Tuesday, July 09, 2019

L e Bleu


Photo Kataline Patkaï ?

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Monday, July 08, 2019

K evin, bibi et Anna


Photographies anonymes

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Wednesday, June 08, 2016

E n cours


Photo François Stemmer

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U ne école de la liberté


On va se régaler avec ce cours. Il est très libre. Il va être très libre. Une école de liberté. Les lundi et les mardi, à partir de septembre, je serai disponible à une sorte d’entraînement régulier à… la liberté. Hier, au deuxième cours de préfiguration, il n’y avait que deux femmes cinéastes (documentaires) qui m’ont demandé si elles pouvaient « observer », un photographe que je connais qui m’avait demandé s’il pouvait faire des photos et un garçon qui s’est présenté comme un assistant à la mise en scène. Il n’y avait pas d’interprètes (ceux de la veille avaient déserté), que des observateurs. Rien à filmer, rien à photographier. Mais, en parlant, quand même, autour de la table, j’ai vu qu’il se créait assez facilement un espace. Le plein mois de juin par les vitres et les portes ouvertes. Kataline (Patkaï), la tenancière, avait apporté son La Vie tranquille (de Marguerite Duras) qui, lui aussi, se tenait disponible, vivant, fermé, posé sur la table. Beaucoup de réel dans ce café, surtout avec l’été, comme ça, autour. Grandes baies. Bande-son. Scènes. Je ne sais pas comment, j’ai compris que ces quelques personnes timides étaient la disponibilité-même. Elles ont alors fait de très belles choses. On a pris La Vie tranquille et on l’a lu. Mais c’était pas pour lire, ça, on s’en fiche. Le livre, gentiment, nous aidait. C’était pour vivre. Aujourd’hui, je suis dans un parc, je continue de regarder l’amour, la vie. Une statue, un buste de Frédérick Lemaître, comédien, 1800-1875, qui n’a pas l’air commode. Non, nous, c’était autre chose. Je lis Stig Dagerman : Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Dans ce parc. Il y a la fontaine de l’écluse, etc. Il y a un homme qui est arrivé là complètement bourré. Il m’a fait penser à Thomas Scimeca qui en aurait fait un peu trop : il a jeté sa veste au sol et il s’est agenouillé, au début comme pour prier, mais il s’est allongé au soleil et, torse nu, engrange la vitamine D qui me manque, à moi comme à vous, lui, libre comme Gérard. « Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n’a le droit d’exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux, ou du vent qu’il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. » Hier, le livre, La Vie tranquille, était libre et les lecteurs étaient vivants. Oui, cet autre livre que j’ai sous les yeux, de Stig Dagerman, parle aujourd’hui de ce dont nous entreprendrons dans cet entrainement régulier intitulé JOUER COMME GERARD qui aura lieu au café Pas si loin, 1, rue Berthier, à Pantin, les lundi et mardi  à partir du 19 et 20 septembre et jusqu’au 19 et 20 décembre. L’horaire suivra la déclivité de la lumière (on utilise la lumière du jour). Alors, d’abord, en septembre de 18 à 21h et on arrivera sûrement en décembre à quelque chose comme de 13 à 16h (nous descendrons dans la lumière de manière à avoir cette lumière du jour de fin de journée toujours).

« Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever de soleil ne sont des performances. Une vie  humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait — mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable. » Tout le monde — comme ici Stig Dagerman — parle la même langue.

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Photo François Stemmer

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Monday, June 06, 2016

J OUER COMME GERARD


Demain mardi, de 18h à 21h, deuxième cours de préfiguration d’un entrainement régulier qui aura lieu sur trois mois (au moins) à partir de septembre les lundi et les mardi. C’est au 1, rue Berthier, à Pantin, au café Pas si loin (pas très loin du périphérique de la porte de la Villette, en effet). Tout à l’heure, c’était très agréable. Un groupe de très bon niveau. Ça m’a fait plaisir de retravailler. C’est simple, en fait, retravailler. De toute façon, c’est le sujet. On a compris qu’il n’y aurait plus de travail, c’est fini tout ça. Donc on va faire comme ça, on va faire sans eux : on va inventer le travail sans esbroufe en les laissant dans leur décomposition, on voit déjà tellement comment ils sont morts. La gauche gouvernementale est morte. Mais comme le dit Georges Didi-Huberman, non, les lucioles n’ont pas disparues, elles sont furtives, invisibles et incernables, mais elles surgissent ici ou là, toujours, beaucoup, partout. C’est cet art-là qu’on va mettre en place. « Le bonheur est la seule vengeance », paraît-il sur un mur d’Athènes. Oui, le bonheur auquel Marguerite Duras ne croyait pas devient une nécessité révolutionnaire. Il n’y a plus d’autre révolution. Le bonheur immédiat. Le cours se réfère à Gérard Depardieu parce qu’il parle très bien de cette liberté (« Je ne joue pas, je vis »), mais il est peut-être plus encore en rapport — j’aimerais bien — avec l’invention de John Cassavetes. Bien sûr, il va falloir se trouver des jobs alimentaires, mais à côté de ça, on fera du John Cassavetes. C’est-à-dire : vivre à tout prix. Voilà ce qu’il dit, John Cassavetes : « Le fait d’être artiste, ce n’est rien d’autre que le désir, la volonté forcenée d’une expression complète, absolue de soi-même. Le seul talent que je pourrais avoir, ce serait de vous faire vous exprimer comme vous le voulez et non pas comme je le veux ». J’ai proposé dans ce premier cours des travaux très ambitieux. Après tout. Pourquoi pas. Ça a marché à Lyon, donc je réitère. J’ai proposé que chacun (qui s’en sent capable) se charge, non pas d’un bout de monologue comme ça se fait dans la plupart des cours, mais de la pièce entière, ou du roman entier, ou du film. Qu’un acteur — comme c’est arrivé à Lyon — joue Macbeth ou La Cerisaie ou La Mouette ou Dom Juan ou Les trois sœurs ou L’Amant ou Possession, etc. Tout entier. Il serait possible avec ce cours, cette masterclass, de venir vérifier les intuitions d’un travail personnel. Il serait possible ensuite de mélanger les matières. Ce travail dans ce café associatif, à Pantin, avec de grandes baies vitrées et le bruit de la vie de banlieue : le réel est très proche. C’est une chance. Ce sur quoi nous travaillons : faire entrer les personnages, ces inconnus, comme sortis de la rue, donner vie, avoir pour eux une tendresse a priori.


Le cours est peu cher, bien sûr (5€), et il est demandé d’adhérer à l’association (5€ à l’année).

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J ouer comme Gérard


Je donne deux cours, ce soir et demain de 18h à 21h, 1 rue Berthier, à Pantin, au café Pas si loin (pas très loin du périphérique de la porte de la Villette, en effet). Je ne sais pas qui vient, je ne sais pas ce que nous ferons. Ni sur quel thème, ni ce que nous inventerons de nouveau. C’est excitant. Ces cours sont la préfiguration d’un cours régulier qui aura lieu à partir de septembre, probablement sur trois mois.
Le cours est peu cher (5€) et il est demandé d’adhérer à l’association (5€ à l’année).
Venez avec le bonheur, le malheur ne servira pas. Surestimé. Le scandale de la vie, c’est le sujet. Ou encore ce slogan sur un mur d'Athènes, paraît-il, « Le bonheur est la seule vengeance ». L’essence des choses, l’anti-représentation. Gérard Depardieu : « Je ne joue pas,  je vis ». (C’était la première leçon.)

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