Friday, November 22, 2019

E t Dieu créa une note d'intention


Hey, salut, Raphaëlle ! Oui, ça me va de relire le choix que tu as fait ! Vous pouvez donc le garder, si vous voulez… J’ai corrigé un peu, parfois une virgule ou un tiret, j’ai mis, ci-dessous, en rouge les corrections, j’ai mis un x quand il y a une suppression et j’ai rajouté pour chaque paragraphe des guillemets et trois points entre pour montrer qu’il s’agit d’extraits. Il y a peut-être (sans doute) des coquilles que je n’ai pas aperçues. Si tu en voies, n’hésite pas, pas de quartiers !
A bientôt, 
Yves-No
Salue Joëlle pour moi ! 



« Chers amis, 

Voici un email beaucoup trop long pour nos capacités de concentration : donc il est conseillé de le lire par petits bouts — ou de n’en lire qu’un bout — ou, mieux, de ne pas le lire du tout ! Il est bien sûr écrit plus pour me mettre, moi, les idées au clair — bien que le résultat soit sans doute que j’enfume au contraire le peu d’idées que je croyais avoir. Bref, je ne le donnerai pas pour la publication ! »  


« Maintenant vient un temps de rêverie sur ce que nous allons bien pouvoir faire ensemble sans encore le faire. Je vous engage à beaucoup rêver de multiples spectacles possibles (voire invraisemblables) ;
Il faut inventer tout un projet. Le projet serait d’abord d’inventer un projet ou une multitude de projets pour ne choisir peut-être aucun de ceux-là, mais celui qui passera, pas forcément différent, mais vierge et vivace et bel aujourd’hui. Presque choisir au hasard (ou peut-être tout à fait laisser choisir le hasard). Il faudra aussi trouver un titre, à un moment. J’en ai déjà plusieurs. Et on en trouvera plein.
Mais la méthode (bien datée) que je propose (rêver de TOUS les spectacles) n’est pas gravée dans le marbre (mais l’habitude) ; elle pourrait, elle aussi, changer. » 


«  De toute façon, ma méthode (et, encore une fois, ça ne concerne que moi), c’est — j’en ai déjà parlé (et voilà encore une bonne raison de ne pas lire ce mail ni les suivants (s’il y en avait) : je répète tout en boucle ; vous devez commencer à me connaître !) —, la méthode ce n’est pas de poser des idées pour trouver ce qu’on va faire, mais au contraire pour ne pas trouver ce qu’on va faire, pour évacuer. Imaginez l’idéal : on aurait posé sur le papier toutes les idées,  toutes les possibilités de France et de Navarre, on aurait tout dit, et donc, comme c’est pour ne pas faire les choses qu’on les dit... — vous avez saisi ? Avoir alors à jouer à partir de rien, à partir d’une table rase, tout a été évacué, une somptueuse maladie d’Alzheimer (je n’en suis pas loin). L’idéal. Mais même ça est chiqué. »  


«  Et puis il y a Tchekhov. 
Ce qui est extrêmement difficile avec Tchekhov, c’est que c’est réel, affreusement réel. 
Tchekhov disait : « Il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu’en ce monde on n’y entend goutte ». C’est très important. Je souligne : en particulier les artistes. Et dans Les trois sœurs : « Les oiseaux migrateurs, les grues, par exemple, ils volent, ils volent, et quelles que soient les pensées, nobles ou pas, qui leur passent par la tête, ils continueront de voler, sans savoir ni pourquoi ni vers quoi ». C’est ça, le réel, on ne sait pas ce que c’est, mais c’est insaisissable, incompréhensible, ça surprend toujours et, nous autres, les humains, nous lui préférons le refuge de l’illusion. « Le réel n’a jamais intéressé personne », a dit Jean Baudrillard. Mais vous avez commencé à comprendre que c’est ce réel, qui, moi, m’intéresse — et vous-mêmes que j’entraîne avec moi. Pas les illusions (et Dieu sait si j’aime le show-biz et les paillettes !) (et aussi les fantômes !) C’est le tragique, en fait, mais au sens où Maeterlinck écrit que le véritable tragique, pour lui, commence au moment où, à la fin des contes, s’inscrit la phrase célèbre : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Après que tous les combats possibles aient été menés, illusoires car circonscrits, là où il n’y a plus de combats possibles, être heureux face au réel, c’est pour lui le véritable tragique. La devise de Clément Rosset, je la lis dans un livre d’entretiens que je viens d’acheter : « Rassurons-nous, tout va mal ». Variante — qui résonne avec l’époque (x en fait, toutes les époques) — : « Tout est foutu, soyons joyeux ». 

