Thursday, September 21, 2017

A rrivez un peu avant l’heure


Tel un vieux sage, je donne des cours d’interprétation presque tous les lundi cet automne jusqu’en décembre (quelques dimanches seront rajoutés). Ces cours — qui sont des masterclasses — s’appellent JOUER COMME GERARD et ils sont sur le thème de la Genèse. Il est donc demandé de travailler des matières se rapportant à cette imagination de la Création du monde, création de l’homme et de la femme (ah, cette différence…), des plantes, des autres animaux, des atomes, etc., tout récit de commencement, y compris scientifique, qui participe de cette même imagination, des danses ou des chants de cultures diverses… ou traces (innombrables) de cette imagination dans les œuvres diverses. Il y a actuellement deux cours : un à 16h, et un à 18h30 (d’une durée de deux heures chaque). Le cours de 16h est filmé par Vivianne Perelmuter (avec assistant pour le son), ce qui est une aide, pour les participants, car ce n’est pas demain, la semaine prochaine ou dans trois mois : c’est exactement dans la plénitude de MAINTENANT qu'il s’agit de passer d’un instant à l’autre avec comme viatique la poésie, car la parole et l’écriture sont la même chose, mais c'est la poésie qui le prouve… 5 € le cours, plus 5 € pour l’adhésion à l’année à l’association du café Pas Si Loin qui nous accueille — 1, rue Berthier, à Pantin.

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...s ur le thème de la Genèse


Photos de Vivianne Perelmuter

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« et ça, c’est très important dans le shamanisme, c’est-à-dire qu’il y a une personne qui a rêvé le monde avant qu’il ne survienne »

« et les morts reviennent dans les rêves »

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« une foule de toute la terre entière »

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« I l n’y a plus d’histoire possible jusqu’à même dans les films pornographiques. »



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J e n’ai pas vu, mais j’ai mon opinion


Dominique me dit (sous l’influence de Jacques, je pense), mais Arnold finalement me dit que ça vaut le coup, mais Dominique donc me dit que c’est très édulcoré, que l’histoire d’amour prend le dessus, mais que ce n’est pas ça, la vraie histoire, ce n’est pas parce que les pédés étaient en couple comme maintenant qu’ils ont attrapé le sida, c’est parce qu’ils avaient chacun 900 partenaires par jour (chiffre approximatif, peut-être par semaine...) Mais, En revanche, elle me dit, c’est bien joué. Alors, là, je sens que j’ai de la place pour mon numéro d’homophobie de derrière les fagots : C’est normal que ce soit bien joué, les pédés, ils ont pris des pédés pour jouer des pédés, c’est facile ! Imagine qu’on leur aient demandé de jouer des hétéros : là, on aurait pu saluer la performance ! — Alors c’est comme quand on prend des vaches pour jouer des vaches, c’est ce que tu veux dire ? — Exactement. C’est ce que je veux dire. On ne va pas lui donner un César à la vache, Ah elle fait bien la vache, non ! Dominique dit : On dirait un film fait par des militants du Mariage pour tous, il y a un contresens, mais Arnold me dit que ça vaut le coup.
« même les bibelots semblent animés
sur les étagères poussiéreuses »

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L e Rôle


« Ce n'est pourtant pas que je me sente supérieur, je vous en prie surtout, ne croyez pas ça.
C'est plutôt comme une sorte de décalage, l'impression persistante de jouer un rôle.
Vous le savez, je vis depuis des années à l'étranger. Certains clichés sont associés aux Français (les bons vins, la cuisine…). Plus d'une fois, afin de fluidifier la communication sociale, j'ai été amené surjouer mon rôle de Français. Je me suis lancé, avec toutes les apparences de l'enthousiasme, dans des déclarations dithyrambiques au sujet du madiran, ou de tel ou tel produit alimentaire donc je venais d'apprendre l'existence.
Pour des raisons analogues, quoique plus rarement, il m'est arrivé de surjouer mon rôle de mâle — de manifester une passion que je n'éprouvais pas tant que tant que ça pour les Aston-Martin, les pin-up des calendriers Pirelli ou les coups francs de Michel Platini.
Et je me sens tout à fait capable (je le ferai certainement si je suis à jour confronté à un public d'extraterrestres) de surjouer mon rôle d'humain. »

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A mitié politique


« Un mouvement de désobéissance  consistant suppose une confiance dans l’autre, une amitié politique. Or, aujourd’hui, tout est là pour désintégrer les réseaux de solidarités. »

