossible à rassasier. Notre besoin de café noir et de thé détox est impossible à rassasier. Notre besoin de Sport Utility Vehicle est impossible à rassasier, et de temps en temps de prendre l'avion vers des pays lointains. Notre besoin d’isolation et de douche chaude est impossible à rassasier. Notre besoin de société déodorante est impossible à rassasier. Qu’est-ce qui nous consolera en 2030 ? »

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B eau-Rivage



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I ci


Bonne nouvelle pour Phèdre (et, certes, moins bonne pour le Baudelaire), la salle sans le gradin est beaucoup moins mate, c’est beaucoup plus agréable d’y travailler. Le volume vide est, comme prévu, très beau. Du coup, ça me donne presque envie de mettre le public tout autour le long des murs pour garder le vide de cette pauvre fille perdue dans le cosmos (c’est bien moi) au centre absent de ce volume. Mais on essayera aussi les chaises en désordre et les matelas… Pour le moment, aussi, le gril est en haut…
Je suis toujours autant terrorisé par le rapport impossible de cette matière avec le public (comment pourrait-il entrer là-dedans, l’époque n’est tellement pas à ça !) et, en même temps, quand je suis seul (et avec le nouveau son) (et le calme), je trouve ça tellement beau, tellement réconfortant, tellement simple, de parler du malheur du monde de cette manière. La réussite de ce travail ne dépend alors que d’apporter, d’imposer ce calme et cette beauté dans le grand vide du temple protecteur entouré du monde en guerre larvée, future, ancienne, contemporaine… Créer un abri… Que disait Grüber ? « Il faut que le théâtre passe à travers les larmes », 
« Bérénice, c’est comme une perle, me disait-il. Ou bien le corps étranger entre dans l’huître et la perle naît de la mort, ou bien on reste fermé à la douleur… Quelque chose meurt et il reste la pureté, cela m’émeut beaucoup… C’est la première fois que je ressens cela : le passage de la froideur et du blabla à quelque chose d’intelligent et chaud. Pour un Boche, c’est difficile, il faut beaucoup de temps. Je suis trop habitué à Büchner, Kleist… Mais là, je le sens : l’intelligence peut être chaude… Maintenant, je sais que l’on peut pleurer en alexandrins… »
Yvno

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