C’est évidemment le grand conseil : se foutre de tout. Je vous ai raconté, déjà, ce que disait Marguerite Duras à Yann, son copain pas du tout acteur x qu’elle filmait amoureusement et qui avait x peur x tout à fait comme un lapin pris dans les phares d’une bagnole. On l’entend crier, Duras, dans le making-off : « Mais Yann, il faut que vous vous en foutiez ! Vous croyiez qu’ils s’en foutent pas, les grands acteurs ? Ils s’en foutent ! C’est ça, le secret ! Il faut s’en foutre ! Vous croyez que je m’en fous pas, moi, mais je m’en fous ! » 
Vous le savez déjà, le théâtre est immense et mérite une passion x, mais aussi s’en foutre.

Ecrivez vos rêves pour les effacer. Faulkner dit : « Ecrire, c’est épuiser un rêve ». La scène sera cet épuisement. Aucune attitude de sérieux. Le sérieux vient comme le trac avec le talent

Vous avez toute ma confiance, 

Yves Noël » 

Labels:

Tuesday, November 19, 2019

Jouer en mitraillette (selon Matthieu) : « T’envoie des balles partout, tu vises personne, il faut juste que fasses attention qu’il y ait pas une balle perdue dans le public »

Labels:


Bonjour Sandrine, 
Le spectacle qui sera créé à l’Arsenic à l’automne 2020 pourrait s’appeler Soudaine beauté de l’éphémère. Il consisterait, c’est en tout cas l’idée que j’ai exprimée à Patrick quand nous avons finalisé les dates (du 29 octobre au 1er novembre), à utiliser la grande salle sans les gradins comme je l’avais fait pour Phèdre, mais, cette fois, en laissant le public errant au milieu de la salle, sans sièges et, souvent, plongé dans le noir. A partir de ce nocturne, la lumière (de Philippe Gladieux) naît, comme des cosmos, des visions qui retournent à la nuit. On peut tout jouer de cette manière. Des pièces et des pièces apparaissent. Démultiplication poétique à la Rimbaud. Ce qui m’intéresse, toujours, si je réfléchis à un spectacle, c’est d’imaginer un piège qui force les spectateurs à vivre l’expérience même du spectacle. Cette expérience est d’ailleurs la plus généralisée, la plus banale et naturelle qui soit puisque toutes les nuits nous rêvons — et nous sommes alors à la fois le comédien, le metteur en scène et le spectateur de nos propres rêves, n’est-ce pas ? Alors, voilà, nous espérons, Patrick et moi, que tu veuilles (toujours) coproduire cette nouvelle création reportée de quelques mois. Mais il y a une difficulté : impossible d’adapter le spectacle au Saint-Gervais, même si je sais que vous avez fait des travaux, même en imaginant démonter tous les sièges (quel boulot !), en utilisant la pente et à condition — mais on voit tout de suite que c’est impossible — de sécuriser tout pour que les gens ne tombent pas, ne se blessent pas, etc. Il faut bien sûr un espace de plain-pied et pur, facile d’accès avec le dehors aussi. Alors un hors-les-murs ? C’est un spectacle qui pourrait sans doute plus se reprendre au Grütli (même si la salle est plus petite qu’à Lausanne, je crois me souvenir). Ou alors, une autre solution que j’ai aussi proposée à Patrick, c’est de donner ce spectacle en deux versants. Un versant théorique aurait pu se faire dans sa petite salle, mais ne le peut, en tout cas aux mêmes dates envisagées, parce qu’elle n’est plus libre, sorte de stand-up que j'aurais pu donner en rapport avec les thèmes du spectacle, avec gradin, traditionnellement. L’environnement, le rêve, le cosmos, le temps, etc. seraient des thèmes abordés. Données théoriques et dramaturgiques. Alors, cette partie pourrait se créer au Saint-Gervais. Un spectacle donc dont l’un des versants se passerait à Genève et l’autre à Lausanne. Hum. Je reviens maintenant sur la partie de Lausanne (en parler, c’est déjà faire allusion à cette autre partie, la théorique). C’est une chose de l’ordre d’une expérience sensorielle. L’experiment, ce mot anglais que Marguerite Duras aimait beaucoup. Il faudrait, idéalement, beaucoup de monde, des moyens un peu de cinéma (ou d’opéra). Ce serait comme si la foule des spectateurs se métamorphosait elle-même : tout d’un coup un régiment de pompiers, un troupeau, etc. Ce serait comme un plan séquence virtuose comme on le voit dans le deuxième film somptueux du réalisateur chinois Bi Gan qui s’intitule Un grand voyage vers la nuit et dont la moitié est un plan séquence (presque 1h) en 3D.  