Dernier appel à mes amis mélenchonistes : laissez tomber ce mec de la télé et mettez-vous au travail. C’est possible même sur Facebook. Je conseille Nad Lam


« Une première manière de désobéir serait finalement d’obéir a minima, de manière rétive. »
« Zhuangzi dit : « La Perfection est la tranquillité dans le désordre. » »

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Titre pour un recueil de poèmes :
When homework is done

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« Il faudrait qu’un écrivain eût perdu le sens pour laisser soupçonner seulement qu’il écrit. »

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L e Guignon


« Il y a dans le monde spirituel quelque chose de mystérieux qui s'appelle le Guignon, et nul de nous n'a le droit de discuter avec la Fatalité »

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L a Météo


Il fallait aller en ville et puis ensuite de longues soirées de lecture
« Il s’était dit qu’ils pourraient se fondre dans les lieux, dans le décor, et que c’était peut-être cela, le bonheur, ou ce qui en approchait le plus. Une vaste entreprise de camouflage, avait pensé Paul. »
« There is no Mystery so great as Misery. »

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L ibre-arbitre


« Ce n'est pas que j'y croie beaucoup, à vrai dire, à cette notion de libre-arbitre. L'argumentation de Spinoza (conscient de ses désirs, mais non de leurs causes, d'où sensation de liberté) me paraît toujours aussi irréfutable. Et si je dodeline gentiment de la tête lorsque je l'entends employer autour de moi, c'est pour ne pas aggraver mon cas, pour éviter les sujets qui fâchent. Parce que j'ai bien remarqué que les gens, en général, sont attachés à cette fiction de la liberté individuelle ; et qu'il s'agit, peut-être, d'une fiction utile. »



« C'est quand même effrayant, cette prétention chez des mammifères de taille moyenne, a priori indiscernables, de constituer des essences spécifiques. Ceci contraste péniblement avec l'attitude de mon chien (un chien de taille moyenne, enfin un peu bas sur pattes, mais moyen tout de même), qui reconnaît sans hésiter la caninité chez les chihuahuas comme chez les dobermans. »

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L 'Expérience


« Il y a un autre problème aujourd’hui : le « créativement correct ». Tout le monde veut être créatif. Entre nous, j’envie ceux qui ne le sont pas. Ils sont capables de vivre une expérience pour ce qu’elle est, ils peuvent recevoir tout simplement la vie comme elle arrive. Chez ceux qui écrivent, l’écriture interférera toujours. »

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L ’Acteur


Il suffit qu’une personne n’ait pas aimé pour que ma santé soit ruinée 
« quand tu acceptes ce monde fait main »

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Wednesday, September 20, 2017

V ersailles


Il y a sept ans je réunissais Thomas Scimeca (à poil à gauche) et Marlène Saldana (à droite sous la barbe) à deux danseurs virtuoses que m’avait livrés directement du Congo Philippe Chameau (un long voyage donc, par chameau) pour une partie de campagne inouïe qu'on avait appelée L’Echange, au festival Plastic Dance Floor. J’avais adoré voir mes meilleurs acteurs quasi décontenancés parfois (mais tenant le coup) devant la puissance, la vérité, la sauvagerie et la joie de vivre de Dinozord et de Papy Ebotami (Papy faisant un vrai bouche-à-bouche à Marlène qui elle ne faisait que mine de se noyer ; Dinozord mettant le feu comme à la brousse sur une île du lac, Thomas les yeux comme des soucoupes appelant à l'aide). J’avais adoré l’accueil de Frédéric Seguette qui dirige ce festival. Prochaine édition — très conseillée — ce week-end !

Autres recommandations : Pierre Alferi (immense poète) s'amuse bien à écrire la pièce Les Grands du spectacle de Fanny de Chaillé au centre Georges Pompidou jusqu'au 23 + la somptueuse exposition de Bruno Perramant à la galerie In Situ, 14, boulevard de La Chapelle : quand vous venez faites signe, c'est en bas de chez moi, on prend un café...

