Sunday, February 21, 2010

Hôtel de montagne, par Samuel Dixneuf






Thomas Scimeca.

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Heidiland

Photo Samuel Dixneuf. Hôtel de montagne.

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Saturday, February 20, 2010

Le Voyage inquiet

vers la Suisse car je ne sais pas encore que je vais réussir... Une angoisse, même... Et puis je suis malheureux. Le livre (Le Voyage en Suisse, chez Robert Laffont) est ouvert sur une page au hasard : ni Rimbaud ni Conrad ni Kafka, ce sera Katherine Mansfield, Hôtel de montagne. Il est rare que je souffre dans un train, mais, à l'arrivée (et après avoir pris connaissance par les photos que je trouve belles du paysage "comme russe", ici vers la Bresse, je crois), j'écris dans mon carnet : "Même ce voyage atroce m'avait soigné..."






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La bestiole

Le géant

Le type est obligé de se pencher pour passer sous les portes. L'hôtel, près de la gare, est peuplé d'une foule interlope, le premier jour : ultra-pute black à gros seins puis le géant, les Anglais style musicos, deux copines vulgaires parlant très fort sans discontinuer une langue indéfinissable, etc. Et eux, comment me voient-ils ? La pute m'a jaugé, de bas en haut aller-retour, mais d'une formule trop lourde pour être agressive, avant de m'oublier... J'aime la petite anglaise (pas un mot de français), fraîchement arrivée, comme "au pair" qui fait les chambres et apprend à la réception. J'aime la portugaise boudinée, trapue du petit-déjeuner, mais, voyez, je ne prends de photo de personne sauf, de dos, volée, du géant qui ne passe pas sous les portes et flotte dans son costume de Frankenstein.

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Jour de lumière

Saint-Rambert-en-Bugey

Femmes dorénavant

Autoportrait de Thomas


Thomas Scimeca.

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La baignoire chauffante

Ophelia, par Millais, le tableau, c'était une fille, un modèle préraphaélique, qui posait allongée "dans une baignoire chauffée par des lampes" - je lis ça chez Payot, la grande librairie où je passe la matinée, à Genève, en face de l'hôtel (l'hôtel Lido), il y a des fauteuils... (J'achète La Tour, d'Hélène Bessette.) Et ça me rappelle une anecdote : Michaël Lonsdale racontait qu'à une époque, en Angleterre, dans les hôtels bas de gamme, il fallait de la monnaie, des shillings, pour, si vous aviez froid, constamment mettre des pièces dans les appareils de chauffage. Comme on répète avec Claude Régy (Trois voyageurs regardent un lever de soleil, de Wallace Stevens), d'ailleurs en plein soleil, au mois de juin, dans la lumière du jour, à Vitry, j'en profite pour une saillie, toujours ça de gagné : "C'est pas vrai ? Eh bien alors... Alors autant se payer une pute !" et, tandis que Régy s'énerve, Lonsdale, riant doucement, sa manière : "Une pute chauffante..."



Ça a été réussi, Genève, finalement. Les Suisses sont gentils, j'ai été couvert d'éloges, très chaleureux... J'ai mieux joué la deuxième fois (parce que j'avais vu mes défauts sur la vidéo) et j'aurais mieux joué encore la troisième, etc. Ce que je jouais, c'était une page trouvée au hasard (comme cela devient mon habitude pour les performances...), celle-ci de Katherine Mansfield qui, atteinte de la tuberculose, a passé les dernières années de sa vie à errer dans une Suisse fantômale, entre deux mondes, très belle page qui donne son titre à la performance : Hôtel de montagne. Je répète deux fois la phrase : "Rien n'est arrivé et, pourtant, il semble qu'il y ait beaucoup à dire." Les gens rient, surtout sur les gradins (au loin), groupe emmené par Yan Duyvendak, parce qu'il ne se passe pas grand chose. Il y a de la fumée blanche à intervalles réguliers de deux minutes, un jet de vingt secondes, la lumière est très belle, des svobodas, et "dans ces montagnes", Thomas, sorte de yéti moderne, très cake, fait du ski nu (sans le remarquer comme à son habitude). Il y a une petite fille qui "danse" autour des adultes en décomposition sous le soleil "comme un moucheron". Je dis aussi, dans la phrase : "Il n'y avait pas de bal, pas de golf, rien d'autre à faire que regarder la vue", l'homophonie que je découvre de "vie" et de "vue" : "Rien d'autre à faire que regarder la vie." La dernière phrase est : "Quand à la vue, si on la regardait trop longtemps, elle vous donnait envie de pleurer tant les montagnes semblaient hostiles..." J'ajoute : "Voilà, c'est une page de style", pour faire sonner la performance. Pendant toute la performance, l'épisode d'Heidi que j'avais vu avec Cléélie, intitulé "Mauvaises nouvelles", le jour où j'avais appris que Libérez Polanski ne se ferait pas, passe en silence. Au début, seulement, un soupçon de son (ce n'est pas le sujet). Et, deuxièmement, ce que je jouais, c'était une chanson de Barbara, Vivant poème. Que je sois arrivé à ce qu'on me dise que je chantais bien me reste encore un mystère (mais, il est vrai, Barbara sans voix, sans justesse, de la fin, n'est pas un mystère pour moi qui l'aie suivie, comme tant d'autres, toute mon adolescence de dernier concert en dernier concert...)