Idéalement, ce serait donc une production chère. Si on ne trouve pas d’argent, il faudra imaginer tout un art (comme souvent) pour convaincre beaucoup de gens t’intervenir gracieusement et faire, comme nous savons le faire, avec rien, des éclats. Mais c’est de plus en plus difficile d’entraîner du monde à se passionner pour une forme sans argent, je dois le reconnaître. L’époque où j’étais le malin et le roi de l’affaire a changé. Pour te donner encore le goût de ce que ça pourrait être, j’ai entendu l’autre jour Christian Boltanski — artiste dont je n’apprécie pas les expositions, mais beaucoup la tchatche — dans une émission de Laure Adler (« l’Heure bleue » du 6 novembre) évoquer ses spectacles déjà réalisés et celui qu’il va faire en janvier dans le parking de Beaubourg : « Faire des spectacles m’a beaucoup apporté et m’a beaucoup intéressé et la grande chose (mais c’est pareil dans l’exposition que je fais), je veux pas qu’on soit devant une œuvre, mais qu’on soit dans l’œuvre. Et donc tous les spectacles que j’ai fait, on n’est pas assis dans une salle, on se promène dans un lieu qui peut être le sous-sol d’une piscine comme j’ai fait à Lyon ou dans un opéra, au Châtelet, et on se promène à l’intérieur d’un lieu et des événements qui sont des événements musicaux ou des acteurs, y a des événements qui arrivent, mais on est à l’intérieur d’un lieu. Par exemple, dans l’exposition que j’avais fait au Grand Palais, Personnes, j’avais souhaité d’une part que ce soit en hiver et qu’on coupe le chauffage et les visiteurs erraient dans ce lieu qui est très vaste avec des gros manteaux et, comme y avait des choses sur le sol ils regardaient vers le sol, et les spectateurs devenaient, faisaient partie de l’œuvre, ils étaient partie prenante de l’œuvre ». C’est évidemment la même idée. D’agir sur l’enveloppement-même. Je n’ai pas vu les spectacles de Christian Boltanski, mais je recopie aujourd’hui consciencieusement ce que j’entends parce que c’est exactement ça. J’ai aussi vu (samedi dernier) le très beau trio de La Ribot (Another distinguée) qui se passe aussi dans un espace « en roue libre » et en lumière basse, souvent, magnifique trio, très onirique, brut et intime (tu as certainement vu) et, très vite, j’ai trouvé, oui, que les spectateurs se mettent à participer à l’œuvre physiquement. Une animalité apparaît de respiration et d’instinct grégaire, les visages apparaissent sortis du noir de l’espèce humaine. Quand je ne travaille pas, ce qui m’arrive malheureusement souvent, je suis fait pour travailler toujours, je rêve de mises en scène, de spectacles qui évidemment sont des parcours, des promenades, je veux dire que le point de vue se déplace, s’approfondit jusqu’au paysage ; des montagnes (suisses) surgissent, etc. Ce projet permettrait ainsi de faire apparaître, entrer, dans l’œuvre donc, c’est à espérer, du réel, un peu comme j’avais tenté de le faire à l’hôtel Palace, à Bologne, pour le spectacle du même nom (Hotel Palace): il y avait des performeurs très forts (Jonathan Capdevielle, Kate Moran, Marlène Saldana, Thomas Scimeca, c’est-à-dire mes stars de l’époque) à qui j'avais demandé de jouer vraiment en avant, des performeurs plus périphériques qui étaient soit des amis venus de Paris (c’était la belle saison, c’était l’Italie, beaucoup étaient venus en « vacances » dans cet hôtel), soit des performeurs que m’avait fait connaître Silvia Fanti, la curatrice, des gens de Bologne un peu extraordinaires, en particulier une famille entière de deux psy célèbres qui avaient adopté trois ou quatre enfants roumains difficiles (et merveilleux) + chien, etc., et, d’autre part, encore des gens de Bologne que j’avais demandé à mes quatre stars d’alpaguer lors de leurs excursions dans la ville (Jonathan avait ramené, par exemple, un étudiant en économie qui était d’une telle beauté que je ne pouvais pas lui parler sans baisser les yeux), tous ces gens formant donc différentes strates de présences, d’interventions, plus ou moins acteurs, plus ou moins spectateurs, très mélangées au public (et éventuellement même aux clients de l’hôtel qui n’étaient même pas, eux, du public) ; ce qui faisait que les frontières de ce qui se passait (la vie) et de ce qui se regardait (la vie) étaient passablement brouillées. Il y avait un homme d’affaire que je connais de Paris, Philippe Frydman, qui était venu travailler par ordinateur et téléphone pendant une semaine dans les salons de l’hôtel, un écrivain, Jean Pierre Ceton, idem, etc. Tous de mèche. Une sorte de fête. Lors d’un filage, on a même eu l’intervention des carabinieri, mais c’est une autre histoire, enfin, la même, mais ça prendrait du temps… Boltanski dit encore un peu plus loin dans la même émission : « Et donc les spectacles m’ont appris, un, de faire quelque chose qui soit très éphémère, mais également de toucher à un mot qu’on ne peut plus employer aujourd’hui qui est l’« art total », c’est-à-dire, qui est, pour moi, ce que j’emploie dans l’exposition, c’est-à-dire que y a le son, parfois y a l’odeur, parfois y a le froid, c’est-à-dire que y a un ensemble d’éléments qui font partie de l’œuvre et, ça, c’est quelque chose auquel je tiens de plus en plus ». Voilà, tu as l’idée, en tout cas, à peu près comme je l'ai.
Bien à toi, 
Yves-Noël

Labels: ,

M a pauvre fille !