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Monday, September 18, 2017

Tiens une citation de Verlaine : « Préférera les paysages »
Pas de nouvelles du Musée ? 
Et le livre ? 
News, quoi. 
Bisous, 
YN

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C ool


Quelle joie de te, certes revoir, mais surtout ce que tu as fait, ce que tu as apporté tout à l’heure ! Très fin. Passionnant pour moi. Cette façon qu’il y aurait de dire des choses très intelligentes et très présentes… enfin, je vais dire moins bien ce qu’on a commencé à dire ensemble tout à heure… J’espère qu’on pourra continuer ce travail… (au moins de temps en temps). Tu me diras tes horaires. Faire un cours de nuit pourquoi pas, mais… un peu plus normal, on va dire. Il y a aussi le dimanche. Je devais donner deux cours cette saison le dimanche et le lundi (au lieu du lundi et du mardi de l’an passé, le café ouvre maintenant le mardi), mais j’ai eu peur du trop, je me suis dit que je rajouterais le dimanche en cas de besoin… 

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A vallon


« Y a à la fois du fruit, un peu de fleur, un petit peu de caillou, mais avec beaucoup de fraîcheur. »

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P ENSER / QUE / CE / QUI / EXISTE / EST / LOIN / DE / REMPLIR / TOUS / LES / ESPACES / POSSIBLES


Je t'ai beaucoup cité dans les cours aujourd'hui, mais il y a une phrase (la plus nécessaire) que je ne retrouve pas, que je croyais avoir notée, alors évidemment comment la retrouver, tu dis qu'il y a beaucoup plus d'espace qu'on ne croit, d'espace vide, inexploré, dans les choses, etc. enfin c'est pas du tout ça... si tu vois... (je cherche encore…)

PENSER / QUE / CE / QUI / EXISTE / EST / LOIN / DE / REMPLIR / TOUS / LES / ESPACES / POSSIBLES

et puis NON PAS UNE IMAGE DEVIENT MONDE MAIS UN MONDE DEVIENT IMAGE ON FAIT UNE IMAGE-MONDE

Ah voilà ! C'est bien d'avoir l'auteur sous la main ! (J'avais deux-trois choses à demander aussi à Arthur, Oscar, Marcel et Charles, mais, bon, sont aux sports d'hiver)

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L e Sage


« Le Sage peut, dorénavant,
Assister aux scènes du monde,
Et suivre la chanson du vent,
Et contempler la mer profonde. »

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Sunday, September 17, 2017

« Il y a une perspicacité inconsciente dans l’emploi du mot personne pour désigner l’individu humain, comme cela se fait dans la plupart des langues européennes : car persona signifie en réalité « masque de théâtre » et il est vrai que nul ne se dévoile tel qu’il est ; tous, nous portons un masque et jouons un rôle. »

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S ourdre le monde des morts


Bonjour Yves-Noël, comment a été l'été ? Kataline m'a dit que tu recommençais les cours, autour de la Genèse.
Je crois que ce sera peut-être le même problème pour moi d'horaires, mais ce lundi, je peux venir, vers 19h, lire un texte que j'ai écrit sur les bébés et Rembrandt, qui devrait être publié par Sollers.
A cette heure-là, je pourrai passer demain, si ce n'est pas en pleine séance ? 
Amicalement,
Josselin

Bien sûr, viens ! 
C’est drôle, ton signe, car je viens à l’instant de tomber (à la BPI) par hasard sur « L’Infini » (mis en exposition je ne sais pas trop pourquoi) que je n’avais pas ouvert depuis mille ans et d’y trouver un texte de toi, « Nous sommes des bêtes, nous sommes sauvages », que je viens illico d'absorber et que j’adore surtout — tu fais comme Sollers — pour ses bonnes citations ! Je le photographie pour demain car il est en plein dans le thème (« être hanté par ce qui précède l’homme, des premières algues aux grands singes »)

Merci. Que, toi, tu dises ça, c'est très émouvant. La première fois que je t'ai vu et entendu à Avignon, pour Vénus & Adonis  [Le Parc intérieur], un seuil s'est ouvert pour moi : comment ? Dans une telle délicatesse, on peut faire sourdre le monde des morts, plus vivant que nous ? Ca avait été gigantesque, continue de l'être.
J'essaierai de me glisser une ou deux fois alors dans un lundi...
Et toi, quels sont les prochains spectacles où t'écouter ?

