Monday, January 05, 2026

Les doubles vitrages


« Tu sais, les doubles vitrages ? Y a une espèce de sas entre les deux où il n’y a aucun air qui rentre, eh ben, ça, c’est tout en moi, je pense. Ce qui fait que, même quand il se passe des trucs de ouf, ben, je suis derrière une espèce de double vitrage, ce qui fait que je ne dépends pas des très mauvais ou des très bons moments non plus » (Miki chez Mouloud Achour)


J’avais fini par découvrir ce qui me allait me fâcher avec Legrand. Nous n’étions pas d’accord politiquement. C’est de là que surgissaient les disputes qui, au début, me surprirent beaucoup. Moi, je croyais ne pas être politique, lui l’était. Ainsi, il me regardait de cette région totalitaire : la politique. Il me disait que, moi aussi, j’avais une idéologie. Ce qui est faux. Il ne pouvait pas concevoir que l’idéologie n’était pas obligatoire pour vivre. Ça le rendait furieux. C’était le dialogue de sourd.
Parfois un argument faisait mouche, ne serait-ce que quelques secondes. Il avait semblé réagir plus aimablement quand j’avais cité Georges Brassens : « Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente »

Lire jusqu’à ce que le livre devienne tous les livres — et il y a un temps, dans la fatigue du lecteur, où il le devient, où le lecteur rejoint le savoir commun de tous les livres exprimé par lui, par sa voix, par sa bouche

par son être sur terre

Mais Legrand me rabrouait le concept d’« être »

J’étais chrétienne ; je croyais au caractère sacré de chaque vie humaine. C’est vrai, j’avais cette mémoire-là. Peut-être que Legrand ne supportait pas ça, au fond. Je suis chrétienne, mais je m’en fous un peu



La Suisse imaginaire qui se déployait là. (Quel beau voyage contenu !)

Maintenant je n’ai pas si froid dans ma maison. (Mais il ne faut pas en sortir)

« Je veux dire le Moteur, la machine, l’esprit, l’élan vital ; enfin, le nom que lui donne les chrétiens. » (L’Espion qui venait du froid)

Nous, masse imbécile

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