Super qu’on se voit jeudi !
Il y a une nouvelle de Tchekhov qui s’appelle Un royaume de femmes (et qui se trouve dans le Folio intitulé La Dame au petit chien) avec laquelle j’ai eu la sensation, en la lisant, qu’il y avait peut-être du théâtre à faire, qu’il y avait à s’amuser. Mais ce serait épouvantablement difficile, ça ne pourrait se faire (pour nous) qu’en s’en foutant, comme une farce, parce que la matière (comme toujours chez Tchekhov) est si vaste, si vaste, si épouvantablement vaste. Mais, enfin, peut-être, lisez-la (je sais, ça va être dur pour jeudi !) C’est une fille de 26 ans qui est propriétaire d’une usine de sidérurgie, 2000 ouvriers, un gros truc, et elle est complètement en porte-à-faux, la pauvre, il y a une multiplication de porte-à-faux, d’ailleurs, le fait qu’elle soit jeune, qu’elle soit femme et, en plus, elle est née pauvre, elle n’a pas l’éducation pour être à cette place. Je ne sais pas si Tchekhov a tout inventé ou s’il s’est inspiré d’une situation qui a pu exister. Ça se passe le jour de Noël, ce qui fait que le sordide, l’épouvantable, la misère sont quand même un peu allégés à cause de ce jour de trêve, il y a de la neige blanche qui est tombée dans la nuit, l’air est « diaphane », etc. Il y a des personnages très, très riches, très, très vivants, pas mal de dialogues, très théâtraux, en fait, et puis il y a cette histoire d’un monde de femmes qui donne son nom au récit. Ça, ça m’embêterait plutôt, si on le montait, j’aurais peur d’avoir l’air de suivre la mode, MOI AUSSI ! Enfin, une jeune fan avec qui j’ai déjeuné tout à l’heure m’a dit que je pouvais tout me permettre — mais certainement, si on le faisait, il faudrait, nous tous, tout nous permettre ! Ça ne pourrait se faire qu’en allant dans tous les sens, comme une matière d’improvisation, comme si on devait jouer le soir-même, parce que, sinon, il faut un an, une vie, comme au théâtre du Radeau ! Et puis il y a le génie de Tchekhov qui va, lui aussi, dans tous les sens — mais, certainement, il y aurait un risque de réduction de cette folie à une lecture féministe, disons qu’il faudrait intégrer ce problème (qui n’est peut-être pas si grave). J’imaginais d’ailleurs que tout le monde pourrait être en femme, ça aiderait peut-être à le résoudre. Enfin, même si ça ne mêne à rien, lisez donc cette nouvelle pas si courte (56 pages), ça nous permettra d’en parler et d’imaginer comment ce serait de faire « vite et mal » (comme disait Claudel-Vitez) du théâtre-bouffe, du théâtre burlesque (je ne vois que ça, en si peu de temps : au moins qu’on rigole.) On ne peut pas faire plus russe, plus inimaginablement russe, mais, du coup, c’est comme un conte (de Noël), comme un conte des Mille et Une Nuits, peut-être, de l’ordre du merveilleux. C’est Vladimir Nabokov qui dit quelque part, je n’ai pas la citation sous les yeux, que, pour lui, les livres qu’il aime, Stendhal, etc. sont des contes de fées. Ce qui est beau, chez Tchekhov (nouvelles), c’est comment les personnages continuent après la dernière page. Ils continuent de vivre, le temps continue, parce qu’en fait, le récit les prend un moment dans leur vie où, en fait, il ne se passe rien. Les derniers mots indiquent que la situation va continuer, la même. Mais comme ce serait dur à faire passer, ça… Lisez cette nouvelle, ça permettra peut-être d’avoir ce récit en commun dont peut-être il ne restera rien — et ce serait sans doute mieux —, mais seulement l’esprit. Mais comme c’est dur, l’esprit, la beauté ! 