Et puis chaque fois que je vais à Genève (et retour), il y a ce passage du train juste à l'endroit où j'ai, moi, passé trois, quatre des premières années de ma vie, ça va très vite (ça ne peut se voir, semble-t-il, qu'à cette vitesse), le train longe la petite école, la petite place en triangle entre la rivière et la gare et c'est fini. C'est terriblement étrange de voir, à travers la vitre du TGV, son passé. Et alors d'imaginer même, de son passé, son futur. Car la voie ferrée est la même, il n'y a pas d'autre passage dans cette vallée très étroite, que celle où je regardais, de l'étage, s'arrêter ou partir les trains, "le t'ain youge", sans doute porté par ma mère ou par mon père à la fenêtre - et, là, j'arrête pour ce soir parce que je pourrais raconter précisément l'architecture de ce paysage enfantin encore longtemps, peut-être pas mille et une nuits, mais mille et une secondes.

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Cinéma central

A Genève


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D'impolitesse de l'eau

Le contrôleur était gentil. Il disait bonjour. J'ai failli lui dire que j'avais perdu mon collant de danse (à Genève, probablement au théâtre parce qu'il n'était pas dans la chambre d'hôtel). J'étais endormi, il y avait les hautes falaises de la vallée à Saint-Rambert-en Bugey, l'Albarine, disons, vert émeraude, très profonde, très profonde, presque noire, une barque à demi immergée, très calme, la beauté...

Chacun ressent à l'intérieur dans le creux, le cœur, le cri, la plainte que...

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Le Revermont vu du train

Friday, February 19, 2010

Phrases rajoutées à Hôtel de montagne

Bon, ce que vous allez voir, c'est sans prétention, n'est-ce pas, il n'y a pas de sens caché. Autant il y avait énormément de sens caché dans le spectacle intitulé Libérez Polanski, autant, là, Hôtel de (la) montagne, il n'y a rien.

Si le spectacle Libérez Polanski ne s'est pas fait, c'est la faute à personne, c'est la faute au réel. C'est la seule petite pique que je me permettrais : je crois que les Suisses n'y peuvent pas grand chose, au réel.

Libérez Polanski, si vous voulez, c'était un one man show tout en couteau suisse... Maya proposait de le reprendre à l'automne, le spectacle, mais on espère quand même qu'à l'automne vous l'aurez libéré, Polanski.

Quelqu'un m'a demandé sur Facebook tout à l'heure quel était maintenant le rapport entre Hôtel de montagne, le titre de cette performance, et Polanski. Le mot "ski", peut-être. Et si je développe, je dirais : il y a de la peau, c'est lent et il y a des skis.

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Thursday, February 18, 2010

Feuille de salle

LIBEREZ POLANSKI annulé, remplacé par

HÔTEL DE MONTAGNE
(durée : 20').

Pour des raisons indépendantes de toute volonté, techniques, en fait, le spectacle envisagé, répété, rêvé ne peut avoir lieu à Genève les 18 et 19 février 2010. Comme the show must go on, on vous improvise une petite performance, pour ne pas vous laisser sur votre fin. Une performance, c'est plus léger, c'est comme improviser un poème à la fin d'un banquet. A mon sens, c'est pas plus que ça (je ne parle pas des performances historiques, Joseph Beuys, etc.). Si le banquet est bon, le poème aussi.


Yves-Noël Genod

Avec Yves-Noël Genod, Thomas Scimeca.

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Sunday, February 14, 2010

18, 19 février

18, 19 février


(Flier Patrick Laffont.)

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