Oui, (re)viens, très cher ! 
Il y a eu l’Opéra-Comique il y a quelques jours (j’espère que tu as reçu) avec les Illuminations et, là, non, rien sur Paris, Clermont-Ferrand le 7…

Yvno

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« Maintenant c’était un causeur évidemment très bien, mais il y avait des moments où il était un peu, un peu fatigant — Dans quel sens ? — Parce qu’il parlait beaucoup de lui. »

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L e Chemin de la forêt fondamentale


« Il me semble que tous nous regardons trop la nature, et vivont trop peu en sa compagnie. L'attitude des Grecs me paraît pleine de bon sens. Ils ne discouraient jamais sur les couchers de soleil, ni ne débattaient pour savoir si les ombres sur l'herbe était en réalité mauves ou pas. Mais il voyait que la mer est faite pour le nageur, et le sable pour les pieds du coureur. Ils aimaient les arbres pour l'ombre qu'ils projettent, et la forêt pour son silence à midi. »

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« L e temps échappe à toute image »


Le film de Frank Smith — filmé par Arnold Pasquier — qui s'appelle Le Film de l'impossible est sublime. Il s'agit d'un remake du Camion, de Marguerite Duras, il fallait oser, il l'a osé ; il n'y a plus de camion (ou peut-être au très loin au début, me dit Arnold), il n'y a plus que le désert de sel de Gerry (de Gus Van Sant) et un poète qui dialogue avec lui-même par la disponibilité d'un ami qui lui renvoie la balle et qui dit des choses comme : « Le film de l'impossible n'existe pas. Ce qui existe réellement, c'est le film de l'impossible en train de se faire ». Ou encore : « Car on ne veut pas grand chose ? — Rien ». Ou encore : « Ecrire, filmer, c’est supprimer ». Et enfin (je crois que ce sont les derniers mots) : « Un monde devient image — on fait une image-monde ». Vincent me dit que ça a rapport aussi avec La Région centrale, le film de Michael Snow (de 1971) où une caméra avait été inventée pour filmer dans toutes les directions un paysage sans présence humaine. Tout ce qui fait rentrer le réel ou le monde dans le monde est beau. « Le cinéma admet enfin le désert au-devant de lui »

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Saturday, September 16, 2017

L a Question de l’inattendu


Oscar Wilde, en quelques heures, était devenu un frère ; il me manquait, je voulais le lire encore. Avec Sébastien, on s’entendait bien. C’était lui qui avait eu l’idée et qui me l’avait proposée. Et maintenant j’avais mordu à l’hameçon et Oscar me manquait. On avait fait une résidence de quelques jours dans un lieu merveilleux avec des circassiens (les meilleurs amis du monde) (au bord du monde, justement, en équilibre) et on nous avait demandé de proposer une petite forme de fin de résidence, ce n’était pas obligatoire, mais comme il y avait un concert de prévu, ce jour-là, il y aurait du monde. On n’avait rien préparé, on n’avait pas grand chose, ce n’était que le tout début du travail. Eh bien, ce que je constate une fois de plus, c’est que ça marche : on peut faire spectacle de rien. On dit : on a très peu, on a un projet, on ne sait pas sous quelle forme, on peut vous faire entendre des bouts de musique qui peut-être donneront quelque chose, des bouts d’un texte. Et les spectateurs imaginent avec nous quel pourrait bien être ce spectacle — et ce spectacle futur, cette projection, ce désir de spectacle est peut-être le meilleur spectacle qui soit, au final.  A Paris je reviens pour voir le film de Bettina Atala auquel j’ai participé. Il est très, très drôle, je suis content, sauf d’un plan (zut !) C’était la dernière journée de tournage, il y avait un peu de tension, on était en retard, j’étais fatigué, je m’ennuyais et évidemment ça se voit ! J’ai honte. Le reste des plans est parfait : je suis bien habillé, je m’amuse, je suis beau... Ce sont mes débuts au cinéma. Je serais moi, je m’emploierais de nouveau ! Après le film projeté au festival Hors Piste du Centre Georges Pompidou (demain à 15h, le film de Frank Smith), j’emmène  Balthazar et Jonathan au vernissage de Bruno Perramant. Dominique nous rejoint. Que dire ? je ne sais rien dire sur la peinture de Bruno Perramant — qui me bouleverse — et, qui plus est, j’ai beau en faire la pub, je ne suis pas sûr que je fasse tant d’adeptes. C’est comme avec Laurent Chétouane (en danse). On dirait que les artistes que littéralement je vénère, qui me sont nécessaires comme respirer laissent au contraire facilement indifférents mes amis les plus proches. Je me souviens, au moment du 1er Avril des Bouffes, j’avais envoyé toute la troupe (immense) du spectacle voir l’expo (précédente à celle-ci) de Bruno et seul mon père y était allé, seul mon père avait travaillé à partir des photos de tableaux que j’avais postées sur mon blog. Eh bien, maintenant, mon père sera dans le livre sur Bruno qui sort bientôt. La galerie qui expose (qui s’appelle In Situ) a déménagé tout tout près de chez moi, au 14, boulevard de La Chapelle, ce qui promet que j’y sois presque tous les jours et que je peux vous y mener. Vous pouvez y aller sans moi, mais je peux aussi vous montrer les tableaux. Pendant que nous bavardions tout à l’heure, les tableaux diffusaient, je les avais dans l'œil, et je pensais : C’est comme un arrière-fond qui est vrai. Oui, c’est ce que je peux dire de cette expo sans pouvoir rien en dire : — C’est comme un arrière-fond — qui est vrai. —

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B ourgogne



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Friday, September 15, 2017

D emain et j'y serai !