Sinon voici la nouvelle de Robert Walser (Minotaurus) que j’ai piquée du Radeau ; j’ai trouvé ça tellement beau que je l’ai recopiée à la main (à la voix, sur mon téléphone). Là, l’Art Brut, on y est en plein dedans  !
« Si en moi l'écrivain est éveillé, je passe sans faire attention à côté de la vie, je dors en tant qu'homme, je néglige peut-être le concitoyen en moi qui m'empêcherait tant de fumer des cigarettes que de faire l'écrivain si je lui donnais forme. Hier j'ai mangé du lard aux haricots, et j'ai pensé à l'avenir des nations, pensée qui me déplut bien vite parce qu'elle portait préjudice à mon appétit. Que ce que j'écris ici ne soit pas un essai bas de soie, je m'en réjouis et, peut-être sera-ce, à mon sens, agréable pour une fois à une partie de mes bienveillants lecteurs, car cette façon de toujours mettre des filles dans le coup, de ne jamais laisser les femmes de côté, peut ressembler à un endormissement, ce dont on pourra convenir tout homme qui pense vivement. Désormais la question m'occupe de savoir si les Lombards etc. possédaient ou non quelque chose comme une culture, ainsi j'avance peut-être sur des chemins que tout un chacun n'aperçoit pas tout de suite, aucune phase de l'histoire du monde ou presque ne semblant aussi déconcertante que le temps de la migration des peuples, laquelle m’amène à la chanson des Nibelungen que l’art de la traduction nous a rendu accessible. Se promener avec en-tête le problème des nations, est-ce que cela ne signifie pas être devenu la proie d'une disproportion ? Prendre en considération comme ça des millions de gens, cela doit fatiguer le cerveau ! Alors que je suis assis là et envisage ces gens vivants, dans leur nombre, pour ainsi dire par compagnies entières, peut-être l'un de ce qu'on appelle la multitude s'est-il endormi intellectuellement dans la mesure où il a vécu sans s'en faire. Peut-être est-il possible que les éveillés soient considérés par ceux qui dorment comme somnolents. Dans le dédale que forment les phrases précédentes, je crois entendre de loin le Minotaure qui m'a tout l'air de n'être rien d'autre que la difficulté velue à voir clair dans ce problème des nations que je laisse tomber au profit de la chanson des Nibelungen mettant par là à la glacière pour ainsi dire un quelque chose qui m'importune. De même je pense à laisser tous les Lombards à leur repos, à leur sommeil, veux-je dire, car il m'est parfaitement clair qu'une certaine sorte de sommeil est utile, ne serait-ce que parce que ce sommeil mêne une vie spécifique. Pour sauvegarder ce petit rien de bonheur il me semble important de tenir à distance le bas de soie, distance que je voudrais prôner par rapport à la nation, cette dernière présentant peut-être quelque ressemblance avec une espèce de Minotaure que pour ainsi dire j'évite. Je sens se former en moi la conviction que la où la nation, qui pour moi est quelque chose comme un être, qui paraît exiger de moi toutes sortes de choses, me comprend le mieux c'est-à-dire risque de m'approuver, c'est là où apparemment je l'ignore. Ai-je besoin de témoigner de la compréhension au Minotaure ? Est-ce que je ne sais pas que cela lui fait voir rouge ? Il se figure que je ne peux pas exister sans lui ; en fait il ne supporte pas le dévouement, de même qu'il a tendance à mal comprendre l'attachement par exemple. Je pourrais aussi considérer la nation comme un mystérieux Lombard qui sans aucun doute, à cause de, comment dire, son obscurité inexploré, me fait quelque impression, ce qui à mon avis pourrait être largement suffisant. 
Toutes ces nations en quelque sorte tirées du sommeil se trouvent probablement confrontées à telle ou telle tâche, ingrate ou gratifiante, ce qui pour elles est extraordinairement bon. Je suis d'avis que peut-être on ne doit pas être trop ce que l'on est, qu'il vaut mieux ne pas trop regorger d'aptitude. Le problème du bon à rien couché sur une colline doucement bombée mérite peut-être un peu d'attention. De l’haleine régulière de la chanson des Nibelungen des héros se dressent, et je ne peux refuser mon estime au poème dont la genèse est singulière. 
Si je peux considérer comme un labyrinthe ce qui m'est venu là par science et inconscience, le lecteur en sortira maintenant tel un Thésée. »

(Variante.) « Pour moi il est maintenant intéressant, pour ce qui est de la forme à donner à ce que je veux faire, que je me trouve dans un labyrinthe où je soupçonne un crétin cornu, avec lequel j'aurai à me mesurer et donc je présume qu'il lui plaît de me prendre pour un idiot parce que je me suis risqué dans le dédale de ces couloirs »

Sinon une citation de Francis Bacon qui m'a fait penser au travail de Raphaëlle :
« J’aime voir les gens beaux, mais, en travaillant, on les fait souvent laids, parce que ça marche pas mieux dans le sens de la vie, mais dans le sens de l’esthétique, ça marche souvent mieux parce qu’il faut déformer la vie pour attraper la réalité. »

Sinon un titre que j’aime bien (qu’on pourrait utiliser — c’est Birkin qui raconte à la télé sa première nuit avec Gainsbourg et, à un moment, elle le dit — très bien) :
Arrête-moi si c’est trop long

Labels:


