L a Chaleur humaine
Dans la vie, le malheur est parfois si intégré qu’on ne reconnaît pas le bonheur, qu’on passe à côté (avec toute la bonne foi du monde), c’est parfois ce que je ressens, de le frôler, de l’apprivoiser presque et alors pourquoi repart-il ? Tout a un sens, dirons-nous ou rien, mais parfois tout a un sens. Parfois, Legrand me laisse en paix et le bonheur et le malheur s’en vont loin de moi main dans la main et je suis nouvelle, je suis en paix, je suis moderne — car le malheur est le passé et le bonheur est le présent
Quant à l’avenir…
Il y a aussi ce qu’on trouve normal.
Dominique Fourcade m’envoie par la poste, comme à son habitude, un texte pour la nouvelle année, auquel il ajoute : « Avec mille vœux de votre ami, cher Marie-Noëlle G, Dominique F »
Le texte de DF commence ainsi : « je reviens de mon enterrement, avec ma harpe et ses sons dans le ventre. je suis à la fois Orphée et Eurydice et personne. »
J’ai détesté Orléans, pas détesté, mais par rapport à mon amour pour cette ville, je ne l’ai pas retrouvé. La poésie infinie de cette ville, le bord de Loire, le quartier qui s’en approche, comme en prière, comme en oubli, je ne l’ai pas retrouvée. Non, au lieu de ça, j’ai tellement aimé l’hôtel de l’Abeille que je n’en suis pas sortie. J’y ai lu le nouveau texte de Théo Casciani, INSULA. Dans les mois de janvier, il faut du nouveau, toujours ; il faut au besoin brûler ce qu’on a adoré… Vous ne trouvez pas ?
la une endormie sous la lune
le sensué sous le sensuel époustouflant de vie
elle a coassé quand je l’ai réveillée
et le sens toujours pluriel toujours plus érotique froid brûlant dans les ruines sous les projecteurs bleu profond de la nuit
pas de hasard dans un poème pas de hasard en amour, dans les deux cas écriture
A l’hôtel de l’Abeille, Thomas reçoit des hommes dont il me montre les photos, des hommes que je n’ai même jamais croisés dans la rue ou alors leur vision m’a été interdite. Il baise avec, matin, midi et soir, à l’hôtel Ultimus !
En même temps il a le temps de faire quelques courses, d’aller chez le barbier se teindre la barbe, d’acheter un pull blanc en alpaga, « très Anne Sinclair », dit-il.
Moi, je ne fais ni courses ni baises ultimes, je vis par procuration. Thomas m’informe. Il m’a dit d’aller au centre de dépistage Check Point, rue du Caire, mais que si je dis que je suis une travailleuse du sexe, j’attendrai moins. Mais comment pourrais-je jouer ça ? J’aimerais bien… C’est ce que tu joues, toi, que tu es une travailleuse du sexe ? — Moi, j’ai couché avec deux des médecins, alors…
Quant à l’avenir…
Il y a aussi ce qu’on trouve normal.
Dominique Fourcade m’envoie par la poste, comme à son habitude, un texte pour la nouvelle année, auquel il ajoute : « Avec mille vœux de votre ami, cher Marie-Noëlle G, Dominique F »
Le texte de DF commence ainsi : « je reviens de mon enterrement, avec ma harpe et ses sons dans le ventre. je suis à la fois Orphée et Eurydice et personne. »
J’ai détesté Orléans, pas détesté, mais par rapport à mon amour pour cette ville, je ne l’ai pas retrouvé. La poésie infinie de cette ville, le bord de Loire, le quartier qui s’en approche, comme en prière, comme en oubli, je ne l’ai pas retrouvée. Non, au lieu de ça, j’ai tellement aimé l’hôtel de l’Abeille que je n’en suis pas sortie. J’y ai lu le nouveau texte de Théo Casciani, INSULA. Dans les mois de janvier, il faut du nouveau, toujours ; il faut au besoin brûler ce qu’on a adoré… Vous ne trouvez pas ?
la une endormie sous la lune
le sensué sous le sensuel époustouflant de vie
elle a coassé quand je l’ai réveillée
et le sens toujours pluriel toujours plus érotique froid brûlant dans les ruines sous les projecteurs bleu profond de la nuit
pas de hasard dans un poème pas de hasard en amour, dans les deux cas écriture
A l’hôtel de l’Abeille, Thomas reçoit des hommes dont il me montre les photos, des hommes que je n’ai même jamais croisés dans la rue ou alors leur vision m’a été interdite. Il baise avec, matin, midi et soir, à l’hôtel Ultimus !
En même temps il a le temps de faire quelques courses, d’aller chez le barbier se teindre la barbe, d’acheter un pull blanc en alpaga, « très Anne Sinclair », dit-il.
Moi, je ne fais ni courses ni baises ultimes, je vis par procuration. Thomas m’informe. Il m’a dit d’aller au centre de dépistage Check Point, rue du Caire, mais que si je dis que je suis une travailleuse du sexe, j’attendrai moins. Mais comment pourrais-je jouer ça ? J’aimerais bien… C’est ce que tu joues, toi, que tu es une travailleuse du sexe ? — Moi, j’ai couché avec deux des médecins, alors…
