Saturday, December 10, 2011

Moi, j’ai du respect pour Michael Lonsdale et sa croyance, mais il faut qu’il en ait aussi pour moi et ma croyance



(Lu dans « Le Figaro » ce matin en mangeant des huîtres au Terminus Nord qu'il avait manifesté devant le théâtre du Rond-Point.)

(Mon père propose de s'habiller en soutane (je ne sais pas, c'est Simon Bourgade, l'un de mes assistants, qui lui a dit qu'il en avait une), j'approuve immédiatement et je le fais se balader avant le spectacle dans le hall car, moi aussi, je veux participer à la polémique – ça me donne même envie de faire un spectacle, le prochain, sur ce thème (moi qui n'en fais jamais)... Je ne comprends absolument pas comment des catholiques ne se désolidarisent pas de ces malades mentaux, non, bien au contraire, les « modérés » disent qu'ils comprennent les « extrémistes », les « intégristes » ! Antoine Vitez (qui avait monté les évangiles) disait, je me souviens, que les textes religieux n'appartenaient aucunement aux seuls croyants, mais qu'ils étaient le patrimoine de l'humanité toute entière et qu'il fallait évidemment se les approprier, ne pas les laisser aux croyants. Ça tombe sous le sens, mais Antoine Vitez était (vraiment) intelligent, peut-être que son intelligence n'arrive plus jusqu'à notre époque...)

Moi, ma croyance, ma religion, elle est du côté de Grisélidis Réal. Je pensais tout à l'heure pendant la représentation, qu'on avait oublié d'enregistrer Nicolas Maury disant du Grisélidis Réal, je le regrettais... (C'était dans le premier spectacle.) (C'est quand il veut que je le mets en scène sur cet auteur...)

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Saturday, November 05, 2011

A poil et à vapeur



Après avoir été raccompagner Marcus dans le salon de sa mère (400, rue Saint-Honoré), je croise à l’angle de la boutique John Galliano Benjamin, Aurélien, Donatien et un Philippe qui s’éclipsera assez vite pour un « plan sexe ». Benjamin se regarde dans la vidéo du défilé à travers la vitrine. Il m’explique que John lui a dit d’avancer sur le catwalk comme dans une tempête de neige. Le thème était : « Rudolf Nureyev rentre à Moscou ». Il trouve que tous les autres mannequins ne le font pas bien, mais ce n’est pas vrai. Chacun le fait à sa manière. Je suis content d’avoir de bonnes nouvelles de John Galliano, mais on m’explique que cette collection est justement la dernière avant ce qu’il lui est arrivé. Il y a un décalage. Aurélien (qui prend la photo) se propose de coucher avec moi (et tout ce que je veux, le fouet, etc.) à condition que je trouve un premier rôle pour Benjamin dans mon spectacle au TCI. Aurélien est le petit ami de Benjamin. Moi, je suis prêt à tout pour la réussite de Benjamin, même coucher avec le petit aux grands yeux, mais Benjamin n’est pas libre, de toute façon. C’est mon samedi soir, la fatigue honnête, pour une fois, j’ai travaillé et je suis juste content de trouver par hasard, à l’angle de la rue, des gens disponibles dans un quartier improbable. Après, on va rue Sainte-Anne faire la queue d’abord, puis dîner à l’une des cantines japonaises pas chères qui animent ce bout de nuit. Puis Aurélien et Benjamin prennent leur scooter repasser chez eux prendre la voiture aller au Batofar… Et c’est là que je m’aperçois que je suis crevé encore une fois et que je ne vais pas suivre (en Vélib’).

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Thursday, October 27, 2011

« Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons »




J’ai repris le travail. La fatigue n’est pas la même. Elle est fatigante-défatigante. Tout se met à parler, dedans dehors. O, dehors tout merveilleux ! J’ai marché dans la rue avec Nicolas Maury. Je crois que j’ai attrapé le rhume de Sigrid Bouaziz. Soit disant, c’est pas contagieux. Elle embrasse d’abord, Sigrid, & ensuite elle dit qu’elle a un rhume. Tu parles qu’une belle fille n’est pas contagieuse, bien sûr que si ! Ou alors, il faut coucher entièrement. Ça m’est déjà arrivé de coucher avec une belle fille qui avait un rhume et alors, là, c’est vrai, ça ne s’attrape pas. Y a plus fort. L’énergie. Ça soigne. Mais la bise, c’est sûr, au contraire qu’on l’attrape ! A moins que ce soit Marie-Thérèse Allier… Elle est au bord de la pneumonie. Hier, elle a failli s’étouffer tellement elle toussait et crachait, elle est devenue toute rouge. On a vraiment eu peur. « Si vous m’aviez pas donné de l’eau, j’y passais… » Mais, avant, je lui avais fait goûter mon vin… Ça m’a glacé d’angoisse en m’endormant. Je le sentais in my cage thoracique. Nicolas Maury, ce matin, est allé chez Balenciaga. Il vient de tourner un premier rôle dans un film, alors il est allé chez Balenciaga se faire prêter des panoplies pour les présentations du film. C’est comme ça que ça marche. Il va essayer de garder tout ça pour le spectacle aussi, hé, hé, hé… Chez Balenciaga, ils lui ont dit, très sympas : « Vous savez, on n’habille pas n’importe qui : Kiberlain, on a refusé. Il faut que ça corresponde à l’image… On habille Charlotte, Jeanne (ça, c’est moi qui ajoute au récit de Nicolas), Joana (j’ajoute puisque j’ai travaillé avec ces deux-là en robes Balenciaga), pas Canet, par exemple, ah, non ! & on a habillé Tahar avant (n’est-ce pas) qu’il soit connu… » Ce qui est agréable, quand on travaille, c’est que tout, je le disais, se met à faire écho, comme dirait Stéphane Bouquet à qui j’emprunte un bout de poème pour un titre possible. (A suivre*.) La com', ça peut être super, mais c’est encore mieux quand ce n’est pas complètement dans le vide. & pour que ça ne soit pas dans le vide, il faut que ce soit religieux. Oui. C’est tout simple. Comme on peut le remarquer encore, en ce moment, au théâtre de la Ville. Thomas Scimeca m’envoie le récit de l'événement. Demain, c’est Marlène qui y va (« Ça va chier ! ») Très bon récit impubliable puisqu’il y dit du mal de personnes connues. De … Non, je ne peux pas ! Impossible ! Et, d’ailleurs, je ne suis pas d’accord. J’adore, moi, … Vous ne pouvez pas savoir à quel point ce blog est un exercice d’autocensure... C’est pour ça que je n’y parle pratiquement toujours que des homosexuels. Eux, au moins, ils ont (encore) de l’autodérision. Ce sont des clowns. Mais j’ai commencé à travailler. C’est plus dans le vide du tout. Mais j’attrape un rhume. Avec Nicolas Maury, on a marché dans Paris jusqu’à République, puis encore après, plus loin que République. J’ai obliqué à la porte Saint-Denis. Paris est si merveilleux au bord de la maladie. Au bord aussi de la nuit. C’est la semaine avant la chute de l’heure d’hiver (quelle affreuse coutume !) Au bord du travail. Je confonds tout. On rêvait à quels acteurs (trices) on pourrait encore engager… Nicolas voulait – pourquoi pas ? – des gens de la rue, des gens qu’on ne voit jamais sur un plateau, mais à mesure qu’il me les décrivait, ces gens, je m’apercevais qu’on les voyait beaucoup au cinéma et je lui en montrais un (le premier venu) dans la rue : « Oui, voilà, quelqu’un comme lui. Lui, ce serait très bien… – Mais, Nicolas, c’est juste un fantasme à toi, ces gens-là, ils n’ont rien d’extraordinaire, il y en a à tous les coins de rue à Paris ou, disons, même à Los Angeles : ce sont des acteurs... » C’est sans doute même le genre d’acteur auquel il voudrait ressembler, entre 30 & 35 ans, urbain, pris dans les sentiments hétérosexuels, « GQ » & la vraie vie. Après avoir réalisé ça, Nicolas est revenu a des choses plus concrètes : « Comment, mais tu ne connais pas machofucker ? & matosdeblackoss, tu connais pas ? – Mais pourquoi je connaîtrais, Nicolas ? C’est hallucinant le nombre de sites pornos que vous avez… Vous êtes donc si nombreux & si obsédés ? Moi, j’étais au courant de citebeur & de gayromeo qui me semblaient ratisser au plus large... » Je me moque un peu de lui, appelant d’une voix flûtée sur matosdeblackoss. Il me frappe : « Je n’ai pas une voix si aiguë ! » On passe dans une librairie. « Abyssal » est le mot, en ce moment, qu’il utilise à tout bout de champ, me dit-il, son mot fétiche. & je l’ai employé tout à l’heure sans le savoir à la répétition ! Oui, mon Nicolas, on va faire des choses abyssales. Plein de belles choses abyssales ! Beaucoup de gens m’envoient des messages pour être assistant(e) sur ce projet qui commence. C’est très émouvant. Je le dis à Nicolas. Peut-être choisir deux assistants alors : une fille et un garçon pour lui faire plaisir… Nicolas m’a fait remarquer hier un jeune homme qui travaille à la Ménagerie. Il travaille dans les bureaux, en fait. Alors, comme tout correspond, comme je vous dis, alors je dis au jeune homme aujourd’hui : « Je fais passer des auditions toute cette semaine, si vous voulez passer. » Mais, lui, ces longs cheveux d’Indien lissés près du visage, ce qui lui donne l’air du Christ du théâtre de la Ville, blêmit (si possible) &, prenant soin de sortir des bureaux, sur le seuil devant la porte, me déclare d’une voix rentrée : « J’ai arrêté le théâtre à l’âge de 14 ans… suite à… (Plus bas.) …rupture amoureuse… qui m’a laissé… dans une sorte de… de… – Dépression ? – Oui. – Mais vous avez quel âge ? – 27 ans. – Ah. & donc vous m’avez dit, hier, que vous écriviez des poèmes ? – Oui... mais... pour le moment, je les garde pour moi... – Je comprends très bien. Réfléchissez et passez SI ÇA VOUS DIT. » Tout ça pour ma vedette ! Ah, ces acteurs… &, aujourd’hui, Nicolas m’envoie un message : « Mon très cher J’ai oublié, mais demain, à 17h20, j’ai rendez vous chez ma dermato. Ça fait excuse bidon, mais c’est absolument vrai. Je ne peux pas décaler. Ou, sinon, on se voit vers 14h ? Dis-moi. Belle nuit. Nicolas »













* Hello Yves-No

Eh ben, je trouve le texte très bien – je ne vois pas quoi ajouter. J'aime beaucoup même les deux idées : pourquoi ça ne parle pas ? parce que ça se sent et parce que je te parle. On ne voit pas vraiment ce que tu vas faire – mais on sent l'esprit dans lequel tu vas le faire : c'est ce qui compte.
Et merci de faire écho, j'adore les échos et les voix qui rebondissent.
A bientôt,

S

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