Bonsoir Yves-Noël
Ça fourmille pas mal dans ma tête, j'essaye de ne rien jeter. 
C'est amusant, aujourd'hui même je me suis imaginé en train de jouer l'ivresse en Paradis, car je l'ai fait au bar du TNB (j'étais pas ivre, je le jure), pour amuser la galerie, à trois reprises pendant le festival. 
Aussi pour te dire que nous avons travaillé avec Latifa pour certains d'entre nous (Aymen et Olga) pendant trois jours. Nous avons notamment repris quelques tableau de la pièce LOVE dans lequel je sais que tu as joué. Il s'agissait de
La mort
Combat yeux fermés 
Les lions 
Claquettes
Les duels et 5vs1
Mort x2
Coups portés 
Les cavaliers
Je suis très heureux d'avoir pu la rencontrer et d'avoir pu travailler avec elle sachant que cela m'a permis de faire des ponts avec le travail que l'on va entamé avec toi. Nous avons par exemple été en ville les yeux fermés ou encore avons improvisé des rituels, des défilés. Tant d'exercices auxquels on pourrait peut-être se prêter en groupe pour nourrir la question du hors champ (en dehors des temps de répétition avec toi) ? je ne sais pas, je dis ça comme ça.
Aussi un terme que Latifa a beaucoup employé pendant les trois jours (j'ai été très réceptif à son vocabulaire artistique, sa grammaire !) : le verbe cannibaliser
Dans la même veine que ton injonction volez 
Hâte de se retrouver tous ensemble 
A très vite
Valentin 

Ah oui ! j’aime beaucoup Latifa, avec qui j’ai commencé la danse il y a bien longtemps (mais comme elle reste jeune et belle, elle ! ça me va). J’ai vu récemment un spectacle vraiment magnifique, inoubliable, qu’elle a fait avec Antonia Baehr, très nocturne, très rêvé (deux femmes singes dans un futur improbable mais à l’aise). J’admire sa mémoire de Love et des exercices en ville, etc., que, moi aussi, quand j’avais votre âge, j’ai adoré pratiquer (avec Mark Tompkins, en particulier), tous ces exercices de conscientisation des perceptions, de regard, de contact, etc., c’était tellement magnifique ! C’est toute ma jeunesse ! Les exercices dans le noir total, aussi, sublimes. On était allé trois jours de suite avec Mark, je ne sais pas, ça devait durer une heure ou deux, dans un espace inconnu absolument noir avec l’accent, le premier jour, mis sur l’audition (il y avait la découverte du lieu qui était assez forte, on y était allé les yeux fermés, on ne savait pas où on était, mais ensuite, l’audition, c’était assez bruyant, singes de la canopée) ; au deuxième jour, en silence, l’accent mis sur le contact (c’était très affectif, comme des singes aussi qui se reconnaissent, reconnaissance de la personne, les mains touchent la tête, etc., c’est cette journée que j’avais préférée) ; et, troisième fois, toujours le contact, mais sans les mains (très sensuel aussi, mais avec un côté terrible, je trouvais, hard, comme si la personne soudain disparaissait, comme si nos n’étions que viande, sans savoir vraiment si ce qu’on touchait était cuisse ou bras et encore moins à qui — ou même à quel corps ; peut-être que cette perception «  sans les mains » aurait pu s’affiner avec le temps, je parle à partir de mon ressenti...) C’était des expériences impressionnantes ! Avec l’indication de s’y trouver, dans ce noir, soit très habillé (recouvert d’épaisseurs, de couches et de couches), soit (intégralement ou le plus possible) la peau. Aussi, en ville, partout, chez soi, mais toute la journée, l’un qui « joue » (en fait qui est observé par un deuxième, quoi qu’il fasse) et toutes les demi-heures, ça change, l’observeur devient l’observé, sans échange de paroles ; ça faisait des journées mémorables de perception augmentée ! Aussi les yeux fermés, comme vous avez fait… Tu me préciseras ce qu’elle entend avec le mot « cannibaliser » (je l’entends très bien le dire)…
C’est vrai que tu as raison d’insister sur le hors-champ, c’est sans doute la clé, certainement, dans ce lieu : fabriquer du hors-champ. Si on arrivait, pour les spectateurs, à changer leur perception du hors-champ, de l’environnement extérieur, comme s’ils étaient dans une capsule et que l’espace-temps, au dehors, changeait, évoluait, ça, ce serait beau…
Ah oui, on n'a pas introduit le thème de la science-fiction. C’est toujours bien, je trouve, quand on y arrive (même par allusion)… C’est une des grandes littérature du XXème siècle (Philip K. Dick…)
Bien à toi, 
Yves-Noël

Labels:

Monday, November 18, 2019

C e mercredi 20


On reprend du service au Musée Picasso, mercredi 20, de 15h à 17h30 dans l’exposition dite « Les tableaux magiques » qui montre des tableaux dont Francis Bacon raconte qu’ils ont déclenché son désir de peindre, cette exposition à la galerie Rosenberg, avant-guerre, à Paris, qu’il avait vue… Le chorégraphe Yaïr Barelli demande d’interpréter les tableaux, ce qui est impossible, sauf d'en faire sa vie-et-mort comme s’y était engagé Francis Bacon.