BRUNO PERRAMANT 
Or, The Whale  
épisode 3 
16.09 — 21.10.2017 

VERNISSAGE 
SAM. 16.09.2017, DE 18H À 21H 

IN SITU 
FABIENNE LECLERC
14, BOULEVARD DE LA CHAPELLE 

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The Meaning of Sorrow

« il est beaucoup plus difficile de parler d’une chose que de la faire »

« Selon Hegel, il faut, pour que la vie perdure, que chaque chose soit l’autre d’elle-même »
« l’artiste ayant pour mission de percevoir l’objet tel qu’il n’est pas et de rendre compte de l’autre dans le même »
« En art, est vérité ce dont le contradictoire est également vrai. »
« Aristippe de Cyrène, qui considérait le bonheur comme la somme des plaisirs et des instants privilégiés »
« Whistler, qui décrit l’artiste comme « un monument d’isolement » »
« seul importe le battement permanent entre deux pôles, ce dont sa thématique et ses principes d’écriture rendent largement compte »
« vermouth à l’orange amère »
« Sans égoïsme, les gens sont incolores. Ils manquent d’individualité. »
« Elle portait un pourpoint de velours vert mousse, avec des manches couleur cannelle »
« comme une fleur foulée au pied »
« On eût dit que les oiseaux chantant dans le jardin noyé de rosée parlaient d’elle aux fleurs. »
« Ne vous fiez jamais, quel que soit son âge, à une femme qui porte du mauve, ni à une femme de plus de trente-cinq ans qui aime les rubans roses. »
« La conscience nous rend tous narcissiques. »
« Jeunesse éternelle, passion sans limites, plaisirs subtils et secrets, joies sauvages et péchés plus sauvages encore : il lui fallait tout cela. »
« Critiques et louanges me louent et m’abîment sans comprendre un mot de ce que je suis. Toute la valeur, ils n’ont jamais parlé de cela, c’est que je suis un homme pour qui le monde visible existe. »

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Thursday, September 14, 2017

T he Meaning of Sorrow


« L’humanité se prend trop au sérieux. C’est là le péché originel du monde. Si les hommes des cavernes avaient su rire, l’Histoire aurait été bien différente. »

« Il charma ses auditeurs jusqu’à les faire sortir d’eux-mêmes, et ils suivirent sa flûte en riant. »

« Le ciel, par-dessus, était comme une rose aux couleurs fanées. »

« C’est également dans notre tête, et seulement dans notre tête, que se produisent les grands péchés du monde. »

« C’est dans le  cerveau que le coquelicot est rouge, que le pomme est parfumée et que chante l’alouette. »

« je vois également que pour Jésus l’imagination n’était rien d’autre qu’une forme de l’Amour. »

« Sa justice est tout entière justice poétique, et c’est exactement ce que doit être la justice. »

« Pour lui il n’y avait pas de lois, rien que des exceptions. »

« Il considérait la richesse comme un boulet pour l’homme. »

« il prêcha l’importance capitale qu’il y a à vivre entièrement dans l’instant »

E n ayant pensé à ma mère un peu auparavant de cette façon
« Mais d’une manière que le monde n’a pas comprise, il considérait le péché et la souffrance comme beaux en soi, comme choses saintes et modes de la perfection. » 

« pris la pauvreté pour épousée »

Il voulait écrire un livre sur les rapports de la vie artistique et du comportement. Comme Duras disait (nous avait dit, je l’ai entendu) : « C’est quand même bien foutu, mes livres… — Ah oui, c’est très bien foutu, vos livres, Marguerite ! — Non, c’est vrai… mais alors pourquoi ma vie c’est n’importe quoi ? » C’est cet élargissement de la qualité artistique (du talent artistique) à la vie tout entière qui inquiète Duras, Rimbaud ou Wilde. (Rimbaud au maximum. Et on en sait la réponse.) Et qui ramène au Christ, l’artiste par excellence dont l’œuvre est de « changer la vie ».

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