Labels:

L a Singe



Labels:

Sunday, November 17, 2019

Cher Yves-Noël , 
Quand on a imaginé l’école avec Arthur, on s’est souvent dit que l’on mettait en place l’école qu’on aurait rêvé de faire.
Et quand je lis et relis le magnifique dernier long mail que tu as envoyé à ta team, je me dis que c’est ce genre de messages que j’aurai aimé recevoir à leur âge.
Tout est donc parfait !
Merci pour eux 
J’espère que tout va bien pour toi 
Je t’embrasse 
Laurent 

C’est très gentil, ce que tu me dis… 
Je rame un peu. Je suis moins doué pour la spéculation que quand j’ai les choses sous les yeux… Mais il faut bien rêver un peu…
Hâte !
Yves-No

Labels:

Chers amis...


Je lis des récits de Tchekhov. C’est vraiment merveilleux, mais c’est immense, avec des milliers de personnages (on dirait qu’ils se démultiplient et que tout un pays apparaît, grouillant aussi du peuple de ses lecteurs qui découvraient les nouvelles dans les journaux) et je ne vois pas du tout comment on pourrait en tirer parti, c’est trop russe, c’est trop vaste, c’est trop intelligent (je veux dire vivant), c’est trop désespérant aussi. C’est-à-dire, il faudrait être d’une intelligence ou d’une bonté suprême (celle de Tchekhov) pour comprendre que cette comédie humaine est si absurde qu’elle en est drôle (mais c’est nous !) (Tchekhov avait toujours l’impression d’écrire des choses amusantes). On est avachi dans l’irréel dès qu’on ouvre les journaux à notre époque. Ce n’est certainement pas facile de faire des spectacles actuellement. Mais c’est possible, je viens d’en voir deux très, très beaux. (La Ribot, Another Distinguée et Pièce, du collectif Gremaud/Gurtner/Bovay, deux spectacles suisses.) Si j’étais plus intelligent, je voudrais qu’on soutire à Tchekhov son génie (la méthode) pour inventer à nous tous toute une manière de faire, cette bienveillance avec l’apparence, je pense que j’en ai déjà un peu parlé dans un autre mail (Dieu merci, je ne les relis pas). Mais peut-être que nous y réussiront, vous et moi ; additionnés, nous sommes certainement augmentés. Tant qu’on n’a pas trouvé une matière commune (et je crois que nous ne trouverons pas), pensez tous azimuts, et en secret ; enfin (je le redis), pensez dans tous les sens (le commun apparaîtra alors de lui-même). Je relis aussi Clément Rosset (ça aussi, nous ne pouvons rien en faire, je ne veux pas l’utiliser comme matériau — bien que ce soit très bien écrit et que j’en ai déjà joué une partie aux Bouffes du Nord) : Le Réel, traité de l’idiotie. La figure de l’idiot, c’est une merveille. Et dire que je n’ai toujours pas eu la force de lire celui de Dostoïevski, alors qu’on m’en parle depuis mon adolescence… Ah ! Seigneur ! donnez-moi la force et le courage... Est-ce que certain.e.s d'entre vous peuvent jouer l'ivresse ? Rosset : « l'état philosophique, au dire même de Platon, supposant un état perpétuellement ivre, amoureux et artiste ». 1) L’ivresse, 2) l’érotisme (auquel j'ai déjà fait allusion) et 3) l’art. Mais alors, pour l'art, là on est fort, je préciserai : art brut, celui dont parle cette citation de Jean Dubuffet recopiée l'autre jour à la Collection de l’Art Brut, à Lausanne : « L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle ». Bref, remplaçons le mot « artiste » (nous le sommes bien assez) par le mot « idiot » qui sonne aussi bien, aussi en référence à la lucidité de Macbeth : « La vie est une histoire racontée par un idiot ». Un ou une. Thomas Ferrand avait fait un spectacle (que je n'ai pas vu) à partir de cette notion, intitulé : Idiot cherche village. Comme une définition du théâtre. 

Ce mail n’a d’autre justification que de vous dire ma hâte de vous retrouver et de vous parler de vive voix. D’ici cette réunion, rêvez, volez (Sarah Kane : « Je suis une cleptomane des lettres »), s’il vous plaît, 

Yves-Noël 

Peut-être pourrait-on travailler sur la multitude : avoir plusieurs apparences (transformations) de personnages vraiment différents…
Peut-être travailler avec un double choisi dans le public qui représenterait le réel, en imitation, en double fictif… Etc. Etc. En fait, la difficulté pour moi, et pour chacun, je crois, dans ce métier, plus ou moins, c’est d’arriver à coincer un morceau de réel (ou sur la toile, comme dirait Bacon), à faire sonner comme une résonance troublante, une présence, celle du « monde réel », « bouche cousue » (selon une expression qu’emploie Michel Leiris à propos de Bacon justement).



SEYTON
— La reine est morte, monseigneur.

MACBETH
Elle aurait dû mourir plus tard ; — le moment serait toujours venu de dire ce mot-là !… — Demain, puis demain, puis demain — glisse à petits pas de jour en jour — jusqu’à la dernière syllabe du registre des temps : — et tous nos hiers n’ont fait qu’éclairer pour des fous — le chemin de la mort poudreuse. Éteins-toi, éteins-toi, court flambeau ! — La vie n’est qu’un fantôme errant, un pauvre comédien — qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène — et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire — dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, — et qui ne signifie rien…
Entre un Messager.
— Tu viens pour user de ta langue ; ton conte, vite !

LE MESSAGER
Mon gracieux seigneur, — je voudrais vous rapporter ce que j’affirme avoir vu, — mais je ne sais comment faire.

MACBETH
Eh bien, parlez, monsieur !

LE MESSAGER
— Comme je montais ma garde sur la colline, — j’ai regardé du côté de Birnam, et tout à coup il m’a semblé — que la forêt se mettait en mouvement.

MACBETH, le frappant
Misérable menteur !

Labels:

T iercé gagnant


J’ai eu la chance (mais c’est moi qui ai demandé) d’être réinvité à voir cette pièce merveilleuse qui s’appelle Pièce. Quand on aime une chose, on a tort d’en vouloir d’autres. Par exemple, je viens de finir Lolita et je n’ai qu’une envie, c’est de le relire. Le plaisir de revoir particulièrement ce spectacle, c’est de voir exactement le même spectacle augmenté (comme le disque d’Angèle) des détails qui m’avaient échappé la première fois. Mais ce dont je me souvenais (de presque tout) était exactement identiquement exécuté. C’est un réel plaisir. On raconte que Bob Wilson était allé voir Marlène Dietrich une douzaine de fois lors de son dernier concert à l’espace Cardin parce qu’elle refaisait absolument le même spectacle tous les soirs, le même mouvement de la main le long du micro, le même mouvement de cil, la même intonation, le même coup de menton, tout exactement et purement la même chose. Pour cela, elle devait tout réimproviser de l’intérieur. Moi aussi, quand j’ai eu des périodes longues, à Avignon, vingt-cinq représentations, je me suis amusé à refaire à l’identique. Et c’est ce plaisir, cette « leçon de théâtre », que je retrouve dans cette Pièce du trio Gremaud/Gurtner/Bovay. Leçon de théâtre, certes, pièce, comme tous les chefs-d’œuvre, sur le théâtre. Ce premier degré du théâtre qui n’est donc jamais le premier degré et pourtant. Par exemple, un seul exemple, cette question d’écoute qui revient, « manque d’écoute », hors les comédiens s’écoutent beaucoup, au contraire, et d’une façon « naturelle », comme les musiciens qui ont beaucoup répété et joué ensemble, en quatuor, par exemple, classique ou contemporain, qui ont nécessité à jouer ou à déjouer l'écoute. La question, unique, de ce théâtre parfaitement représenté est l’expérience du théâtre et ce n’est même pas une question. Absolu du théâtre. Pour tout dire, j’ai eu la chance, hier, de voir aussi un autre trio magique, celui mis en place par La Ribot pour sa pièce très onirique, somptueusement nocturne, intitulée Another Distinguée, bon, mais cette qualité-là, c’est la Suisse, on ne va pas développer, c'était la dernière de ces deux spectacles — alors, au travail ! 

Labels:

Saturday, November 16, 2019

I l faut dire elle


J'ai écrit un message à Matthieu et j'ai écrit : « Ma chère Matthieu » ; apparemment, c'est ce qu'il faut dire…

Chère Matthieu, je t’espère contente, heureuse et satisfaite

Labels:

P ersonnage d'octobre



E st-ce qu'il y a une gauche, par exemple, qui défend encore la liberté ?


« Les animaux incarnent la volupté, la liberté, l'autonomie : ce à quoi nous avons renoncé. »

Labels:

« Quels braves gens, les chiens ! » disait Tchékhov. »

Labels:

Tiens, François, tu voulais le lien pour le Cunningham. J’aimerais bien, d’ailleurs, poursuivre ce stand-up, commencé en février à Nantes à l’invitation d’Olivia Grandville et, ici, spécialisé dans Cunnningham ; j’aime bien la forme du stand-up, ça permet de sortir toutes les conneries qu’on a fourrées dans la tête et réactivées quotidiennement par les télés, les radios, les journaux, les réseaux sociaux, les publicités, les communications gouvernementales, les programmes de théâtre, etc.)
Bises, 
Yvno

Labels: